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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 21:51

Ce que nos combats sont parfois futiles ! On débat, on se bat, à coup de mots et pour finir on se crée des maux. C’est un glissement qui s’opère peu à peu. Souvent parce que chacun campe sur ses positions. Sous couvert de tolérance revendiquée, on se fige, on croise les bras en scrutant l’autre, juché sur nos hauteurs.  Et l’attitude, pour ne pas perdre contenance, devient rigide. L’autre en fait autant. Debout devant sa forteresse, on organise un siège. Le siège se prolonge et sous sa tente on se sent pris au piège. La tente devient une taule. Le doute, l’angoisse, l’inconnu, le besoin de sortir de la situation nous placent en errance intérieure. La belle valeur de tolérance devient taule-errance.

 

Spectateur d’une scène telle que celle-ci, on comprend combien chacun agit stupidement. En tant que spectateur, on établit ses constats, ses jugements, ses critiques et l’on trouverait même une solution simple au conflit dont on est témoin.

 

Alors, pourquoi, dès lors que l’on devient acteur, ne la discerne-t-on plus ?

 

Il faut s’interroger sur ses responsabilités propres, ses torts, ses bévues, ses abus. Constater sa part dans un conflit. Reconnaître ses torts, faire tomber ses préjugés, reconnaître ses erreurs, ses fausses interprétations (dans lesquelles notre imagination nourrie par l’angoisse et les blessures antérieures nous ont précipités). Dépasser sa fierté, accepter que nul ne perde jamais contenance à reconnaître son erreur devant un autre mais esquisse bien plus souvent un pas décisif.

 

Voyez-vous, je serai toujours plus émue d’entendre quelqu’un venir à moi pour m’avouer lucidement qu’il s’était fourvoyé. Pas vous ? Et dans le cas où je suis en tort, je rencontrerai toujours davantage un autre à lui avouer les maux dans lesquels m’a plongé mon aveuglement.

 

La perception des maux de l’autre nous fait accéder à notre propre vulnérabilité. S’interroger sur sa propre vulnérabilité nous démontre combien nous aussi sommes fragiles.

 

C’est ici que l’on se rencontre vraiment. Sur le terrain de nos fragilités ! J’ai vécu des rencontres inoubliables sur ce plan-là. Ces rencontres m’ont forgée, m’ont enseigné, m’ont fait grandir. Elles m’ont enrichie humainement.

 

C’est pourquoi je perçois désormais que chaque conflit, chaque guerre est une rencontre manquée !

 

La prévention aux guerres est la fraternisation. Pourquoi ? A cause de l’affection qu’on se porte, on hésitera toujours à frapper un frère, un ami. On connaît ses qualités, on ressent quelque chose pour ce qu’il est face à nous. A l’inverse, comme en reflet, on perçoit qui l’on est pour lui. On nourrit son âme de tous ces liens de fraternité que l’on développe. Frapper la main de celui qui vous nourrit ainsi au plus profond de votre être n’est pas imaginable. Tout au plus, dirons-nous que nous avons des divergences d’idées, de culture, d’émotions, etc. Et nous en parlerons chacun, nous les exprimerons avec ce que nous sommes. Seulement, ce que nous sommes l’autre le sait déjà, ou du moins le sait un peu !

 

C’est pourquoi, ce qui se propage actuellement dans le monde m’interpelle vivement. Jusqu’à la haine de son semblable et jusqu’à faire couler son sang, si rouge, aussi rouge que le sien, pour une divergence de fond ou de forme, sortir des armes, briser des cous, asséner des coups, enchaîner des violences. S’y enchaîner... Retour au cercle vicieux.

 

L’individualisme est le terreau de ces guerres.

Il y lieu de s’interroger d’urgence. Où l’individualisme prend il sa source ? Notre goût pour l’indépendance rend prépondérant le « je » au détriment du « tous ».

Je dis TOUS et non pas NOUS. Car NOUS n’est qu’un individualisme collectif. NOUS porte en lui le même poison que JE.

 

La fraternité que prône la France aux côtés de la liberté et de l’égalité a conduit certains à s’interroger sur l’identité ! C’est un comble !

Quand tant de spécialistes de la psychologie humaine ont expliqué la prise de conscience du JE par le jeu du miroir (le regard de l’autre), tout à coup on ne sait plus qui l’on est ? N’avons-nous donc que campé devant le miroir, devant l’autre sans y voir que notre matérialité ? Jamais n’avons-nous accédé dans cette rencontre à ce qu’il y avait de fragile en nous ni à ce que ce regard de l’autre était venu nous révéler de lui ? Jamais n’avons-nous compris que sur le terrain de la vulnérabilité, tous nous sommes égaux ? Avons-nous réellement besoin d’un débat d’identité ? Avons-nous perdu la notion ce  MOI à force de dire NOUS ? Nous, Français… Eux, non Français… Au-delà de la France, les guerres de clans dans d’autres pays : NOUS tribu X, EUX tribu Y ! NOUS Occidentaux, EUX non Occidentaux. NOUS chrétiens, EUX musulmans. Ai-je besoin de poursuivre cette énumération ?

 

Chacun entrevoit la dérive, j’en suis certaine.

 

On oublie souvent ce que l’on doit au regard de l’Autre. Lui, qui dans sa différence, a permis de révéler mon identité et ce qui m’a bâti. On oublie ce qui fut découvert dans cette rencontre. On oublie que sans le regard d’un autre aucune identité n’est possible.

 

Je suis atterrée de ce qui se propage un peu partout quand quelqu’un de bonne volonté lève le doigt pour suggérer une solution et que la classe mondiale rit imbécilement. Et pourquoi rient-ils ? Pourquoi rient-ils en se tournant de tous bords pour observer qui adhèrera à leur rire et qui n’adhèrera pas ?

La réponse est évidente une nouvelle fois, lorsqu’on se place en témoin de cette scène ! Bien sûr, ils rient pour se protéger. De quoi ?  Du constat de leur propre ignorance ! L’ignorance dans laquelle ils nagent ne leur permet pas de discerner la subtilité de cet esprit qui vient de lever la main pour proposer une solution.

 

L’individu qui rit et tente de dissimuler son ignorance en levant le ton : « pour qui se prend-il celui-là qui lève la main ? Comme si personne n’y avait pensé avant lui !  Quel individualiste ! Quel prétentieux ! Quel lèche-bottes ! »

Ah ! Les ignorants, les lâches qui se taisent bien qu’ils perçoivent que celui qui vient de lever le doigt détient la solution qu’ils n’avaient pas su trouver eux-mêmes, se ralliant alors au railleur pour ne pas s’avouer leur ignorance. Pour ne pas perdre contenance…. (ce serait encore un beau sujet que celui de la contenance) !

Or, c’est ainsi qu’est découragé celui qui levait le doigt.

La prochaine fois, il taira la solution. Il se noiera dans la masse ignare pour ne pas sortir du lot. Il s’isolera dans un coin pour ressasser. Au lieu de développer plus loin la solution qu’il entrevoyait, il ressassera sur son manque de courage à s’affirmer devant l’assemblée, se culpabilisera de son audace à lever simplement un doigt. Se planquera pour ne pas subir les quolibets répétés de ceux qui désormais l’ont exclu de leur clan, de leur NOUS !

Quel dommage, n’est-ce pas pour celui qui avait une proposition ? Quel dommage car sa solution aurait peut-être permis de faire progresser. Des solutions, des initiatives découragées, rabrouées, critiquées, sont légion. Faut-il rejoindre ceux qui préféraient se tenir anonyme dans une masse, confort d’un NOUS, ou vaut-il mieux continuer de s’exprimer ? Comment s’y prendre pour être écouté ? Où trouver le courage de non plus seulement lever le doigt, mais même oser se lever en dépit des rires qui fusent dans la classe ?

 

Comment feriez-vous chacun dans une telle situation ? Allons-nous nous rasseoir ou allons-nous nous lever, puis attendre silencieusement que notre simple courage de nous lever couverts de rires finisse par en interpeler un puis un autre jusqu’à ce que celui qui provoquât la risée générale ne soit plus que le seul à rire ? Nous ferons-nous entendre enfin ?   Maintenant que le silence est là, comment exposer ce qui pourrait être ? Imaginons la scène et devenons-en une nouvelle fois spectateur. Il y a fort à parier que nous trouverions une jolie suite à donner ici. Et je gage que le regard du rieur croisera celui du moqué.

 

La fraternisation, l’amitié, permet à chacun d’exprimer son meilleur. Elle s’oppose naturellement à l’oppression, elle ouvre l’esprit des ignorants. On ne peut pas tout savoir et chacun a tant à découvrir. Encore faut-il avoir la curiosité et le désir d’apprendre.

 

D’où vient la perte d’appétit d’apprendre ? Pourquoi faut-il apprendre ?

Qu’avons-nous découragé dans ce goût d’apprendre d’un autre ? N’est-ce pas que l’on a trop marié l’apprentissage au profit ? Ce n’est pas lucratif que de prendre le temps d’une fraternisation. Une désaffectation massive envers la fraternité est en train de nous plonger dans le marasme mondial ! Et je ne parle pas seulement d’un marasme économique. Non, c’est encore bien au-delà l’initiative que l’on décourage un peu partout par un nivellement incompréhensible.

On s’en fout de l’Autre là qui lève le doigt ! On s’en fout de ce qu’il pourrait proposer ! Nous ce qu’on veut c’est la liberté d’une récréation pour laquelle l’attente se fait impatience. Le divertissement pour échapper à la contrainte. La contrainte de son auto-analyse, la contrainte de son auto-correction, qui provoquerait automatiquement la prise de conscience de son erreur ou révèlerait clairement ce qu’on ignorait. La conscience de sa démission au FAIRE au profit d’un imparfait laisser aller, laisser dire (qui n’est pas écoute mais indifférence), d’une paresse.

 

Sûrement pas la faute à l’école. Ne nous méprenons pas là-dessus. L’école est une mini société. Elle est le reflet « miniature » de notre monde. Ce qui se passe à l’école n’est pas différent de ce qui se produit dans le monde. Une école ne vaut pas mieux qu’une autre… Œuvrer en toute fraternité et en joviale collaboration est ce que nous voudrions tous. Constater ce qui est dans la réalité, sur le terrain, est parfois décourageant. Mais qui baisse les bras consent à demeurer assis au milieu des ignorants de cette « classe » mondiale.

 

Soyons plus nombreux à participer, à lever le doigt, à exprimer nos idées, à proposer une hypothèse pour nourrir le dialogue et pas uniquement dans un groupe (un NOUS qui s’opposerait à un EUX).

 

Que vivons-nous chacun ? Comment le vivons-nous ? Qu’est-ce qui nous a permis une avancée et qu’est-ce qui a généré un recul ? Qu’est-ce qui nous a permis de fonctionner heureux et qu’est-ce qui nous a plongés dans l’opacité, le marasme, le découragement ? Qu’est-ce qui nous enthousiasme et qu’est-ce qui nous rend entreprenant ? Etc…

 

Quand quelqu’un se lève pour faire une suggestion, ayons du moins la politesse et le respect du courage qu’il vient de manifester à surpasser son sentiment de vulnérabilité pour oser suggérer quelque chose qui pourrait bien devenir une avancée !

 

C’est à cela que servent les mots !

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 10:24

Il y a le cliquant, les lumières, les douceurs. Il y a le plaisir des sens. Il y a les vœux. Il y a les apparats, les jolies choses, les décorations qui nous laissent ébahis comme des enfants, les nobles et bons sentiments, les regroupements, les migrations familiales, amicales ou vacancières, les spectacles et l’émerveillement, la profusion ou la frugalité, des pardons, des contritions, des effusions.

Mais il y a aussi ce qui demeure en arrière-plan, comme un fond musical permanent, chaque jour que nous occupons à nous occuper dans nos activités qualifiées par l’homme d’humaines. Nos frénésies, nos distractions, nos travaux en tous genres. Et le manque de temps que l’on met en avant avec le plus grand sérieux, souvent paravent pour cacher nos faiblesses, nos fatigues, nos besoins inavoués.

Ne m’oublie pas, dit cette voix discrète assise au fond de soi, qui vit en toute autonomie, sans visage, mais patiemment attend, ne prenant la parole que lorsque le silence se pose et que l’esprit se repose.

Lorsque timidement, celle-ci prend la parole, il semble que son message soit essentiel. Que quoi que nous entreprenions pour vivre, ce qu’elle vient de nous souffler balaie soudain la moindre tentative d’évasion, toute contestation, toute justification, toute excuse. Elle sait nos impostures et nos vitrines d’apparat, les guirlandes dont nous nous revêtons pour attirer et fasciner nos semblables.

 

Pourquoi, agissons-nous ainsi ?

La matérialité a-t-elle fait de nous ce que nous ne voulions pas être ? La pudeur nous a-t-elle écartés de la sincérité ? Le silence nous a-t-il engourdis dans une carapace ?

Des souvenirs nous appelons. Lesquels ? Interrogeons-nous sur ce qu’ils ont en commun. Des fils qui les retiennent, suivons le cours.

Quelle main garde ces bulles réunies, tels des bouquets de baudruches ? 

Cette main, sans doute, ne demanderait-elle qu’à libérer les ballons encombrants qui voilent sa face afin de pouvoir seulement accueillir l'être qui aura su entrevoir sa présence derrière le mouvement incessant de ces cloques colorées.

Métaphore pour évoquer l’accueil, l’amour inconditionnel, la source... Nous ne savons même pas son vrai nom. Mais nous sentons bien, chacun, la constance de sa présence en nous. C’est bien ça, non, qui nous interpelle si régulièrement ? La persistance. La fixité de ce sentiment en nous, nous qui nous savons êtres de mouvance. La durabilité alors que tout change pourtant autour de nous et en nous et qu'un jour nous disparaîtrons.

 

Qu’est-ce que cette « chose » en nous ,  logée dans on ne sait quel endroit de nous, au parfum d'« évidence » , indéniable ? Cette "chose" qui incontestablement nous évide dès lors qu’elle parle ?

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 21:40
 
 

Y a-t-il un moment où nous cessons de vieillir ou vieillissons-nous réellement jour après jour ? Véritablement qu’est-ce que le vieillissement ? De la dégénérescence et seulement cela ?

Il faut bien pourtant à un moment que cette progression vers l’amoindrissement du corps marque un arrêt, une pause, qu’elle stagne à un stade particulier.

À partir de cet instant, qu’advient-il réellement dans le corps ? La mort ?

Est-de juste cela, la mort ? Une courbe ayant atteint son point « zéro » et qui ne peut plus décroître plus loin sous l’axe porteur quadrillant la courbe de notre vie ?

Et l’être dans tout cela ? La courbe de l’être chute-t-elle au même rythme que celle de la vitalité du corps ?

J’ai sincèrement tendance à répondre non. À mon sens, à mesure que nous vieillissons, l’être  — qui contient à la fois notre présence au monde et l’ampleur que nous prenons à l’intérieur de nous-mêmes — suit une expansion inouïe.

Et par ailleurs, cette ampleur ne pourrait exister s’il n’y avait pas en parallèle l'amoindrissement .

Ce n’est pas une balance que notre vie. L’équilibre est une fumisterie. N’existent que le bas plateau et le haut plateau.

Notre rêve immense d’atteindre les cieux, de toucher  et survoler les cimes de nos ailes d’âme, notre si profonde aspiration à l’infini (qui nous fait aussi considérer notre propre finitude), n’est que le pressentiment de la maturation complète de l’être.

C’est notre destination finale : le haut plateau du balancier intérieur. Là haut le silence devient alors une communion.

Communion ? Entre qui et qui ? Tout simplement entre les « êtres »....

En quoi consiste-t-elle ? Nul ne parvient clairement à l’expliquer car là-bas les mots ne s’écrivent plus, ne s’échangent plus. On sait et puis voilà tout. Les vieilles personnes acquiescent longuement et inlassablement répètent ces mots "je sais"...

Il plane entre elles une sorte de conscience générale.

 

Comment et où cette conscience prend elle force ?

Je ne pense pas me fourvoyer en affirmant que cette conscience prend forme dans la souffrance. La souffrance qui ouvre nos sens, nous éduque et nous éveille aux souffrances multiples vécues par d’autres. Des semblables que nous avions évalués et considérés si différents de nous, en basant cette idée prioritairement sur leur apparence.

Sur le haut plateau de l’être, tous les « êtres » se considèrent enfin pareils.

Les vieilles personnes ne s’attachent plus aux apparences.

Elles ont appris à les traverser, les unes après les autres. Souvent au détour d’une épreuve, après avoir vécu des souffrances.

Traverser les apparences ne se fait pas sans douleur et encore moins avec aisance.

Tout comme nous naissons en traversant le corps maternel, le passage de l’apparence, du paraître (part être !) s’opère à l’étroit de son espace intérieur, avant que nous ouvrions les yeux sur notre part d’être.

Après quoi, ils se reconnaissent aussitôt ceux qui ont vécu des épreuves. Ils « savent » sans besoin de connaître les détails. Sur le parcours de chacun, les vieilles personnes savent intrinsèquement et n’ont pas besoin d’entendre les tribulations ayant amené dans le haut plateau celui qui les rejoint à son tour.

De se constater tellement pareil égalise tout, lisse tout.

On peut alors marcher avec légèreté sur la ligne. Ligne de partance. Cellle du fameux point « zéro » où aboutit le vieillissement.

 

Lorsque je poserai mes premiers pas sur cette ligne, sans doute ce qui m’intéressera tournera autour de la question suivante : « où conduit cette ligne que je viens de toucher du pied ? »

Comme un chemin forestier, je vois au bout de cette ligne infinie à mes yeux d’aujourd’hui, un point. Un point de départ. Et plus encore : un point d’origine. Celui-ci soutient toute mon espérance.

Quelque chose demeure depuis toujours dans ce point. Et toutes nos interrogations gravitent autour de ce fameux point d’origine. Cellule vivante ? Trou noir ? Vortex ?

Il y a fort à parier que notre intelligence ne nous permette pas encore de le conceptualiser.

Si je parvenais à ce point, si je pouvais m’y engouffrer, qu’y découvrirais-je ?

Dieu ou le vide ? Encore un autre passage ? Vers quel autre univers ?

 

Mon espérance est aussi infinie que tout ce qui est là et que nul ne s’expliquera jamais.

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 21:13

 

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Lespoir dans l’année qui s’ouvre laisse la place

à des projets, des vœux, des promesses, des résolutions...

Tant de confiance en le futur...Tant d'espérance...  

Née en juste une petite seconde tandis que l'aiguille n'a franchi qu'un si infime espace.

Une telle métamorphose me laisse invariablement dans l'étonnement.

Elle génère en mon for intérieur un sentiment de compassion

 et une réflexion quant à toutes ces attentes que chacun porte en soi.

 DSCN0149

Je vous souhaite une année rayonnante, foisonnante de joies,

de belles rencontres, de moments de convivialité, de tendresse

et au final un profond et durable sentiment de bonheur.DSCN0181.JPGDSCN0171.JPG

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 11:34

Bonjour chers amis blogueurs,

 

Mon silence n'est pas une absence. Mais, au final d'une réflexion personnelle (la dernière déposée ici), c'est le mouvement qui m'a emportée.

 

Après plusieurs mois de chômage (le troisième depuis 2006) et une dépression (ou burn-out), j'ai mobilisé mon énergie autour d'un nouvel élan professionnel.

Se réinsérer est un défi à l'approche la cinquantaine. A la fois chanceuse de recevoir à deux reprises la confiance de mes recruteurs à la suite de deux entretiens espacés d'un an, je suis entrée pleine d'appréhensions intérieures dans un nouvel emploi en janvier dernier.

Tout est réapprendre à chaque fois. Les configurations et us des lieux, structures, circuits et bien sûr de nouvelles personnalités se présentent à vous.

Ce n'était pas problématique en soi puisque j'ai déjà eu à faire plusieurs fois cette démarche au cours de ma carrière.

Le plus grand défi était personnel. Une dépression vous place devant des priorités différentes et devant vos fonctionnements intérieurs, devant la réalité de votre Moi, vous fait creuser loin en vous et vous conduit à la source de ce que vous ne vouliez pas voir. Mais c'est aussi un temps pour soi que l'on se doit. Un temps qui vous en apprend. Un temps qui vous révèle le sens profond de la vie. J'ai fait mon cheminement durant de longs mois. Seule à seule avec moi-même. Pour finalement choisir à nouveau le mouvement. Ce mouvement prend désormais un sens différent. C'est un peu comme si, tout au fond du gouffre, on s'approche aussi avec la compréhension du sens de la vie. Cette prise de conscience m'a été bénéfique et m'a laissée plus désireuse de célébrer la vie et sa beauté. Ce fut un sacré passage, ou plutôt devrais-je écrire un passage sacré dans mon existence. Il m'a changée. Sans aucun doute, il m'a rendue plus avide d'autonomie, plus décidée à ne plus me laisser emporter par ce qui n'appartient plus à mes nouvelles orientations existentielles, plus désireuse encore de goûter à mes temps de liberté. Plus ardente face à l'authenticité et plus consciente de la responsabilité de chacun en ce monde. A valeur de témoignage, mais surtout dans le but d'encourager d'autres qui sont actuellement "dans le gouffre", je sors du silence aujourd'hui en vous livrant ces quelques lignes.  Prenez soin de vous.

 

 

 

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 16:49

 

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Source image 

Voyageur… Parvenu dans un lieu. Une étape ? N’a-t-il pas droit au repos après un long périple semé d’embûches, riche de rencontres mais retardé par de nombreux détours ?

 

Il y a dans chaque voyage un temps où l’on s’assied.

Savait-il, au jour de la partance, de quel bagage intérieur il était muni ?

Nul ne songe à lister ses aptitudes avant d’entreprendre le départ. L’esprit est préoccupé par les préparatifs matériels. Il anticipe les joies à venir, telle la convivialité des retrouvailles. Il liste ce qu’il faudra emporter. Il prévoit de s’équiper pour faire face aux perturbations. Jamais, il n’envisage ces fulgurances qui, vous traversant soudain, pétrifient une marche. Des révélations, qui, sans prévenir tout à coup vous figent. Elles peuvent être si abruptes qu’elles peuvent aller jusqu’à remettre en question le choix même du voyage.

 

Voyageur éperdu dont les yeux s’ouvrent sur l’immuable qui l’entoure tandis qu’il s’évertuait à maintenir son propre mouvement. Solitaire au milieu de la rumeur du monde trop frénétique, trop inconscient, trop mécanique, trop pressé, trop tout.

 

Assis sur une borne au creux d'une nuit étoilée. Une borne préfigurant un segment, une limite, ou peut-être une autre étape.

 

Une seule main. Il n’aurait besoin que d’une seule main. Quelqu’un dont le regard se poserait sur lui. Quelqu’un qui s’arrêterait pour demander : « d’où viens-tu, voyageur ? », « as-tu faim ? », « as-tu soif ? », « as-tu un endroit où loger cette nuit ? », « demain, aimerais-tu que je vienne te dire quelques mots de bon départ ? ».

 

Affaissé, seul, devant son choix : poursuivre la route où rester ici, dans cet espace, dans cet environnement, dans cette solitude non choisie ?

 

Au cours d’un de ces soirs-là, tombe une de ces fulgurances. Elle vient de très loin. De derrière la ligne voilée où le ciel et la terre ne sont rien d’autre qu’un point infime sur un plan vierge aussi noir qu’un vieux tableau d’école.

Une traînée lumineuse, soudain, qui happe la curiosité. À peine le temps de la voir disparaître. Aussitôt, quelque chose se met en alerte.

Est-il si seul qu’il le supputait ? Quelle est cette vie qui lui fait signe pour se dissiper aussitôt ? Quelle malice vient de se laisser ici entrevoir ? Illusion ou réalité ?

 

Tout voyageur a appris les pièges de l’illusion. L’illusion naît de l’innocence, de la méconnaissance, de l’inexpérience. L’illusion s’oppose à la pleine conscience.

 

Pourtant, bien qu’en pleine raison, une sorte de petite voix lève le doigt : « rappelle-toi de tes rêves ! Toi aussi, tu as connu des illusions. Peu à peu, tu t’en es départi. Pourquoi les as-tu abandonnées ? »

Un dialogue inattendu prend vie dans le cerveau du routard.

 

« Si tu es assis ici ce soir, peut-être est-ce parce que tu as parsemé sur les bords de ta route tes derniers tessons d’illusions. Tel un voyageur retournant sa besace pour en chasser les miettes.

 

Un long et audible soupir. Il soupire du constat de son appétit abouti, de ce vide, de l’absente  urgence d’approvisionnement."

 

" Approvisionnement. Regarde ce mot. Il ressemble à l’après-visionnement !

Toi qui as parcouru tant d’endroits (et même d’envers !), tout à coup l’appétit et sa définition même prennent un sens singulier."

 

Alors il contemple le courage requis par sa marche. Tout ce qu’il a dû mettre en œuvre pour aboutir de lieux en lieux. Il se sent pourtant alourdi ce soir. Il ne sait plus s’il vaut encore la peine de marcher. Même si se projeter dans un nouveau voyage est onctueux.

 

Cette étoile filante, là-haut, ce clin d’œil divin, resurgit.

 

« Choisis le mouvement » semble-t-elle insinuer. « Le mouvement est l’expérimentation de ta liberté ».

 

Il l’observe, dubitativement, empli de doutes. Ne vient-il pas de passer de nombreuses années à expérimenter le mouvement ? Il ne se sent pas libre pour autant.

 

Néanmoins, l’étoile filante sourit de toute sa luminosité énigmatique.

 

« Choisis le mouvement », répète-t-elle, sans livrer ses mystères.

 

Le voyageur contemple ses pieds. Il remue un orteil en grimaçant. Puis un autre. Il fait tressauter ses chevilles, ses muscles grincent. Se pourrait-il que cette carcasse veuille encore repartir ? S’ennuierait-elle de mouvements ? Ankylosée, rêve-t-elle encore de se déployer ? De fendre le vent ? S’illusionne-t-elle en enviant l’agilité facile de l’étoile filante ? Se berne-t-elle de penser qu’elle pourrait elle-même contenir de ces poussières d’étoile que le vent sème dans la stratosphère ? Qu’elle porterait en elle l’empreinte programmée du mouvement ?

Quelle est cette lutte sourde ? Pourquoi sommes-nous plaqués  au sol par l’attraction terrestre ? Ce champ magnétique abritant la terre contre les tempêtes solaires emprisonne-t-il ceux qu'il protège ? Y a-t-il assez de place entre ce champ magnétique et l'écorce terrestre pour tous ces corps rêvant de s’envoler ? Combien sommes-nous sous ce parapluie magnétique à sonder, à supputer ce qui pourrait vivre au-dessus de la toiture macromoléculaire ?

La pensée tire au loin, toujours plus loin…

 

Pendant tout ce temps, le voyageur n’est resté qu’assis. La pierre glace son arrière-train. Sa peau a tout entrepris pour préserver son système humain du froid. Son système n’a pas cessé de fonctionner durant que ses pensées s'envolaient. Il n'a pas arrêté de faire battre son cœur. Mais il a doucement ralenti le rythme, régulé les flux, débranché certaines perceptions souffrantes. Ses orteils impatients tout à l’heure sont en train de lui hurler de se réveiller : « Bouge-nous ! Remue-nous ! ».

 

« Choisis le mouvement. Choisis la vie. La vie est mouvement. »

 

Lors, le voyageur se lève, frictionne ses fesses, ses membres endoloris. Il entreprend un pas, puis un autre. Son corps épuisé s'étire.

Le voyageur s'interroge : "Par où faut-il aller maintenant ?"

 

« Peu importe, râlent ses pieds, mais avance, qu’on se dégourdisse ! »

 

« Est-ce que je dois suivre l’étoile ? »

 

« On s’en fiche, tu peux aussi lui tourner le dos. C’est ta liberté. La nôtre dépend de ta décision. »

 

Il dessine une moue. Jamais il n’avait réfléchi à cette notion : « je donne à mon corps l’impulsion tandis que pulsent en moi des flux dont je ne soupçonne pas même l’œuvre essentielle. Le flux est un courant, un fleuve intérieur dont je ne sais rien ! Durant toutes ces années, mon corps a œuvré pour me permettre d’expérimenter et je m’en suis si peu soucié, si occupé que j’étais par l’Ailleurs, le plus lointain, l’inatteignable étoile ! » 

 

« Choisis le mouvement »... Comme pour mieux entendre, voir, toucher, respirer, goûter.

 

« Il y a au moins cinq sens pour préhender le monde… Cela ne m’a jamais égaré. Jamais ne n’ai pris peur devant leur direction. C’est à travers eux que j’ai vécu la perception de mon environnement, pris connaissance des dimensions de chaque chose. Telles les fines moustaches d’un chat qui envoient leurs signaux. Telles les antennes des insectes qui orientent leur trajectoire. Mes pieds ont connu la chaleur brûlante du sable, l’épaisseur chaleureuse d’un tapis, le glissement de l’eau fraîche ou ardente. Ils ont caressé des jambes (il se sent émoustillé par cette troublante expérience !). Ils ont cajolé, ainsi que mes doigts, le dos chaud et doux d’un chien au repos près de moi. Ils ont trépigné quand l’engouement débordait dans mon cœur devant un spectacle envoûtant. Ils m’ont fait découvrir la différence entre la rugosité d’une dalle de pierres et le chatouillis de l’herbe rase. Ils ont flotté, ont baigné en s’attardant dans les flots sauvages d’une rivière vive. Et ces mains... Elles ont tant connu !

Mes yeux ont tant photographié. Sans cesse des millions d’instantanés du moindre signe de vie partout autour...

 

Un interminable inventaire se déroule tel un papyrus. Le toucher de l’aveugle qu’il était lui livre enfin le message codé de l’existence !

 

« Qu’y a-t-il de différent entre la sève d’un arbre et le flux tourbillonnant silencieusement dans nos veines ? L’énergie silencieuse, insoupçonnable, ne dort jamais vraiment. Entends-tu l’ivresse au creux de tes oreilles murmurer son écoulement ? Porte tes écoutilles au coquillage et tu trouveras l’écho de tes propres flux ! Toutes les odeurs du monde, si diverses, si multiples, témoignant de l’activité de la faune, de la flore, du monde minéral, végétal, animal, humain…

Goûte le bonheur qui découle de telles sensations ! La sensualité n’est pas que l’attrait physique d’un amant ou d’une amante ! Elle réside en chaque cellule de ton corps désireux de tester, expérimenter, peaufiner, fabriquer, créer, vibrer … 

« Choisis le mouvement car tu appartiens à la vie. Et par tes actions, prends acte de ce qu’est une vie ! »

 

* « choisis le mouvement ! »  *        

 

(( *_* ))                ;-)

 

                               

 

 

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 21:54

 

Ne pas se laisser aller à la morosité ambiante devient actuellement un véritable combat. Avez-vous entendu notre Président nous prédire en devin de l'économie une année de tous les dangers ? 

 

Voilà des années que nous offrons à nos enfants la perspective des effondrements, des désordres, des crises, du chômage, du contrôle de leur choix, d'un manque de perspectives et d'idéaux.

 

A présent, c'en est assez ! Je m'indigne, au nom de nos enfants auxquels nous n'offront plus rien que la noirceur et la critique de leurs actions, en décriant leur manque d'engagement qui ne peut qu'être puisque nous rognons leurs ailes avant même qu'elles ne puissent tenter de se déployer.

 

Il faut bien que quelques-uns finissent par se lever pour oser dire ce que nos enfants finiront par nous reprocher un jour : nous les sacrifions actuellement !

 

Il n'est pas dans mes habitudes de piquer un coup de gueule mais non, je ne peux accepter qu'un langage de peur nous soit prôné en guise de voeux pour une année que l'on nous prédit par ailleurs être celle de l'alignement, la dernière avant l'apocalypse !

 

Que l'on se penche sur l'histoire de notre monde et que l'on se demande avec bon sens s'il n'a jamais eu les moyens ou la créativité pour trouver des solutions, pour innover, pour améliorer, pour tourner et pour nous porter tout en tournant !

 

Ce langage d'angoisse qui nous est asséné de minutes en minutes par tous les médias qui ne relèvent plus que la laideur, la mort, les guerres, les noirceurs de ce monde, ce langage est en train de nous anéantir moralement. La France championne de la déprime !

 

Faut-il que de soit une chômeuse de longue durée - n'en finissant plus d'espérer un nouvel emploi quand son âge devrait pourtant la placer en posture de transmission de son savoir-faire, au point de se retrouver aujourd'hui presque lasse de postuler spontanément tant le manque de réponse des entreprises et pire de politesse  (dont le dernier émane d'un cabinet dit de consultants en ressources humaines, ceux-là mêmes qui se présentent comme conseilleurs !) est aujourd'hui devenue une attitude commune - faut-il disais-je qu'une sénior (ou une vieille selon les langages adoptés !) rappelle que nos enfants ont un avenir ?

 

Sommes-nous encore crédibles pour eux ? Sommes-nous encore pour eux un exemple à suivre ? Je commence à me sentir honteuse devant eux et plus guère justifiée de leur donner le moindre conseil puisque ceux qui nous gouvernent ne nous défendent plus et vilipendent notre avenir et par la même celui de nos enfants.

 

Récemment, je lisais le livre d'Eric Albert et d'Alain Braconnier "Tout est dans la tête" (éditions Odile Jacob). Ces deux psychiatres estiment que nous sommes aujourd'hui des hommes nomades. Nomades dans nos habitats, nos familles (souvent recomposées), nomades dans notre vie professionnelle (alternant entreprises, postes, non-activités tous azimuths), nomades dans notre vie quotidienne. "La perte de nos points d'ancrage a généré des pertes d'idéologies, qui elles-mêmes ont perdu toute crédibilité au bénéfice d'un choix de réalisme. D'une manière générale, c'est le désaveu de l'idéologie politique, la fin des appartenances religieuses, la transgression de la morale, l'effacement des références morales communes au profit de l'individualisme, et la charité qui s'appelle désormais solidarité devient surtout l'occasion de messes médiatiques aux quêtes profuses... Notre identité même en devient volatile". "Dans ces conditions, comment être confiant dans le futur si, en plus de l'imprévisibilité croissante des événements, le statut de chacun devient flou ? L'empire de l'éphémère dissout la certitude de soi-même. Et ces deux auteurs de nous interpeller : "il est incontestable que la stabilité sociale et culturelle contribuait auparavant à asseoir et à structurer l'identité de chacun. Celle-ci dépend d'une histoire, d'une filiation, d'un lieu géographique et d'une activité. Or, ce sont précisémment tous ces critères constitutifs de l'individu qu'une souplesse nouvelle et une volonté de liberté accrue ont rendus mobiles... Cette instabilité générale est peut-être la clé même de la "condition post-moderne". "

 

Je vous donne à tous à méditer ces paroles puisque de grands débats vont prochainement s'ouvrir sur la scène politique. Lequel, parmi nos candidats, s'est seulement accordé le temps de réfléchir à ce cadre d'existence inné que n'ont pas connu nos prédécesseurs ? En tant que nomades, qui désiront la liberté individuelle et qui présentons nos voeux de bonheur autour de nous et pour tous, il nous faudra réfléchir à ce nouveau statut de l'être moderne et nourrir nos réflexions sur le mouvement perpétuel et de la mouvance constante des choses.

 

Que votre année 2012 ne soit non pas celle de tous les dangers car cette idée m'est insupportable, mais plutôt celle de nos responsabilités sur tous les plans afin que demeure une place pour la beauté en ce monde éphémère, pour l'espoir et pour la créativité !

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 15:50

 

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De l’or en barre, des semences, de l’eau. Nos dernières richesses.

L’or ne servait à rien. Certains le conservaient dans des coffres fermés sous code secret. Ils pensaient qu’un jour ils pourraient le revendre pour s’acheter d’autres choses quand un nouveau système se mettrait en place.

J’avais connu les voitures, les avions, les trains, les bateaux, les pipe-lines, les éoliennes, les fusées… Plus rien de tout ceci ne fonctionnait aujourd'hui faute d’énergie, faute d'entretien, faute de moyens.

La tour Eiffel avait rouillé. À cause de la rouille, elle s’effritait et par lambeaux perdait son fer.

Les banques, nul ne savait plus ce que cela pouvait être. Le jour du crash planétaire, tout le monde a voulu retirer son argent dans un vent de panique hystérique général. Comme on tentait de les empêcher de pénétrer, les gens se sont mis à jeter des pavés, à mettre le feu, à briser les vitres, à tuer. Ils ont fini par entrer. Les premiers ont vidé leurs comptes. Les derniers n’avaient plus rien. Ceux-là ont pris d’assaut les hyper et supermarchés, les supérettes, les épiceries, les restaurants, les boulangeries, les boucheries, jusqu’au plus petit lieu où l’on pouvait trouver à manger. Ils ont tout dévalisé, stocké des vivres dans des maisons fermées à clé et gardées par des hommes puissamment armés. Bientôt, les armes ne servirent plus à rien par manque de munitions. On se battait à l’ancienne, à coup de crosse et de poings. On s'égorgeait, se tuait de mille manières.

La catégorie de gens qui n’avaient ni argent, ni vivres se rebella. N’ayant plus rien à perdre que leur vie, ceux-là ont saccagé une à une tous les immeubles et toutes les maisons, surtout celles où les précédents possédaient encore de quoi se nourrir. Ils ne laissèrent derrière eux qu’incendies, amas de pierres, murs et plafonds éventrés. Vies étripées.

En peu de jours, il n’y eut plus grand-chose à se mettre sous la dent.

Les gens commencèrent à fouiller sous les débris pour trouver de quoi survivre, à tout arracher dans les champs.

Les chemins étaient encombrés d’objets devenus inutiles, les rues dégueulaient d’ordures et d’immondices puantes.

Les plus faibles attrapèrent des virus de toutes natures. Des maladies qui avaient été éradiquées dans le passé refirent surfaces. Les microbes proliféraient et des maladies inconnues se manifestèrent. Les rues s’infestèrent de rats, de cafards, de chiens et de chats, d’animaux sauvages errants mais eux aussi avaient fini par se faire rares car la faim poussait les affamés à les traquer jusqu’au plus petit d’entre eux.

Plus d’infrastructure dans aucun pays. Tous les continents étaient sclérosés, isolés, la désolation pouvait se voir des satellites qui commencèrent à tomber les uns après les autres.

Ce matin, un pont s’est écroulé tout seul. Manque d’entretien. Partout des tas de choses qui avaient été bâties par les hommes s’effondraient, étaient en panne, se détraquaient, se perçaient, s’arrêtaient.

Plus d’électricité, plus de gaz, plus de pétrole, plus de bougies, plus d’allumettes, plus rien, plus rien…

Oui, en peu de temps on en était arrivé à manquer de tout.

Des malins survivaient en cultivant les semences qu’ils avaient thésaurisées mais il fallait aller dans des endroits reculés de tous pour trouver un bout de terre arable car un peu partout les sols avaient été pollués. Les rivières charriaient toutes sortes d’immondices qui se déversaient dans les océans et les mers tuant la vie dans tous les milieux aquatiques. L’eau, quand elle coulait encore, était devenue plus précieuse que l’or. L’eau pure des sources n’existait plus. L'eau contaminée se buvait mais nous tordait les boyaux.

- À quoi ça te sert cet or, maintenant ? hurlait le plus cynique à celui qui avouait encore en posséder en pensant monnayer un peu d’eau contre un peu d’or. L’or ne nourrit personne !

Lamentablement, les hommes s’entretuaient pour un insecte, une larve, une feuille de menthe, une lapée d’eau.

 

Maintenant, nous ne sommes plus qu’une poignée d’humains. Nous avons dû tuer pour survivre. Jusqu’à ce que l’un de nous, décrète que nous mangerions chacun à notre tour ou que l’on se tuerait jusqu’au dernier survivant. Mais celui-là, quand il se retrouvera le dernier, le seul humain , de quoi survivra-t-il puisque nous avions tout épuisé, tout souillé, tout saccagé, tout brûlé et que nos corps étaient putréfiés de morsures, de blessures pullulant de germes qui finiront par ronger le dernier quartier de peau saine sur nos charpentes épuisées ?

Nous ne sommes plus qu’une poignée d'humains et bientôt ne seront plus. Et nous rêvons de terre grasse, de salades, de patates, de choux, de blé, de pain, et tant et tant de douceurs que jamais plus nous ne connaîtrons puisqu'aucun de nous n’a jamais appris à assainir une terre aussi polluée. Une terre où nous tombons les uns après les autres et qui n’a même plus la force de contenir nos corps tant elle a déjà dû en renfermer. En renfermer jusqu’à en vomir sous des soubresauts moribonds.

 

J’écris ces mots pour celui d’une autre planète qui découvrira un jour l’horreur que nous avons laissée ici. Nous ne sommes plus là pour t'accueillir qui que tu sois. La cupidité a engendré ici une folie meurtrière.

 

Voici la triste histoire d’hommes que quelqu’un avant moi dénommait avec optimisme « de bonne volonté ».

 

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 16:13

 

 

poisson-d-avril.jpg

 source image : http://unpeudhumour.centerblog.net/rub-poissons-d-avril.html

 

 

Crédulité et rationalité ne font pas bon ménage !

 La seconde recherche sans cesse la crédibilité, la première voudrait échapper aux normes et aux idées préétablis pour tourner la roue de nos désirs vers d’hypothétiques tirages au sort.

 

L’un et l’autre nous laissent tout à coup apparaître combien l’influence a prise sur nous...

 

Notre décision, quand nous penchons vers la rationalité, du reste, est-elle aussi crédible que nous le pensons ? Le plus souvent sujets à l'autorité des émotions, que vaut notre rationalité en ce jour par rapport à celle d’un autre jour ? Exercerons-nous les mêmes choix dans quelques mois que ceux que nous établissons présentement sous l’influence d’informations incomplètes mais qui seraient plus fournies à un moment ultérieur par davantage de connaissances ?

 

Allez, soyons d’humeur joueuse et acceptons que nous ne sommes qu’un ban de poissons que la rivière porte d’un endroit vers un autre au gré du vent, du temps, des canaux, des mouvements de la terre.

 

Et pour ceux qui se refusent à être poisson, il reste toujours le droit de se voir autre chose. Un lion par exemple !

 

 

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 21:07
 
http://img301.imageshack.us/img301/932/aimage2as0.jpg
 Elle scruta sa montre quand sonna le 12ème coup de minuit.
Elle souffla les bougies pleurant leurs heures évadées sur le candélabre puis appuya son front contre la fenêtre, se laissant éblouir par les mille feux colorés qui fusaient au dehors.

A voix haute et résonnante, elle souhaita une bonne année à elle-même et se versa une coupe de champagne. Son nez picota de quelques bulles éclatées à son visage. A tous les solitaires de la terre, elle leva son verre, joignant à ce geste ses voeux de pleine santé.

Demain, elle remontera au volant de l'ambulance, ramassera encore leur misère. Pré-vision d'un immuable recommencement. S'interdisant de céder au découragement, elle murmura à son coeur peiné qu'ils étaient bien plus seuls qu'elle lovée dans sa minuscule chambre de bonne, dont le loyer s'élevait à la moitié de son salaire mensuel.

http://www.myca.fr/IMG/jpg/Pluie-d-etoiles-370_p.jpg



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