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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 16:49

 

 http://3.bp.blogspot.com/-axBAVQfwz1E/Tt7rO5kfaVI/AAAAAAAAFX4/AX_39ffw8OE/s1600/dark-thinking-loneliness-alone-broken1.jpeg

 

Source image 

Voyageur… Parvenu dans un lieu. Une étape ? N’a-t-il pas droit au repos après un long périple semé d’embûches, riche de rencontres mais retardé par de nombreux détours ?

 

Il y a dans chaque voyage un temps où l’on s’assied.

Savait-il, au jour de la partance, de quel bagage intérieur il était muni ?

Nul ne songe à lister ses aptitudes avant d’entreprendre le départ. L’esprit est préoccupé par les préparatifs matériels. Il anticipe les joies à venir, telle la convivialité des retrouvailles. Il liste ce qu’il faudra emporter. Il prévoit de s’équiper pour faire face aux perturbations. Jamais, il n’envisage ces fulgurances qui, vous traversant soudain, pétrifient une marche. Des révélations, qui, sans prévenir tout à coup vous figent. Elles peuvent être si abruptes qu’elles peuvent aller jusqu’à remettre en question le choix même du voyage.

 

Voyageur éperdu dont les yeux s’ouvrent sur l’immuable qui l’entoure tandis qu’il s’évertuait à maintenir son propre mouvement. Solitaire au milieu de la rumeur du monde trop frénétique, trop inconscient, trop mécanique, trop pressé, trop tout.

 

Assis sur une borne au creux d'une nuit étoilée. Une borne préfigurant un segment, une limite, ou peut-être une autre étape.

 

Une seule main. Il n’aurait besoin que d’une seule main. Quelqu’un dont le regard se poserait sur lui. Quelqu’un qui s’arrêterait pour demander : « d’où viens-tu, voyageur ? », « as-tu faim ? », « as-tu soif ? », « as-tu un endroit où loger cette nuit ? », « demain, aimerais-tu que je vienne te dire quelques mots de bon départ ? ».

 

Affaissé, seul, devant son choix : poursuivre la route où rester ici, dans cet espace, dans cet environnement, dans cette solitude non choisie ?

 

Au cours d’un de ces soirs-là, tombe une de ces fulgurances. Elle vient de très loin. De derrière la ligne voilée où le ciel et la terre ne sont rien d’autre qu’un point infime sur un plan vierge aussi noir qu’un vieux tableau d’école.

Une traînée lumineuse, soudain, qui happe la curiosité. À peine le temps de la voir disparaître. Aussitôt, quelque chose se met en alerte.

Est-il si seul qu’il le supputait ? Quelle est cette vie qui lui fait signe pour se dissiper aussitôt ? Quelle malice vient de se laisser ici entrevoir ? Illusion ou réalité ?

 

Tout voyageur a appris les pièges de l’illusion. L’illusion naît de l’innocence, de la méconnaissance, de l’inexpérience. L’illusion s’oppose à la pleine conscience.

 

Pourtant, bien qu’en pleine raison, une sorte de petite voix lève le doigt : « rappelle-toi de tes rêves ! Toi aussi, tu as connu des illusions. Peu à peu, tu t’en es départi. Pourquoi les as-tu abandonnées ? »

Un dialogue inattendu prend vie dans le cerveau du routard.

 

« Si tu es assis ici ce soir, peut-être est-ce parce que tu as parsemé sur les bords de ta route tes derniers tessons d’illusions. Tel un voyageur retournant sa besace pour en chasser les miettes.

 

Un long et audible soupir. Il soupire du constat de son appétit abouti, de ce vide, de l’absente  urgence d’approvisionnement."

 

" Approvisionnement. Regarde ce mot. Il ressemble à l’après-visionnement !

Toi qui as parcouru tant d’endroits (et même d’envers !), tout à coup l’appétit et sa définition même prennent un sens singulier."

 

Alors il contemple le courage requis par sa marche. Tout ce qu’il a dû mettre en œuvre pour aboutir de lieux en lieux. Il se sent pourtant alourdi ce soir. Il ne sait plus s’il vaut encore la peine de marcher. Même si se projeter dans un nouveau voyage est onctueux.

 

Cette étoile filante, là-haut, ce clin d’œil divin, resurgit.

 

« Choisis le mouvement » semble-t-elle insinuer. « Le mouvement est l’expérimentation de ta liberté ».

 

Il l’observe, dubitativement, empli de doutes. Ne vient-il pas de passer de nombreuses années à expérimenter le mouvement ? Il ne se sent pas libre pour autant.

 

Néanmoins, l’étoile filante sourit de toute sa luminosité énigmatique.

 

« Choisis le mouvement », répète-t-elle, sans livrer ses mystères.

 

Le voyageur contemple ses pieds. Il remue un orteil en grimaçant. Puis un autre. Il fait tressauter ses chevilles, ses muscles grincent. Se pourrait-il que cette carcasse veuille encore repartir ? S’ennuierait-elle de mouvements ? Ankylosée, rêve-t-elle encore de se déployer ? De fendre le vent ? S’illusionne-t-elle en enviant l’agilité facile de l’étoile filante ? Se berne-t-elle de penser qu’elle pourrait elle-même contenir de ces poussières d’étoile que le vent sème dans la stratosphère ? Qu’elle porterait en elle l’empreinte programmée du mouvement ?

Quelle est cette lutte sourde ? Pourquoi sommes-nous plaqués  au sol par l’attraction terrestre ? Ce champ magnétique abritant la terre contre les tempêtes solaires emprisonne-t-il ceux qu'il protège ? Y a-t-il assez de place entre ce champ magnétique et l'écorce terrestre pour tous ces corps rêvant de s’envoler ? Combien sommes-nous sous ce parapluie magnétique à sonder, à supputer ce qui pourrait vivre au-dessus de la toiture macromoléculaire ?

La pensée tire au loin, toujours plus loin…

 

Pendant tout ce temps, le voyageur n’est resté qu’assis. La pierre glace son arrière-train. Sa peau a tout entrepris pour préserver son système humain du froid. Son système n’a pas cessé de fonctionner durant que ses pensées s'envolaient. Il n'a pas arrêté de faire battre son cœur. Mais il a doucement ralenti le rythme, régulé les flux, débranché certaines perceptions souffrantes. Ses orteils impatients tout à l’heure sont en train de lui hurler de se réveiller : « Bouge-nous ! Remue-nous ! ».

 

« Choisis le mouvement. Choisis la vie. La vie est mouvement. »

 

Lors, le voyageur se lève, frictionne ses fesses, ses membres endoloris. Il entreprend un pas, puis un autre. Son corps épuisé s'étire.

Le voyageur s'interroge : "Par où faut-il aller maintenant ?"

 

« Peu importe, râlent ses pieds, mais avance, qu’on se dégourdisse ! »

 

« Est-ce que je dois suivre l’étoile ? »

 

« On s’en fiche, tu peux aussi lui tourner le dos. C’est ta liberté. La nôtre dépend de ta décision. »

 

Il dessine une moue. Jamais il n’avait réfléchi à cette notion : « je donne à mon corps l’impulsion tandis que pulsent en moi des flux dont je ne soupçonne pas même l’œuvre essentielle. Le flux est un courant, un fleuve intérieur dont je ne sais rien ! Durant toutes ces années, mon corps a œuvré pour me permettre d’expérimenter et je m’en suis si peu soucié, si occupé que j’étais par l’Ailleurs, le plus lointain, l’inatteignable étoile ! » 

 

« Choisis le mouvement »... Comme pour mieux entendre, voir, toucher, respirer, goûter.

 

« Il y a au moins cinq sens pour préhender le monde… Cela ne m’a jamais égaré. Jamais ne n’ai pris peur devant leur direction. C’est à travers eux que j’ai vécu la perception de mon environnement, pris connaissance des dimensions de chaque chose. Telles les fines moustaches d’un chat qui envoient leurs signaux. Telles les antennes des insectes qui orientent leur trajectoire. Mes pieds ont connu la chaleur brûlante du sable, l’épaisseur chaleureuse d’un tapis, le glissement de l’eau fraîche ou ardente. Ils ont caressé des jambes (il se sent émoustillé par cette troublante expérience !). Ils ont cajolé, ainsi que mes doigts, le dos chaud et doux d’un chien au repos près de moi. Ils ont trépigné quand l’engouement débordait dans mon cœur devant un spectacle envoûtant. Ils m’ont fait découvrir la différence entre la rugosité d’une dalle de pierres et le chatouillis de l’herbe rase. Ils ont flotté, ont baigné en s’attardant dans les flots sauvages d’une rivière vive. Et ces mains... Elles ont tant connu !

Mes yeux ont tant photographié. Sans cesse des millions d’instantanés du moindre signe de vie partout autour...

 

Un interminable inventaire se déroule tel un papyrus. Le toucher de l’aveugle qu’il était lui livre enfin le message codé de l’existence !

 

« Qu’y a-t-il de différent entre la sève d’un arbre et le flux tourbillonnant silencieusement dans nos veines ? L’énergie silencieuse, insoupçonnable, ne dort jamais vraiment. Entends-tu l’ivresse au creux de tes oreilles murmurer son écoulement ? Porte tes écoutilles au coquillage et tu trouveras l’écho de tes propres flux ! Toutes les odeurs du monde, si diverses, si multiples, témoignant de l’activité de la faune, de la flore, du monde minéral, végétal, animal, humain…

Goûte le bonheur qui découle de telles sensations ! La sensualité n’est pas que l’attrait physique d’un amant ou d’une amante ! Elle réside en chaque cellule de ton corps désireux de tester, expérimenter, peaufiner, fabriquer, créer, vibrer … 

« Choisis le mouvement car tu appartiens à la vie. Et par tes actions, prends acte de ce qu’est une vie ! »

 

* « choisis le mouvement ! »  *        

 

(( *_* ))                ;-)

 

                               

 

 

 

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commentaires

Jean paul 01/06/2012 00:54


Désolé pour ces commentaires tardifs ... Mais vous ne venez pas souvent sur votre blog, et moi non plus.
Votre article m'a beaucoup intrigué, angoissé parfois, et plu en même temps. Et il finit sur une note optimiste :-)
J'aime vos références à la nuit, et aux astres. Personellement ca me calme et me fait du bien. Les endroits isolés comme les montagnes ou le désert, la nuit, sont des fenêtres sur l'univers. la
pesanteur qui opprime votre voyageur, compense le vertige à voir si loin. Je ne m'ennuie pas sur terre, bien que je voudrais aller ailleurs. Mais je peux aller ailleurs. En marchant vers la nuit
des déserts, ou en attendant la nuit des villes. C'est moins bien, mais déja ça. Et heureusement, car c'est vrai qu'on commence à être nombreux ici.


Pour en revenir au voyage, J'ai lu (de Bernard Moitessier), et je crois, que si on liste toutes ses aptitudes, et ses moyens, on risque de ne jamais partir, n'arrivant pas à réunir tout ce qu'on
pense nécessaire !


Vous parlez de rêve et d'illusions. Je crois qu'on peut perdre ses illusions, mais garder des rêves sans contradiction. Une illusion est une fausse réalité. Un rêve peut devenir réalité.


Vous dites aussi que la vie est mouvement, et que le mouvement est la marche, le déplacement. Vous faites bien de parler des arbres et de leus sève, comme les séquoias, les chênes ou les oliviers
qui vivent des centaines d'années. Leur mouvement, c'est le bruissement de leur feuilles. Je pense aussi a Erik Orsenna et sa "Grammaire est une chanson douce". Assis sur sa borne, votre voyageur
est en mouvement aussi. Sur son visage il sent presque le soufle du grand vaisseau Terre qui avance dans la nuit.

Marianne 04/06/2012 21:48



Bonsoir Jean-Paul,


en effet, je viens moins souvent. J'ai repris un travail, lors la fatigue en fin de journée émousse les mots. Et puis des priorités qui font partie du mouvement. Le silence n'est pas absence et
du reste, quand je vois à quel degré vous avez plongé dans mon texte, c'est une grande satisfaction que de constater que laisser le temps aux choses de s'afficher dans cet espace où selon moi
l'urgence n'a rien à régir. D'ailleurs, je constate que vous prenez le vôtre afin d'entrer réellement dans les publications et c'est qualitatif en matière de retour. Merci de votre réaction si
vivante où vous décrivez les sentiments qui vous animent au fil de votre lecture. Pour l'encouragement à tous, je retiens : "Une illusion est une fausse réalité. Un rêve peut devenir réalité."


Je ne connaissais pas Bernard Moitessier. La description de son existence m'a laissée très songeuse. Je me rends compte que je devrais m'intéresser un peu plus aux voyageurs. Ils font souvent des
expériences fabuleuses et leurs récits m'inspirent un grand respect.


Quant à E. ORSENNA, lui aussi m'impressionne. L'une de ses phrases me rejoint particulièrement : "Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort
et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver."
Eh oui, quand bien même nous sommes assis sur une borne, nous sommes en mouvement, et la terre tourne sans que nous ne nous en apercevions, et tout autour de la terre en orbite, des millions
d'autres sont en mouvement. Et nous croyons pourtant toujours à l'immobilité... Et nous croyons pourtant toujours que hors la terre, il y a le vide... Mais il y a tant de phénomènes et de vie
dans l'invisible. Et nous pensons dur comme fer à notre solitude. Quand cette solitude n'est que conscience d'être un individu différenciable d'un autre individu et qu'ensemble nous sommes
une multiplicité de vies.


Ces réflexions sont ce que je considère comme des fulgurances de notre conscience d'être. Quand elles naissent, elles peuvent être un immense champ ouvert où nos idées galopent comme des chevaux
écumants de joie de vivre.


Je vous remercie de votre venue et vous salue bien amicalement en cette soirée où les nuages voilent le ciel alsacien. Pas d'étoiles ce soir à mes yeux, mais je les sais derrière cette ouate
sombre et scintillantes au-dessus de nous tous.


 



sido 29/05/2012 08:36


Bonjour Marianne,


Aussi matinale ( peut-être plus : 5h30 !) ; Quel détestable paradoxe, plus jeune on rêve de trainer douillettement sous la couette, mais il faut se lever tôt pour assumer une journée chargée, ;
plus tard dans la vie, retraitée, sans contrainte, eh bien la machine corporelle dit non :"ma petite, faut pas rêver, t'as plus l'âge de la couette".


Pour répondre à ton commentaire ici : écrire, sous quelle forme que ce soit, correspondance, prose, poésie , est pour moi un moyen de ne pas "penser"; paradoxal ! Le "je pense donc je suis"
serait plutôt "je ne pense pas alors je suis"; Fuite peut-être pour se délester des pierres qui barrent le chemin d'un coeur d'un esprit trop sollicité, ou besoin de les ignorer en se concentrant
sur le mot à trouver, l'idée à exprimer et ce faisant, se faire, être, être autre chose qu'un débris poussé par le courant mauvais, immobiliser le temps. Les pas sont différents de celui du
marcheur mais ils sont aussi , ou presque aussi, positifs ! Le divertissement pascalien pris dans un sens différent ! de vertere : il me détourne de ce qui pèse dans l'esprit prisonnier (qui
n'est pas le fini , mais le poids du présent)  pour me permettre de me retrouver esprit libéré...au moins le temps du mot. A chacun sa façon de se trouver et de marcher Il n'y a pas de
modèle parfait et unique et rien ne garantit d'échapper à la chute.


Bonne semaine alsacienne. Sido.

Marianne 30/05/2012 19:00



Bonjour Sido,


en effet, 5 h 30 c'est une visite matinunale ! Merci de ton passage et de ces lignes d'amitié.


Si l'écriture te permet de dépasser et d'oublier ce qui provoque souffrance, c'est une écriture thérapeutique et un procédé bien plus sain que des somnifères. D'où cette idée, partagée, que
c'est un geste positif et salvateur. Un mouvement...  :-)


Que ta plume puisse continuer à filtrer la peine pour ne laisser échapper que la bonté et la beauté des choses au creux de la poésie.


Avec mes amicales salutations.


 



marie poupée 16/05/2012 19:59


Bonsoir Marianne ,


je viens te faire un petit coucou et prendre de tes nouvelles , je suppose que ton nouveau travail doit t'occuper à plein temps et j'espère que tout va bien pour toi.


Je te souhaite une belle soirée


Bises amicales. Marie

Marianne 17/05/2012 10:14



Chère Marie Poupée,


une pensée de toi, créatrice originale, me touche. Je vais bien. Je travaille, je réfléchis, je vis, je m'interroge, je me cherche sans doute aussi. Comme les choses ont évolué en ces derniers
mois, mais aussi en ces six dernières années dans mon existence, chaque étape occasionne un arrêt intérieur et cette interrogation de mouvement après l'immobilité (un peu contrainte en raison de
plusieurs événements).


Continue à nous émerveiller par ce que tu sais si joliment faire !


Gros bisous d'amitié.



sido 11/05/2012 11:19


Une analyse dense qui appelle une, des, relectures ! il y aurait  tant à commenter ! "poursuivre sa route, ou..." seuls les inconscients, les fermés à la reflexion ne se sont pas un jour
posé la question ; utilité ou pas de "bouger", de refuser l'immobilité ou l'immobilisme, de forcer le pied à faire UN pas, quoi qu'il en coûte ; quelle tentation de poser une fois pour toute ses
bagages, quand devant soi se perdent les chemins dans le brouillard, que le poids des jours anéantissent la volonté. Pourtant des signes sont là, cachés, qui ne demandent qu'à être vus,
décryptés, une sorte de main prête à se tendre pour aider le corps, la pensée, le coeur à retrouver l'infime lueur à l'horizon; pouvoir la saisir vouloir la saisir et faire renaitre l'envie même
tiède d'essayer encore et encore d'avancer, sans même savoir vers où, l'essentiel étant dans la volonté retrouvée de se redresser.


Merci pour les mots déposés sur mes derniers poèmes, tentative d'écriture pour échapper à la tentation évoquée ici...


Bien cordialement

Marianne 17/05/2012 10:09



Bonjour Sido,


la différence entre l'immobilité et l'immobilisme...,Un angle de réflexion que je relève dans ce très beau commentaire déposé et pour lequel je te remercie infiniment. J'aime pareillement cette
image du poids des jours anéantissant la volonté. Il me fait penser à des atmosphères de romans. "Et faire renaître l'envie" pourrait en constituer le titre. Wow, tu m'inspires de belles choses !


Ainsi, tu écris pour échapper à la tentation évoquée... Parle-moi, si tu veux, de la façon dont tu t'y prends, comment t'y sens-tu lorsque tu te vois faire cela. Parle-moi de ces tentatives qui
anéantissent la tentation du renoncement.


Parce que je crois qu'en ce moment je vis un peu ce renoncement. Il fait place à autre chose qui réside davantage en une intimité avec soi. Peut-être l'influence de certaines lectures, peut-être
un besoin de retrait, peut-être aussi plus de réalisme. Ou encore une étape intermédiaire pour passer à autre chose. Je n'en sais rien encore.


Merci Sido de ce partage très appréciable.


Je te fais la bise.



Viviane 21/04/2012 15:09


Comme c'est étrange...
Dénoncer les crimes contre l'humanité perpétrés par une idéologie rampante et fachiste serait à tes yeux un crime bien plus insupportable que les crimes eux-mêmes? C'est moi qui m'interroge,
Marianne, sur ce qui motive cette peur manifeste de  la tragique réalité.
...
Je ne t'en veux pas. Il est difficile de sortir de son confort quotidien, pour essayer de voir plus loin que le pas de sa porte.

Par éthique, je me refuse à faire porter sur les croyants actuels de cette idéologie rétrograde la responsabilité des crimes passés et présents perpétrés au nom de leur Dieu.
Par éthique, je combats depuis toujours et continuerai de combattre les partis politiques qui utilisent cyniquement les événements  à des fins de division de la population et ceci
sans même avoir lu une seule ligne des ouvrages fondateurs de ces crimes.

Mais par humanisme, je dénoncerai les méfaits de ce totalitarisme où qu'il se manifeste. Comme il y a quelques jours, j'ai fait part d e ma colère devant les exactions de l'armée
américaine en Afghanistan.

Tant que les fidèles de cette religion là se taieront, refuseront de dire haut et fort leur désapprobation voire leur écoeurement des traitements infâmes infligés aux minorités, aux femmes, aux
enfants, aux infidèles, via une justice expéditive et arriérée, tant que nos concitoyens se réfugieront dans l'abstinence, la fuite, le déni, il faudra compter sur des gens comme moi pour ouvrir
un peu les regard des autres.

Je te comprends, Marianne, il est tellement plus confortable de fermer les yeux et les oreilles et se dire " ça ne se passe pas encore chez moi, cela ne me concerne pas ".


Si durant la dernière guerre mondiale, des gens de tous âges et tous horizons ne s'étaient pas insurgés contre la peur de leurs voisins, ne s'étaient pas levés contre la barbarie, nous ne serions
sans doute pas ici pour écrire derrière nos écrans.
Je te comprends. C'est difficile de voir.
Quant au " je te souhaite une belle et bonne vie " tu as interprété cela comme un retrait d'amitié? "
Pas de ma part, Marianne, car l'amitié c'est aussi , comme je l'ai fait en t'écrivant en privé, aller en confiance vers 'l'autre pour lui demander ce qui se passe, quelle est la nature de ce
mépris dans lequel il semble soudain me plonger. Et le voeu d'une belle et bonne vie était juste un souhait envers quelqu'un qui a souffert de mille manières comme nous tous.

Cette amitié, tu me l'as manifestée en retour, en effet, selon ta définition propre, en évitant de me répondre, en me traitant comme un rebut. Et cela, Marianne, parce que je sais que l'humain
est fait de lumières et d'ombres, cela aussi publiquement, je te le pardonne.

Nous serons tous, un jour, comptables devant nos enfants, de nos lachetés, silences et dénis. Je ne ferai définitivement pas partie de ceux qui, ayant su, se seront tus.


Un grand philosophe existentialiste allemand parlait du " combat par amour ". C'est par amour pour les miens et mon pays que depuis des années je milite au sein d'assos apolitiques et non
confessionnelles pour que notre pays reste un pays de libertés et ne tombe pas comme tant d'autres, dans le délire fumeux et mortifère de cette religion que l'on nomme Islam ( Soumission est le
sens de ce mot là)

Avoir raison trop tôt est toujours inconfortable.

En toute amitié, sincère.

Marianne 23/04/2012 11:13



Le silence est une liberté mais son interprétation fréquemment hâtive.