Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

L'auteure

Rechercher

En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

Archives

1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 16:22
Le Prince et le Moine - Robert HASZ - Ed° Viviane HAMY - Roman traduit du hongrois par Chantal PHILIPPE - 429 pages


Présentation de l'éditrice : " Aux origines, les tribus magyares qui peuplaient le bassin des Carpates étaient soumises à l’autorité de deux princes : le Gyula, qui possédait le pouvoir temporel et veillait sur les hommes, et le Künde, qui veillait sur les âmes.  
 
Au Xe siècle, l’Europe centrale est au cœur de toutes les convoitises : Rome et Byzance se partagent les territoires, tandis que la menace germanique croît inexorablement.
 
Dans ce même temps, les Magyars ont vécu une tragédie : le Künde Kurszán a été attiré dans un piège, puis assassiné ainsi que son fils ; depuis cet événement les Magyars ne connaissent plus d'instance spirituelle, et errent tels des enfants désemparés.
 
Confronté à l'extension de l'Empire germanique, le pape choisit un émissaire en la personne de Stephanus de Pannonie, un moine bénédictin de l'abbaye de Saint-Gall, et le charge de rejoindre les terres barbares pour remettre au prince un message, en fait une proposition d'alliance entre l'Église romaine et les Magyars afin de contrer le pouvoir de l'empereur Othon.
 
À peine arrivé à la frontière du monde chrétien, Stéphanus est fait prisonnier ; sans la moindre explication, il est renvoyé et balloté d'une tribu à une autre, sans qu'on lui donne la possibilité de rencontrer le prince et de remplir son office.
 
Le mystère s’épaissit de jour en jour, de mois en mois, tandis que Stéphanus découvre les tribus qui l’hébergent et le traitent avec le plus grand respect. En effet, tous ses interlocuteurs ont reconnu le médaillon que porte le bénédictin et que son abbé lui a remis en guise de protection avant qu'il entreprenne son voyage : il s'agit de l’oiseau Togrul, l’insigne du Künde.
 
D'ailleurs, les surprises et les coïncidences se multiplient : alors qu'il n'est jamais monté sur un cheval, Stephanus se tient parfaitement en selle au cours de chevauchées interminables, certains mots de la langue « barbare » s’échappent de sa bouche comme malgré lui… Ses propres comportements, qu'il ne comprend pas, le poussent à s'interroger sur son passé. Le monastère l'a recueilli alors qu'il était encore un enfant…
 
Serait-il possible qu'il soit véritablement le descendant du Künde ?
 
Au gré des batailles, des trahisons, des étonnements d'un moine qui perd progressivement sa naïveté, avec ses chroniques et ses récits enchâssés les uns dans les autres, Le Prince et le Moine plonge au cœur du mythe fondateur de la Hongrie, de ses rites chamaniques et de ses légendes"


Mon appréciation : un beau travail d'écriture historique. Parfois on songe au Roman de la Rose.
A travers ces tribus, leurs légendes et leur mode de vie, dont j'ignorais tout, leurs luttes au coeur d'enjeux politiques et religieux qui souvent les dépassent, on saisit mieux la situation du peuple magyar dans l'Europe Centrale du Xe siècle.
J'ai été gênée personnellement par ce choix de l'auteur d'écrire 3 récits en 1 livre : à mon sens, cela fait perdre du rythme par moment à l'histoire. Mais on saisit néanmoins ses intentions.
Je me suis absolument laissée enchanter par ses descriptions. J'en aurais même attendues davantage...
Pas facile de s'attaquer à l'épopée !  Robert HASZ s'en sort très honorablement et, ce faisant, s'offre encore de nous guider dans l'introspection de l'âme :
"Quel présent plus singulier le Tout-Puissant peut-Il faire à l'homme que de le placer face à lui-même et de le laisser juger, lui seul et non les autres, s'il a bien agi au cours de sa vie ?"...

L'auteur : Robert HASZ est né en 1964 en Voïvodine, dans l'ex-Yougoslavie. Il s'est installé à Szeged, au sud de la Hongrie, depuis 1991. Ses deux premiers romans, Le Jardin de Diogène et La Forteresse, ont été traduits aux Editions Viviane Hamy.

Lire une interview sur EVENE
Repost 0
24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 11:33

Le Désert de la grâce - Claude PUJADE-RENAUD - Actes Sud - 281 pages

4ème de couverture : "Jusqu'à son éradication en 1709, l'abbaye de Port-Royal des Champs aura représenté - face à Versailles, à la cour de Louis XIV, aux jésuites et à la papauté -un symbole d'indépendance et d'inviolabilité des consciences. C'est pourquoi cette histoire (de famille, de clan, de femmes surtout) est celle d'une persécution acharnée, mais aussi d'une clandestine activité de préservation.
Au centre de celle-ci, Françoise de Joncoux, surnommée "l'Invisible", patiemment déchiffre et recopie les manuscrits du monastère, maintient le lien entre les membres de la communauté dispersée, sauve de l'anéantissement l'œuvre édifiée par tant de moniales et de leurs amis - Biaise Pascal et les "Solitaires".
Proche de Françoise de Joncoux : Claude Dodart, certes praticien à la cour, mais fils d'un médecin de l'abbaye. Ou encore Marie-Catherine Racine, en quête d'un manuscrit introuvable de son père, l'illustre Jean Racine, et de vérité sur celui-ci - ami ambigu de Port-Royal, qui y fut élevé, s'en éloigna, l'y laissa elle-même entrer, l'en retira de force... mais voulut y être inhumé.
Traversé de multiples prises de parole, revécu par celles qui ont "fait" ou approché Port-Royal, bruissant de mémoire et empli de probité dans la fiction, le roman de Claude Pujade-Renaud embrasse l'histoire d'un lieu de grâce que le pouvoir temporel n'eut de cesse d'opprimer, détruire et transformer en désert - au risque même d'en faire un mythe."

Mon appréciation : une splendeur ce livre ! Je l'ai savouré pleinement et lentement ! (Pardon Florinette, de t'avoir fait attendre aussi longtemps !). C'est un véritable tableau que l'auteure peint, touche par touche, en prêtant la parole sur plusieurs époques à des personnages-clés, permettant ainsi au lecteur de mieux s'imprégner de l'atmosphère de ce temps et des enjeux de Port-Royal, tout comme de prendre conscience de la traversée du désert qu'eurent à vivre ceux et celles qui tentèrent malgré les persécutions d'en conserver l'esprit. On y découvre notamment Marie-Catherine RACINE (Mme de Moramber), la fille du célèbre tragédien. Pourquoi son père l'a-t-il subitement retirée de l'abbaye de Port-Royal alors qu'elle désirait plus que tout entrer en grâce ? Quelles furent ses motivations ? Quel est ce besoin  qui la ronge de comprendre qui était l'homme dont elle parvient, poussée par cette quête, à établir des parallèles entre ses tragédies jouées sur scène et celles - cachées - qu'il aura vécues ?  Claude PUJADE-RENAUD, avec un talent magistral, nous replace dans le contexte. On croisera évidemment un certain Blaise PASCAL,mais encore Claude DODART (futur médecin du roi), Isaac Le Maistre, (membre de la Chambre des Comptes accusant les moniales de "captation des esprits et des héritages" - et de plus ex époux de Catherine (soeur d'Angélique -celle qui imposa la clôture et le silence à l'abbaye de Port-Royal). On écoutera La Champmeslé, actrice principale des tragédies de Racine, Mme de Maintenon,etc. A travers les témoignages qui seront exposés, c'est le combat de ces femmes moniales - qui ,même contraintes à la clandestinité, jamais ne baisseront les bras pour défendre leur cause et leurs convictions - que Claude PUJADE-RENAUD nous donne à contempler.

Citation : "Tout ce qu'ont de plus noir et la haine et l'amour" Jean RACINE  (phrase leitmotiv qui  reviendra plusieurs fois à l'esprit de Marie-Catherine RACINE).

Ecouter un extrait sur le site d'Actes Sud : http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742769032

Repost 0
14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 21:15
Femmes célèbres sur le divan – Catherine SIGURET – SEUIL – 279 p – Psychologie
 

4ème de couverture : « Elles ont marqué le XXe siècle par leur beauté, leur talent ou leur pensée.
Elles ont suscité l'admiration et l'enthousiasme, car elles incarnaient leur temps. Mais cette harmonie avec le monde masquait la relation douloureuse, parfois haineuse, qu'elles entretenaient avec elles-mêmes. Onze psychanalystes, psychiatres et psychologues, interrogeant le destin de ces femmes exceptionnelles, interprètent les conflits intimes qui ont marqué la vie de chacune d'elles. Derrière l'écran de la gloire, ces analyses nous éclairent sur nos propres maux, leurs mobiles inconscients, et la possibilité toujours offerte de naître ou renaître à soi-même ; »
 
Sommaire du livre :
-        Colette (1873-1954) : se libérer du joug de l'homme ; La vocation à la jouissance, par Serge Hefez
-        Virginia Woolf (1882-1941) : le bonheur contrarié ; Captive de la mélancolie, par Patrick Delaroche
-        Marlène Dietrich (1901-1992) : la mère hystérique et maltraitante ; Ange et démon, par Sophie Marinopoulos
-        Joséphine Baker (1906-1975) : une résistante ; La justesse du désir, par Sophie Cadalen
-        Simone de Beauvoir (1908-1986) : une femme de tête ; Les paradoxes de la liberté, par Maryse Vaillant
-         Edith Piaf (1915-1963) : amoureuse de l'amour : La saltimbanque, par Samuel Lepastier
-        Maria Callas (1923-1977) : une femme muselée ; Tout ce qu'il est nécessaire de savoir sur la Callas est dans sa voix, parJ.-D. Nasio
-        Jackie Kennedy (1929-1994) : programmée pour " réussir " ; Une somptueuse machine de guerre, par Patrick Lemoine
-         Dalida (1933-1987) : une blessée inguérissable ; La mort osa…, par J. Pierre Winter
-         Françoise Sagan (1935-2004) : une vie d'excès ; Une conduite à risque, par Philippe Grimbert
-        Lady Diana (1961-1997) : héroïne d'un vilain conte de fées ; Un conte d'adulte, par Didier Lauru.
 
Mon avis : à la lueur du parcours de vie unique de ces femmes publiques aujourd’hui disparues, chacun des analystes propose son interprétation. L’exercice est subjectif mais les démonstrations sont tout à fait convaincantes. L’impact des événements de l’enfance et son retentissement sur la vie d’adulte est démontré, favorisant chez le lecteur un questionnement personnel en même temps qu’une approche des mécanismes réactionnels de l’esprit et souvent du corps.
 
À propos de Catherine SIGURET : « Catherine Siguret, 37 ans, est journaliste de presse écrite, spécialiste des sujets « société » et « psychanalyse ». Elle est par ailleurs auteur d'une trentaine d'ouvrages : des romans (Je vous aime, Fleuve noir, 2006), des biographies de vedettes, et des essais en collaboration avec des psychiatres (L'amour est une drogue douce, avec le professeur Michel Reynaud, Robert Laffont, 2005). »
 
Citations :
« Bien que chacun prétende savoir qui il est, il se perçoit à l’aune de son histoire, de ses ressentis inconscients, tandis que les autres le perçoivent à l’aune des leurs. Et aucune de ces perceptions n’est plus vraie ni plus définitive que les autres »
« L’écart entre nos aspirations et nos capacités de les satisfaire est immense. Notre réalité, faite de compromis et de renoncements, n’est pas toujours brillante : nous cédons devant plus fort que nous, nous nous dérobons sans toujours nous l’avouer. Mais les héros que nous inventons nous aident à mieux nous supporter quand nous les rencontrons au cinéma, dans la mythologie ou dans les livres. Eux ne transigent jamais, ils acceptent de prendre des risques à notre place pour conduire leurs passions jusqu’au bout. »
 
« L’amour se joue d’abord dans l’inconscient. Quelque chose d’imprévu, d’impalpable, d’inidentifiable vient toucher et lier deux êtres l’un à l’autre ».
 
Repost 0
20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 15:27

Ni d'Eve ni d'Adam - Amélie NOTHOMB - ALBIN MICHEL - Roman - 245 p

4e de couverture :  « Stupeur et tremblements pourrait donner l’impression qu’au Japon, à l’âge adulte, j’ai seulement été la plus désastreuse des employés. Ni d’Ève ni d’Adam révélera qu’à la même époque et dans le même lieu, j’ai aussi été la fiancée d’un Tokyoïte très singulier. » Amélie Nothomb.

Mon appréciation : à l'occasion d'un voyage promotionnel au Japon, Amélie NOTHOMB serre à nouveau dans ses bras, le fiancé - entre temps marié avec une Française - qu'elle a abandonné sans mot d'explication 7 ans auparavant, tranchant ainsi entre une vie rangée et toute tracée d'épouse de Rinri, jeune Japonais à l'avenir pré-dessiné et son installation en Occident où elle débutera l'écriture de son premier roman "Hygiène de l'Assassin". Dans cette étreinte, qu'elle dépeint comme "L'Etreinte du Samouraï", sans besoin de mots, l'émotion est puissante et dans la tête de chacun bien des choses s'éclairent. A travers ce roman, Amélie retrace sa rencontre avec Rinri, les jours passés près de lui, leur histoire singulière, ses moments d'exaltation principalement initiés par les paysages à couper le souffle (l'ascension du Mont Fudji au cours de laquelle elle se compare à Zarathoustra, ainsi qu'un égarement ultérieur dans les montagnes enneigées ayant failli lui coûter la vie) et ses étonnements face à la société japonaise. Son style primesautier, son humour, sa fraîcheur, font plaisir à lire. L'étreinte finale est un grand moment d'émotion.

Citations :

- rupture :  "dire à quelqu'un que c'est terminé, c'est laid et faux. Ce n'est jamais terminé. Même quand on ne pense plus à quelqu'un, comment douter de sa présence en soi ? Un être qui a compté compte toujours".

- fuite : "la fuite donne la plus formidable sensation de liberté qui se puisse éprouver. On se sent plus libre en fuyant que si l'on n'a rien à fuir. On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D'ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même. La bonne nouvelle, c'est que l'on peut échapper à soi-même. Ce que l'on fuit de soi, c'est la petite prison que la sédentarité installe n'importe où... Le seul déshonneur c'est de ne pas être libre."

Pour lire un extrait : http://www.albin-michel.fr/pages/news/recherche/index_home.php?mot=nothomb

 

Repost 0
11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 18:23

L'ANNEE DE LA PENSEE MAGIQUE - Joan DIDION - GRASSET - Récit - Traduit de l'anglais par Pierre Demarty- 282 p 

Présentation de l'éditeur : "Une soirée ordinaire, fin décembre à New York. Joan Didion s'apprête à dîner avec son mari, l'écrivain John Gregory Dunne - quand ce dernier s'écroule sur la table de la salle à manger, victime d'une crise cardiaque foudroyante. Pendant une année entière, elle essaiera de se résoudre à la mort du compagnon de toute sa vie et de s'occuper de leur fille, plongée dans le coma à la suite d'une grave pneumonie. La souffrance, l'incompréhension, l'incrédulité, la méditation obsessionnelle autour de cet événement si commun et pourtant inconcevable : dans un récit impressionnant de sobriété et d'implacable honnêteté, Didion raconte la folie du deuil et dissèque, entre sécheresse clinique et monologue intérieur, la plus indicible expérience - et sa rédemption par la littérature.

L'année de la pensée magique a été consacré « livre de l'année 2006 » aux États-Unis. Best-seller encensé par la critique, déjà considéré comme un classique de la littérature sur le deuil, ce témoignage bouleversant a été couronné par le National Book Award et vient d'être adapté pour la scène à Broadway, par l'auteur elle-même, dans une mise en scène de David Hare, avec Vanessa Redgrave."

Mon appréciation : comment fait-on face à la disparition brutale d'un compagnon de vie ? En offrant au monde le témoignage de son épreuve. Joan DIDION nous invite à une intime réflexion sur "l'invisibilité" des êtres endeuillés, la solitude et la "douleur passive", "la perte radicale de sens", la volonté irrépressible de reconstitution des derniers instants, "l'effet vortex" des souvenirs qui en appellent d'autres, et jusqu'à la conscience de sa propre mortalité. C'est dans la lecture ("Quand les temps sont difficiles... lis, apprends, révise, va aux textes. Savoir, c'est contrôler") qu'elle a puisé pour décortiquer son difficile travail de deuil avant de le restituer étape par étape dans ce livre. Par la force de l'imaginaire ("la pensée magique") et l'écriture, l'auteure s'est dotée de la lucidité nécessaire pour accepter l'inacceptable.

Deux citations marquantes à retenir  :

" Nous sommes d'imparfaits mortels, conscients de cette mortalité alors même que nous la rejetons, trahis par notre propre complexité, ainsi faits que lorsque nous pleurons nos pertes, c'est aussi pour le meilleur et pour le pire, nous-mêmes que nous  pleurons. Tels que nous étions. Tels que nous ne serons plus. Tels qu'un jour nous ne serons plus du tout"

"Je sais que nous essayons de garder les morts en vie : nous essayons de les garder en vie afin de les garder auprès de nous. Je sais aussi que si nous voulons vivre, nous-mêmes, vient un moment où nous devons nous défaire de nos morts. Les laisser devenir la photo sur la table de chevet... Les laisser partir au fil de l'eau..."

"Il fallait s'adapter à ces changements".

Joan DIDION repassera, hélas, l'épreuve quelques mois plus tard quand décèdera à son tour Quintina, sa fille unique.

Pour lire un extrait de "L'année de la pensée magique" : http://www.edition-grasset.fr/chapitres/ch_didion.htm

Repost 0
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 21:49

ENVIE - Kathryn HARRISON - JC LATTES - Roman - 300 p - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sylvie Schneiter

Présentation de l'éditeur : Will a une vie sexuelle satisfaisante avec sa femme, Carole. Alors pourquoi est-il de plus en plus en proie à un déchaînement de fantasmes érotiques, qui, s’ils se concrétisaient, détruiraient non seulement sa famille mais sa carrière de psychanalyste ? Il est sur le point de perdre le contrôle de lui-même, lorsqu’il participe à une réunion d’anciens élèves de son université où il découvre des preuves de trahisons passées, dont l’une, si grave qu’elle risque de causer d’irréparables dégâts, va lui dévoiler la raison de ses obsessions. 
Ce roman envoûtant, merveilleusement écrit, explore les effets corrosifs du mal ainsi que la façon dont les vérités douloureuses que les familles s’obstinent à garder secrètes corrompent le présent. Pour peu qu’on ait le courage de les exhumer et d’y faire face, elles mènent en revanche à la guérison et au renouveau.

Mon appréciation : Will et Carole ont perdu un fils de manière accidentelle. Une épreuve qu'ils ont su passer ensemble. Reprendre une vie sexuelle après ce drame n'est pas un geste facile pour ce couple mais ils trouvent leur fonctionnement. Mais alors d'où vient alors cette obsessionnelle question qui martèle l'esprit  de Will : pourquoi son frère-jumeau a-t-il quitté brutalement leur mariage et n'a-t-il plus jamais donné de nouvelle ? Par ailleurs, lorsqu'à l'occasion d'une réunion d'anciens élèves, il se retrouve face à son ex petite amie, dont il a appris qu'elle avait été enceinte durant cette rupture, une autre question vient tarauder sa conscience : qui était le géniteur de cet enfant ? A corps perdu jeté dans son travail de psychanalyste, Will doit veiller à garder toute sa tête. Une jeune femme vient le consulter, le provoquer par son attitude. Pas facile de résister à ses avances qui ne sont guère envisageables puisqu'il est son thérapeute.

Des entrelacements d'histoires, des non-dits, des secrets, des personnalités doubles, des personnages déconcertants, de l'érotisme sans tabous... La morale restera-t-elle sauve dans cet imbroglio ?

On se fait surprendre, on se laisse perdre, on rougit, on proteste, on veut pourtant savoir...

Une romancière talentueuse mène de main de maître ce roman !

Lire un extrait ? Ecrire à l'auteure ? Voici le lien : http://www.editions-jclattes.fr/livre/jc-lattes-241324-Envie-hachette.html

Repost 0
25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 21:34

RENTREE LITTERRAIRE 2007 - ZOLI - Colum Mc Cann - Editions BELFOND - Roman - 336 p - traduit de l’anglais par Jean-Luc Piningre

 

Présentation de l'éditeur : "Des plaines de Bohême à la France, en passant par l’Autriche et l’Italie, des années trente à nos jours, une magnifique histoire d’amour, de trahison et d’exil, le portrait tout en nuances d’une femme insaisissable. Porté par l’écriture étincelante de Colum McCann, Zoli nous offre un regard unique sur l’univers des Tziganes, avec pour toile de fond les bouleversements politiques dans l’Europe du XXe siècle. Tchécoslovaquie, 1930. Sur un lac gelé, un bataillon fasciste a rassemblé une communauté tzigane. La glace craque, les roulottes s’enfoncent dans l’eau. Seuls en réchappent Zoli, six ans, et son grand-père, Stanislaus. Quelques années plus tard, Zoli s’est découvert des talents d’écriture. C’est le poète communiste Martin Stransky qui va la remarquer et tenter d’en faire une icône du parti. Mais c’est sa rencontre avec Stephen Swann, Anglais exilé, traducteur déraciné, qui va sceller son destin. Subjugué par le talent de cette jeune femme, fasciné par sa fougue et son audace, Swann veut l’aimer, la posséder. Mais Zoli est libre comme le vent. Alors, parce qu’il ne peut l’avoir, Swann va commettre la pire des trahisons."

Mon appréciation : dans ce roman à plusieurs voix, l'auteur irlandais (résidant à New York) ressucite la figure de Papusza, poétesse tzigane bannie par les siens dont il s'est inspiré pour construire cette fiction. Avec une plume magnifique et ciselée, il nous plonge dans l'enfance, la poésie, les douleurs, l'amour des siens, d'une femme au caractère bien trempé à l'âme passionnée jusque dans la tourmente de l'exil au coeur d'un pays déchiré dans son identité. J'ai été envoûtée par les passages du livre évoquant les harpes que le peuple Rom se voit contraint d'enterrer parce qu'on leur interdira de jouer leur musique. On ne peut s'empêcher de les entendre vibrer sous terre jusque sous notre peau. Le temps d'un livre la route des Roms vous apportera le souffle d'un peuple envers lequel les préjugés perdurent.

Témoignage de l'auteur : "Je ne parle pas slovaque ni rom. Je me suis rendu en Pologne, en Autriche, en Italie et surtout en Slovaquie où j’ai passé les deux mois de l’été 2004 dans des campements roms. L’accès était limité et considéré comme dangereux mais j’avais deux guides qui faisaient partie d’une fondation rom. Ils m’ont fait rencontrer des ethnologues, musicologues, sociologues…puis m’ont introduit dans le campement avant de m’y laisser pour la nuit. J’avais moi aussi, comme le journaliste de mon roman, tous les préjugés sur cette population: la peur de me faire voler mon passeport, mon argent, qu’il y ait des bagarres… Rien ne m’est arrivé et j’ai été très bien accueilli."

Pour lire le premier chapitre et lire l'interview de l'auteur : http://www.belfond.fr

Repost 0
16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 20:33

RENTREE LITTERAIRE 2007 - Conversations avec le maître - Cécile WAJSBROT - DENOEL - Roman - 174 pages

"Nous avons tellement l'expérience des absences que nous sommes prêts à nous vouer à n'importe quelle présence".

Présentation de l'éditeur : "Nous pouvions rester longtemps silencieux, il servait le thé, je regardais par la fenêtre, les coupoles lointaines luisaient au soleil comme les vestiges d'une gloire ancienne, et tandis qu'il versait le thé et que je contemplais la vue, se produisait une sorte de rite de passage, comme lorsqu'on entend le gong appelant à la concentration ou à la prière, appelant à quitter la vie profane pour atteindre d'autres couches, une autre profondeur, et insensiblement, grâce au silence, aux gestes répétés, je quittais peu à peu ma vie, mes préoccupations, le souvenir de la journée pour n'être plus qu'à l'écoute de sa vie.

Rescapée d’une discrète blessure amoureuse, une femme trompe la monotonie solitaire de son existence en rassemblant la nuit ses souvenirs d’un compositeur de musique autrefois aimé en silence ou en participant à des forums de discussion sur Internet… Usant d’une subtile polyphonie de pulsions secrètes et d’images, Cécile Wajsbrot nous plonge (d’une écriture aux douces lignes de fuite) dans l’intime enfer de la création musicale, seul art capable d’exprimer la symbolique des grandes catastrophes contemporaines. "

Lire un extrait : http://www.editions-denoel.fr/Denoel/Control.go?action=rech&prod_code=B25950

 

Mon appréciation : dans un très beau style littéraire, la narratrice (dont on ne saura que peu de choses) peint avec difficulté le tableau d'une relation ambiguë dans laquelle elle s'était investie pendant deux ans. Chaque semaine, elle rencontrait un homme. Dans quel but ? Pas celui auquel vous pensez ! Non, cet inconnu, qui l'interpella un jour dans un café, comme s'il l'avait choisie à cette fin, recevait la narratrice chez lui, à l'heure du thé, en vue de parler... création musicale. Passionné, il affûtera peu à peu l'oreille de son auditrice. Elle se laissera envoûter par sa parole, ses mots, son état d'esprit, sa vision du monde. En tombera amoureuse mais n'obtiendra pas de suite à ce que son désir dessinera. Comme nul autre, il saura décrire la musique, détailler l'oeuvre de ses compositeurs préférés tel que CHOSTAKOVITCH, énoncer tout haut son rêve suprême (composer un requiem). Cela sans jamais faire entendre à son auditrice le son de sa propre musique... Puis un jour, comme dans un désanchantement, tout s'arrêtera...

Si j'emploie le passé, c'est que cet homme aura basculé dans un drame personnel. A la suite de cet événement, la narratrice, contactée par un proche de celui qu'elle nommera encore le "maître", acceptera - non sans réticence -de reconstituer le contenu de leurs conversations, revisitera son appartement dont elle ne connaissait que le salon, avant de verser dans une découverte atterante.

Une qualité d'écriture remarquable chez Cécile WAJSBROT,  qui m'a conduite à une belle ouverture intérieure via cet amoureux de la musique. On vibre sous ses mots, comme les instruments d'une symphonie.

En "Postface", Cécile WAJSBROT annonce que ce roman est le "premier d'une série autour de ce thème - l'oeuvre d'art et sa réception..." qui "apparaîtra sous des formes diverses et dans des paysages variés - avec, dans chaque livre, un art différent. Après la musique - qui fait l'objet des Conversations avec le maître - il y aura la peinture, et aussi la littérature, peut-être d'autres".

Déjà hâte pour la Littérature !!

Repost 0
7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 21:03
RENTREE LITTERAIRE 2007 – Le journal de Yaël Koppman – Sabine Wespieser Editeur – Roman – 217 pages
 

 
 
Présentation de l’éditrice : « Si Yaël Koppman n’avait pas croisé, à la faveur de ses travaux universitaires, la figure de John Maynard Keynes, sa vie serait probablement restée ce qu’avec un brin de complaisance et beaucoup de dérision elle dépeint dans son journal intime : celle d’une trentenaire désœuvrée, cultivant une relation conflictuelle avec sa mère, vivant en colocation avec son meilleur ami, collectionnant les hommes et s’en remettant en général à sa brillante cousine, Clara, éditrice de son métier.
Quand cette dernière lui suggère de se désennuyer en écrivant de la Chick Lit, de la littérature de poulette – genre qui lui conviendrait parfaitement, glisse la perfide –, Yaël est piquée au vif : elle écrira, oui, mais sur la filleule de Keynes, son économiste préféré, qui était aussi la nièce de Virginia Woolf, son écrivain préféré. Bien consciente que la figure d’Angelica Garnett, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, lui tend un étrange miroir, elle se lance à corps perdu dans des recherches sur cette petite fille qui a grandi solitaire parmi les grandes figures de Bloomsbury, qui a vécu bien malgré elle la vie quasi communautaire de ces fantasques intellectuels des années vingt et assisté à leurs expériences sexuelles.
À travers la vie d’Angelica, c’est bientôt la sienne propre que contemple Yaël, celle de ces enfants des années soixante-dix curieusement frustrés que leurs parents n’aient pas renoncé à leurs utopies. Le constat est acide et sans illusion, et sous couvert d’un aimable récit autobiographique, Le Journal de Yaël Koppman devient le roman au vitriol d’une génération qui, si l’on en croit l’exemple de Yaël, finira par trouver son équilibre.
 »
 
L’auteure : Marianne Rubinstein est née en 1966 à Paris. Elle est maître de conférences en économie à l'université Paris 7. Le Journal de Yaël Koppman, publié chez Sabine Wespieser éditeur, est son troisième livre, après Tout le monde n'a pas la chance d'être orphelin (Verticales, 2002) et En famille (Phébus, 2005).
Mon appréciation : ce chick-lit n’en a que l’apparence ! Ce journal romancé, rédigé avec dérision et humour, dès le début s’inscrit dans le non-conventionnel.
D’abord Yaël – l’héroïne – vit en colocation avec un homosexuel (Eric) et tous deux se confient leurs avancées et déboires sentimentaux. Sa relation avec sa mère est faite d’un mélange de cynisme et de culpabilité, ne laissant entrevoir que peu de tendresse de la part de Yaël à son égard, et l’on comprend ici que quelque chose n’est pas résolu entre ces deux personnages. C’est d’ailleurs ce qui engendrera le phénomène d’identification de Yaël à Angelica quand, pour répondre au défi de sa cousine Clara (lui proposant d’écrire de la chick-lit, littérature de « poulette » à l’instar d’une Bridget Jones), Yaël choisit de s’attacher à ce personnage méconnu. Angelica GARNETT est la nièce de Virginia WOOLF. Au fur et à mesure de ses recherches bibliographiques, Yaël partage le résultat de ses investigations avec Clara et Eric, leur révèlant ainsi l’existence d’une vie communautaire entre Vanessa BELL (sœur de Virginia WOOLF et mère d’Angelica), Duncan GRANT (secret père biologique d’Angelica) et des amants de ce dernier.
L’effet miroir de la solitude d’Angelica agit sur Yaël, et ce qu’elle y voit ne facilite pas sa vie de trentenaire encore célibataire. Tout ne sera pas résolu. Certains points seront même purement balayés (la possibilité d’une relation avec son père biologique et ses demi-frères, par exemple). Mais elle aura eu l’occasion de rencontrer Angelica GARNETT, de clarifier - en regard de ce personnage - les origines de son conflit avec sa mère, de publier le journal qu’elle tenait à propos de ses expériences personnelles et de ses recherches littéraires.

Quand la littérature de poulette mène à l’investigation psychologique, voire sociologique…

L'avis de Florinette, autre lectrice de ce livre, sur ce lien : http://www.leslecturesdeflorinette.com/article-12405590.html

Repost 0
3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 13:59

RENTREE LITTERAIRE 2007 - Le monde visible - Mark SLOUKA - GRASSET - Roman - Traduit de l'anglais par Dominique LETELLIER - 338 p - Parution 5/9/7

Présentation de l’éditeur :

« Enfant, dans les années 50 à New York, le narrateur observait, intrigué, ses parents et leurs amis, tous expatriés tchécoslovaques, et sans bien les comprendre, il devinait à travers leurs voix un mystérieux passé européen. Étrangeté de la langue tchèque, étrangeté de ces personnages évoquant à mots couverts, entre larmes et ritournelles au violon tzigane, des souvenirs douloureux ; étrangeté des silences du père et des égarements de la mère… Plus tard, bien plus tard, l’enfant grandi et devenu écrivain remontera le cours de ses origines pour trouver la clé de ces mystères. Il la trouvera à Prague, au croisement de la petite et de la grande histoire. Prague, 1942. Des parachutistes atterrissent en secret en lisière de la ville. Leur mission : assassiner Reinhardt Heydrich, héritier putatif du Führer et architecte de la Solution finale. Ils y parviendront, mais les représailles nazies seront sanglantes : 10.000 Tchèques exécutés ou déportés sommairement en quelques jours. C’est dans ces circonstances tragiques que la mère du narrateur, Ivana, fait la rencontre de Tómas Bem, l’un des assassins de Heydrich. La mort aux trousses, ils vivront une passion amoureuse extraordinaire, dont rien, ni le temps ni les détours à venir de la vie, ne pourra jamais chasser les fantômes, ressuscités sous la plume du romancier. Mémoire autobiographique, récit des origines et roman historique, le dernier livre de Mark Slouka traverse les genres et se joue de la notion de « fiction » pour emporter son lecteur dans une histoire romantique comme on n’ose plus en écrire : sous l’impressionnante maîtrise narrative perce une rare émotion. De New York à Prague, des forêts de cauchemar de l’enfance aux maquis résistants, des limbes du passé aux fragments du présent, le monde de Slouka est une somptueuse révélation, transfigurée par les pouvoirs d’alchimie d’un véritable écrivain. »

L’auteur : Mark Slouka, diplômé de l’Université Columbia, a enseigné à Harvard et à l’Université de San Diego, en Californie. Il est actuellement professeur de « creative writing » à Columbia et collabore à la rédaction de Harper’s Magazine. Il vit à New York avec sa femme et ses enfants. Chez Grasset ont déjà paru son premier roman, Deux (2003), et un recueil de nouvelles, Le Lac perdu (2004).

http://www.hachette.com/mini-sites/rentree-litteraire-2007/grasset/slouka.html (en-dehors du 1er chapitre de l’ouvrage, vous pourrez y lire le commentaire personnel de l’auteur quant à cettte oeuvre. Cliquez sur « Lire le 1er chapitre »)

  

 

 

 

 

 

 Mon appréciation : l’articulation du livre est originale :

-         la 1ère partie, titrée « Le Nouveau Monde », regroupe 16 chapitres en un « Mémoire » dévoile des souvenirs de l’auteur  (scènes de son enfance à New York, de sa vie familiale entre un père duquel on ne peut parler sans penser irrémédiablement à sa femme, et une mère en proie à de mystérieux égarements, de son environnement, de visiteurs tchèques qu’il observe derrière un rideau, etc.)

-         Un « Intermezzo » titré « Prague » : après le décès de ses parents, l’auteur s’installe en Tchécoslovaquie et rassemble des « bribes et des détails », s’y promène, s’y perd, s’installe à Prague (à 37 ans). Il y « retourne encore  autant » qu’il peut. Dans cet Intermezzzo, j’ai relevé ce passage marquant : « J’ai appris que les êtres humains sont comme le mastic avec lequel je jouais enfant et qui, pressé contre un morceau de brique, prend l’empreinte du monde, puis qu’ils emportent comme une lettre scellée à Dieu et Dieu seul jusqu’à leur mort. J’ai appris que rien dans ce monde ne nous résiste comme nous-mêmes. Et je me demande, si cela est vrai, comment nous pouvons jamais espérer connaître autrui ».

-         « 1942 », le roman. Issu des recoupements opérés par l’auteur, il replace l’histoire de ses parents dans la grande histoire, avec un grand H.

Le style de l’auteur est déliceusement littéraire, le vocabulaire riche, le récit captivant, les personnages passionnants.

 

 

 

 

Repost 0