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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 21:40
 
 

Y a-t-il un moment où nous cessons de vieillir ou vieillissons-nous réellement jour après jour ? Véritablement qu’est-ce que le vieillissement ? De la dégénérescence et seulement cela ?

Il faut bien pourtant à un moment que cette progression vers l’amoindrissement du corps marque un arrêt, une pause, qu’elle stagne à un stade particulier.

À partir de cet instant, qu’advient-il réellement dans le corps ? La mort ?

Est-de juste cela, la mort ? Une courbe ayant atteint son point « zéro » et qui ne peut plus décroître plus loin sous l’axe porteur quadrillant la courbe de notre vie ?

Et l’être dans tout cela ? La courbe de l’être chute-t-elle au même rythme que celle de la vitalité du corps ?

J’ai sincèrement tendance à répondre non. À mon sens, à mesure que nous vieillissons, l’être  — qui contient à la fois notre présence au monde et l’ampleur que nous prenons à l’intérieur de nous-mêmes — suit une expansion inouïe.

Et par ailleurs, cette ampleur ne pourrait exister s’il n’y avait pas en parallèle l'amoindrissement .

Ce n’est pas une balance que notre vie. L’équilibre est une fumisterie. N’existent que le bas plateau et le haut plateau.

Notre rêve immense d’atteindre les cieux, de toucher  et survoler les cimes de nos ailes d’âme, notre si profonde aspiration à l’infini (qui nous fait aussi considérer notre propre finitude), n’est que le pressentiment de la maturation complète de l’être.

C’est notre destination finale : le haut plateau du balancier intérieur. Là haut le silence devient alors une communion.

Communion ? Entre qui et qui ? Tout simplement entre les « êtres »....

En quoi consiste-t-elle ? Nul ne parvient clairement à l’expliquer car là-bas les mots ne s’écrivent plus, ne s’échangent plus. On sait et puis voilà tout. Les vieilles personnes acquiescent longuement et inlassablement répètent ces mots "je sais"...

Il plane entre elles une sorte de conscience générale.

 

Comment et où cette conscience prend elle force ?

Je ne pense pas me fourvoyer en affirmant que cette conscience prend forme dans la souffrance. La souffrance qui ouvre nos sens, nous éduque et nous éveille aux souffrances multiples vécues par d’autres. Des semblables que nous avions évalués et considérés si différents de nous, en basant cette idée prioritairement sur leur apparence.

Sur le haut plateau de l’être, tous les « êtres » se considèrent enfin pareils.

Les vieilles personnes ne s’attachent plus aux apparences.

Elles ont appris à les traverser, les unes après les autres. Souvent au détour d’une épreuve, après avoir vécu des souffrances.

Traverser les apparences ne se fait pas sans douleur et encore moins avec aisance.

Tout comme nous naissons en traversant le corps maternel, le passage de l’apparence, du paraître (part être !) s’opère à l’étroit de son espace intérieur, avant que nous ouvrions les yeux sur notre part d’être.

Après quoi, ils se reconnaissent aussitôt ceux qui ont vécu des épreuves. Ils « savent » sans besoin de connaître les détails. Sur le parcours de chacun, les vieilles personnes savent intrinsèquement et n’ont pas besoin d’entendre les tribulations ayant amené dans le haut plateau celui qui les rejoint à son tour.

De se constater tellement pareil égalise tout, lisse tout.

On peut alors marcher avec légèreté sur la ligne. Ligne de partance. Cellle du fameux point « zéro » où aboutit le vieillissement.

 

Lorsque je poserai mes premiers pas sur cette ligne, sans doute ce qui m’intéressera tournera autour de la question suivante : « où conduit cette ligne que je viens de toucher du pied ? »

Comme un chemin forestier, je vois au bout de cette ligne infinie à mes yeux d’aujourd’hui, un point. Un point de départ. Et plus encore : un point d’origine. Celui-ci soutient toute mon espérance.

Quelque chose demeure depuis toujours dans ce point. Et toutes nos interrogations gravitent autour de ce fameux point d’origine. Cellule vivante ? Trou noir ? Vortex ?

Il y a fort à parier que notre intelligence ne nous permette pas encore de le conceptualiser.

Si je parvenais à ce point, si je pouvais m’y engouffrer, qu’y découvrirais-je ?

Dieu ou le vide ? Encore un autre passage ? Vers quel autre univers ?

 

Mon espérance est aussi infinie que tout ce qui est là et que nul ne s’expliquera jamais.

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commentaires

B. 27/06/2014 07:51


Jolie conscience où nous conduiras-tu ?


J'ai beau liper les gouttes d'acuité, je finis toujours par perdre l'identité que je croyais enracinée à ma chair. La pluie n'étanche pas ma soif. Votre texte me le rappelle.

Marianne 28/06/2014 10:12



Bonjour et soyez le bienvenu.


Heureux homme êtes-vous que de ne pas rester figé et de vous laisser guider par la soif de trouver, de connaître et de vivre tout simplement !


J'ai pris le chemin de vos liens et suis particulièrement impressionnée par votre créativité. Une belle liberté dans vos écrits et tant de poésie aussi. Superbe plume qui m'honore de son
expérience. Merci à vous.


Je vous verse un peu de breuvage humain et trinque aux mots.


Bon week-end à vous.



Jean Paul 28/11/2013 23:12


Chère Marianne, voila des commentaires bien variés sur votre article ... Certains douloureux ... l'être humain est incroyablement résistant, résilient. Mais en même temps incroyablement fragile
... J'ai vu la même émission que vous. J'admire l'appétit pour la vie de Jean Dormesson, peut être un peu trop ostentatoire ("Je n'aime pas les gens heureux" dirait Eddy Mitchel ?), et j'adore
Hubert Reeves, vous le savez. J'ai découvert un autre astronome, André Brahic, aux explications aussi colorées que les nébuleuses d'Hubert Reeves ... Et aujourd'hui une autre grande librairie,
avec parmi les invités de François Busnel, François Chen que je découvrais, et Michel Onfray. Malgré son énergie habituelle je l'ai trouvé triste et désorienté. Il faut dire qu'il est passé lui
aussi par des épreuves pénibles, avec la maladie et le décès de sa compagne. Il a parlé de ses nombreuses lectures, et de son désir d'en sortir un peu, et de vivre ailleurs que dans les livres.
J'ai pensé à Marie Poupée, et ses commentaires sur votre article. J'ai écouté avec beaucoup d'attention et d'admiration François Chen, Chinois de naissance et académicien, véritable trait d'union
entre la culture Orientale et Occidentale. Un vieil homme sage d'entre les sages comme ceux de votre article. J'ai vu pendant qu'il parlait, les yeux de Michel Onfray s'allumer, ainsi qu'un franc
sourire sur son visage à la fin de l'entretien. Il faut dire que l'un pourrait être le père de l'autre. J'ai eu l'impression que ces invités ce soir, répondait à vos questions, et aux
miennes.
Je vous souhaite bonsoir et vous envoie toutes mes amitiés


Jean Paul


 

sido 14/11/2013 10:15


Bonjour Marianne,


Ton analyse  ne peut qu'inciter à peser chacun de tes mots ; Permet moi de nuancer : pour ma part je pense que le vieillissement tel que tu l'étudie ici est
"philosophique", idéal ; certes les années permettent de prendre des distances avec ce qui paraissait important, necessaire, et le paraitre, de relativiser les difficultes au regard de
celles rencontrées ou constatées , d'"égaliser", mais n'est ce pas plutôt affaire d'expériences, bonheur y compris, plutôt que des seules dures épreuves ? Compagnons de souffrance, oui,
partagent au sens large, se reconnaissent ; est ce le seul moteur de cette distance d' avec le paraitre ? La grande souffrance du corps comme de l'âme empêche le regard vers ailleurs ;
trop occupé par ce qui fait mal, l'esprit est tourné vers le soi et le désir que cela cesse.
Là où je te rejoins c'est le vieillissement naturel, sans souffrance, ni grande décrépitude,  Par l'expérience amassée, bonne ou mauvaise, il permet effectivement de
tirer meilleur partie de ce que la vie offre encore. Les exemples sont nombreux de ces personnes très âgées qui "traversent le temps" , le mettent à profit.


J'ai malheureusement, par la fréquentation de maison de retraite, trop vu de corps amoindris, passifs, souffrants, qui n'attentent plus rien, sinon le point zéro. et parfois même n'attendent rien
d'autre que le repas du midi et du soir. Pour moi c'est cela vieillir, et c'est cela qui m'effraie, pour moi. Je n'ai pas ( pour le moment, on ne sait jamais) cette espérance infinie qui est la
tienne, et qui est enviable.


Merci pour ce moment de réflexion offert.


Sido

Marianne 17/11/2013 11:38



Bonjour Sido,


merci pour le commentaire intéressant que tu es venu déposer.


J'ai accompagné durant 2 ans ma grand-mère qui était hospitalisée en long séjour.


Ce qui fut le plus frappant, ne fut pas la souffrance physique car les unités médicales savaient la soulager, mais ce que personne ne pouvait soulager était ailleurs. Ces êtres que l'ont dit
anciens dans d'autres peuples erraient en appelant. Qui ? Quelqu'un qu'ils aimaient et qui n'était pas là (soit par absence momentanée soit par abandon soit par décès) et ils cherchaient à
retourner dans leur foyer. Voilà ce qui m'a le plus interpellée personnellement. Car personne ne savait comment soulager cela. Et je me suis retrouvée moi-même désemparée quand un jour, l'une de
ces personnes m'interpella en me prenant pour quelqu'un qui pouvait les aider. Ils me racontaient ce qu'ils désiraient : je veux retourner chez moi. Je suis sortie en pleurant de l'hopital ce
jour-là devant ce désarroi et cet appel au secours qui me laissait si impuissante.


J'ai vu les personnes âgées aller les unes vers les autres, d'une chambre à l'autre pour se visiter, se lier d'amitié. Souvent elles ne se souvenaient plus du n° de la chambre, mais elles
reconnaissaient les visages et elles se souriaient en se voyant. Elles se réconfortaient de leur présence mutuelle. Ceux qui pouvaient marcher venaient vers ceux qui ne pouvaient plus se lever.
Cela aussi m'a beaucoup touchée. Cette reconnaissance par-delà la dminution physique et en dépit de certaines maladies qui engendrent perte de mémoire.


Cela dit, certes, si la souffrance se fait si infernale et que le corps médical ne puisse plus palier la douleur, le souffrat ne souhaite plus alors qu'en finir enfin. Et peut-être ce voeu est-il
encore à regarder avec respect comme une espérance.


Nous redoutons tous, je suppose, de végéter plutôt que vivre.


Je t'embrasse, Sido. Tu as ajouté une dimension d'âme supplémentaie à mon article. Bon dimanche.



marie poupée 27/10/2013 20:16


Ma chère Marianne,


Plus on cherche, plus on trouve des chemins , plus on trouve des chemins, plus on se perd ! Les voies les plus simples sont parfois celles qui nous aident à vivre.


Se contenter de peu, c'est tout de même exister !


Ton texte est comme toujours superbement écrit , il s'en dégage néanmoins un mal être . Je te souhaite Marianne de trouver ton chemin , celui qui te donnera plein d'espoir et surtout le bonheur .


Je t'embrasse bien fort et te souhaite une belle soirée

Marianne 17/11/2013 11:46



Chère Marie Poupée,


lorsque je regarde ton art, qui cherche toujours plus loin dans la créativité et s'y épanouit, je n'ai pas l'impression que tu t'y perdes !  ;-)


L'espérance du peu, est l'expression que ton commentaire a fait naître en te lisant. Certains liraient "dupeux" du verbe duper, en se disant que l'espérance n'est qu'une duperie. Personnellement,
je ne vois pas cela comme un subterfuge mais comme un moyen de dépasser quelque chose.


Je t'embrasse bien amicalement en ce matin dominical.



liedich 23/10/2013 02:06


Brillance, tu es gentille de m'accorder le savoir. Je l'ai c'est vrai mais pour ma seule pensée ce qui veut dire que pour paraphraser le vieux gueulard : je sais qu'on ne sait jamais. C'est déjà
bien. 


Une certitude en vaut une autre. Ben voui. En tout cas elle nous rassure. Alors comme on ne saura jamais, autant croire à ce qui nous fait du bien.


Ta bise d'amité, je l'ai déposée dans un soliflor : ma pièce est bien belle tout d'un coup.


Je t'offre mon instant et te remercie du partage.


l.

Marianne 17/11/2013 11:41



Douce pensée et que cette fleur d'amitié en soliflore (j'adore l'image que m'as offerte si généreusement !) puisse s'épanouir devant ton regard d'homme bon.


Je t'embrasse bien amicalement.