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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 22:01

Ecriture automatique...

écrire jusqu’à plus de conscience,   sans faire de faute (ou en en faisant, on s’en fiche !),   mais juste écrire.  Lâcher prise, perdre le contrôle sur ses mots venus de loin, de si loin en nous,  si profondément que l'on ne sait plus où se niche vraiment la pensée, l'irruption, la spontanéité. Tâtonner, poser un mot puis un autre, et oublier la logique, la sémantique, et tous ces tics orthographiques ! 

Je prends les yeux fermés l’exercice au mot et vous laisse ces lignes brutes de décoffrage. 

Parvenez à me déchiffrer dans ce jeu subtil et sans fondements.

Je suis souvent dans mes textes, et vous y êtes vous ?

Oui probablement, certainement. Mais je ne vous connais pas. Prenez le temps d’y entrer et approchez vous tout près.    De plus en plus près de l’essence de notre pion, celui qui renferme l’infiniment petit, voire la petitesse, de mon être qui n’en finit pas de vouloir grandir !

J’aime vous avoir près de moi et je vous tiendrai volontiers la main si vous me le permettiez déjà !

J’ai mis quelques secondes à vous parler mais je pourrais vous en conter des siècles !

Si nous n’en avions que le temps... Car c’est bien de notre temps qu’il s’agit dans le plus pur appareil de l’écrit.  Celui qui nous est imparti pour une heure ou une vie. Or, cette vie nous est limitée et, immanquablement, nous limite à l’intérieur de ce pion réduit. Vous ne comprenez pas toujours mes phrases mais vous pressentez bien le sens le plus profond : vous inviter à cette blague, à ce jeu où aucun échec ne me rendra mate ou matée (sans parler des maths, qui furent ma bête noire scolaire).

Je ne vous présenterai pas de miroir sans tain .

Oh ! Que votre chaleur est ma douce page moi qui, dans vos cœurs,  puise la force de livrer sans crainte mes vulnérables limites d’être humain !

Lectrices, lecteurs, je vous vois actrices et  acteurs, ou peut-êtreinitiatrices  et initiateurs de mes divagations folles où mon désir de vous conduire par l’imaginaire plaisir me rend parfois bien fragile tant je tomberai vite dans la peur de vous décevoir. Mais votre espièglerie sur mes mots enchaînés se libère dans vos pupilles et s’y dilate jusqu'à se distiller dans votre imagination fertile. Je donnerai beaucoup parfois pour y voyager sans guide et sans bâton de pèlerin ; juste la joie de trouver comme un joyau ou un joyeux ravi la pépite rare que recèle votre esprit magique.

LIENS POUR ALLER PLUS LOIN :

 André BRETONv /  Les champs magnétiques

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Champs_magn%C3%A9tiques

 

L'écriture automatique

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89criture_automatique

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 21:20

 

 

( source image : http://unusmundus.free.fr/photos/P1000928.jpg )

desert.jpg

 

 

C’était écrit ? Vraiment ?

Au début, tu l’as cru. Comme tout le monde.

L’existence se résume à un nom, un prénom, une date de début et de fin, gravés dans le marbre et pour l’éternité.

Dans cent ans, personne ne saura plus qui fut celui auquel se rapportent ces informations.

Car c’est bien tout ce que ça représentera pour cet inconnu qui passera là, dans ce cimetière entretenu et fleuri, chatoyant d’espèces artificielles.

Ce qui restera écrit sur ta tombe ne lui dira presque rien de ta vie.

 

Après cette amère réflexion, tu rentres chez toi. Tu t’empares d’une feuille. Blanche, comme l’angoisse. Tu te dépêches d’y retracer ton existence. Tu y consacres plusieurs jours.

 

Mais au bout de toutes ces heures, en relisant, muet, tes mots, tu ne reconnaîtras pas vraiment celui qui est conté dans ces lignes. Une biographie, tout au plus. Bien sûr, on en saura un peu plus que ce qui sera gravé dans le marbre, mais celui qui voudra bien lire tes phrases ne saurait prétendre te connaître. Ce ne sera toujours qu’une esquisse de toi. Ta lignée, l’endroit où tu as grandi, les écoles que tu as fréquentées, les réussites, les diplômes, la listes des emplois occupés, les villes où tu as habité, les personnes que tu as rencontrées.

 

Toi, tu sais que toutes ces choses ne disent que très peu d’un homme. Il faudrait aller plus loin encore. Gratter davantage. Car ce qui fait qu’un homme est un homme, ce ne sont pas ses faits, mais ses émotions intérieures.

 

Tu songes alors qu’il faut aller plus en profondeur.

Assis, tout seul, dans le silence, tu commenceras à ouvrir les portes de ton âme. Tu chercheras quel mot sera le plus approprié et le plus juste pour dire tes rêves, tes idéaux, tes blessures, tes exaltations, toutes ces choses indicibles qui suscitent ton être. Multitude d’indicibles…

 

 Sourires, regards, mains enlacées, baisers brûlants, fourmillements d’attente, rires clairs, larmes d’un autre, musiques, étés odorants, oiseaux chantants, matins symbioses, parfums de la terre après un orage, floraisons, roses inclinées, colorées, enivrantes, flammes de bougie, cet ami qui revient, une voix qui vibre en trémolos plaintifs, un chien au corps doux et ses yeux qui te parlent de sa tendresse, une présence pleine qui vaque à ses occupations près de toi, quelqu’un au loin qui lit tout seul dans un jardin, l’histoire de celui qui triomphe de l’adversité, le murmure des pages d’un livre, l’amitié complice, l’amour, l’amour, l’amour…

 

Epuisé de cet inventaire, tu trouves pourtant ce portrait décidément toujours incomplet. On s’en approche, certes, mais non, ce n’est toujours pas toi. Pas toi complètement.

 

Plus tu écriras, plus tu t’en approcheras, te persuades-tu.

Même, même si tu réalises un soir que jamais, jamais tu n’atteindras l’ultime homme de ton intériorité. Non, car sans cesse cet homme évolue, se transforme. Mouvance des événements, rencontres qui bouleversent, expériences qui chamboulent, désillusions…

 

L’homme en toi, tu t’en rends maintenant compte, est… non fini, infini…

 

C’est écrit partout mais tu ne l’avais jamais compris. Dans l’infinitude, tu ne voyais que les limites de ta finitude.

 

Tu conclus ta dernière page par quelques points de suspension.

 

Rien n’est jamais écrit car tout reste imparfait.

Ta finitude elle-même est imparfaite…

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 12:19
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 source image

 

Les résistances sont puissantes. Comment les vaincre ? Faut-il les enfoncer comme un mur ? Faut-il les contourner ? Faut-il passer par-dessus ? Comment s’y prendre pour devenir créatif ?  

 

Je cherche longtemps. Je m’installe dans le silence. Je procède par association d’idées. Un peu comme sur le divan d’un psychanalyste. L’analysé ne se juge pas, il s’exprime tout simplement, laissant à l’analyste le soin de s’occuper du reste.

Avec cette distance à soi, ce détachement de pensée qui coupera court à l’autocritique, ce lâcher-prise sur la crédibilité ou la vérité.

 

Associer les images, les réminiscences, les suggestions qui ne s’esquissent que brièvement et la plupart du temps s’esquivent, combiner, assembler, marier, juxtaposer, solidariser, concentrer, amalgamer les mots qui se font résonnance. Se laisser aller à cet invisible. Les relier les uns aux autres, telle l’œuvre patiente d’une araignée.

 

Une vidéo que j’avais découverte sur la Toile… Une femme dans un fauteuil, les yeux fermés, en séance chez un hypnotiseur.

 

Elle se revoit petite fille. Son chien gambadait. Elle courait à ses côtés. Puis soudain, quelque chose de terrifiant se passa devant elle.

Je ne me souviens pas de quoi il retournait.

Elle dut grimper. Grimper sur un mur pour se sauver d’un effroyable danger. Elle avait très peur. Elle réalisa soudain qu’hormis elle-même, son petit chien lui aussi était en danger. Sa terreur doubla. Mais un réflexe la mua. Depuis le mur, elle se pencha, tendit ses deux bras, souleva et sauva son chien. Immédiatement, elle se sentit un peu plus rassurée.

Maintenant, le danger était en bas, mais il n’était pas possible de passer le reste de la journée sur ce mur à trembler. Le danger ne se calmerait pas ainsi. Le mieux était de quitter les lieux au plus vite. Elle devait se montrer inventive pour se tirer de là. Son chien serré contre elle, elle sentait battre leurs deux cœurs et l’étouffement envahir sa poitrine.

Elle aperçut au loin une planche adossée verticalement tout contre le mur. Pour l’atteindre,, il fallait marcher sans tomber, se tenir en équilibre, l’animal apeuré contre soi. L’empêcher de s’agiter, faute de quoi, tous deux risqueraient la chute.

 

Elle hésita mais avança d’un pas, s’obligeant à ne pas regarder l’objet de sa peur à sa droite, parlant doucement à son chien effrayé. Elle posa sa main sur les yeux de sa bête pour l’empêcher d’être affolée davantage, le rassurant de ses caresses et de paroles qu’elle murmurait à son oreille d’une voix vacillante. Il s’apaisa un peu.

 

Elle se laissa alors glisser peu à peu jusqu’à l’endroit où se dressait la planche, sans stopper ses gestes de réconfort. Plus le chien se détendait, plus elle se sentait capable de réussir dans sa délicate entreprise.

 

Il fallait à présent se saisir de la planche, tenir le chien, se garder obligatoirement en équilibre.

 

En bas, le danger enrageait. Par réaction, dans ses bras son chien se débattait. Il fallait faire vite.

 

D’un regard, elle scruta les alentours. De l’autre côté, sur sa gauche, un arbre semblait tendre vers elle la courbe d’épaisses branches. Mais la distance était trop longue. Elle se saisit alors de la planche, la plaqua contre ses flancs, donna un coup d’épaule et de fesses pour remonter l’objet. Elle dut s’y reprendre plusieurs fois et des échardes se logèrent dans ses mains. Elle s’efforçait de toute sa volonté de maintenir son chien sous le bras gauche tandis que le bras droit entourait la planche. Il fallait maintenant, sous les rugissements de colère du danger à sa droite qui s’échinait à vouloir les rattraper, équilibrer suffisamment la planche pour atteindre l’une des branches de l’arbre. Ce ne fut pas une mince affaire.

 

Les battements de son cœur manquaient de lui faire exploser la poitrine. Vaincre le vertige. Se dominer, se domine, ne pas tomber, protéger son chien, respirer fort, parler, chantonner, ne pas crier, ne pas affoler sa petite bête aussi terrorisée qu’elle. Son ventre se nouait et le souffle lui manquait sous le poids de plus en plus lourd de cette planche qu’elle maintenait de toutes ses forces tout en s’accroupissant. Elle lâcha un instant son chien, le nicha sur ses cuisses. Le museau pointait sous ses bras et la truffe froide humait l’air sous son ventre. Le danger effroyablement menaçant, écumait bruyamment en bas.

 

À bout de bras, elle maintint la planche et parvint à la hisser par-dessus le mur puis à le déposer comme un pont entre le mur et l’arbre. Elle y déposa d’abord son chien qui, tétanisé, n’osa pas quitter sa maîtresse. À présent libre de ses mouvements, elle esquissa un pas. Son chien comprit ce qu’elle attendait de lui, et bien que flageolants, tous deux franchirent la distance qui les séparait de l’arbre. Elle était parvenue à ses fins.

 

Réalisant qu’ils étaient délivrés, elle se dit que le danger, était maintenant prisonnier du mur. Elle bondit au sol, agrippa son petit chien, le déposa à terre. Il se secoua, comme il délaisserait ses puces sur place et aussitôt jappa de soulagement.

 

Elle retira la planche du mur, s’imaginant que le danger pourrait encore la rattraper en suivant l’exemple de l’exercice que ces deux êtres venaient d’effectuer.

 

La terre ici ressemblait à celle de l’autre côté, mais elle lui sembla infiniment plus belle en raison de l’exploit qu’elle venait d’accomplir.

 

Elle ressentit un immense, un profond, un extraordinaire, apaisement.

 

Son chien courait joyeusement lui aussi. Elle l’imita en le flattant amplement pour son courage. Elle se flatta également pour le sien. C’était la chose la plus difficile qu’elle avait eu à effectuer dans sa vie de petite fille.

 

La fierté montait en elle, se répandait dans son être tout entier. Le monde lui semblait incroyablement magique. Elle était heureuse. Profondément heureuse, exaltée, portée au-delà d’elle-même, galvanisée, fortifiée.

 

 

La créativité a quelque chose de cet exemple. Pour vaincre l’espace vierge, la page blanche, la corde raide, le vide, une contrée vierge, une distance, la nouveauté, l’avenir… L’à-venir !

 

Échapper à cette anxiété qui naît de la peur de l’inconnu ou du néant a quelque chose d’un combat héroïque. Un combat contre soi-même pour se relier à ses forces intérieures et en faire jaillir quelque chose qu’on ne soupçonnait pas porter en soi.

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 11:38
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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 21:31
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" Quand on veut on peut "...
 
Je veux, mais quelque chose me retient par la manche. J’ai beau tambouriner sur cette poigne qui m’empêche d’aller ailleurs, sa force semble dominer la mienne. Je ne sais pas ce qu’elle me veut. On dirait que l’invisible m’implore silencieusement.
 
En apparence, je suis présente à mon quotidien. Je me tiens debout, je bois un café, je m’adosse au mur. Il est froid, mais c’est bien mon corps, ma peau, qui perçoivent ce froid. Le mur me soutient mais je ne peux m’y enfoncer. Je ne peux pas non plus le défoncer. Je ne peux qu’y coller des images, des portraits, de doux visages, et laisser mon esprit faire le reste. Lui, s’envole de mon corps et s’en va librement explorer le monde.
 
C’est peut-être cela mon destin. Rester assise là en explorant pourtant le monde.
 
Je connais bien peu encore les univers intérieurs. Le mien est peuplé de frayeurs, de formes muettes, se fige devant l’horreur, s’emballe et s’exalte devant le merveilleux quand il se présente. On pourrait le comparer à l’atelier d’un sculpteur où le regard s’attarderait sur d’intrigants veilleurs. Ici, on trouverait l’Abouti, là l’Inachevé, voici Surseoiro. Une autre galerie conduirait aux courbures de la Fascinée, de l’Impuissante, la Captivée, l’Enthousiaste, l’Incandescente, l’Ardente, l’Intense, l’Obstinée, la Timorée, la Pensive, la Refusée, l’Offerte, la Pathétique, la Palpitante, la Vacillante, la Versatile, la Délurée, l’Enfantine, etc. On marquerait un arrêt pour contempler les modelages du Désir, du Doute, de l’Attente, de l’Espoir, de l’Incertitude. Encore habités par eux, nos regards tomberaient sur les bustes de l’Adolescente, de l’Amante, de la Mère, et sur celui en cours de la Femme dans l’âge dont le sculpteur chantourne le profil, et creuse avec délicatesse des rides sur le front.
Dans le froissé des replis de draps ou de vêtements, on pourrait entendre mille bruits. La prégnance et les voix de la vie. La pénombre du temps s’étire jour après jour sur les étagères de l’atelier où ces figures étranges, ensemble, engendrent une ambiance incomparable.
 
Je n’ai pas bougé d’un pli. Mais je porte pourtant tout ça en moi. Tout ça, et davantage.
 
 Est-ce parce que dois m’y attarder encore que ma manche est retenue ? Elle me lance des injonctions tous les jours.
 
 - Écris. Écris encore. Reste assise. Laisse venir ce monde à toi. C’est tout ce que tu as à faire. C’est tout ce que tu peux faire. Quand tout tourne autour, toi, ne bouge pas. Assieds-toi, observe, comprends, chope dans ton regard et par le prisme de tes impressions, écoule l’émotion du monde.
 
C’est ce qu’elle me disait ce matin. Je venais tout juste de respirer le puissant parfum boiseux des thuyas trempés de pluie entourant les jardins.
Thuya, « Arborvitae », l’arbre de vie en Amérique du Nord, mais aussi la substance blanche du cervelet chez l’homme ainsi appelée à cause de son apparence en forme d’arbre.
Dans le cerveau, il y a donc un arbre ?
 
Mes actes qui ne suivent pas la pensée. Mes pensées qui suivent leur cours. Ramifiées à d’autres pensées qui les nourrissent, les mènent à d’autres, qu’elles nourrissent à leur tour. Mon cervelet, lieu de la peur et du plaisir. Ce n’est pas lui qui lance le mouvement mais c’est lui qui coordonne ce que disent mes sens. Mes sens, l’essence. Un arbre.
 
Ce n’est pas de la paralysie parce que l’arbre de vie m’en protège.
 
J’apprends, je cherche une posture, un équilibre, je m’adapte au changement. Jusque dans les fibres intimes de mon cerveau. Mon cerveau de plis et de méandres où les signaux se suivent et m’imprègnent d’enseignements durables.
 
C’est peut-être de l’inertie... Parce que par moi-même je ne peux changer mon état en mouvement. Une « Résistance passive et volontaire qui consiste principalement à s'abstenir d'agir ou à refuser toute contrainte physique ou morale. » (source CNRTL).
 
Il y a des jours comme ça où les actes ne suivent pas les pensées.
 
Mais l’arbre pousse dans le silence et personne ne voit pousser l’arbre. Autour de lui, les oiseaux, les insectes s’agitent avec frénésie, et parfois viennent se nicher dans ses branches, ses racines ou son tronc. On s’adosse contre lui comme je le fais contre ce mur aujourd’hui où je dessine, je dessine, je dessine, j’écris, j’écris, j’écris.
 
Il pleut, je ne fais rien. J’observe et j’écoute. Mon arbre grandit, s’étend. Mon cerveau renferme un arbre, comme dehors, un arbre s’étend dans mon jardin. Mon jardin où le parasol fermé pendouille son ennui de pluie, les chaises égouttent l’absence, la table retient les rires ou les histoires de ceux qui s’en sont allés vers leurs activités.
 
Il y a des jours comme ça où les actes ne suivent pas les pensées...
  
Je ne fais rien. Non,  mais j’écris...
C’est là que je dois être. C’est là que je veux être.
J’écris pour mes raisons, qui en sont mille.
J’écris pour garder pérenne ce "rien" qui n’a pas eu lieu. Ce rien qui n’a ni lieu ni refuge pour se rendre.
J’écris pour attraper ce moment précis où tout va basculer, l’empoigner, le retenir par la force de ma pensée.
 
L’éphémère s’enfuit toujours.
Il y a des jours comme ça où les actes ne suivent pas les pensées...
 
 
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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 20:26

 

 

 

Quand la littérature sera produite par les machines...

 

 

 

Bien des questions à la lecture de cet  article du Monde du 28 mai 2010...

 

J'avoue que j'en reste perplexe ! 

 

Quand la littérature parle machine... que reste-t-il de l'esprit, de l'intériorisation et de l'intériorité de l'âme humaine ?

 

 

 

 

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 21:20
  



 
 Sauras-tu ? Sauras-tu, toi, faire face à l'incontournable besoin de solitude de l'écrivain, incapable de créer sans un entier et épais silence ?
C'est un paradoxe que de décrire ce qui vit et bouge en s'enfonçant passivement sur son siège ! Se laisser glisser dans des lieux inconnus où tout est encore entièrement suspendu, en attente d'une alchimie-symbiose entre le néant et l'inconscient. Place entière et égoïste aux altérations et divagations de l'âme ! Perte de la notion du temps pour entrer dans une autre dimension, intemporelle.
 
Sur ce phénomène, sais-tu,  l'écrivain n'a aucun, aucun contrôle. Sinon le pouvoir de céder à la distraction extérieure (parfois manière de refuser de laisser venir à lui).

Le déclic s'opère sans prévenir. Et voici l'urgence ! Celle d'écrire. D'écrire et de décrire. Au plus vite. Au plus loin. Au plus juste. Au mépris même de ses croyances, de ses idées, de ses valeurs, quelquefois.

Sauras-tu ? Sauras-tu comprendre ces fuites brutales ? Ces pulsions vers un monde invisible.

Toi, n'iras-tu pas un jour me dire ta lassitude de n'être jamais là ? 
Celle de ne jamais savoir qui est vraiment l'être qui vit près de toi.
N'iras-tu pas me dire un jour que, non, ce qui est écrit dans les livres n'est et ne saura jamais être la VRAIE vie ? 

Toi, à quoi passeras-tu ta vie pendant que je n'aurais pas d'yeux pour toi ? Comment passeras-tu ces heures infinies où nous ne serons pas hors d'un livre ? Comment passeras-tu celles où nous serons... en plein livre.

D'un livre à l'autre, sais-tu que je ne serai jamais celui que tu as connu au dernier ? Parce qu'écrire vous transforme à tout instant.

Vois-tu, ce sont toutes ces choses, par exemple, qui retiennent la main d'un écrivain. 

Comprends-tu doucement que l'écrivain a tout à perdre ? Oui, tout à perdre... Avant tout... à se perdre lui-même.

Je pourrais, pour toi, abandonner, renoncer à cette drôle de solitude.
Mais je me reprocherai sûrement alors de ne pas devenir.

Parce qu'écrire vous grandit à tout instant. 




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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 20:51

Il y a un mois, je vous présentais "L'incertain" écrit par Virginie OLLAGNIER, publié aux Editions Liana LEVI.

A la suite de mon article, l'auteur nous fait l'amitié de sa présence toute spontantée sur l'espace "Entre mots et vous" où un échange a émergé autour du thème de l'écriture :

QUESTIONS posées à Virgine OLLAGNIER :
Quel fut votre parcours personnel vers l''écriture ?
Comment bâtissez-vous vos romans ?
Comment opérez-vous vos recherches ?
Comment avez-vous mené la construction de vos personnages ?
Quelles sont vos méthodes/habitudes de travail ?
J'ai personnellement été sensible à ce que vous développez dans vos romans. De l'un à l'autre, j'y ai détecté une belle ouverture d'esprit.
Par ailleurs, à l'heure où l'on développe principalement le sens visuel, j'ai trouvé très fine l'idée de tabler votre premier sur la guérison par le toucher à travers le prisme du coeur.



REPONSES apportées par  Virginie OLLAGNIER :
"pour faire court, je suis dyslexique et l'écriture n'a jamais été un plaisir, ni même une envie, juste un pari avec mon amoureux qui lui y croyait. Donc
"
Toutes ces vies qu'on abandonne"  est d'abord une blague qui aurait bien tourné...
J'écris de façon chronologique mes (seulement deux!) romans après une bonne dose de recherches, j'aime imaginer mes personnages dans des univers qui me sont inconnus mais qui m'attirent. Ce sont les personnages et ce que je veux leur faire vivre qui guident mes pas dans ces temps passés. On ne bouge pas de la même façon avec ou sans corset... Leur caractère, leurs désirs, leurs questions ouvrent donc mes recherches, d'abord, puis mon plaisir, ma curiosité, pour finalement me servir de tout cela pour la toile de fond romanesque.
Mes personnages s'imposent à moi, je ne les choisis pas vraiment (c'est étrange d'écrire cela!), ils viennent car ils sont nécessaires à ce moment de ma vie. Zoltàn est un personnage qui ne me quittera pas de sitôt... Je l'aime encore trop... Je ne suis pas prête de rompre avec lui... C'est délirant ce que j'écris et pourtant, je ne vois pas comment l'expliquer autrement. Il me faut après ce deuxième livre plus de temps que pour le premier pour laisser d'autres personnages vivre en moi, serait plus claire peut-être.
Je n'ai pas vraiment d'habitudes de travail. Il me faut simplement être dans un lieu calme et surtout personne au dessus de mon épaule: impossible dans les trains par exemple. Un bon fauteuil, mon ordi sur mes genoux et Bachelorette de Björk si ça ne vient pas assez vite."

QUI EST-ELLE ?
"Virginie Ollagnier, née à Lyon en 1970, est formatrice en communication écrite et en ergonomie, et co-scénariste de la bande dessinée Kia Ora. Son premier roman, Toutes ces vies qu’on abandonne, lui a valu un succès public et critique et a obtenu onze prix littéraires dont le « Prix coup de cœur du roman historique de la ville de Blois » et le « Prix du premier roman du Touquet ». Il a été sélectionné dans le cadre de « L’été des libraires 2007 ». Il reparaît dans la collection Points en septembre 2008."


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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 11:45


(avant de lancer l'écoute, pensez à couper - sur votre gauche -  le son des chansons de ma création).

J'étais trop jeune (5 ans) à l'époque de la diffusion de cette chanson (Paroles: Pierre Delanoë. Musique: Gilbert Bécaud   1967) pour pouvoir saisir toute la portée humaine, la puissance d'émotion du texte dont elle est porteuse.

Je la reçois seulement aujourd'hui, 41 ans plus tard.

Peut-être est-ce le moment propice pour "recevoir", accueillir, écouter, méditer un texte comme celui-ci  exigeant du vécu pour une réceptivité optimale à ce qui dépasse les mots : ici l'humilité, le lâcher prise sur ses ressentiments voire scrupules, le retour vers un être délaissé ou blessé, la certitude de ses sentiments hors d'une communication interrompue, le droit de revenir, les leçons de vie infligée par le temps, etc...

Elle est venue me fracasser hier soir dans un très bref passage dans l'émission d'amitié franco-québécoise diffusée par France 2 à l'occasion du 400e anniversaire de la ville de Québec, qui m'a incitée à rechercher la vidéo que je vous partage, à vous témoins de mon cheminement.

En tant que parolière, son texte bref mais percutant m'a véritablement interpellée. Evoquer, dire, toucher, en très peu de temps et d'espace, dans un art elliptique, c'est à cela qu'on reconnaît l'excellence d'un parolier.

C'est ensuite à l'interprète de s'en emparer.
Indéniablement, la voix rauque et caverneuse de Gilbert BECAUD ajoute d'intensité à ce texte ponctué de silences musicaux, supposant la présence invisible de sa destinataire, encore plus présente de par son écoute  silencieuse.
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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 09:04
Après "Paradis conjugal" (Albin Michel, 2008), d'Alice FERNEY, je viens d'ouvrir un autre de ses livres, parus antérieurement chez Actes Sud : "Grâce et Dénuement" (1997, prix Culture et Bibliothèques pour tous).

En attendant mes impressions, voici une interview de l'auteur sur le lien suivant :  
http://auteurstv.blogspot.com/2008/04/alice-ferney-ce-qui-ressort-de-mes.html

Vous y découvrirez sa spontanéité, sa fraîcheur, et son analyse du travail d'écrivain à travers le prisme de son expérience personnelle.

On se fait souvent une image d'un auteur en parcourant ses écrits. S'il arrive peu souvent qu'elle soit erronnée, la plupart du temps néanmoins, celle-ci reste bien incomplète, et d'autant plus si l'on se limite à la lecture d'un seul de ses livres.

L'écouter s'exprimer oralement, avec un ton bien différent de celui de ses ouvrages, est toujours un étonnement pour moi.

Ce n'est pas un exercice facile probablement pour un auteur, amoureux de sa solitude, que d'extérioriser devant une caméra ce qui l'anime profondément de l'intérieur.

Cette interview, d'environ 20 mn, m'a permis de découvrir une autre facette de cette personnalité intéressante.

Je vous invite vivement à écouter son intervention, qui balaie sans détournement et avec sincérité l'état d'écrivain, femme, insérée dans un milieu, et enseignante (Université d'Orléans).

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