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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 15:50

 

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De l’or en barre, des semences, de l’eau. Nos dernières richesses.

L’or ne servait à rien. Certains le conservaient dans des coffres fermés sous code secret. Ils pensaient qu’un jour ils pourraient le revendre pour s’acheter d’autres choses quand un nouveau système se mettrait en place.

J’avais connu les voitures, les avions, les trains, les bateaux, les pipe-lines, les éoliennes, les fusées… Plus rien de tout ceci ne fonctionnait aujourd'hui faute d’énergie, faute d'entretien, faute de moyens.

La tour Eiffel avait rouillé. À cause de la rouille, elle s’effritait et par lambeaux perdait son fer.

Les banques, nul ne savait plus ce que cela pouvait être. Le jour du crash planétaire, tout le monde a voulu retirer son argent dans un vent de panique hystérique général. Comme on tentait de les empêcher de pénétrer, les gens se sont mis à jeter des pavés, à mettre le feu, à briser les vitres, à tuer. Ils ont fini par entrer. Les premiers ont vidé leurs comptes. Les derniers n’avaient plus rien. Ceux-là ont pris d’assaut les hyper et supermarchés, les supérettes, les épiceries, les restaurants, les boulangeries, les boucheries, jusqu’au plus petit lieu où l’on pouvait trouver à manger. Ils ont tout dévalisé, stocké des vivres dans des maisons fermées à clé et gardées par des hommes puissamment armés. Bientôt, les armes ne servirent plus à rien par manque de munitions. On se battait à l’ancienne, à coup de crosse et de poings. On s'égorgeait, se tuait de mille manières.

La catégorie de gens qui n’avaient ni argent, ni vivres se rebella. N’ayant plus rien à perdre que leur vie, ceux-là ont saccagé une à une tous les immeubles et toutes les maisons, surtout celles où les précédents possédaient encore de quoi se nourrir. Ils ne laissèrent derrière eux qu’incendies, amas de pierres, murs et plafonds éventrés. Vies étripées.

En peu de jours, il n’y eut plus grand-chose à se mettre sous la dent.

Les gens commencèrent à fouiller sous les débris pour trouver de quoi survivre, à tout arracher dans les champs.

Les chemins étaient encombrés d’objets devenus inutiles, les rues dégueulaient d’ordures et d’immondices puantes.

Les plus faibles attrapèrent des virus de toutes natures. Des maladies qui avaient été éradiquées dans le passé refirent surfaces. Les microbes proliféraient et des maladies inconnues se manifestèrent. Les rues s’infestèrent de rats, de cafards, de chiens et de chats, d’animaux sauvages errants mais eux aussi avaient fini par se faire rares car la faim poussait les affamés à les traquer jusqu’au plus petit d’entre eux.

Plus d’infrastructure dans aucun pays. Tous les continents étaient sclérosés, isolés, la désolation pouvait se voir des satellites qui commencèrent à tomber les uns après les autres.

Ce matin, un pont s’est écroulé tout seul. Manque d’entretien. Partout des tas de choses qui avaient été bâties par les hommes s’effondraient, étaient en panne, se détraquaient, se perçaient, s’arrêtaient.

Plus d’électricité, plus de gaz, plus de pétrole, plus de bougies, plus d’allumettes, plus rien, plus rien…

Oui, en peu de temps on en était arrivé à manquer de tout.

Des malins survivaient en cultivant les semences qu’ils avaient thésaurisées mais il fallait aller dans des endroits reculés de tous pour trouver un bout de terre arable car un peu partout les sols avaient été pollués. Les rivières charriaient toutes sortes d’immondices qui se déversaient dans les océans et les mers tuant la vie dans tous les milieux aquatiques. L’eau, quand elle coulait encore, était devenue plus précieuse que l’or. L’eau pure des sources n’existait plus. L'eau contaminée se buvait mais nous tordait les boyaux.

- À quoi ça te sert cet or, maintenant ? hurlait le plus cynique à celui qui avouait encore en posséder en pensant monnayer un peu d’eau contre un peu d’or. L’or ne nourrit personne !

Lamentablement, les hommes s’entretuaient pour un insecte, une larve, une feuille de menthe, une lapée d’eau.

 

Maintenant, nous ne sommes plus qu’une poignée d’humains. Nous avons dû tuer pour survivre. Jusqu’à ce que l’un de nous, décrète que nous mangerions chacun à notre tour ou que l’on se tuerait jusqu’au dernier survivant. Mais celui-là, quand il se retrouvera le dernier, le seul humain , de quoi survivra-t-il puisque nous avions tout épuisé, tout souillé, tout saccagé, tout brûlé et que nos corps étaient putréfiés de morsures, de blessures pullulant de germes qui finiront par ronger le dernier quartier de peau saine sur nos charpentes épuisées ?

Nous ne sommes plus qu’une poignée d'humains et bientôt ne seront plus. Et nous rêvons de terre grasse, de salades, de patates, de choux, de blé, de pain, et tant et tant de douceurs que jamais plus nous ne connaîtrons puisqu'aucun de nous n’a jamais appris à assainir une terre aussi polluée. Une terre où nous tombons les uns après les autres et qui n’a même plus la force de contenir nos corps tant elle a déjà dû en renfermer. En renfermer jusqu’à en vomir sous des soubresauts moribonds.

 

J’écris ces mots pour celui d’une autre planète qui découvrira un jour l’horreur que nous avons laissée ici. Nous ne sommes plus là pour t'accueillir qui que tu sois. La cupidité a engendré ici une folie meurtrière.

 

Voici la triste histoire d’hommes que quelqu’un avant moi dénommait avec optimisme « de bonne volonté ».

 

 

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commentaires

emmanuelle grangé 05/11/2011 09:41



réfléchir en jachère



Marianne 06/11/2011 10:41



J'imagine que c'est dans mon texte l'idée de terre arable et de tésaurisation des semences qui a généré votre commentaire. 


La réflexion ne devrait jamais être une "terre abandonnée" ou "mal entretenue" ou "non ensemencée" (http://www.cnrtl.fr/definition/jachère). Au mieux, peut-on la laisser quelques temps en repos quand elle s'éparpille afin d'y laisser surgir de
meilleures récoltes.


A plusieurs, on réfléchit mieux !   :-)



aimela 02/11/2011 11:32



un scénario tragique malheureusement, on y va  à moins que le monde inverse la tendance ...encore beaucoup à faire malgré les bonnes volontés ...hélas, nos enfants paieront


 



Marianne 02/11/2011 13:32



Bonjour Aimela,


c'est un engrenage que notre monde. Nous sommes tous interdépendants les uns des autres mais on continue de se comporter dans l'individualité. Beaucoup à faire encore, tu as raison de le dire.


Je t'embrasse et merci de ta fidélité.



clovis simard 01/11/2011 17:27



Blog(fermaton.over-blog.com),No-20, THÉOREME de L'AMOUR.



Marianne 01/11/2011 19:31



je passerai vous lire.  :-)


Bien le bonsoir.



marie poupée 29/10/2011 09:03



Bonjour Mariane ,


Une vision terrible mais qui n'est pas aussi utopique que l'on pourrait penser ! on reçoit tous les jours des petits papiers "vendez votre or !!!" ...


tout ceci nous fait peur en revanche rien ne change !


bises Marianne et merci pour ce scénario si bien écrit .



Marianne 01/11/2011 11:59



c'est vrai que nous sommes vivement sollicités pour vendre notre or ces temps-ci, racler nos boîtes à bijoux et en échange de quelques pièces permettre à ceux qui spéculent sur la crise de se
"prémunir" de ses conséquences en faisant de l'or en barrre !


Tes poupées sont bien plus précieuses à contempler que le triste spectacle des spéculateurs.


Bien amicalement.



Vieux marmot 29/10/2011 08:51



Superbe extraction des impressions laissées par l'air du temps. Et ce cauchemar traverse sûrement bien des consciences. Puissent quelques graines laisser l'espoir! Mais pas trop d'espoir pour les
cyniques, sinon ils s'engouffrent dedans et poursuivent leurs folies arbitraires.



Marianne 01/11/2011 11:55



une impression poussée jusqu'à son paroxysme, en effet dans ce texte, afin de produire des étincelles de prises de conscience et peut-être susciter en quelques-uns, l''envie de comprendre,
l'envie d'agir, ou en tous cas de se déclencher plutôt que regarder sombrer le bateau en restant les bras croisés.


Je comprends la réticence à n'en pas trop donner aux cyniques, mais ceux-là ne se mettront jamais en mouvement, préférant observer de loin en proférant leurs sarcasmes qui sont leur paravant.