Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L'auteure

Rechercher

En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

Archives

6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 15:42

En ce début d'automne, j'ai croisé cinq romans.

 

 

- Le coeur régulier - Olivier ADAM - Editions de l'Olivier 

 

après la lecture du roman de ce même auteur titré "A l'abri de rien", l'idée de suivre Olivier ADAM au Japon pour rencontrer un personnage atypique (Monsieur NATSUME, policier à la retraite, décidé - faute d'avoir passé sa carrière à intervenir quand il était déjà trop tard - à  empêcher les désespérés de se jeter d'une falaise tristement célèbre), j'avais une attente particulière.

Olivier ADAM n'en livre que juste assez, avec une certaine circonspection et une trop grande réserve à mon sens.

Bien sûr, il a su m'enchanter de ses descriptions - même si j'ai plusieurs fois déploré... hum... disons, un sens commun, chose que je lui pardonne aisément néanmoins en lui accordant de l'adresse à créer une ambiance.

Mais Sarah... (le personnage féminin du roman)... Sarah ressemble tant à Marie (personnage du précédent roman)...

Si cette continuité était volontaire de la part de l'auteur, pour autant, au lecteur fidèle, cette si grande ressemblance passe pour de la facilité.

Je reste donc sous le coup de la déception, à cause de mes attentes...

 

 

La vie adulte - Virginie MOUZAT - ALBIN MICHEL 

Son roman "Une femme sans qualité" avait été remarqué en 2009.

Cette année, la chroniqueuse plante le décor dans les années 1970, dans un pavillon autour d'une mère de vison et de cigarette, aux préoccupations tournées ailleurs : 

« Je sentais à distance l'inconfort où se débattait ma mère de n'être que la femme de maison. »

Dans la maison qu'elle a quittée, des enfants et un conjoint luttent isolément contre le désarroi. Les non-dits sont inquiétants.

Hors de la maison, à Paris, des femmes manifestent pour ou contre l'avortement.

Comment l'adolescente (narratrice) peut-elle se construire dans cette ombre maternelle ? Tandis qu'elle vit de douloureuses expériences, ailleurs se jouent d'autres enjeux. Dans le contexte de l'époque, pourra-t-elle comprendre qui est sa mère ?

 

Pesante atmosphère. Agaçants, ces personnages qui passent à côté de l'essentiel, mais... c'est probablement le but de l'auteur que d'interpeller son lecteur.

L'histoire est finalement sans grande histoire par un trop plein d'indifférence.

----

A ces deux auteurs, pardon, de n'être pas emballée, mais ils sont venus après la lecture des "Déferlantes" (Claudie GALLAY) qui m'ont tant subjuguée et imprégnée que je ne m'en remets littéralement pas ! Certains lui ont reproché son style. Mais c'est justement cette écriture là au service de personnages à la psychologie particulièrement travaillée par l'auteur qui fait de ce roman l'effet d'une énorme vague de bonheur. MON COUP DE COEUR cette année.

---

De fait, Eliette ABECASSIS (Une affaire conjugale), dont je découvre l'écriture à travers un livre qui me fait l'effet d'un exutoire personnel de la part de l'auteur, où les coups bas d'un couple en divorce, n'auront pas su créer suffisamment de flots en moi pour que je m'éloigne de l'univers et des gens de Claudie GALLAY.

----

A présent, je me tourne vers l'étranger, avec un ancien roman : LA TACHE de Philip ROTH. Ah !!! Oui !  Là, j'embarque. Quelque chose me subjugue ! A quoi cela tient-il ?

Au sillon de l'humain si loin creusé par un grand écrivain !  Que l'on soit en empathie ou en désaccord avec ses personnages, tous développent une présence véritable, et jusqu'à leurs motifs d'agir on peut les comprendre. L'identification du lecteur s'opère à l'aune même de leurs failles et recoins sombres où se fomentent leurs choix. Et c'est avec subtilité que l'auteur amène ses retournements. Vous savez ce petit truc de plus qui vous fait dire : "ah ! mince, il m'a bien eue ! Pourtant, j'avais bien cru deviner ici ou là, mais... il a su noyer le poisson". Même si je suis Française (comprendront bien ceux qui auront lu ce livre), je vous pardonne Monsieur ROTH !!! Vous êtes trop fort !

Partager cet article

Repost 0
Published by Marianne - dans mes lectures
commenter cet article

commentaires

dasola 28/01/2011 14:33



Bonjour Marianne, concernant Philip Roth, La tâche est en effet un bon roman. Je suis devenue une admiratrice de cet auteur depuis quelques années grâce aux conseils d'une amie. Je recommande
chaudement le dernier paru: Indignation: génial. Bonne après-midi.



Sophiec 24/12/2010 12:15



alors voilà, ça y est, j'ai lu les Déferlantes, et j'ai aimé... Au début, le style, tout en phrases courtes, m'a un peu désarçonnée; et puis j'ai senti comme cette langue, faite de retenue, de
touches fines et précises, de souffrance tenue en bride, était étroitement liée au fond. Il se clôt sur le pardon et l'espoir. C'est un émoi, et une leçon. Merci, Marianne, ma mie.



Marianne 24/12/2010 17:25



considérant ta sensibilité littéraire, je me doutais bien que ce roman t'embarquerait comme il l'avait fait pour moi. Ils sont émouvants, ces taiseux.


C'est très gentil d'être revenue me rapporter ton impression. Merci tout plein !


JOYEUX NOEL Sophie et continue à nous enchanter de ta belle écriture !


 



Sophiec 02/12/2010 13:36



Bien volontiers, Marianne. Je le lirai juste après le Colum McCann que je suis en train de lire, et je te confierais mes propres impressions avec plaisir.


Je t'embrasse, amie.



Marianne 05/12/2010 12:06



j'avais lu "ZOLI" de cet auteur. J'en reste imprégnée encore et pourtant la lecture date de plusieurs mois. Il a de la magie dans son imagination et un talent de description qui emporte son
lecteur. J'aimerai bien lire aussi son dernier titre.


Je te laisse retourner à ta lecture mais auparavant, belle Sophie, je t'embrasse.


bon dimanche !


 



Sophiec 01/12/2010 15:14



Merci, Marianne, pour ces comptes-rendus de lecture. Eh bien tu vois, j'hésitais à acheter le livre de Claudie Gallay malgré tout le bien que j'en ai entendu, je ne sais pas trop pourquoi,
peut-être à cause même de son succès (oui, je sais, c'est très con finalement !), mais ton avis m'a convaincue; j'en ferai une de mes prochaines lectures ! Merci encore !


Bises tout pleins



Marianne 01/12/2010 18:58



je comprends pour le tapage médiatique qui fait fuir le goût d'aller vers l'auteur.


"Les déferlantes" fut un coup de coeur (justifié !) des libraires.


Ces personnages "taiseux" et l'ambiance de ce livre m'ont vraiment enchantée. Avec, il est vrai, un parti pris pour moi qui vit si loin de la mer. Mais, tout de même, tu verras...


Fais-moi plaisir, s'il te plaît : lorsque tu auras lu, reviens me dire tes impressions à ton tour.


Bise chaleureuse.