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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 08:11
L'espèce fabulatrice - Nancy HUSTON - Actes SUD - Essai



4e de couverture : " Ils disent, par exemple: Apollon. Ou: la Grande Tortue. Ou: Râ, le dieu Soleil. Ou: Notre Seigneur, dans Son infinie miséricorde. Ils disent toutes sortes de choses, racontent toutes sortes d'histoires, inventent toutes sortes de chimères.
C'est ainsi que nous, humains, voyons le monde : en l'interprétant, c'est-à-dire en l'inventant, car nous sommes fragiles, nettement plus fragiles que les autres grands primates.
Notre imagination supplée à notre fragilité. Sans elle - sans l'imagination qui confère au réel un Sens qu'il ne possède pas en lui-même - nous aurions déjà disparu, comme ont disparu les dinosaures.

Née à Calgary (Canada), Nancy Huston, qui vit à Paris, a publié de nombreux romans et essais chez Actes Sud et chez Leméac, parmi lesquels Instruments des ténèbres (1996, prix Goncourt des lycéens et prix du livre Inter), L'empreinte de l'ange (1998, grand prix des lectrices de ElleJ et Lignes de faille (2006, prix Femina). "


Mon appréciation :
c'est sur une interpellation que Nancy HUSTON ouvre ce livre :
" A quoi ça sert d'inventer des histoires alors que la réalité est tellement incroyable ?"
S'interrogeant sur la naissance du Sens - né de ce constat que "seuls de tous les vivants terrestres, les humains savent qu'ils sont nés et qu'ils vont mourir", l'auteure pose, d'emblée, que le "Moi" est une fiction. A commencer par nos prénoms et noms.
Notre cerveau est un conteur qui fabrique des fictions.
Pour dompter l'Arché-texte, s'en échapper, entre croyances, fables guerrières et intimes (amitié, amour passion,couple, amour parental, mariage, mais hélas aussi oppression des femmes, prostitution, viol, féminisme), nous nous créons un personnage, une identité fictive.
Le parallèle entre roman et vie réelle évidemment est ici incontournable.
Après avoir démontré l'importance de ces fictions - et notamment celles que constituent les romans - Nancy HUSTON concluera :
"La vie a des Sens infiniment multiples et variés : tous ceux que nous lui prêtons"...

Un véritable plaidoyer pour la fiction, indispensable à notre construction, tout comme à la survie de notre espèce, fragilisée par la dotation d'une conscience.


"Découverte sans doute avant le feu, la fiction a dû naître dans la résille de nos neurones avec le geste et la parole, et longtemps, orale avant d'être écrite et bien plus tard imprimée, elle a servi dès les commencements, à travestir l'ignorance de nos origines, à brider les peurs de l'inexplicable et à justifier les pouvoirs que les plus roublards et les plus rusés en tiraient. Et il nous en est resté quelque chose..."
(Hubert NYSSEN)


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commentaires

Viviane 13/06/2008 14:38

Toin article m'interpelle profondément, d'abord parce que 'jadore cette auteure, ensuite parce que notre société vit actuellement une déperdition du sens liée directement à la fin des transmissions verticales.Aujourd'hui, les jeunes vivent dans leurs propres tribus. La pub, les médias s'adressent à eux sans aucun filtre et dont leur fabriquent des fictions qui n'ont rien à voir avec ces archétypes que l'on pouvait transmettre ( ainsi que le besoin d'archétypes) d'une génération à l'autre. La transmission est devenue horizontale, elle se propage à l'intérieur d'un groupe à l'exclusion des autres. Là est le danger de cette perte du besoin de fiction pour rééquilibrer cette fiction du moi...Sinon, j'adhère également complètement à la première phrase: la réalité est tellement incroyable

13/06/2008 17:12



Merci de ton intervention, Viviane.
Sur la perte de sens, on pourrait débattre, je crois car il y a matière à...
C'est vrai que les jeunes vivent en tribu, reliée jour et nuit. Pour ma part, j'ai la chance qu'ils restent sensibles à la transmission verticale. Certes, ils alimentent leurs fictions. Au même
titre que nous l'avons fait par d'autres vecteurs. C'est bien normal et nécessaire à leur construction.
Le plaisir est justement dans la transmission double et partagée de ces fictions. Je les trouve intéressantes les leurs.
La jeunesse qui m'entoure ici, est attentive aux fictions qu'il m'arrive de présenter. Mutuellement, nous nous alimentons et poursuivons ainsi une évolution parallèle mais dont l'impact de l'un
sur l'autre est bien réelle.
Ou bien ai-je beaucoup de chance, mais je trouve que cette jeunesse n'est pas centrée sur son Moi. Davantage sur un Nous. De circonférence en circonférence, finalement, eux comme nous évoluons.
Ils s'inspirent des exemples qu'ils observent pour engager de nouvelles fictions. Et ils ne sont pas les derniers à nous en apprendre car ils sont très créatifs...
Sur la partie fiction mercantile, manipulatrice, je la déplore vivement et la dénonce clairement à la jeunesse car cela est de ma responsabilité, partie intégrante de la transmission verticale.



sybilline 11/06/2008 11:47

Tu as encore déniché un petit bijou, apparemment! Non seulement j'adore Nancy Huston, mais cette thématique du sens toujours fictionnel (mais la fiction est peut-être la seule voie d 'accès à la vérité) me parait passionnante.Merci pour ton billet, Marianne!

13/06/2008 11:41


Qu'ils nous sont précieux, les conseils des libraires !
Je le dis d'autant plus que je ne le suis plus depuis mi Février
(en recherche de job eh oui après une fin de CDD).
C'est l'une de mes ex collègues libraires qui m'en a parlé.
Merci à elle de m'avoir amenée vers ce livre !
Juste derrière 'L'art de raconter" de Dominique FERNANDEZ, "L'espèce fabulatrice" est venu comme en écho aux éclairages de l'Académicien.