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Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.

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Qu'est-ce qu'il y a dans la rue qui t'intéresse tellement ?

Qu'est-ce qu'il y a dans la rue qui t'intéresse tellement ?  Annie SAUMONT - Editions Joëlle LOSFELD - Nouvelles - 53 pages

Note de l'éditrice : "Dans les trois nouvelles qui composent ce recueil, Annie Saumont montre comment de petits événements font rejaillir les souvenirs, le passé, pas toujours confortable. Qu'il s'agisse de cet homme assis à la fenêtre, regardant la rue et se remémorant sa jeunesse, de ses deux jeunes filles debout dans le métro rêvant à une vie plus heureuse que ce retour au foyer d'accueil, ou encore de ce dernier qui, après de longs mois de prison, revient dans la ville de son enfance, Annie Saumont dit dans chacune, avec un verbe toujours aussi cinglant, qu'on échappe difficilement à son histoire, qu'elle nous poursuit comme une fatalité".

Mon appréciation personnelle : quel talent dans cette écriture toute en retenue, livrant par bribes juste le minimum nécessaire, usant d'un vocabulaire choisi avec en prime une sensibilité sous-jacente !

Le recueil comporte trois nouvelles : 

- Qu'est-ce qu'il y a dans la rue qui t'intéresse tellement ?  (dans un morne et ennuyeux quotidien, les souvenirs heureux d'un homme dont un amour resté intact). Extrait : "les coeurs gravés dans l'aubier des chênes-lièges écorchés. Elle était près de lui devant le mur à l'ouest. C'est alors qu'il a découvert le grain de beauté dans son cou..."

- Ce serait un dimanche (deux amies, dont l'une porte en elle de difficiles souvenirs d'enfance qui la rendent hostile aux hommes, entre autres à celui qui tourne autour de son amie). Extrait : "Gérard enlevait un à un les brins d'herbe accrochés dans sa barbe et dans ses cheveux longs jusqu'aux épaules. Tout ce poil me dégoûte, j'aime que tu n'aimes pas que Gérard te caresse..."

- Méandres (revenir au sortir de prison et supporter le poids de la sa culpabilité). Extrait : "Faire attention. Regarder à droite à gauche. On le lui avait recommandé. Se protéger, être prudent. Quand on est une petite fille sans casque ni cuirasse marchant sur une route tout en courbes et tournants...".

Trois histoires interpellantes qui vous laissent en réflexion sur des phrases inachevées (écrites souvent sans virgules) jetant votre esprit dans le trouble, l'interprétation, ou une béatitude admirative.

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