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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 21:51

Ce que nos combats sont parfois futiles ! On débat, on se bat, à coup de mots et pour finir on se crée des maux. C’est un glissement qui s’opère peu à peu. Souvent parce que chacun campe sur ses positions. Sous couvert de tolérance revendiquée, on se fige, on croise les bras en scrutant l’autre, juché sur nos hauteurs.  Et l’attitude, pour ne pas perdre contenance, devient rigide. L’autre en fait autant. Debout devant sa forteresse, on organise un siège. Le siège se prolonge et sous sa tente on se sent pris au piège. La tente devient une taule. Le doute, l’angoisse, l’inconnu, le besoin de sortir de la situation nous placent en errance intérieure. La belle valeur de tolérance devient taule-errance.

 

Spectateur d’une scène telle que celle-ci, on comprend combien chacun agit stupidement. En tant que spectateur, on établit ses constats, ses jugements, ses critiques et l’on trouverait même une solution simple au conflit dont on est témoin.

 

Alors, pourquoi, dès lors que l’on devient acteur, ne la discerne-t-on plus ?

 

Il faut s’interroger sur ses responsabilités propres, ses torts, ses bévues, ses abus. Constater sa part dans un conflit. Reconnaître ses torts, faire tomber ses préjugés, reconnaître ses erreurs, ses fausses interprétations (dans lesquelles notre imagination nourrie par l’angoisse et les blessures antérieures nous ont précipités). Dépasser sa fierté, accepter que nul ne perde jamais contenance à reconnaître son erreur devant un autre mais esquisse bien plus souvent un pas décisif.

 

Voyez-vous, je serai toujours plus émue d’entendre quelqu’un venir à moi pour m’avouer lucidement qu’il s’était fourvoyé. Pas vous ? Et dans le cas où je suis en tort, je rencontrerai toujours davantage un autre à lui avouer les maux dans lesquels m’a plongé mon aveuglement.

 

La perception des maux de l’autre nous fait accéder à notre propre vulnérabilité. S’interroger sur sa propre vulnérabilité nous démontre combien nous aussi sommes fragiles.

 

C’est ici que l’on se rencontre vraiment. Sur le terrain de nos fragilités ! J’ai vécu des rencontres inoubliables sur ce plan-là. Ces rencontres m’ont forgée, m’ont enseigné, m’ont fait grandir. Elles m’ont enrichie humainement.

 

C’est pourquoi je perçois désormais que chaque conflit, chaque guerre est une rencontre manquée !

 

La prévention aux guerres est la fraternisation. Pourquoi ? A cause de l’affection qu’on se porte, on hésitera toujours à frapper un frère, un ami. On connaît ses qualités, on ressent quelque chose pour ce qu’il est face à nous. A l’inverse, comme en reflet, on perçoit qui l’on est pour lui. On nourrit son âme de tous ces liens de fraternité que l’on développe. Frapper la main de celui qui vous nourrit ainsi au plus profond de votre être n’est pas imaginable. Tout au plus, dirons-nous que nous avons des divergences d’idées, de culture, d’émotions, etc. Et nous en parlerons chacun, nous les exprimerons avec ce que nous sommes. Seulement, ce que nous sommes l’autre le sait déjà, ou du moins le sait un peu !

 

C’est pourquoi, ce qui se propage actuellement dans le monde m’interpelle vivement. Jusqu’à la haine de son semblable et jusqu’à faire couler son sang, si rouge, aussi rouge que le sien, pour une divergence de fond ou de forme, sortir des armes, briser des cous, asséner des coups, enchaîner des violences. S’y enchaîner... Retour au cercle vicieux.

 

L’individualisme est le terreau de ces guerres.

Il y lieu de s’interroger d’urgence. Où l’individualisme prend il sa source ? Notre goût pour l’indépendance rend prépondérant le « je » au détriment du « tous ».

Je dis TOUS et non pas NOUS. Car NOUS n’est qu’un individualisme collectif. NOUS porte en lui le même poison que JE.

 

La fraternité que prône la France aux côtés de la liberté et de l’égalité a conduit certains à s’interroger sur l’identité ! C’est un comble !

Quand tant de spécialistes de la psychologie humaine ont expliqué la prise de conscience du JE par le jeu du miroir (le regard de l’autre), tout à coup on ne sait plus qui l’on est ? N’avons-nous donc que campé devant le miroir, devant l’autre sans y voir que notre matérialité ? Jamais n’avons-nous accédé dans cette rencontre à ce qu’il y avait de fragile en nous ni à ce que ce regard de l’autre était venu nous révéler de lui ? Jamais n’avons-nous compris que sur le terrain de la vulnérabilité, tous nous sommes égaux ? Avons-nous réellement besoin d’un débat d’identité ? Avons-nous perdu la notion ce  MOI à force de dire NOUS ? Nous, Français… Eux, non Français… Au-delà de la France, les guerres de clans dans d’autres pays : NOUS tribu X, EUX tribu Y ! NOUS Occidentaux, EUX non Occidentaux. NOUS chrétiens, EUX musulmans. Ai-je besoin de poursuivre cette énumération ?

 

Chacun entrevoit la dérive, j’en suis certaine.

 

On oublie souvent ce que l’on doit au regard de l’Autre. Lui, qui dans sa différence, a permis de révéler mon identité et ce qui m’a bâti. On oublie ce qui fut découvert dans cette rencontre. On oublie que sans le regard d’un autre aucune identité n’est possible.

 

Je suis atterrée de ce qui se propage un peu partout quand quelqu’un de bonne volonté lève le doigt pour suggérer une solution et que la classe mondiale rit imbécilement. Et pourquoi rient-ils ? Pourquoi rient-ils en se tournant de tous bords pour observer qui adhèrera à leur rire et qui n’adhèrera pas ?

La réponse est évidente une nouvelle fois, lorsqu’on se place en témoin de cette scène ! Bien sûr, ils rient pour se protéger. De quoi ?  Du constat de leur propre ignorance ! L’ignorance dans laquelle ils nagent ne leur permet pas de discerner la subtilité de cet esprit qui vient de lever la main pour proposer une solution.

 

L’individu qui rit et tente de dissimuler son ignorance en levant le ton : « pour qui se prend-il celui-là qui lève la main ? Comme si personne n’y avait pensé avant lui !  Quel individualiste ! Quel prétentieux ! Quel lèche-bottes ! »

Ah ! Les ignorants, les lâches qui se taisent bien qu’ils perçoivent que celui qui vient de lever le doigt détient la solution qu’ils n’avaient pas su trouver eux-mêmes, se ralliant alors au railleur pour ne pas s’avouer leur ignorance. Pour ne pas perdre contenance…. (ce serait encore un beau sujet que celui de la contenance) !

Or, c’est ainsi qu’est découragé celui qui levait le doigt.

La prochaine fois, il taira la solution. Il se noiera dans la masse ignare pour ne pas sortir du lot. Il s’isolera dans un coin pour ressasser. Au lieu de développer plus loin la solution qu’il entrevoyait, il ressassera sur son manque de courage à s’affirmer devant l’assemblée, se culpabilisera de son audace à lever simplement un doigt. Se planquera pour ne pas subir les quolibets répétés de ceux qui désormais l’ont exclu de leur clan, de leur NOUS !

Quel dommage, n’est-ce pas pour celui qui avait une proposition ? Quel dommage car sa solution aurait peut-être permis de faire progresser. Des solutions, des initiatives découragées, rabrouées, critiquées, sont légion. Faut-il rejoindre ceux qui préféraient se tenir anonyme dans une masse, confort d’un NOUS, ou vaut-il mieux continuer de s’exprimer ? Comment s’y prendre pour être écouté ? Où trouver le courage de non plus seulement lever le doigt, mais même oser se lever en dépit des rires qui fusent dans la classe ?

 

Comment feriez-vous chacun dans une telle situation ? Allons-nous nous rasseoir ou allons-nous nous lever, puis attendre silencieusement que notre simple courage de nous lever couverts de rires finisse par en interpeler un puis un autre jusqu’à ce que celui qui provoquât la risée générale ne soit plus que le seul à rire ? Nous ferons-nous entendre enfin ?   Maintenant que le silence est là, comment exposer ce qui pourrait être ? Imaginons la scène et devenons-en une nouvelle fois spectateur. Il y a fort à parier que nous trouverions une jolie suite à donner ici. Et je gage que le regard du rieur croisera celui du moqué.

 

La fraternisation, l’amitié, permet à chacun d’exprimer son meilleur. Elle s’oppose naturellement à l’oppression, elle ouvre l’esprit des ignorants. On ne peut pas tout savoir et chacun a tant à découvrir. Encore faut-il avoir la curiosité et le désir d’apprendre.

 

D’où vient la perte d’appétit d’apprendre ? Pourquoi faut-il apprendre ?

Qu’avons-nous découragé dans ce goût d’apprendre d’un autre ? N’est-ce pas que l’on a trop marié l’apprentissage au profit ? Ce n’est pas lucratif que de prendre le temps d’une fraternisation. Une désaffectation massive envers la fraternité est en train de nous plonger dans le marasme mondial ! Et je ne parle pas seulement d’un marasme économique. Non, c’est encore bien au-delà l’initiative que l’on décourage un peu partout par un nivellement incompréhensible.

On s’en fout de l’Autre là qui lève le doigt ! On s’en fout de ce qu’il pourrait proposer ! Nous ce qu’on veut c’est la liberté d’une récréation pour laquelle l’attente se fait impatience. Le divertissement pour échapper à la contrainte. La contrainte de son auto-analyse, la contrainte de son auto-correction, qui provoquerait automatiquement la prise de conscience de son erreur ou révèlerait clairement ce qu’on ignorait. La conscience de sa démission au FAIRE au profit d’un imparfait laisser aller, laisser dire (qui n’est pas écoute mais indifférence), d’une paresse.

 

Sûrement pas la faute à l’école. Ne nous méprenons pas là-dessus. L’école est une mini société. Elle est le reflet « miniature » de notre monde. Ce qui se passe à l’école n’est pas différent de ce qui se produit dans le monde. Une école ne vaut pas mieux qu’une autre… Œuvrer en toute fraternité et en joviale collaboration est ce que nous voudrions tous. Constater ce qui est dans la réalité, sur le terrain, est parfois décourageant. Mais qui baisse les bras consent à demeurer assis au milieu des ignorants de cette « classe » mondiale.

 

Soyons plus nombreux à participer, à lever le doigt, à exprimer nos idées, à proposer une hypothèse pour nourrir le dialogue et pas uniquement dans un groupe (un NOUS qui s’opposerait à un EUX).

 

Que vivons-nous chacun ? Comment le vivons-nous ? Qu’est-ce qui nous a permis une avancée et qu’est-ce qui a généré un recul ? Qu’est-ce qui nous a permis de fonctionner heureux et qu’est-ce qui nous a plongés dans l’opacité, le marasme, le découragement ? Qu’est-ce qui nous enthousiasme et qu’est-ce qui nous rend entreprenant ? Etc…

 

Quand quelqu’un se lève pour faire une suggestion, ayons du moins la politesse et le respect du courage qu’il vient de manifester à surpasser son sentiment de vulnérabilité pour oser suggérer quelque chose qui pourrait bien devenir une avancée !

 

C’est à cela que servent les mots !

12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 13:19

La rêveuse

 

Il te hurle d’être réaliste, moins rêveuse.

Tu l’écoutes juger ta façon d’être heureuse

En te niant le droit au merveilleux,

Sans trouver en lui autre chose de mieux.

 

Au fond, c’est lui qui est à plaindre

En train de s’oppresser, de s’éteindre,

À tenter ainsi de hisser son estime

En marchant sur tout ce qu’il brime.

Alors tu te promets de persévérer

De consolider  et même révérer

Ta plus grande utopie et puis de l’habiter

Pour qu’un jour il puisse  à son tour s’y abriter.

 

Rien de grand en ce monde ne se fait sans illusions

Et pour que l’illusion devienne réalité

Il faut bien qu’elle naisse de l’imagination

Bleutée, rejetée et butée d’un rêveur hanté.

 

Il te dit que les rêves font stagner.

Tu regardes l’avion qui vient de décoller,

Ton téléphone chantonner, un pont se soulever,

Assis sur son manège, l’enfant tournoyer.

 

Tu souris aux étincelles de bambou,

Aux souches de champignons, au caoutchouc,

Aux théâtres d’images, au sucre d’érable,

Aux robes de princesses, au verre né du sable.

 

 

20/12/2011

Published by Marianne - dans Ma poésie
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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 10:24

Il y a le cliquant, les lumières, les douceurs. Il y a le plaisir des sens. Il y a les vœux. Il y a les apparats, les jolies choses, les décorations qui nous laissent ébahis comme des enfants, les nobles et bons sentiments, les regroupements, les migrations familiales, amicales ou vacancières, les spectacles et l’émerveillement, la profusion ou la frugalité, des pardons, des contritions, des effusions.

Mais il y a aussi ce qui demeure en arrière-plan, comme un fond musical permanent, chaque jour que nous occupons à nous occuper dans nos activités qualifiées par l’homme d’humaines. Nos frénésies, nos distractions, nos travaux en tous genres. Et le manque de temps que l’on met en avant avec le plus grand sérieux, souvent paravent pour cacher nos faiblesses, nos fatigues, nos besoins inavoués.

Ne m’oublie pas, dit cette voix discrète assise au fond de soi, qui vit en toute autonomie, sans visage, mais patiemment attend, ne prenant la parole que lorsque le silence se pose et que l’esprit se repose.

Lorsque timidement, celle-ci prend la parole, il semble que son message soit essentiel. Que quoi que nous entreprenions pour vivre, ce qu’elle vient de nous souffler balaie soudain la moindre tentative d’évasion, toute contestation, toute justification, toute excuse. Elle sait nos impostures et nos vitrines d’apparat, les guirlandes dont nous nous revêtons pour attirer et fasciner nos semblables.

 

Pourquoi, agissons-nous ainsi ?

La matérialité a-t-elle fait de nous ce que nous ne voulions pas être ? La pudeur nous a-t-elle écartés de la sincérité ? Le silence nous a-t-il engourdis dans une carapace ?

Des souvenirs nous appelons. Lesquels ? Interrogeons-nous sur ce qu’ils ont en commun. Des fils qui les retiennent, suivons le cours.

Quelle main garde ces bulles réunies, tels des bouquets de baudruches ? 

Cette main, sans doute, ne demanderait-elle qu’à libérer les ballons encombrants qui voilent sa face afin de pouvoir seulement accueillir l'être qui aura su entrevoir sa présence derrière le mouvement incessant de ces cloques colorées.

Métaphore pour évoquer l’accueil, l’amour inconditionnel, la source... Nous ne savons même pas son vrai nom. Mais nous sentons bien, chacun, la constance de sa présence en nous. C’est bien ça, non, qui nous interpelle si régulièrement ? La persistance. La fixité de ce sentiment en nous, nous qui nous savons êtres de mouvance. La durabilité alors que tout change pourtant autour de nous et en nous et qu'un jour nous disparaîtrons.

 

Qu’est-ce que cette « chose » en nous ,  logée dans on ne sait quel endroit de nous, au parfum d'« évidence » , indéniable ? Cette "chose" qui incontestablement nous évide dès lors qu’elle parle ?

19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 21:40
 
 

Y a-t-il un moment où nous cessons de vieillir ou vieillissons-nous réellement jour après jour ? Véritablement qu’est-ce que le vieillissement ? De la dégénérescence et seulement cela ?

Il faut bien pourtant à un moment que cette progression vers l’amoindrissement du corps marque un arrêt, une pause, qu’elle stagne à un stade particulier.

À partir de cet instant, qu’advient-il réellement dans le corps ? La mort ?

Est-de juste cela, la mort ? Une courbe ayant atteint son point « zéro » et qui ne peut plus décroître plus loin sous l’axe porteur quadrillant la courbe de notre vie ?

Et l’être dans tout cela ? La courbe de l’être chute-t-elle au même rythme que celle de la vitalité du corps ?

J’ai sincèrement tendance à répondre non. À mon sens, à mesure que nous vieillissons, l’être  — qui contient à la fois notre présence au monde et l’ampleur que nous prenons à l’intérieur de nous-mêmes — suit une expansion inouïe.

Et par ailleurs, cette ampleur ne pourrait exister s’il n’y avait pas en parallèle l'amoindrissement .

Ce n’est pas une balance que notre vie. L’équilibre est une fumisterie. N’existent que le bas plateau et le haut plateau.

Notre rêve immense d’atteindre les cieux, de toucher  et survoler les cimes de nos ailes d’âme, notre si profonde aspiration à l’infini (qui nous fait aussi considérer notre propre finitude), n’est que le pressentiment de la maturation complète de l’être.

C’est notre destination finale : le haut plateau du balancier intérieur. Là haut le silence devient alors une communion.

Communion ? Entre qui et qui ? Tout simplement entre les « êtres »....

En quoi consiste-t-elle ? Nul ne parvient clairement à l’expliquer car là-bas les mots ne s’écrivent plus, ne s’échangent plus. On sait et puis voilà tout. Les vieilles personnes acquiescent longuement et inlassablement répètent ces mots "je sais"...

Il plane entre elles une sorte de conscience générale.

 

Comment et où cette conscience prend elle force ?

Je ne pense pas me fourvoyer en affirmant que cette conscience prend forme dans la souffrance. La souffrance qui ouvre nos sens, nous éduque et nous éveille aux souffrances multiples vécues par d’autres. Des semblables que nous avions évalués et considérés si différents de nous, en basant cette idée prioritairement sur leur apparence.

Sur le haut plateau de l’être, tous les « êtres » se considèrent enfin pareils.

Les vieilles personnes ne s’attachent plus aux apparences.

Elles ont appris à les traverser, les unes après les autres. Souvent au détour d’une épreuve, après avoir vécu des souffrances.

Traverser les apparences ne se fait pas sans douleur et encore moins avec aisance.

Tout comme nous naissons en traversant le corps maternel, le passage de l’apparence, du paraître (part être !) s’opère à l’étroit de son espace intérieur, avant que nous ouvrions les yeux sur notre part d’être.

Après quoi, ils se reconnaissent aussitôt ceux qui ont vécu des épreuves. Ils « savent » sans besoin de connaître les détails. Sur le parcours de chacun, les vieilles personnes savent intrinsèquement et n’ont pas besoin d’entendre les tribulations ayant amené dans le haut plateau celui qui les rejoint à son tour.

De se constater tellement pareil égalise tout, lisse tout.

On peut alors marcher avec légèreté sur la ligne. Ligne de partance. Cellle du fameux point « zéro » où aboutit le vieillissement.

 

Lorsque je poserai mes premiers pas sur cette ligne, sans doute ce qui m’intéressera tournera autour de la question suivante : « où conduit cette ligne que je viens de toucher du pied ? »

Comme un chemin forestier, je vois au bout de cette ligne infinie à mes yeux d’aujourd’hui, un point. Un point de départ. Et plus encore : un point d’origine. Celui-ci soutient toute mon espérance.

Quelque chose demeure depuis toujours dans ce point. Et toutes nos interrogations gravitent autour de ce fameux point d’origine. Cellule vivante ? Trou noir ? Vortex ?

Il y a fort à parier que notre intelligence ne nous permette pas encore de le conceptualiser.

Si je parvenais à ce point, si je pouvais m’y engouffrer, qu’y découvrirais-je ?

Dieu ou le vide ? Encore un autre passage ? Vers quel autre univers ?

 

Mon espérance est aussi infinie que tout ce qui est là et que nul ne s’expliquera jamais.

14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 21:24

Tant de jours de silence. L'interrogation sur le renouvellement, la créativité, la répétition, la force des mots, l'impuissance à écrire au plus près de la pensée, la teneur de mes publications... L'absence s'éprend du silence. Le silence prend possession de l'espace. Et s'il avait raison ? Qu'a-t-il à me dire ?

 

Et puis un jour, une amie m'envoie un livre. Un livre que j'avais choisi pour elle en cadeau... Et le cadeau m'est revenu sous forme d'un prêt.

"Le petit joueur d'échecs". Son histoire s'est déployée en moi mais plus encore le talent de Yôko OGAWA à vous faire ressentir des instants suspendus où les mots n'ont plus aucun rôle. Et cependant c'est bien par des mots que la romancière nous fait pénétrer dans l'esprit des êtres, leur présence concentrée, les secondes où deux joueurs face à face s'approprient l'océan flottant d'un plateau d'échecs.

Son écriture, a été assez puissante pour m'inciter à m'arrêter plus longuement sur la bibliographie de Yôko OGAWA, une auteure qui revient régulièrement par chemins détournés jusqu'à moi. Lors, j'écoute sa voix qui évoque, doublée par son interprète. Et soudain j'intercepte une phrase plus spécialement :

 

"Pendant longtemps j'ai cru qu'un créateur devait créer quelque chose de nouveau, mais j'ai compris que j'avais tort. J'ai compris il n'y a pas longtemps que c'est aussi important et indispensable d'écrire à plusieurs reprises sur les mêmes sujets qui me paraissent fondamentaux et qui me séduisent." 

(Yôko OGAWA - interview du 01/05/2013 sur France Culture dans le cadre la parution de son roman "Le petit joueur d'échecs" paru aux éditions Actes Sud).

Lien de l'interview : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4617792

 

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 10:23

 

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"Les jours sont peut-être égaux pour une horloge, mais pas pour un homme. Il y a des jours montueux et malaisés qu'il met un temps infini à gravir et des jours en pente qui se laissent descendre à fond de train, en chantant." 

 

Marcel PROUST

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 22:01

Ecriture automatique...

écrire jusqu’à plus de conscience,   sans faire de faute (ou en en faisant, on s’en fiche !),   mais juste écrire.  Lâcher prise, perdre le contrôle sur ses mots venus de loin, de si loin en nous,  si profondément que l'on ne sait plus où se niche vraiment la pensée, l'irruption, la spontanéité. Tâtonner, poser un mot puis un autre, et oublier la logique, la sémantique, et tous ces tics orthographiques ! 

Je prends les yeux fermés l’exercice au mot et vous laisse ces lignes brutes de décoffrage. 

Parvenez à me déchiffrer dans ce jeu subtil et sans fondements.

Je suis souvent dans mes textes, et vous y êtes vous ?

Oui probablement, certainement. Mais je ne vous connais pas. Prenez le temps d’y entrer et approchez vous tout près.    De plus en plus près de l’essence de notre pion, celui qui renferme l’infiniment petit, voire la petitesse, de mon être qui n’en finit pas de vouloir grandir !

J’aime vous avoir près de moi et je vous tiendrai volontiers la main si vous me le permettiez déjà !

J’ai mis quelques secondes à vous parler mais je pourrais vous en conter des siècles !

Si nous n’en avions que le temps... Car c’est bien de notre temps qu’il s’agit dans le plus pur appareil de l’écrit.  Celui qui nous est imparti pour une heure ou une vie. Or, cette vie nous est limitée et, immanquablement, nous limite à l’intérieur de ce pion réduit. Vous ne comprenez pas toujours mes phrases mais vous pressentez bien le sens le plus profond : vous inviter à cette blague, à ce jeu où aucun échec ne me rendra mate ou matée (sans parler des maths, qui furent ma bête noire scolaire).

Je ne vous présenterai pas de miroir sans tain .

Oh ! Que votre chaleur est ma douce page moi qui, dans vos cœurs,  puise la force de livrer sans crainte mes vulnérables limites d’être humain !

Lectrices, lecteurs, je vous vois actrices et  acteurs, ou peut-êtreinitiatrices  et initiateurs de mes divagations folles où mon désir de vous conduire par l’imaginaire plaisir me rend parfois bien fragile tant je tomberai vite dans la peur de vous décevoir. Mais votre espièglerie sur mes mots enchaînés se libère dans vos pupilles et s’y dilate jusqu'à se distiller dans votre imagination fertile. Je donnerai beaucoup parfois pour y voyager sans guide et sans bâton de pèlerin ; juste la joie de trouver comme un joyau ou un joyeux ravi la pépite rare que recèle votre esprit magique.

LIENS POUR ALLER PLUS LOIN :

 André BRETONv /  Les champs magnétiques

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Champs_magn%C3%A9tiques

 

L'écriture automatique

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89criture_automatique

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 21:41

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Page blanche

 Dépasser ce moment où le nœud se plaque au creux du ventre. Ne pas céder à la tentation de la fuite. Ne pas se réfugier dans une activité soudainement très urgente aux fins de se débarrasser de cette étrangeté qui fourmille et rampe comme une couleuvre dans les herbes folles. Au contraire, traquer l’animal, le coincer dans le logis de mon imagination en guettant l’instant précis où il soulèvera sa tête. Choper et apprivoiser sa nature sauvage en enfouissant mon regard dans le sien. Nous surprendre et nous étonner mutuellement. Nous habituer à vivre dans le même espace , en nous jaugeant, nous observant. Commencer alors à nous estimer…

Attendre silencieusement, campée sur le strapontin. Attendre comme on attend un ami trop longtemps parti et qui, c'est certain, reviendra bientôt.

Les mots sont des invités qui se réjouissent de se faire désirer. Le mot et le désir, de longues dates, sont des êtres intimes. L’un comme l’autre résistent à l’impatience et ne paraissent que lorsqu’ils se perçoivent... suffisamment accueillis.

Alors je reste. Envers et contre tout. Contre les vents du doute, les sables mouvants redoutables du manque de confiance, les orages destructeurs de la comparaison à mes semblables (que je vois toujours plus avancés et meilleurs que moi).

Je sens mon cœur palpiter, les heures se dissoudre, le néant, le vide,  l’obscurité s’étendre. Où donc les étoiles de l’enthousiasme candide des premiers jours se sont-elles évadées ? Sont-elles restées accrochées aux chevelures des comètes furtives chevauchant les rêves ?

Published by Marianne - dans fragments de vie
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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 21:40

Tant de fois déjà, j’ai récapitulé mon parcours pour établir des bilans de compétences, des curriculum vitae, des rapports professionnels. Pour autant, je ne sais toujours rien de celle que je suis. Force est de constater que j’ai été toutes ces fonctions et que j’ai, de tout ceci, tant oublié déjà. J’ai traversé le temps les deux pieds dans chaque travail et chaque travail m’a détournée de ce que je pensais devenir au bout. Chaque emploi m’a-t-il façonnée ou est-ce moi qui me suis fondue dans ses cadres et ses conventions ? Qui ou quoi a gouverné tous ces gestes ? Ai-je innové ou me suis-je simplement laisser embarquer comme on monte inconsciemment dans le ventre d’un bateau qui mènera d’un port vers un autre ?

 

J’ai construit mon identité à chacun de mes emplois. Il a suffi d’une perte d’emploi pour tout déconstruire. À l’écart du flux qui emportait chaque matin le flot des voyageurs de leur foyer vers leur travail, j’ai pris conscience de l’aberration de nos raisonnements. Ce que nous sommes pour un autre se résume souvent à nos activités. Quelques mois d’inactivité professionnelle vous écartent du réseau social et peu à peu les messages et appels téléphoniques s’appauvrissent jusqu’à devenir peau de chagrin. Je n’étais plus dans la mémoire de la plupart des gens. N’être plus dans la mémoire des gens est une exclusion, une réduction au néant. À quoi tient vraiment le lien humain ? Peu de personnes sont restées. Elles ont poursuivi leur trajectoire. Sommes-nous des étoiles qui ne font jamais que se frôler de peu ?

Published by Marianne
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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 15:20

 

roses vue sur comm de France Helies

Il vient un moment

Où subrepticement

Il n'y a plus rien à dire

Parce qu’on ne veut plus rire

Parce qu’on a tant dit déjà

Et que les mots gisent morts devant soi.

 

Il vient un moment

Où seulement

On demande qu’on nous laisse libre

De pleurer, de songer, avec peut-être un livre

Parce qu’on a tant été là

Parce que personne n’a vu que l’on était là

Et que les mots sont devenus des maux.

 

Il vient un moment

Où doucement

On se retire pour ne pas vivre pire

Parce qu’on a entrevu de quoi chacun est capable

Parce qu’on a vu aussi de quoi l’on est coupable.

Et que les mots ne pourront rien annihiler.

 

Il vient un moment

Où dignement

On s’en va vers le monde

Parce qu’il n’y a personne à la ronde

Parce que les rêves entre eux se sont heurtés

Et que les mots les rendent juste fades.

 

Il vient un moment

Où solitairement

On quitte les routes qui ne mènent nulle part

D’avoir trop cru qu’elles nous rendaient libres

Dans ce besoin qu’ont les hommes d’être Quelqu’Un

Tandis que les mots ont besoin de visages, de mains, de lèvres pour vivre.

 

Il vient un moment

Où impérativement

On pressent le sens de l’existence

Parce que l’univers sans nous est en croissance

Parce que le souffle sans nous a  son unique consistance

Or, aucun mots depuis des siècles n’a jamais rien livré du secret de la Vie.

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Published by Marianne - dans entremotsetvous
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