Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.
Il y a un mois, je vous présentais "L'incertain" écrit par Virginie OLLAGNIER, publié aux Editions Liana LEVI.
A la suite de mon article, l'auteur nous fait l'amitié de sa présence toute spontantée sur l'espace "Entre mots et vous" où un échange a émergé autour du thème de l'écriture :
QUESTIONS posées à Virgine OLLAGNIER :
Quel fut votre parcours personnel vers l''écriture ?
Comment bâtissez-vous vos romans ?
Comment opérez-vous vos recherches ?
Comment avez-vous mené la construction de vos personnages ?
Quelles sont vos méthodes/habitudes de travail ?
J'ai personnellement été sensible à ce que vous développez dans vos romans. De l'un à l'autre, j'y ai détecté une belle ouverture d'esprit.
Par ailleurs, à l'heure où l'on développe principalement le sens visuel, j'ai trouvé très fine l'idée de tabler votre premier sur la guérison par le toucher à travers le prisme du coeur.
REPONSES apportées par Virginie OLLAGNIER :
"pour faire court, je suis dyslexique et l'écriture n'a jamais été un plaisir, ni même une envie, juste un pari avec mon amoureux qui lui y croyait. Donc "Toutes ces vies qu'on abandonne" est d'abord une blague qui aurait bien tourné...
J'écris de façon chronologique mes (seulement deux!) romans après une bonne dose de recherches, j'aime imaginer mes personnages dans des univers qui me sont inconnus mais qui m'attirent. Ce sont les personnages et ce que je veux leur faire vivre qui guident mes pas dans ces temps passés. On ne bouge pas de la même façon avec ou sans corset... Leur caractère, leurs désirs, leurs questions ouvrent donc mes recherches, d'abord, puis mon plaisir, ma curiosité, pour finalement me servir de tout cela pour la toile de fond romanesque.
Mes personnages s'imposent à moi, je ne les choisis pas vraiment (c'est étrange d'écrire cela!), ils viennent car ils sont nécessaires à ce moment de ma vie. Zoltàn est un personnage qui ne me quittera pas de sitôt... Je l'aime encore trop... Je ne suis pas prête de rompre avec lui... C'est délirant ce que j'écris et pourtant, je ne vois pas comment l'expliquer autrement. Il me faut après ce deuxième livre plus de temps que pour le premier pour laisser d'autres personnages vivre en moi, serait plus claire peut-être.
Je n'ai pas vraiment d'habitudes de travail. Il me faut simplement être dans un lieu calme et surtout personne au dessus de mon épaule: impossible dans les trains par exemple. Un bon fauteuil, mon ordi sur mes genoux et Bachelorette de Björk si ça ne vient pas assez vite."
QUI EST-ELLE ?
"Virginie Ollagnier, née à Lyon en 1970, est formatrice en communication écrite et en ergonomie, et co-scénariste de la bande dessinée Kia Ora. Son premier roman, Toutes ces vies qu’on abandonne, lui a valu un succès public et critique et a obtenu onze prix littéraires dont le « Prix coup de cœur du roman historique de la ville de Blois » et le « Prix du premier roman du Touquet ». Il a été sélectionné dans le cadre de « L’été des libraires 2007 ». Il reparaît dans la collection Points en septembre 2008."