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Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.

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Les yeux cernés

Elle vend des fringues
Entre Lyon et Maringue
Ses yeux cernés sourient aux gens
Enfin… à ceux qui ont le temps
 
Elle déballe à six heures
Et s’étale à minuit
Dans des draps de couleur
À qui elle se confie
 
Elle mène une vie de dingue
En charriant son bastringue
Elle aime son boulot
Même si parfois ses yeux prennent l’eau
 
Si tout va bien
Elle se rendra plus loin
Elle prendra une échoppe
Pour en faire un book-shop
 
Même dans dix ans
Il sera toujours temps
De bâtir plus grand
Si les gens, bien sûr, restent clients
 
Des projets, tu vois, elle en a
Elle s’en sort avec ça
Si t’as pas le temps, c’est tout ce qu’elle te dira d’elle
En toute simplicité, la belle
 
Tu ne verras pas que c’est dans ses cernes
Que tout le reste se discerne…
Et tu ne sauras jamais à quoi elle rêve
Quand elle s’écroule dans le jour qui s’achève.
(Ecrit le 16/09/2006)

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L
Je trouve que malgré le ton un peu maussade du texte, il est émouvant car il est bien réel.  Mais ce que j'aime surtout c'est le fait que quelqu'un regarde cette femme avec empathie et qui dévoile avec tendresse ce qu'elle peut ressentir... dans les nons-dits de l'auteur, on sent bien qu'il y a de l'espoir.  Merci pour le partage.
Répondre
M
Merci à toi, ma chère Lise.  Cette dame n'existe pas, mais elle est un assemblage d'éléments que j'ai pu happer de ci de là.  Elle m'a semblé tout à coup presque réelle. Oui, bien sûr, il y a de l'espoir : une vie meilleure que ce personnage se fixe étape par étape, et surtout l'espoir qu'à travers ce texte, on regardera avec plus d'attention ces gens courageux qui dressent leurs stands très tôt pour nous servir. Par exemple !  A eux, et à d'autres.  Bises et merci de ton commentaire.
L
Marianne<br />  <br /> Avais-tu le cafard lesoir où tu as écrit celà. la détresse morale est si présente, si vivante que je me demande si tu étais bien toi même ?<br /> J'ai beaucoup aimé.<br />  <br /> Annie
Répondre
M
C'est le genre de chose qui arrive quand on écrit. On prend des éléments autour de soi, qu'on met bout à bout, et on se laisse  émouvoir par la vie d'un personnage au demeurant de pure fiction. J'en ai croisé l'un ou l'autre qui faisait les marchés, et ils étaient bien courageux ces gens !   Celle-ci n'existe pas, mais elle semble réelle et proche de nous.     Bises et merci de ta réaction, ma chère amie.<br />