
Elle vend des fringues
Entre Lyon et Maringue
Ses yeux cernés sourient aux gens
Enfin… à ceux qui ont le temps
Elle déballe à six heures
Et s’étale à minuit
Dans des draps de couleur
À qui elle se confie
Elle mène une vie de dingue
En charriant son bastringue
Elle aime son boulot
Même si parfois ses yeux prennent l’eau
Si tout va bien
Elle se rendra plus loin
Elle prendra une échoppe
Pour en faire un book-shop
Même dans dix ans
Il sera toujours temps
De bâtir plus grand
Si les gens, bien sûr, restent clients
Des projets, tu vois, elle en a
Elle s’en sort avec ça
Si t’as pas le temps, c’est tout ce qu’elle te dira d’elle
En toute simplicité, la belle
Tu ne verras pas que c’est dans ses cernes
Que tout le reste se discerne…
Et tu ne sauras jamais à quoi elle rêve
Quand elle s’écroule dans le jour qui s’achève.
(Ecrit le 16/09/2006)