Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.
L Celui de la marchande installant chaises cannelées pour y déposer l'attente du chaland.
Celui de la jeune fille fumant nerveusement, tirant bouffées sur bouffées.
Le silence du cycliste, nez pointant vers sa roue.
Le silence d’une rue déserte à six heures du matin.
Le silence strié d’un passage « protégé » alors que c’est sa vocation à lui de protéger.
Celui de la voyageuse au regard étonné tirant sa valise derrière elle dans un roulement régulier.
Celui du passant aux oreilles occupées par son baladeur.
Le silence de cette fille métissée aux longs cheveux noirs croisant ton coup d’œil admiratif.
Celui des amoureux marchant, lui bras sur ses épaules, elle, bras dans son dos à lui.
Le silence inhabituel d’un wagon de tramway emportant vers leur travail des visages taiseux.
Le silence qui suit sept coups de cloche dont la résonnance se prolonge encore.
Celui de la rue piétonne, vide de touristes, des boutiques volets fermés dormant dans une totale immobilité.
Le silence d’une moto adossée au mur attendant la poussée de pied de celui qui est resté là-haut dans cette chambre où le rideau hasarde un signe.
Le silence des brocanteurs matinaux évaluant dubitativement les trésors exposés.
Celui d’une terrasse de café aux tables inoccupées.
Celui du vol d’un pigeon au ras du sol. Celui d’un vol de cygnes à la surface de l’eau.
Celui du bonhomme rouge qui ne vire plus au vert.
Le silence d’un trio de jeunes femmes toutes trois marchant d’un même pas.
Celui des pensées bicolores poussant dans un bac à fleurs.
Le silence des tulipes doubles, calices levés aux cieux.
Celui d’une porte de fer dont le claquement reste suspendu au gond de l’automatisme.
Celui du buraliste sur le pas de sa boutique colorée de paquets de cigarettes.
Celui du portant de cartes postales invitant à la découverte.
Le silence de ces plots, place d’Austerlitz, où j’aimerais asseoir toutes mes batailles.
Le silence de ces bouts de verre brisés sur les trottoirs rue de Berne, où d’anonymes alcooliques ont berné leurs déceptions.
Le silence extraordinaire de ces deux assis face-à-face conversant en langage des signes.
Le silence religieux et digne de la vieille église, seule sur la place, narguant les immeubles de béton.
Celui d’un drapeau multicolore pendu au balcon mollement agité par un vent de liberté.
Celui de la dignitSilence et pacte solennel. é et l'autre desagneaux.