Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.
Je voudrais être femme-écrivain…
Pas juste écrivain ! Le vocable « femme » m’importe !
Il ajouterait une note de dissidence à l’éternellement masculin maniant sa plume - oh ! combien symbolique ! – privilège viril exclusivement réservé aux grands hommes.
Il est tout de même singulièrement étrange qu’une Colette, une Sand, une Eliot, une Beauvoir, ne soient jamais qualifiées de « grandes femmes » !
Tout à coup l’image fait rire…
Et j’en entends même qui ricanent : « Grande asperge ! ».
Et de mettre en avant les frasques sentimentales de ces dames ! Certains hommes – Hugo, Dumas,… - n’ont pourtant rien à leur envier !
Craindrait-on leur esprit libre, leur capacité à affirmer leur force d’écriture ? Écoutez-les qui vilipendent : « Vas-y, chérie, montre-nous qui tu es » à l’instar d’un Willy…
Mais aussitôt qu’elles s’exécutent, ils hurlent à la débâcle !
« Les femmes de plume sont dangereuses ! »…
Elles se donnent libre-cours, s’ouvrent aux autres, laissent voir leur fond, offrent leurs émotions, leurs doutes, leurs exaltations, sans pudeur, en toute sincérité, dénoncent les injustices, jettent aux orties les contraintes, jalonnent de leur style de nouveaux chemins d’écriture, s’expriment dans le langage direct du cœur, parlent des et aux femmes. À toutes les femmes. Qui prennent la parole à leur tour, et leurs idées font le tour. Le tour du patelin, le tour de la ville, le tour du pays, le tour du monde.
Pas même en quatre-vingt jours, elles vous provoqueraient une révolution !
Je voudrais être femme-écrivain…