Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.

« Plus de place que dans le silence... »
Le silence qui enfle et creuse le vide
Le silence qui repousse. Loin. Aux confins. Toujours plus loin.
Loin, jusqu’à se rendre inatteignable.
Là, les heures passent. Les journées passent.
Et les années passent.
Puis c’est au tour de la vie, de passer.
Et puis à la fin, vient l’heure de trépasser.
Et l’autre reste là dans le désarroi de son propre silence.
Il sent son cœur crever.
Il reste là avec ses regrets
De n’avoir pas avant… crevé l’abcès.
Et c’est alors, alors seulement que l’autre se sent si proche.
Mais c’est encore le silence.
Le silence de l’invisible.
Le silence définitif à la longue tourne au nuisible.
Alors il ne lui reste que la nuit.
La nuit pour pleurer. En silence.
La nuit. Pour pleurer de l’absence.
Le silence n’est pas d’or.
Non, le silence, le silence nous place au-dehors.
Quand vous ouvrez la porte au silence,
C’est l’Autre que vous mettez dehors.