Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.
Ni d'Eve ni d'Adam - Amélie NOTHOMB - ALBIN MICHEL - Roman - 245 p

4e de couverture : « Stupeur et tremblements pourrait donner l’impression qu’au Japon, à l’âge adulte, j’ai seulement été la plus désastreuse des employés. Ni d’Ève ni d’Adam révélera qu’à la même époque et dans le même lieu, j’ai aussi été la fiancée d’un Tokyoïte très singulier. » Amélie Nothomb.
Mon appréciation : à l'occasion d'un voyage promotionnel au Japon, Amélie NOTHOMB serre à nouveau dans ses bras, le fiancé - entre temps marié avec une Française - qu'elle a abandonné sans mot d'explication 7 ans auparavant, tranchant ainsi entre une vie rangée et toute tracée d'épouse de Rinri, jeune Japonais à l'avenir pré-dessiné et son installation en Occident où elle débutera l'écriture de son premier roman "Hygiène de l'Assassin". Dans cette étreinte, qu'elle dépeint comme "L'Etreinte du Samouraï", sans besoin de mots, l'émotion est puissante et dans la tête de chacun bien des choses s'éclairent. A travers ce roman, Amélie retrace sa rencontre avec Rinri, les jours passés près de lui, leur histoire singulière, ses moments d'exaltation principalement initiés par les paysages à couper le souffle (l'ascension du Mont Fudji au cours de laquelle elle se compare à Zarathoustra, ainsi qu'un égarement ultérieur dans les montagnes enneigées ayant failli lui coûter la vie) et ses étonnements face à la société japonaise. Son style primesautier, son humour, sa fraîcheur, font plaisir à lire. L'étreinte finale est un grand moment d'émotion.
Citations :
- rupture : "dire à quelqu'un que c'est terminé, c'est laid et faux. Ce n'est jamais terminé. Même quand on ne pense plus à quelqu'un, comment douter de sa présence en soi ? Un être qui a compté compte toujours".
- fuite : "la fuite donne la plus formidable sensation de liberté qui se puisse éprouver. On se sent plus libre en fuyant que si l'on n'a rien à fuir. On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D'ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même. La bonne nouvelle, c'est que l'on peut échapper à soi-même. Ce que l'on fuit de soi, c'est la petite prison que la sédentarité installe n'importe où... Le seul déshonneur c'est de ne pas être libre."
Pour lire un extrait : http://www.albin-michel.fr/pages/news/recherche/index_home.php?mot=nothomb