Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.
RENTREE LITTERAIRE 2007 - Mon nom est Salma - Fadia FAQIR - Editions Liana LEVI - Roman - 350 p - Traduit de l'anglais par Michelle HERPE-VOSLINSKY

Présentation de l'éditrice : "Salma, la narratrice de cette histoire, est une immigrée de trente ans, essayant de mener une vie normale dans son pays d’adoption. L’auteur évite les écueils propres à ce thème, sans pathos ni grand discours. Un roman magnifique porté par sa vie et son expérience. Elle aussi a souffert de l’oppression dont sont victimes de nombreuses femmes arabes." En savoir plus sur l'auteure : http://www.lianalevi.fr/auteurs/faqir.html Mon appréciation : un destin de femme bouleversant. Abandonnée par l'homme qu'elle aimait, Salma évoque avec une nostalgie exacerbée l'abandon de son bébé alors qu'elle-même s'est vue contrainte de laisser derrière elle sa mère et de renoncer à leurs liens privilégiés afin de sauver ses jours de la main vengeresse de son propre père et de son frère furieusement résolus à laver le déshonneur familial. L'image maternelle est omniprésente dans ce roman. Se battant au quotidien contre ses vieux démons (exprimés par le truchements de très nombreux retours sur le passé - les descriptions signalons-le ici- sont envoûtantes !) afin de se reconstruire en Angleterre, elle connaît alors d'autres difficultés : intégration, rencontres amoureuses sans lendemains, alcoolisme de sa propriétaire, apprentissage de la langue, etc.. Au final, l'histoire de Salma la Bédouine vous dévorera le coeur !
Quinze ans auparavant, elle a violé le code d’honneur de son village bédouin en tombant enceinte hors mariage. Pour restaurer l’honneur perdu, les hommes de la tribu l’ont condamnée à mort. Réfugiée en Angleterre, elle tente tant bien que mal de s’adapter, mais reste hantée par son pays, sa mère, la honte et la voix de sa petite fille qu’elle n’a tenue dans ses bras que quelques minutes. Tout au long de son parcours, elle croise des êtres aux destins semblables, brisés : Liz, son alcoolique logeuse anglaise, obsédée par le souvenir d’une vie meilleure à l’époque où l’Inde était une colonie ; Parvin, sa débrouillarde amie pakistanaise, qui l’aidera à s’intégrer et Gwen, la vieille dame délaissée par son fils unique.
Pour Salma, la principale difficulté est d’arriver à ne plus se sentir étrangère, déplacée et ignorante, et de réussir son intégration sans trahir sa propre culture.