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Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.

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Un enfant volé

RENTREE LITTERAIRE 2007

Un enfant volé -  Didier SERAFFIN - Editions Philippe REY - 1er roman - 134 p

4e de couverture : « J’essaie de regarder loin, la neige et la nuit inventent un jeu inconnu de moi. Le froid se plaque sur ma poitrine, je l’arrête, le détourne. À l’arrière, le petit ange est protégé. Je me retourne, je regarde ma trace parfaitement lisible. Je me dis que je suis le gibier idéal, alors je tourne en rond, je crie ma rage dans la nuit. J’efface le fleuve de ma fuite, je marche à reculons, fais des pas de côté, m’arrête, repars, sautille, tente de réduire cette évidence, cet aveu à un simple murmure, une sueur sous les étoiles. »
On ne sait qui il est ni d’où il vient. En ce soir d’hiver, dans une étable, il abat brutalement deux vaches, puis le fermier accouru, et enfin sa femme hurlante qui s’affale dans la neige. À l’intérieur de leur maison, il découvre un nouveau-né, qu’il emmaillote et emmène, sans la moindre hésitation.

Commence alors une longue errance pour l’homme et le « petit ange » attaché sur son dos : dans les villes désertes, les trains pris au hasard, les forêts, jusqu’à la rencontre avec les Renommieux, « montreurs d’animaux », qui les intègrent dans leurs tournées. Là, au sein de cette famille fruste, dans le soin quotidien des lions, des tigres et des panthères, dans le perpétuel renouvellement de la vie nomade, l’homme et l’enfant vont nouer une singulière relation. Jusqu’à l’effroyable tragédie qui clôt cette échappée sous haute tension.

Tout au long du récit, le lecteur s’attache malgré lui à ce fugitif, meurtrier et voleur d’enfant, capable aussi de sentiments lumineux, ainsi qu’aux autres personnages qui se débattent dans les méandres de la marginalité.  Car ce roman nous conduit dans un univers fait à la fois d’humanité et d’animalité, de sauvagerie et de raffinement, de violence et de douceur. La vie, en somme…

Après des études de droit, Didier SERAFFIN travaille dans un groupe de protection sociale. Il vit à ROUEN."

Mon appréciation : il dérange ce personnage dont on ne connaît les motivations l'ayant poussé à commettre un quadruple meurtre (2 animaliers, 2 humains) mais auquel on s'attache comme lui-même arrime sur son dos l'enfant qu'il a préservé de la mort, qu'il trimbale avec sa tendresse à lui. Mais qui donc est-il ? Quels liens existent entre eux ? Il éveille le nourrisson à la beauté, le protège, le nourrit, se préoccupe de son hygiène, le distrait. De l'homme, on ne saura que peu de choses, on ne pourra s'empêcher de penser qu'il a bon fond, mais on reste dans l'irrésolution ! Un premier roman écrit dans un style vif et direct.

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V
Cela me rappelle ( du moins comme ambiance et au vu des extraits) le climat qui régnait dans le magnifique livre de Michel Tournier, le roi des Aulnesdont il fut fait un non moins superbe film.Alors merci encore à la libraire (sourire)
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