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Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.

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Mensonges de femmes

Mensonges de femmes – Ludmila OULITSKAIA – Gallimard - Nouvelles - 188 p.
 
Présentation de l’éditeur :
Dans ce livre, qui se présente comme un roman à épisodes, la grande romancière et nouvelliste russe Ludmila Oulitskaïa nous propose de subtiles variations sur le mensonge au féminin. Car, d’après notre auteur, les mensonges des femmes se distingueraient nettement de ceux des hommes, et seraient presque toujours dépourvus de finalité. Génia, le personnage principal, est ainsi confrontée à toutes sortes d’inventions ou d’affabulations. Comme le récit d’Irène, dont elle fait la connaissance en vacances en Crimée, sur la mort de ses enfants, qui l’émeut jusqu’aux larmes. La petite Nadia s’invente un grand frère, Lialia une liaison avec un peintre célèbre, et Anna se prétend poète...
Chaque nouvel épisode de ce roman à thème illustre à sa manière l’étendue du talent de Ludmila Oulitskaïa, la précision de son sens de l’observation, l’originalité de ses canevas, et surtout, une grande tendresse pour ses personnages et à travers eux pour l’être humain et ses faiblesses.
Ludmila Oulitskaïa est aujourd’hui un des auteurs russes les plus lus dans le monde. « Mensonges de femmes » est son huitième livre traduit en français et publié aux éditions Gallimard.
Mon appréciation :
Une héroïne itérative dénommée Génia sert de fil conducteur dans ces 6 histoires  :
1.      Diana : Irène est une rousse superbe, un peu délurée, aimant à se griser au porto. Dès son arrivée, elle subjugue Génia et lui fait passer d’interminables soirées envoûtantes au cours desquelles elle divulgue ses confidences. Mais pourquoi s’invente-t-elle des grossesses non avenues ?
2.      Le grand frère : Génia se retrouve en vacances à la campagne avec 4 garçons (2 fils et 2 neveux). Il pleut et les garçons s’ennuient âprement. Arrive Nadia, une fillette de 10 ans, avec sa fantaisie et son imagination débordante. Mais pourquoi évoque-t-elle un frère visiblement inexistant  ?
3.      Fin de l’histoire : Lialia, 13 ans, nièce de Génia se prend de passion amoureuse pour son oncle artiste-peintre. Elle prétend avoir des relations physiques avec cet homme tandis que son épouse serait au courant. Lialia raconte ses ébats à Génia qui finit par vouloir en avoir le cœur net…
4.      Un phénomène de la nature : Anna Véniaminovna , enseignante à la retraite, laisse entendre à son élève Macha qu’elle écrit. Celle-ci, s’enthousiasme devant cette poétesse non révélée. Au décès d’Anna, à son détriment, Macha découvre la supercherie...
5.      Une bonne occasion : Génia, rédactrice de scenarri de films documentaires reçoit commande d’un metteur en scène suisse. « La délicatesse de l’affaire, c’était que le film était consacré aux prostituées russes en Suisse ». Amenée à rencontrer des prostituées, Génia a la désagréable impression de toujours réentendre la même histoire quand arrive le moment de recueillir leurs témoignages.
6.      L’art de vivre : tout est soigneusement planifié, organisé dans l’existence de Génia. Une vie de femme moderne bien réglée et minutée. Mais un jour c’est l’accident et le cours des choses bascule...
Cette galerie de menteuses ne vous apportera pas la réponse à la question du pourquoi des mensonges féminins. Mais chacune de ces femmes vous ramènera à son vécu. Habitées tantôt par le désir, le rêve, la douleur ou la fuite existentielle. Personne ne les jugera, personne ne les dénoncera non plus. Ce sont néanmoins de véritables portraits que nous dépeint ici Ludmila Oulitskaïa, dans une ambiance toute russe.
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