
Je me souviens d’un buis d’ornement
Que le tailleur de haies façonnait patiemment.
Avant que les abeilles butineuses de l’été y bourdonnent assidûment
Dans un incessant et vrombissant tournoiement.
Le visage buriné du vieux jardinier
Grimaçait, sourcillait, plissait sous le clic régulier
De cisailles aiguisées et rutilantes.
Au fil des heures dans une coupe minutieuse et lente,
Il sculptait avec une parfaite maîtrise de l’art topiaire,
Domptant pousses et branches velléitaires et donnant formes peu ordinaires.
D’une année sur l’autre le buis muait de montgolfière
En silhouette animalière.
Les jours de nostalgie gonflés de grisaille,
Je revois en songe ces somptueuses tailles.
Parfois, j’aimerais être née buis
Pour muter de forme à l’envi !