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Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.

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Permission

Permission – Céline CURIOL – Roman – Actes Sud – 255 pages

Le point de vue des éditeurs :

 

« Dans un monde où la fiction n’existe plus, un homme est embauché par une entreprise tout à fait singulière, un organisme international appelé l’Institution.

En ces lieux se déroulent à huis clos d’importantes réunions politiques au cours desquelles ce nouvel employé doit prendre en note chaque intervention sous une forme rigoureusement synthétisée.

Discipliné à l’extrême, totalement soumis au pouvoir de sa hiérarchie, il travaille sans relâche à la maîtrise de sa propre pensée, de l’actualité géopolitique ou de tout autre domaine susceptible de valoriser sa fonction. Corrigés, contrôlés, ses résumés sont ensuite communiqués aux médias du monde entier.

Jusqu’au jour où l’un de ses condisciples fait entrer dans son système de pensée une faille vertigineuse. Sous ses yeux effrayés, cet homme ouvre un roman et lui lit en secret quelques pages.

D’emblée un autre langage s’impose, l’imaginaire se déploie, le désir renaît…

Après le succès international de son premier roman Voix sans issue, Céline CURIOL nous entraîne dans un tout autre univers. Virtuose de l’exploration psychologique, elle aborde dans ce livre les rives envoûtantes d’un monde au futur incertain. »

 

 Mon appréciation personnelle : « rives envoûtantes » écrivent les éditeurs... Je n’aurais pas employé ces termes pour parler du huis clos que décrit l’auteur de ce livre. La platitude de l’environnement, la résignation du personnage principal, sa mollesse, et ce système dans lequel il évolue, m’ont dérangée, voire ennuyée par moment, et c’est avec soulagement que j’ai accueilli la déflagration finale…

 

Comment peut-on aussi consciemment se laisser enfermer dans un pareil monde bureaucratique, accepter tacitement ses règles malsaines, comme ne plus communiquer les uns avec les autres,  se savoir contrôlé, s’enfermer sur soi par compétition, par méfiance, consentir à l'interdiction des relations ? Quel est ce monde d’où l’on ne sort plus, pas même pour aller rendre visite à son père malade, sans protester quand la permission d'abord oralement accordée n'est finalement jamais autorisée effectivement ? Un monde où l'imaginaire est prohibé !

Vraiment, je détesterais vivre (me laisser mourir) dans un tel monde ! C’est sans doute vers cette conclusion que l’auteur s’est donné la permission d’emmener ses lecteurs ! Mission accomplie alors, même s'il m'a fallu le temps de le comprendre et que ce livre ne m'a pas emballée quoique très habillement écrit.

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