Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.
J’étais derrière toi – Nicolas FARGUES – P.O.L. – 217 pages
Note de l’éditeur : « C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure. J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est. J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je n’ai pas connu de guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre ».
Mon appréciation personnelle : avec une franchise déconcertante, le narrateur vous prend à témoin de son histoire de couple dans un style très parlé, vous rendant dépositaire de ses confidences intimes.
Beau gosse, attirant, amoureux fou de sa femme et fidèle malgré les occasions, un soir pourtant il a une aventure. Et dès lors tout fout le camp…Sa femme se venge, le bat avec une violence inouïe, l’humilie en le réduisant à l’état de serpillière, le trompe avec un homme de race noire comme elle. Il accepte tout. Par culpabilité. Par lâcheté. Par amour pour elle. Pense-t-il…
Un week-end de trêve, seul, en Italie (superbes descriptions !) dans sa famille l’amène dans un restaurant. Le serveur lui remet une carte de visite confiée par une inconnue qui dînait derrière lui et qui a disparu entre temps... Besoin de se confirmer en tant qu’être humain ? Besoin de voir le visage de la femme qui a eu cette audace tout italienne ? Rien n’arrive par hasard… De par sa douceur et une complicité spontanée hors des mots, celle qui l’accueillera pour quelques heures dans ses bras et son lit, va rétablir l’équilibre en lui, le réparer, servir de révélateur, lui permettre de trouver la force et le courage de se faire face. Peu à peu, au fil des mois, avec souffrance et beaucoup de peine, il finira par admettre que son amour infini pour son épouse n’était qu’un leurre. En attendant cette prise de conscience, chacun des antagonistes tentera de sauver le couple par des moyens peu avouables (lecture du journal intime étalant les fantasmes féminins, e-mails aux rivaux, harcèlement moral, etc).
La bataille (car s'en est une véritable oscillant entre amour, culpabilité et déchirement) sera salutaire pour lui, qui retrouvera une intégrité d’homme et... son nouvel amour dans la sécurité et la sérénité.