Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.
Moi, Charlotte Simmons - Tom Wolfe (Robert Laffont) - 650 pages
Note de l'éditeur : après L'Etoffe des héros, Le Bûcher des Vanités, Un homme, un vrai, Tom Wolfe, maître du roman social, poursuit sa radisoscopie au scalpel de l'Amérique contemporaine.
"Lorsque Charlotte, sage et prude jeune fille d'origine modeste, débarque de sa Caroline du Nord à Dupont Université, l'Olympe de la connaissance, qui abrite la crème de la jeunesse américaine, elle est certes brillante et déjà très jolie mais aussi... un peu gourde. Confrontée aux moeurs étranges de cette élite, elle découvre avec désarroi que ce temple du savoir semble surtout celui du sexe, de la débauche, de l'alcool et des ambitions mesquines. Candide et pleine d'illusions, la petite provinciale n'en maîtrise guère les règles. Le tourbillon de sa première année va se charger de la déniaiser. Charlotte Simmons apprend vite : elle n'est pas tout à fait la blanche colombe qu'elle croyait être...
Avec cette satire cinglante qui est aussi un magnifique roman d'apprentissage, Tom Wolfe nous offre ses Illusions perdues et le grand roman de la vie étudiante made in America."
Mon appréciation : Tom Wolfe, un maître de l'écriture descriptive, un Balzac moderne. A lire tous les jours à petite dose pour apprécier toute la saveur, la justesse, l'ampleur et la richesse du vocabulaire étendu de cet auteur, et pour ne pas céder au découragement de ce pavé de 650 pages. Sous un ton qui se veut, à priori, neutre, l'auteur assassine avec une acidité peu dissimulée, le système universitaire américain. Un peu moins d'usage du "fuck" aurait toutefois abouti au même effet.