Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.
|
J’ai laissé mes habits tout au bord En m’étirant dans l’eau J’ai senti le frisson de la fraîcheur. Alors, bercée par les flots, J’ai contemplé le ciel et les lueurs. Je me baignais seule à l’Anse du Bonheur. Même les mouettes dormaient encore à cette heure.
J’ai laissé mes pas marquer le sable Aussi loin que j’en étais capable. Au retour, j’ai filtré un café Puis porté le bol sous mon nez Pour renouer avec les saveurs. Engourdie par la chaleur, J’ai contemplé le feu et ses tisons Et chantonné toute seule à l’aube de la saison.
Un à un, ils sont arrivés Munis d’un met, d’un vin ou de quelque douceur. Je me suis plongée dans une torpeur En les écoutant rire et parler. Tout ce qu’ils taisaient d’eux, Je le connaissais par d’autres aveux. D’ailleurs, à quoi bon raviver les chagrins ? Nous nous aimons et donc tout est bien.
Je lisais dans leurs silences Leurs luttes, leurs larmes, leurs drames. Alors, j’ai eu envie d’une danse Pour célébrer le courage de nos âmes. Quand la musique, les rires et mes amis D’où ils venaient sont ensuite repartis, J’ai attrapé ma lampe et je suis retournée à l’Anse. Il y a toujours, là-bas, quelqu’un assis à cette heure.
Best love, Nuala.
Écrit le 29 09 2011 Inspiré par Nuala O’FAOLAIN et son magnifique roman « Best Love Rosie »
|