Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.
Tu me presses. Tu me presses de faire. Quand moi, j'en suis à cerner mon être. J'en suis à vouloir être. A savoir comment être.
Dans l'ordre des choses, qui peut dire si faire vient avant être, si être conduit à faire ? Si faire permet d'être, si être exige ou nécessite de faire ? Si faire révèle l'être, si être consiste à faire ?
Peut-être n'y a-t-il pas même de rapprochement possible entre ces deux : l'un est action, l'autre est état. L'un, FAIRE, est une intention. Mais l'autre ? Qu'est-ce qu'ETRE ?
Sans que je sache vraiment l'expliquer, il me paraît cependant que la priorité d'un homme est d'être. Et ceci, je le crois dur comme fer ! Irons-nous pour cela croiser le fer ?
Non. Apprenons encore à mieux nous connaître.Je veux dire à mieux...co-naître. A la manière de Socrate, accouchons nos âmes. Je n'aime pas l'idée de Sartre que "l'enfer, c'est les autres". Ces deux hommes étaient pourtant deux existentialistes, mais vois comme un élément prélevé hors de son contexte, peut devenir tout à coup différent.
"Accoucher les âmes" est, il est vrai, un FAIRE de belle intention. Mais je peux ressentir si fort tout l'ETRE de celui qui constate avec amertume que "l'enfer, c'est les autres", quand bien même cette affirmation en premier abord me hérissait déjà le poil !
Je n'ai néanmoins pas davantage avancé d'un poil dans ma réflexion. Je dirais même que je m'empêtre... C'est quoi, bien être (ou bien naître) ? Quand faire, souvent, c'est tout défaire pour mieux refaire ? Tu vois, on s'enchevêtre !
Bon sang, quelle affaire ! Alors FAIRE ou ETRE ?
Bah ! Chacun comme il préfère ...