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Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.

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La route

La route – Cormac McCarthy – Editions de l’Olivier – 245 p – Roman traduit de l’anglais (Etats-Unis) par François HIRSCH.
 
 

 
4e de couverture :
« L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l’extrême.
 
Prix Pulitzer 2007, La Route s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires aux États-Unis. »
 
 
Mon appréciation : au milieu d’un monde détruit où tout n’est que noirceur, paysages brûlés vidés de beauté, quelques hommes épars ont survécu. Ils errent les uns les autres. Ils ont froid. Ils ont faim. Ils ont peur. Ils se méfient de l’inconnu qui pourrait être un barbare. Pour survivre certains mangent de la chair humaine, usent de violence ou de méthodes sordides.
Nous suivons un père et son fils. Un père aux poumons malades, crachant le sang, à force d’absorber fumées et cendres grises. Ils vont vers le sud. Sur leur route semée de difficultés, se cognant à la précarité de cette vie qui ne tient qu’à leur subsistance et à leur acharnement à vivre, ils s’entraident de leur mieux.
Mais cette errance a-t-elle encore un sens ? Ce monde qu'a-t-il encore à leur offrir ? A quoi se raccrocher ?
Des moments de découragement intenses font entrevoir une irrévocable finalité :
« Quand on sera tous partis, alors il n’y aura plus personne ici que la mort et ses jours à elle aussi seront comptés. Elle sera par ici sur la route sans avoir rien à faire et personne à qui le faire. Elle dira : « Où sont-ils tous partis ? Et c’est comme ça que ça se passera. »
Alors, ils trompent ces idées sombres en se racontant des histoires qui parlent d’eux :
« Tu pourrais me raconter une histoire sur toi.
   Les histoires sur moi, tu les connais déjà toutes. Tu étais là.
   Il y a des histoires au fond de toi dont je ne sais rien.
   Tu veux dire quelque chose comme des rêves ?
   Comme des rêves. Ou simplement des choses auxquelles tu penses ».
Mais ces rêves quels peuvent-ils encore être ? L’espoir est-il encore permis ? Où est l’urgence ?
« Aucune liste de choses à faire. Chaque jour en lui-même providentiel. Chaque heure. Il n’y a pas de plus tard. Plus tard, c’est maintenant. Toutes les choses de grâce et de beauté qui sont chères à notre cœur ont une origine commune dans la douleur. Prennent naissance dans le chagrin et les cendres »…
 
J’ai aimé ce qui se dégage de ces personnages et ce lien fort qui les unit. L'atmosphère noire de ce livre imprègne le lecteur, colle à son quotidien, venant lui rappeler sa chance d’évoluer dans ce monde où tout vit encore !
 
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V
Alors là on est carrément dans le style que j'adore, l'anticipation;Ce qui est dit de la mort est somptueux: elle sera au chômage un jour elle aussi; Bien sûr ce n'est pas très joyeux comme prédiction mais que de vertiges cela crée;Merci encore une fois de cette découverte!
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M
j'ai beaucoup aimé cette idée que la mort un jour pourrait ne plus avoir personne à saisir.  <br /> J'ignorais que tu aimais l'anticipation. Ravie de l'apprendre !!
F
Même si ton article m'intrigue, j'hésite toujours avec ce livre...
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M
Sincèrement, ce n'est pas le style de livre vers lequel je m'oriente spontanément. La noirceur, le chaos, l'apocalypse, tout cela ne m'attirait pas particulièrement. <br /> Néanmois, la curiosité... Ensuite j'ai vraiment voulu en connaître la fin dès lors que j'en avais démarré la lecture.<br /> Belle journée Florinette !