Parce que les mots ont leurs limites mais un si grand pouvoir, Parce que l'écrit est ce qui restera de plus tangible de nos passages... Parce que l'intimité se crée par le langage, Et l'amitié par les lignes en partage.
4e de couverture : “Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bougeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’idée que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai.”
Muriel Barbery est née en 1969. L’élégance du hérisson est son deuxième roman. Le précédent, Une gourmandise, est traduit en douze langues.
Mon appréciation :
qu'est-ce qui peut bien faire de ce livre un tel phénomène de vente ?
Plus de 92 semaines qu'il figure sur les rayons ! Ceci ne pouvait qu'interpeler quelqu'un qui écrit. Plutôt méfiante envers les succès commerciaux, mais néanmoins confiante en un "Prix des Libraires 2007"... c'est sur cette question que j'ai abordé ce titre.
Eh bien, elle m'a conquise Muriel BARBERY !
J'ai ressenti dans ce roman toute une maturité littéraire.
Des réflexions intérieures profondes, une écriture "soyeuse" (si vous voulez savoir pourquoi ces guillemets, il vous faudra lire le livre !), un ton véritable, des personnages poussés jusqu'à l''extrême dans leur logique, un regard lucide sur la société, de l'intelligence, du vocabulaire, une fraîcheur juvénile, une humanité peu à peu révélée qui emporte l'adhésion de tous, de l'humour (j'en ai pleuré de rire à un certain passage), du recul tout autant que d'implication de la part de l'auteure, une proximité, une identification et une lecture aisées, etc...
En vrac et sans ordre de préférence, mais tel que cela m'est venu, voici mon ressenti.
Alors qu'elle vous explique que les yeux ne savent pas voir, en page suivante, Muriel Barbery vous glisse des "ombres scintillantes" que votre concentration sur l'histoire vous aurait laisser échapper, mais, démonstration de ces yeux qui ne savent pas voir... c'est l'auteure elle-même qui vous demande "comment l'ombre peut-elle scintiller" ! Ah ! oui bonne question ! Et vous entrevoyez-là votre cécité ! "Elle scintille un point c'est tout" vous persuade-t-elle. Et... vous adhérez parce que vous voulez bien que celle-ci vous en conte, vous en mette plein les yeux, de ses lumières qu'elle parsème avec un plaisir infini dans son écriture. Cette auteure-là, c'est sûr, s'amuse en écrivant !!!
J'ai adoré !