Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L'auteure

Rechercher

En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

Archives

24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 10:53

Prière à la lune - Fatima ELAYOUBI - Editions Bachari - Essai - 93 pages

Note de l'éditeur :

"J'ai allumé une flamme, j'ai posé mes charges précieuses sur mes épaules et je suis partie.
Je ne pouvais plus marcher dans le noir.
Je ne veux plus vivre dans la peur et l'humiliation.
Dieu m'a donné l'intelligence, la croyance.
Je suis comme un livre.
Toutes les femmes sont des livres dont le titre est le mari. Prenez le temps d'ouvrir les livres.


Fatima Elayoubi est allée à l'école durant trois ans. Elle a écrit ce livre pour parler à la place de ceux qui se taisent, ceux dont le travail est invisible : femmes de ménage, caissières, balayeurs.

Dans cette page, Fatima se livre à la Lune. Page après page, on suit le parcours de la petite fille qui doit quitter l'école, de la femme qui quitte son pays pour suivre son mari, de l'illettrée (en français) qui n'est bonne qu'à faire le ménage. On découvre sa féminité enfouie sous la poussière, son corps malade qui rencontre le corps médical.

Ce livre dit que l'Ecriture sauve".

 

Mon avis personnel : dans une simplicité toute poétique, Fatima confie à la Lune ses douleurs, ses tristesses, ses difficultés, la fatigue qui s'installe, l'usure quotidienne d'une vie vouée aux travaux pénibles, ses lourdes charges familiales, ses préoccupations de femme et l'épreuve du burn out qui l'a conduite à se libérer dans l'écriture.

"Bonsoir, lune. Bonsoir, toi qui parles en silence. Toi qui envoies la tendresse de là-haut, qui veille sur les veilleurs. Je t'attends, parce que je ressens la tendresse malgré la distance. Ta prévenance malgré les silences."... "Mais il y a trop de bruit, et mon âme se cache..."

Suivez ses confessions murmurées dans le rythme lent de celle dont le corps dit : assez !  

"Oui, mon amie, j'ai infiniment besoin de ton aide. Je suis un corps sans esprit ou un esprit sans corps. Mon problème, mon amie, ce sont les tourments de mon âme qui ont envahi un coin de mon être et qui refusent tout contact, préférant le silence. Je suis une petite fille dans un coin, les bras autour de la tête, la tête entre les genoux, qui ne veut rien d'autre que le silence. Sa blessure est profonde comme son sentiment d'injustice. Elle est blottie dans ce coin".

Partager cet article
Repost0
23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 16:44

Du bon usage des crises - Christiane SINGER - Albin Michel - Spiritualité - 146 pages

Note de l'éditeur : "L'insignifiance et la futilité qui règnent en maîtres barrent l'accès
au réel et à la profondeur. Aussi ai-je gagné la certitude que les catastrophes ne sont là que pour nous éviter le pire.
Et y a-t-il pire que d'avoir traversé la vie sans houle et sans naufrage, d'être resté à la surface des choses, d'avoir dansé toute une vie au bal des ombres ?"

Mes appréciations : écrivain orientée vers la spiritualité et nourrissant sa pensées à tous types de courants religieux, Christiane SINGER, a donné de nombreuses conférences. Certaine que dans ces rencontres naît un champ de conscience, dans "Du bon usage des crises", l'auteur nous transmet sa conception toute personnelle quant aux thèmes suivants :

- Devenir vivant 

- Le futur de l'homme  Un nouvel humanisme ? 

- Du bon usage des crises

- Entrer dans la ferveur 

- Le sacré dans l'amour 

- A la source de la parole 

- Le silence de lumière

Décédée en début de mois après avoir été informée qu'elle n'en aurait plus que pour six mois (elle a un peu dépassé ce terme), cette femme lumineuse a rédigé le parcours de ses derniers jours sous forme de journal actuellement en librairie sous le titre "Derniers fragments d'un long voyage".

Elle nous partage sa manière de voir dans un être, dans les choses, dans le silence, dans soi-même, pour entrer dans la ferveur et le sacré de l'amour.

Tant de phrases dans son témoignage ont trouvé résonance en moi car elles rejoignent mes propres conceptions  !

En voici quelques-unes, particulièrement puissantes :

«Ceux qui m'ont, dans ma vie, inspiré de l'amour, mais je leur dois tout ! Quelle qu'ait été leur réponse, quelles qu'aient été les déceptions, les trahisons qui ont pu s'ensuivre, ceux qui ont réveillé en moi l'amour, ceux qui m'ont fait rencontrer l'amour, ceux qui ont fait que j'ai eu le goût de l'amour sur la langue, ceux qui m'onf fait goûter à l'amour, ceux qui ont réveillé en moi la résonance d'amour, quel qu'ait été le temps que nous avons partagé - l'amour de quelques heures, de quelques minutes, d'un instant, d'un regard ou de toute une vie, peu importe. Merci à toi qui m'a rendue capable d'aimer.»

"Quand je porte sur l'autre un regard amoureux, je lui révèle sa nature profonde, je le rappelle à son identité véritable... Le regard de celui qui m'aime, ce regard qui voit en moi ce que je suis dans ma profondeur me place dans ma royauté, me remet dans la lumière originelle. L'amour voit ce que les autres ne voient pas. ll voit derrière les apparences, derrière toutes ces protections que je me suis constituées pour protéger mon coeur. Pendant toute la vie, je suis menacée de toutes parts, par mes éducateurs, et touts ceux qui veulent m'imposer leurs vues. Je me protège toute une vie durant. Mais le regard qui m'aime fait fondre toutes les carapaces dans lesquelles je me suis cachée autrefois pour survivre."

Au nom de ce sacré enfoui dans l'autre, Christiane SINGER invite son auditeur et son lecteur à ne pas fuir , ni se détourner des crises, mais à les traverser. "Les crises" énonce-t-elle, 'dans la société où nous vivons, sont vraiment ce qu'on a encore trouvé de mieux, à défaut de maître, quand on n'en a pas à portée de la main, pour entrer dans l'autre dimension".  Toute crise nous invite à reconstruire et à ne jamais rien considérer comme acquis.

Nota : Une de ses interview est à entendre sur le lien suivant : http://www.sectes-infos.net/Christiane_Singer.htm

Partager cet article
Repost0
21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 19:17

Elle s'appelait Sarah - Tatiana de Rosnay - Editions Héloïse d'Ormesson - Roman - 357 pages

Note de l'éditrice :

"Paris. 2002. Julia Jarmond, journaliste américaine, est chargée de couvrir la commémoration du Vel d'Hiv. Découvrant avec horreur le calvairede de ces familles juives qui furent déportées à Auschwitz, elle s'attache en particulier au destin de Sarah et mène l'enquête jusqu'au bout, au péril de ce qu'elle a de plus cher.

Paris. 16 juillet 1942. A l'aube, la police française fait irruption dans un appartement du Marais. Paniqué, le petit Michel se cache dans un placard. Pour le protéger, sa grande soeur l'enferme et emporte la clef, en lui promettant de revenir. Mais elle fait partie des quatre mille enfants raflés ce jour-là.

Tatiana de Rosnay ne craint pas d'attaquer de front une page sombre de l'histoire française.

Une oeuvre bouleversante qui participe du devoir de mémoire".

Mon appréciation :

mis en regard, les deux destins de Sarah et de Julia, nous touchent autant qu'ils nous interpellent.

Sarah, enfant-courage dont l'histoire ne peut laisser aucun lecteur insensible. Personnage-clé, à la fois témoin  et victime de l'horreur, déportée, arrachée à ses parents, coupable seulement d'avoir été juive. Son réflexe de protection à l'égard de son petit frère se transformera en cauchemar insoutenable.

Julia, 45 ans, mère d'une adolescente, femme sensible et en quête de vérité tant dans sa profession que dans sa vie personnelle.  Avec opiniâtreté et exemplarité, elle rassemblera les pièces de ce puzzle que 60 années ont éparpillées, révèlera les faits et un secret longtemps gardé à ceux qui ne savaient pas, aidée en cela de façon inattendue par quelque membre de son entourage.

Ses découvertes bouleversantes transformeront non seulement son couple et le cours de sa vie, mais aussi celui de deux familles dont le dénominateur commun est Sarah. 

Un roman écrit d'abord avec le coeur, dénonçant cette douleureuse page de l'histoire française que fut la rafle du Vélodrome d'Hiver. Une belle prouesse d'écriture de la part de cette romancière que de coordonner deux destins parallèles qui peu à peu se resserrent jusqu'à se rejoindre ! Vous apprécierez en passant le clin d'oeil (dont je vous laisse le plaisir de la découverte) à ses lecteurs fidèles .

Nota : je viens d'apprendre sur le blog de Tatiana de Rosnay relatif à ce titre(http://ellesappelaitsarah.over-blog.com/article-6354432-6.html#anchorComment) que le livre sera adapté au cinéma. L'adaptation sera écrite par Serge Joncour et le film sera réalisé par Gilles Paquet-Brenner.

Partager cet article
Repost0
16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 11:07

Un roman russe - Emmanuel Carrère - P.O.L. - Roman - 357 pages

Note de l’éditeur : « La folie et l’horreur ont obsédé ma vie. Les livres que j’ai écrits ne parlent de rien d’autre.
Après L’Adversaire, je n’en pouvais plus. J’ai voulu y échapper.
J’ai cru y échapper en aimant une femme et en menant une enquête.
L’enquête portait sur mon grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l’automne 1944 et, très probablement, été exécuté pour faits de collaboration. C’est le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille.
Pour exorciser ce fantôme, j’ai suivi des chemins hasardeux. Ils m’ont entraîné jusqu’à une petite ville perdue de la province russe où je suis resté longtemps, aux aguets, à attendre qu’il arrive quelque chose. Et quelque chose est arrivé : un crime atroce.
La folie et l’horreur me rattrapaient.
Elles m’ont rattrapé, en même temps, dans ma vie amoureuse. J’ai écrit pour la femme que j’aimais une histoire érotique qui devait faire effraction dans le réel, et le réel a déjoué mes plans. Il nous a précipités dans un cauchemar qui ressemblait aux pires de mes livres et qui a dévasté nos vies et notre amour.
C’est de cela qu’il est question ici : des scénarios que nous élaborons pour maîtriser le réel et de la façon terrible dont le réel s’y prend pour nous répondre. »

Mon avis personnel :

par  ce roman autobiographique, Emmanuel Carrère, outrepassant la volonté de silence de sa mère (Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie Française) pousse la chape de ce lourd secret qui pèse sur sa famille.

 

 

 

 

Une auto-analyse qu’il mène avec courage au plus profond de son univers et de ses tourments intérieurs.

Un reportage portant sur un paysan hongrois interné durant 56 ans dans un hôpital psychiatrique russe à KOTELNITCH rapatrié à BUDAPEST est le détonateur. Dans son inconscient, l’auteur superpose cette histoire à celle de son grand-père maternel, émigré en France dans les années 1920 et disparu en 1944 dont sa mère a toujours espéré le retour.

 

 

 

En parallèle, il publie en 2002  – comme un cadeau d’amour savamment préparé et minuté - dans Le Monde une nouvelle érotique à destination de Sophie, sa compagne. Mais la vie en décide tout autrement pour ce couple...

Pour finir, Ania, une jeune femme rencontrée lors de son reportage, compagne de Sacha (membre du FSB) meurt assassinée à KOTELNITCH. Emmanuel va partager leur deuil.

 

 

 

Dans ces entrecroisements, l’auteur a  évolué malgré lui. Ou presque… car « l’inconscient, ça existe ! ».

Plus d'informations disponibles  sur le site  de l’éditeur en cliquant sur le lien suivant : http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=6124

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 16:13

Chaleur du sang - Irène NEMIROVSKY - Editions DENOEL - Roman - 155 pages

Note de l'éditeur : "Après l’incroyable histoire du manuscrit de Suite française, un nouveau roman d’Irène Némirovsky, complet et totalement inédit, refait surface près de soixante-dix ans après son écriture.
Dans Chaleur du sang, tout est en place pour le drame de Suite française : il s’agit vraiment de « Dolce avant Dolce ». Une œuvre visionnaire et désenchantée.

Dans un hameau du centre de la France, au début des années 30, un vieil homme se souvient. Après avoir beaucoup voyagé dans sa jeunesse, Silvio, le narrateur, revient dans sa région natale finir sa vie. Pauvre et solitaire, il se tient volontiers à l’écart, indifférent aux riches familles qui se partagent depuis toujours terres et propriétés de la région. Il n’en observe pas moins la comédie humaine des campagnes, du cours impassible des vies paysannes brusquement secoué par la mort et les passions amoureuses.
Un soir, ses cousins François et Hélène Érard viennent lui présenter leur futur gendre : le timide et falot Jean Dorin, minotier de son état, qui s’apprête à épouser leur fille, Colette. Ce soir-là chez Silvio, pressés de questions par leur fille, François et Hélène évoquent la genèse de leur couple : leur fugitive et chaste rencontre trente ans plus tôt, suivie du départ à l’étranger de François et du premier mariage d’Hélène avec un paysan vieux et opulent, puis, quelques années plus tard, le veuvage d’Hélène et les retrouvailles avec son amour de jeunesse François Érard.
Après le mariage, Jean et Colette Dorin s’installent au Moulin-Neuf, grande maison isolée dont Jean a hérité. Quelques mois plus tard, c’est le drame. La mort par noyade de Jean vient détruire la fausse quiétude de ce milieu provincial. Un témoin finit par révéler que c’est au cours d’une rixe avec un autre homme que Jean est tombé dans la rivière qui longe le Moulin-Neuf… L’un après l’autre, tous les lourds secrets qui unissent malgré eux les protagonistes de cette intrigue vont resurgir dans le récit de Silvio, jusqu’à une ultime et troublante révélation…

Quel chemin rectiligne suivraient nos vies, si nous n’étions aussi gouvernés par nos démons ? Situé dans le village même où Irène Némirovsky écrira Suite française, mais entrepris dès 1937, ce drame familial, conduit comme une enquête policière, observe les turbulences que l’instinct de jeunesse exerce sur la destinée. La vie, comme le fer, ne se forge que rougie à la « chaleur du sang »…"

Mon appréciation :  secrets de famille et amours dissimulés, temps qui s'enfuit comme les saisons qui s'enchaînent invariablement dans ce village où chacun se méfie du voisin, vies qui se séparent ou qui se brisent, révélations, craintes, sournoiseries, sourde vie des sens grondant sous le paraître... Et ce bon vieux Sylvio, au fil de ses confidences, évoquant ses souvenirs, son histoire ainsi que celle de son entourage. Tous les ingrédients d'un roman à la fois de la terre et du coeur.

D'origine juive ukrainienne, Irène NEMIROVSKY, née en 1903 à KIEV a connu le succès dès son premier roman, David Golder (1929), puis avec Le Bal (1930). Après l'exode, elle s'est réfugiée dans un village du Morvan avant d'être arrêtée par les gendarmes français puis assassinée à Auschwitz (été 1942). Son dernier roman, Suite française, avait obtenu le prix Renaudot en 2004.

Partager cet article
Repost0
2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 23:36

L'écriture et le souci de la langue - Ecrivains, linguistes : témoignages et traces manuscrites - Dir. Irène FENOGLIO - Editions Academia Bruylant

Note de l'éditeur : "Cet ouvrage ouvre une réflexion sur une interrogation précise : que peut dire un écrivain de ce qui se passe au moment où il écrit, en particulier en ce qui concerne sa confrontation avec la langue ? Que peut-il dire du souci de la langue, expression créée à partir d'une citation mise en exergue de Pascal Quignard, chantre, s'il en est, du travail de l'écriture ?

Sans être thématique, l'ouvrage cumule, capitalise, en quelque sorte, des expériences singulières sur le processus de création par l'écriture.

A son départ, un séminaire, éponyme, a permis à de nombreux participants d'être au coeur des questions débattues entre écrivains, linguistes et généticiens. Le livre rend compte, en partie, de ces discussions et échanges grâce aux intervenants ayant accepté de contribuer à ce volume. Il comporte, par ailleurs, des documents absolument inédits.

Tel qu'il se présente, l'ouvrage offre un triple intérêt. Un écrivain hésite toujours à ouvrir sa boîte noire : tous, ici, le disent, mais tous font l'effort d'entrebâiller leur porte.

Les auteurs qui nous parlent, Michel Arrivé, Jacqueline Authier-Revuz, Jean-Pierre Balpe, Michel Deguy, Umberto Eco, Nancy Huston et Bernard Pingaud, sont nos contemporains : leur témoignage est vivant et "actuel". C'est une richesse que nous avons souvent du mal à observer en littérature critique. Dans ce livre, ils sont à la fois témoins d'eux-mêmes, de leur activité créatrice et du regard critique que les généticiens portent sur leur témoignage. Il s'agit d'une entreprise risquée à laquelle aucun des partenaires n'a renoncé quitte à laisser le lecteur sans réponse.

Enfin, cet ouvrage présente des manuscrits inédits en fac-similé. Aucun des auteurs présents dans ce volume n'avait jusqu'alors donné à voir ses brouillons sous forme publiée. Certes, ils demeurent fragmentaires, mais ils témoignagent de l'effort consenti à la réflexion.

L'ensemble devrait intéresser les chercheurs en littérature, les linguistes, les généticiens mais aussi les lecteurs des auteurs contributeurs".

Mon avis personnel : il s'agit d'un ouvrage très spécialisé, je vous en avertis. J'avoue que j'ai parfois dû rester très concentrée pour suivre ces raisonnements de linguistes ! Le rapport à l'écriture pour chacun des auteurs intervenants dans ce livre est différent. Il ouvre la réflexion néanmoins sur ce geste si intime qu'est l'écriture. J'ai beaucoup apprécié de pouvoir découvrir leurs manuscrits contenant griffonnages, repentirs, ajouts, soulignements, colonnes, etc... autant de signes permettant d'accéder un peu à leur manière de travailler. Sans pour autant répondre très clairement à la question de base, les éléments qu'ils apportent ainsi que les expériences qu'ils évoquent sont passionnantes pour l'écrivante que je suis...

La langue, sa structure, ses codes, ses double sens, ses conjugaisons, ses mots-liens, imposent des contrôles permanents qui peuvent freiner la pensée ou la ralentir. L'écrivain passe en permanence d'une attitude de lecteur-contrôlant à celle de penseur-créateur. L'arrivée des ordinateurs et de programmes avec algorythme, générateurs,etc.. permettant, voire facilitant, la production de texte, soulève quelques questionnements.

Personnellement, j'ai apprécié l'intervention de Jean-Pierre Balpe (descriptions d'expériences étonnantes qu'il a menées), de Nancy Huston (dont je venais de lire "Ligne de faille") et celle de Jacqueline Authier-Revuz (je me suis régalée de ces réflexions relative à l'arrêt-sur-mot).

Un ouvrage qui a le mérite de nous éclairer queque peu sur ce mystérieux processus qu'est l'écriture.

Partager cet article
Repost0
20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 19:43

Lignes de faille - Nancy HUSTON - Editions Actes Sud - 481 pages - Prix Fémina 2006 - Prix Roman France Télévisions

Note de l'éditeur : "Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n’est le sang. Pourtant, de l’arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente.
Porté par la parole d’enfants victimes d’événements qui les dépassent et de choix qui leur échappent – qui les marqueront pourtant toute leur vie –, ce roman se construit à rebours, de fils en père et de fille en mère, comme on suit en remontant le fil de sa mémoire. Quel que soit le dieu vers lequel on se tourne, quelle que soit l’époque où l’on vit, l’homme a toujours le dernier mot, et avec lui la barbarie. C’est contre elle pourtant que s’élève ce roman éblouissant où, avec amour, avec rage, Nancy Huston célèbre la mémoire, la fidélité, la résistance et la musique comme alternatives au mensonge."

Mon avis : une idée superbe : suivre 4 personnages l'année de leur 6 ans, sur plusieurs générations : 

- Sol en 2004, petit garçon américain, enfant-roi égocentrique se comparant au soleil

- Randall, père de Sol,  en 1982 dont la maman (Sadie), souvent amenée à s'absenter, s'évertue dans de mystérieuses recherches... laissant de ce fait se développer une relation privilégiée entre Randall et son papa,

- Sadie, la mère de Randall, en 1962, élevée un temps par ses grands-parents rigoureux et sévères jusqu'à ce que Krystyna (sa maman), chanteuse lyrique, après avoir épousé son impresario récupère son enfant. Pendant l'absence de ce nouveau père, parti pour préparer une tournée pour Krystyna, Sadie assistera à des retrouvailles étranges entre sa mère et un autre homme...

-  Krystyna, mère de Sadie, en 1944-1945, aux remarquables talents lyriques (qui plus tard prendra pour nom de scène celui d'Erra pour une raison que je vous laisse découvrir) apprenant à 6 ans que ceux qu'elle croyait être ses parents, sa soeur et grands-parents ne le sont pas... A la suite de quoi, elle devra faire face ...

Je ne vous raconte pas la suite pour ne pas vous priver de l'émotion dans laquelle vous plongeront les dernières et puissantes pages de ce livre.

Se présente  au final, chez ces 4 personnages systématiquement au même âge une faille... Celle qui rend poignante toute l'histoire de cette famille. C'est en parvenant à celle de Krystyna que le lecteur rejoindra le point de départ. C'est alors qu'il comprendra, c'est alors que sa propre mémoire procédera à un retour en arrière. C'est alors aussi que le lecteur constatera tout le merveilleux travail d'écriture qu'aura accompli cette talentueuse romancière canadienne.

Note complémentaire :  ayant à mon arbre généalogique une branche polonaise de par mes grands-parents paternels, je tiens à retranscrire ici la note explicative que Nancy Huston  a placée à la fin de son livre : "Entre 1940 et 1945, pour suppléer aux pertes allemandes dues à la guerre, un vaste programme de "germanisation" d'enfants étrangers fut entrepris dans les territoires qu'occupait la Wehrmacht. Sur l'ordre de Heinrich Himmler, plus de 200.000 enfants furent volés en Pologne, en Ukraine et dans les pays baltes. Ceux qui avaient atteint l'âge scolaire furent envoyés dans des centres spéciaux pour y subir une éducation "aryenne" ; les plus petits, y compris de très nombreux bébés, transitèrent par les centres Lebensborn ("fontaine de vie" - les fameux "haras" des nazis), avant d'être placés dans des familles allemandes. Dans les années de l'immédiat après-guerre, l'UNRRA (United Nations Relief and Rehabilitation Administration), avec d'autres organismes d'aide aux personnes déplacées, restitua environ 40.000 de ces enfants à leur famille de naissance.

Vous comprendrez mon émoi, je pense, et comme moi, vous songerez à ces 160.000 autres non restitués qu'on aura privé de leurs véritables racines...

Partager cet article
Repost0
5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 14:30

Mal de pierres - Milena AGUS - Roman - Traduit de l'italien par Dominique VITTOZ - Ed° Liana Levi - 124 pages

Note de l'éditeur : "Au centre, l'héroïne : jeune Sarde étrange "aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses". Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... A l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d'une extraordinaire finesse : le mari, épousé par raison pendant la Seconde Guerre, sensuel taciturne à jamais mal connu ; le Rescapé, brève rencontre sur le Continent à l'empreinte indélébile ; le fils, inespéré, et futur pianiste ; enfin, la petite fille, narratrice de cette histoire, la seule qui permettra à l'héroïne de se révéler dans sa vérité. Mais sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il..."

Mon avis personnel : un roman absolument magnifique ! Un bijou d'écriture ! Un style subtil  ! Je fus charmée, dépaysée, enivrée, envoûtée par l'histoire, les mots, les situations, et cette passion lumineuse entre deux êtres qui n'auront fait que se croiser un temps pour repartir chacun dans leur vie. Et l'on se prend à rêver d'une suite à ce roman.... redonnant une seconde chance à cette histoire sublime mais trop brève dans la vie d'une héroïne en proie au mal de pierres (coliques néphrétiques) qui n'oubliera jamais le Rescapé, la seule personne à avoir su apprécier son talent d'écriture et à l'encourager... Ou encore voir développer l'histoire de cette mystérieuse narratrice dont on aimerait en savoir plus. S'il vous plaît Milena AGUS, continuez à nous faire rêver ainsi !

Interview de l'auteure au lien suivant : http://www.lianalevi.fr/litterature/mal_pierres.htm

Partager cet article
Repost0
2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 14:34

La Voix - Arnaldur INDRIDASON - Polar - Traduit de l'Islandais par Eric BOURY - E° Anne-Marie METAILIE - 330 p

Présentation de l'éditeur ;

Le père Noël  a été assassiné juste avant le goûter d'enfants organisé par le directeur de l'hôtel de luxe envahi par les touristes, alors s'il vous plaît, commissaire, pas de vagues. C'est mal connaître le commissaire Erlendur. Déprimé par les interminables fêtes de fin d'année, il s'installe à l'hôtel et mène son enquête à sa manière rude et chaotique. Les visites de sa fille, toujours tentée par la drogue, ses mauvaises fréquentations, permettent au commissaire de progresser dans  sa connaissance de la prostitution de luxe, et surtout il y a cette jolie laborantine tellement troublante qu'Erlendur lui raconte ses secrets.

Le Père Noël était portier et occupait une petie chambre dans les sous-sols depuis vingt ans, peu avant on lui avait signifié son renvoi. Mais il n'avait pas toujours été un vieil homme, il avait été Gulli, un jeune chanteur prodige, une voix exceptionnelle, un ange. Les 45 tours enregistrés par le jeune garçon, cette voix venue d'un autre monde, ouvrent la porte à des émotions et des souvenirs, à des spéculations de collectionneurs, à la découverte des relations difficiles et cruelles entre les pères et les fils.

Un roman dense et fort qui émeut profondément.

Mon avis personnel : un excellent polar, palpitant, bien construit, qui nous emmène dans l'univers des collectionneurs, échafaude une histoire originale, présente des personnages à diverses facettes, porteurs de douleurs et de désillusions. De la première page à la dernière, en énonçant ses hypothèses, on n'a de cesse que d'avoir démasqué le meurtrier du Père Noël !

Partager cet article
Repost0
21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 21:44
Permission – Céline CURIOL – Roman – Actes Sud – 255 pages

Le point de vue des éditeurs :

 

« Dans un monde où la fiction n’existe plus, un homme est embauché par une entreprise tout à fait singulière, un organisme international appelé l’Institution.

En ces lieux se déroulent à huis clos d’importantes réunions politiques au cours desquelles ce nouvel employé doit prendre en note chaque intervention sous une forme rigoureusement synthétisée.

Discipliné à l’extrême, totalement soumis au pouvoir de sa hiérarchie, il travaille sans relâche à la maîtrise de sa propre pensée, de l’actualité géopolitique ou de tout autre domaine susceptible de valoriser sa fonction. Corrigés, contrôlés, ses résumés sont ensuite communiqués aux médias du monde entier.

Jusqu’au jour où l’un de ses condisciples fait entrer dans son système de pensée une faille vertigineuse. Sous ses yeux effrayés, cet homme ouvre un roman et lui lit en secret quelques pages.

D’emblée un autre langage s’impose, l’imaginaire se déploie, le désir renaît…

Après le succès international de son premier roman Voix sans issue, Céline CURIOL nous entraîne dans un tout autre univers. Virtuose de l’exploration psychologique, elle aborde dans ce livre les rives envoûtantes d’un monde au futur incertain. »

 

 Mon appréciation personnelle : « rives envoûtantes » écrivent les éditeurs... Je n’aurais pas employé ces termes pour parler du huis clos que décrit l’auteur de ce livre. La platitude de l’environnement, la résignation du personnage principal, sa mollesse, et ce système dans lequel il évolue, m’ont dérangée, voire ennuyée par moment, et c’est avec soulagement que j’ai accueilli la déflagration finale…

 

Comment peut-on aussi consciemment se laisser enfermer dans un pareil monde bureaucratique, accepter tacitement ses règles malsaines, comme ne plus communiquer les uns avec les autres,  se savoir contrôlé, s’enfermer sur soi par compétition, par méfiance, consentir à l'interdiction des relations ? Quel est ce monde d’où l’on ne sort plus, pas même pour aller rendre visite à son père malade, sans protester quand la permission d'abord oralement accordée n'est finalement jamais autorisée effectivement ? Un monde où l'imaginaire est prohibé !

Vraiment, je détesterais vivre (me laisser mourir) dans un tel monde ! C’est sans doute vers cette conclusion que l’auteur s’est donné la permission d’emmener ses lecteurs ! Mission accomplie alors, même s'il m'a fallu le temps de le comprendre et que ce livre ne m'a pas emballée quoique très habillement écrit.

Partager cet article
Repost0