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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 12:37

Dans la nuit Mozambique - Laurent GAUDÉ – Actes Sud – Récits – 147 p.
 
Ce recueil est composé de 4 récits :
 
  1. Sang négrier
C’est par un cauchemar que commence la nuit avec Laurent GAUDÉ !
Une cruelle traque à l’homme dans le port de Saint-Malo, au temps des navires marchands. Des visions instantanées d’exécutions sans pitié et un survivant échappant à ses chasseurs. Le fugitif est sans visage, mais sa peau est couleur d’ébène. On ne connaît rien de lui sauf qu’il est esclave. Il n’a rien à perdre, pas même ses doigts qu’il cloue l’un après l’autre aux portes des maisons en choix ciblé. Ce spectacle glauque d’un être tapi dans l’invisible, en sourde rébellion, nourrit une terreur exponentielle et une culpabilité rongeante dans l’esprit de ce négrier traqueur dont les nerfs sont rudement mis à vif, d’autant plus que…
Pardon, mais… impossible de vous en dévoiler davantage sans trahir le suspens de ce récit !
 
  1. Grammercy Park Hotel
Une agression dans la ville jette un vieil homme au sol. Dans son agonie, resurgit le souvenir de la douce Ella, de leur rendez-vous amoureux au Grammercy Poste Hotel, des projets qu’ils dessinaient ensemble jusqu’à ce que la mort les sépare et brise leur bonheur. Retrouver Ella devient alors l’ultime obsession de cet homme.
 
  1. Le colonel Baraque
Quel personnage ! Un homme « fatigué d’avoir tant tué »... Ses camarades sont morts dans les tranchées. Il aurait dû mourir, il a survécu. Grâce à un Noir. Et même celui-là, la grippe espagnole aura raison de sa vie. Assistant à la fin de son sauveteur, le noir monte en lui… qui fera de Quentin Ripoll le redoutable colonel Baraque posant le pied sur la « terre rouge d’Afrique » et se battant « aux côtés des nègres »…
 
  1. Dans la nuit Mozambique
Ils avaient l’habitude de se retrouver une ou deux fois l’an, l’amiral Aniceto de Medeiros, le contre-amiral Da Costa, le commandant Manuel Passeo, et Fernando le cuistot inventif. « Ils se réunissaient dans le restaurant de Fernando et il était de coutume qu’un d’entre eux prenne la parole et raconte une histoire. Et c’était comme de prendre la mer, comme ça de nuit, tous les quatre ensemble, comme cela n’arriverait jamais dans la vie, sans uniforme, sans grade, tous les quatre portés par le même flot et plongés dans la même ivresse de l’écoute ». Mais aujourd’hui, deux d’entre eux sont à jamais absents à cette table et « le Mozambique » leur manque…
Un texte magnifique, sur fond d’amitié, où la puissance d’écriture de Laurent GAUDÉ vous serre à la gorge tant il est subtilement teinté d’émotion ! Mon préféré des quatre récits où apparaissent, incontestablement, la fascination de l’auteur pour la terre africaine et son habileté à mettre en place décors, univers et personnages.
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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 21:09

La lumière des vivants – Sylvie REFF – DERVY L’aventure initiatique – Roman – 429 p.
Prix ALEPH 2003 des Librairies Mieux-être et Spiritualité.
 
4e de couverture :
 « Entre 1315 et 1385, l'Occident est pris dans un tel étau que toute l'Alsace n'est qu'un cri vers le ciel. Tandis que les guerres, les famines et les épidémies lui rongent le corps, son âme lance des forêts d'églises et des océans de prières La terre s'embrase de tous les juifs brûlés; elle tremble et fait s'écrouler cent châteaux. Et la peste a beau s'acharner sur la chair éphémère des bâtisseurs, le corps lisse et rose de la jeune cathédrale de Strasbourg lui glisse des mains pour bondir vers les anges. Pendant ce temps, les amoureux de Dieu parcourent la campagne pour se tenir au plus près de l'homme. Parmi eux, Jean Tauler et Maître Eckhart, excommunié pour avoir osé prétendre que Dieu ne pourrait exister sans l'homme... Ceci est l'histoire d'un jeune couple, Martin Seeman, fils de paysan, rêveur et ardent, et Herzeloid von Löwenburg, l'orpheline spoliée de tout héritage. Le garçon sans passé et la jeune fille sans avenir vont traverser ensemble le siècle le plus tourmenté et le plus fécond de l'histoire. En ancrant cette geste dans un particularisme singulier, Sylvie Reff donne à ses héros une dimension universelle. »
 
Mon appréciation : transportant ! C’est le terme qui s’impose en refermant la dernière page de cette fresque médiévale que l’on savoure sans discontinuité.
Écrit dans un style créatif, lyrique, poétique, déliant des phrases ciselées avec un rare pouvoir d’évocation et un talent de tailleur de pierres, « Lumière des vivants » séduit à juste titre.
En exergue de chaque chapitre, une citation de Johannes ECKHART (dit « Maître ECKHART), dominicain et théologien allemand, fondateur de la Mystique rhénane
( «  Dans toute œuvre, même mauvaise, dans le mal de la faute aussi bien que dans le mal de la peine, se manifeste et brille de même manière la gloire de Dieu ».
 « Car c’est l’Un que cherchent toutes les créatures »)
Le lecteur oscille entre frayeurs et émerveillements au gré de la vie de personnages attachants avec une réelle présence, transposés dans un contexte historique entièrement crédible et se laisse happer  autant par la personnalité du Seigneur des Loups, que par la béatitude de Martin – paysan devenu imagier – quand il débarque au pied de la cathédrale de Strasbourg alors en pleine édification.
Le travail sérieux de recherche historique de l’auteure mérite amplement d’être souligné lui aussi.
 
 
Pour en savoir plus :
 
sur Sylvie REFF  :
 
sur Maître ECKHART :
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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 11:04

Etty Hillesum  "histoire de la fille qui ne savait pas s'agenouiller" - C. JULIET, D. STERCKX et C. VIGEE - Editions ARFUYEN - Témoignage - 183 pages

Etty HILLESUM

"Quelle étrange histoire, tout de même, que la mienne, celle de la fille qui ne savait pas s'agenouiller. Ou - variante - de la fille qui a appris à prier. (Journal 10 octobre 1942).

 

Ce livre est un hommage rendu par quatre intervenants :

Liliane HILLESUM, l'une des dernières survivantes de la famille, préface l'ouvrage en présentant le contexte familial et historique. Dans sa conclusion, elle interpelle le lecteur sur cette réflexion magnifique écrite par sa cousine au seuil de son extermination : "La force essentielle consiste à sentir au fond de soi, jusqu'à la fin, que la vie a un sens, qu'elle est belle" (5 juillet 1942). Qui resterait insensible à l'interogation de Liliane HILLESUM : "Quel sens demandera-t-on ? Et comment oser parler de beauté ? Etty a cette simple indication, remède à toutes les tiédeurs et toutes les complaisances, et pour moi sans doute la meilleure réponse " Là où l'on est, être présent à cent pour cent". Mon "faire" consistera à "être" (30 septembre 1942)

Le Père Dominique STERCKX lit et commente avec une grande sensibilité huit prières de la jeune femme juive. Dans son analyse résonne toute la force et la liberté intérieure que se façonna Esther HILLESUM (dite Etty). Bouleversante Etty, qui jamais ne baissa les bras face à l'atrocité mais qui transcenda toutes les épreuves, pour en faire un hymne à Dieu et à la vie.

Claude VIGEE met en lumière pour sa part l'incroyable mission qu'Etty se donna de "Secourir Dieu dans la Shoah".

"Parmi les témoignages les plus bouleversants des années noires qui soient parvenus tardivement aux survivants de la génération de la Shoah, s'impose à nous celui d'une jeune femme juive d'Amsterdam, née en 1914, assassinée avec tous les siens à Auschwitz en 1943, après un séjour au camp de Westerbork, à l'est de la Hollande occupée par les nazis. Le journal manuscrit  et les lettres d'Etty HILLESUM, sauvées par miracle de la destruction, mais non de l'oubli, sont enfin disponibles en grande partie en traduction française après un demi-siècle de silence total. Westerbork, dont Etty partagea les sinistres conditions d'existence de juillet 1942 à septembre 1943 - date de sa déportation à Auschwitz -, était un camp de concentration de transit hollandais où tous les juifs des Pays-Bas, natifs ou immigrés, furent parqués à tour de rôle, au rythme des rafles policières, en attendant leur envoi vers les camps de la mort de l'Est européen... Plus de 100.000 juifs de Hollande y passèrent dans l'attente de la prochaine "sélection" pour les chambres à gaz en Pologne... Au milieu de tant de victimes, j'évoque avec grande émotion la figure étonnante d'Etty HILLESUM... Loin de tout pathos faussement pieux, comme de toute pruderie convenue... Etty livrée aux meurtriers nazis a su puiser seule aux heures de la pire détresse, privée bientôt de tout espoir terrestre, sa force d'affirmation, préservant l'élan réitéré d'une folle confiance gratuite dans la condition des créatures d'ici-bas, face aux circonstances inhumaines de la détention dans l'enfer concentrationnaire. Cette énergie nous soutient encore aujourd'hui dans notre combat intérieur quotidien..."

Claude VIGEE met en avant tout l'abnégation dont fit preuve Etty. Il nous livre quelques témoignages qu'elle laissa à travers ses lettres relatifs aux conditions de vie et de détention dans le camp, dont les mots résonnent et vous tordent le coeur. Etty n'aura eu de cesse que d'observer et de rapporter avec justesse dans son écriture pour témoigner mais surtout pour transmettre jusqu'à l'épuisement dans un effarant optimisme et un art poétique déconcertant  : "Quand je dis que j'écoute "au dedans", en réalité c'est plutôt Dieu en moi qui est à l'écoute : ce qu'il y a de plus essentiel et de plus profond en moi écoute l'essence et la profondeur de l'autre... je voudrais pouvoir venir à bout de tout par le langage, pouvoir décrire ces deux mois passés derrière les barbelés, les plus intenses et les plus riches de ma vie Je te suis reconnaissante, mon Dieu, de me rendre la vie si belle, partout où je me trouve, que chaque endroit que je quitte m'emplit de nostalgie"

Enfin, Charles JULIET, revient sur l'émotion écrasante et les impressions que lui procurèrent la lecture des écrits d'Etty : "Une vie bouleversée" et "Les Lettres de Westerbork". Ils sont le témoignage poignant et exceptionnel d'une écrivaine lucide sur son sort mais qui crée son propre espace de liberté : "sous la pression des lois et des règlements édictés, le champ de sa vie se restreint. Mais plus il se restreint et plus son espace intérieur grandit et s'enrichit... En fait, elle a subit une véritable mutation. En quelques mois, elle a mis à bas l'étroite prison de son moi, de son égocentrisme, et accédé à un état qui n'est que bonté, compassion, joie d'exister... L'immense amour qui la possède lui octroie quiétude, force, stabilité, la soustrait de l'affliction qu'elle devrait normalement éprouver. "Partout où s'étend le ciel, on est chez soi. En tout lieu sur cette terre, on est chez soi lorsqu'on porte tout en soi". "Sa force" dit Charles JULIET, "et sa liberté intérieures lui donnent le pouvoir de tout surmonter". Ainsi, Etty voit s'épanouir en elle "un amour et une félicité proprement ineffables".

Charles JULIET conclut : "L'auteur d'un livre aimé, il arrive qu'on tienne à lui autant qu'à un être de chair. Il participe à notre activité intérieure et c'est souvent qu'on dialogue avec lui. Le jour où j'ai lu pour la première fois "Une vie bouleversée", Etty est devenue une amie, et cette amie ne m'a plus quitté. Son journal relate une expérience tragique, et pourtant, il nous communique de l'énergie, nous aide à garder confiance en l'homme, avive en nous ce que nous avons de meilleur. Il est de ces ouvrages qui demeurent en nous et nous imposent de vivre avec exigence".

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Pour en savoir plus sur Etty HILLESUM, de nombreux sites existent, dont celui-ci qui dresse d'elle un remaquable portrait  : http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=167

 

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 22:08

Selma une femme libre - Gérard CARDONNE - Le Verger Editeur - roman - 301 p

Présentation de l'éditeur : pour répondre à quelque mystérieux appel du Sud " Selma, une femme libre " est un grand roman d'amour, à cheval sur deux mondes différents.
Il s'écrit comme un film et l'on voyage autant dans l'Histoire de la Tunisie que dans le pays lui-même. La guerre en Irak projette son ombre sur le déroulement de l'intrigue.
Ce roman est un puissant chant sensuel, comme si le souffle du chott el Jerid faisait tourner les pages. Convaincu de la grande proximité des cultures, Gérard Cardonne offre un trousseau de clés au lecteur. A lui d'ouvrir les portes de la médina de Tunis, de Jerba, de Tozeur, de Sidi Bou Saïd.
A chacun de voir et d'écouter, de sentir et de ressentir le pays, le peuple, la femme.
Hymne à la sensualité du quotidien, ce roman décline le mystère conjugué de l'amour et du mektoub pour mieux décrire les destins croisés de deux personnages, avec un brin de musique entre les lignes, toute la chaleur bigarrée tunisienne, la douceur du Sud et de Tozeur, cette magicienne de la nostalgie amoureuse.
Gérard Cardonne écarte les éclairages convenus et met l'accent sur le point de vue de la femme de ce pays pour jeter un pont entre le Maghreb et la France, en confrontant le pays du dehors et celui de dedans. Selma existe : elle a une vie, un itinéraire. Vous serez certain de l'avoir rencontrée sur la plage de Kelibia, à la Ghriba de Jerba ou dans la palmeraie de la Corbeille de Nefta. L'écriture se concentre sur la relation entre deux personnages, qui ne vont pas l'un vers l'autre, qui attendent, qui ne savent pas qu'ils s'aiment, qui ne veulent pas le savoir, parce que cet amour leur semble impossible.

Auteur engagé sur le terrain et en écriture, Gérard Cardonne a publié avec succès une série d'ouvrages sur différents thèmes de société. Ce roman fait partie de la saga consacrée aux droits de la femme. Après la Bosniaque, l'Algérienne, l'Afghane, voici la Tunisienne, en attendant la Sénégalaise. Il signe ici son vingt-troisième ouvrage.

Mon appréciation personnelle : un style suave, un vocabulaire riche en couleurs et en parfums, des descriptions lumineuses et enchanteresses, une plume habile et poétique, plongent le lecteur dans une langueur lyrique fort chaleureuse, tout en lui claquant de temps à autre au passage quelque idée très affirmée.

Gérard CARDONNE milite pour la libération de la femme dans le monde et penche pour une vision modernisée de l'islam compatible avec les lois et les valeurs républicaines.

Son livre est avant tout une belle histoire d'amour entre un Alsacien et une Tunisienne émancipée, chacun aux prises avec ses contraintes professionnelles (ils sont avocats et représentent l'un l'époux musulman français et l'autre l'épouse tunisienne ayant fui son conjoint), leurs désirs, leurs fêlures passées intérieures et cette passion à laquelle ils ne peuvent ni ne veulent échapper. C'est encore un hymne véritable à la Tunisie, à ses paysages splendides, à sa cuisine, à ses habitantes, à sa démocratie.

Un bémol que j'adresse à l'auteur et à l'éditeur : par pitié, faites relire avant parution afin d'éviter aux lecteurs d'agaçants désagréments qui nuisent à la qualité pourtant certaine de l'oeuvre !

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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 14:33

 La malédiction de Darwin - Philippe AUBERT - Editions LE VERGER - Polar - 191 pages

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

"Que s'est-il passé ce dimanche-là au 2, Moor Cottage, Findon, West Sussex, Grande-Bretagne ? Qui a tué, avec une sauvagerie consommée, la belle conférencière Elisabeth Wright ? Qui pouvait bien en vouloir à cette intellectuelle inoffensive ?

Inoffensive, voire... La défunte conférencière était chargée, par une puissante et discrète organisation américaine, de mener une série d'interventions sur le «Dessein Intelligent», cette nouvelle théorie qui divise le monde des croyants, tout comme celui des scientifiques. Désigné pour cette enquête délicate, l'inspecteur Glen va croiser une nouvelle fois le chemin du pasteur Brown. Criminologie et théologie ne seront pas de trop pour élucider le crime de Moor Cottage ! Le XXIe siècle devait être religieux, ou ne pas être... Le roman de Philippe Aubert paraît à un moment où les questions religieuses n'ont jamais été aussi brûlantes. Avec un style dépouillé et un humour «so british», l'auteur nous conduit aux sources du fondamentalisme.


Pasteur en Alsace, Philippe Aubert est un passionné de la campagne anglaise, dans l'univers feutré de laquelle ses personnages entraînent le lecteur."

Mon appréciation personnelle : dans une écriture sobre et directe, ce polar installe l'ambiance dès les premières pages. L'énigme devient rapidement happante, évoluant dans le milieu des biologistes et des créationnistes. Pasteur, évêque, policiers, se penchent sur ces schémas idéologiques, tandis que se jouent dans l'envers de ce décor d'autres enjeux, d'ordre sentimental.

Nota : présence de l'auteur à la librairie Broglie de Strasbourg  le 15 juin 2007 à 15 h pour signatures.

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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 11:40

Col de l'Ange - Simonetta GREGGIO - Editions STOCK - Roman - 142 pages

Nunzio a disparu brutalement il y a 17 jours laissant derrière lui son amant, son frère Marcus et Blue son amie de coeur et d'enfance. Nul ne sait ce qui lui est arrivé. Son âme erre encore. Quelque part il flotte et va prêter sa voix dans un tutoiement inaudible et imperceptible aux vivants,  à ce livre dont il est le narrateur, observateur de sa mort et de sa suite, des réactions de Marcus depuis longtemps épris de Blue et de celle de Blue, elle-même réfugiée avec sa chienne Youza  au Col de l'Ange où l'épie secrètement Marcus. C'est de cet endroit, il y a bien des années, que Nunzio et Blue étaient partis ensemble afin de se construire (et de se reconstruire) une vie . Les souvenirs d'enfance sont peu à peu mis en lumière - tant les inoubliables bons moments que les plus violents - sur un fond naturel où se mêlent les sentiments passés, la douleur du moment présent, le désir, le besoin de continuer à vivre. L'histoire de ces trois personnages nous est distillée lentement dans une écriture juste et sans fausse pudeur. Nunzio, qui a mené une vie de désinvolture et d'insouciance, seul à connaître les circonstances et les motifs de sa mort livrera la vérité au lecteur, s'attendrissant devant ce couple qui se rapproche dans le chagrin et la commune consolation en se demandant si celui-ci saura perdurer.

Note de l'éditeur : "Quand tu étais petite, on t'appelait Nine, puis à un moment donné, pour tout le monde, tu a été Blue : la couleur du ciel dans la tête des gens, et le blues, la musique et la mélancolie. Tu étais un poulet rôti, une escarbille. Tu as fleuri d'un coup. Tu es devenue une femme, la plus belle. Tu t'es transformée sous les yeux de Marcus. Avant, il pouvait te manger la joue d'un baiser, sans arrière-pensées. Ensuite, il n'a rien désiré autant qu'entourer tes chevilles de ses deux doigts, tes poignets de son coeur en lanières, et ta taille d'un noeud de pendu."

Italienne, Simonetta GREGGIO écrit en français. Elle a publié un premier roman (La Douceur des Hommes) en 2005, chez STOCK.

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18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 22:38

LE QUINTET DE L’ISLAM – Volume 1 : Un sultan à Palerme – TARIQ ALI – Roman traduit de l’anglais par Diane MEUR –Sabine WESPIESER Editeur – 352 pages
Note de l’éditrice :
« Le géographe Idrisi revient de sa dernière navigation autour de la Sicile avant d’achever sa Géographie universelle, initiée des années auparavant grâce au soutien du roi chrétien Roger - alias sultan Rujari. En cette année 1153, la fin du règne de ce monarque éclairé, grand protecteur des intellectuels musulmans, est proche. Il accueille à Palerme son vieux complice Idrisi en lui annonçant qu’il est forcé, pour satisfaire les évêques et les barons normands, de sacrifier le plus respecté de ses conseillers arabes...
L’amitié des deux hommes avait résisté jusque-là à bien des embûches : malgré les pressions exercées par ses coreligionnaires, Idrisi était resté loyal envers le sultan. Qui lui avait pourtant volé son amour de jeunesse, la belle Mayya...
Dans ce formidable roman d’aventures, les rebondissements sont multiples et les enjeux cruciaux : querelles familiales, secrets d’alcôve, intrigues de harem, complots politiques, manipulations, péripéties et voyages, donnent toute sa saveur à une narration menée tambour battant.
Tariq Ali, en explorant la période charnière où la tolérance à l’origine du rayonnement de la Sicile du XIIe siècle cède la place à la violence, tente bien sûr de comprendre les convulsions du monde contemporain.
C’est tout le projet de son Quintet de l’islam, dont Un sultan à Palerme est le premier volet : les cinq romans qui le constituent évoquent chacun un moment où éducation et culture étaient synonymes d’un islam en parfaite coexistence avec le monde chrétien.
TARIQ ALI est né à LAHORE (PAKISTAN) en 1943. Figure prépondérante de l’extrême gauche anti-libérale au Royaume-Uni, il est l’auteur d’essais politiques et historiques ainsi que de deux cycles romanesques. Éditeur à LONDRES, il écrit également pour le théâtre, le cinéma et la télévision. »
 
Mon appréciation personnelle : sous forme romancée, la vie de ce géographe placée au cœur d’une ville au bord de l’implosion dans laquelle une paix fragile tente d’être maintenue entre Chrétiens et Musulmans (le lien avec le XXIème siècle est évident !) par un sultan moribond (descendant des Normands et Catholique) protecteur des érudits, est imaginée et décrite avec brio par l’auteur. Intrigues, secrets de harems, duplicité dans les amitiés et les amours, entremises politiques et religieuses, trahisons, passions… À travers le regard de ce personnage, le lecteur se laisse aisément imprégner par l’ambiance d’un PALERME en danger tout en appréciant les scènes plus délicieuses.
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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 14:22
Déneiger le ciel – André BUCHER – Editions Sabine WESPIESER – Roman – 146 pages
 
4e de couverture :
« David a soixante ans et vit dans une ferme isolée, sur les hauteurs. Pour la première fois en vingt-six ans, il a décidé de ne pas déneiger la commune. Le soulagement est vite effacé par la culpabilité en ce 23 décembre glacial quand son vieil ami Pierre, inquiet de sentir venir la tempête, l'appelle à l'aide et qu'Antoine, son 'fils de rechange', lui annonce qu'il est en rade à trente kilomètres de là. David n'y tient plus, son tracteur est en panne, il part à pied. Commence alors pour lui une nuit hallucinée. Pour résister au froid qui l'anesthésie et à l'ivresse de la neige omniprésente, il se grise de ses souvenirs, chante et danse. Dans cette veille subconsciente au pays des ombres, là où la frontière entre ciel et terre a disparu, la nature déchaîne les sentiments de David comme les éléments, convoquant les fantômes du passé et les ombres du présent. L'image de sa femme, tuée par un chauffard, celle de sa fille, venue lui annoncer son divorce, Muriel encore, qu'il voudrait savoir aimer, le fantôme de Martine, mystérieuse disparue que charrie la rivière... mènent autour de David un bal étrange.
En entraînant une fois de plus son lecteur dans ce décor qu’il décrit si bien, en disant l’errance nocturne d’un homme trouvant son chemin à travers la neige mais en proie à la détresse intérieure, André BUCHER explore un univers âpre et poétique qui remet l’homme au cœur de la nature, et laisse la place aux croyances païennes et panthéistes."
 
L'auteur : « André BUCHER est né en 1946 et vit depuis plus de 30 ans dans la vallée du Jabron, où il est agriculteur biologique. Déneiger le ciel est son 4e roman. »
 
 
Mon avis personnel : avec une écriture brillante comme des cristaux de neige, laissant deviner l’homme de la terre à travers un vocabulaire d’expert de la nature, André BUCHER offre dans ce roman l’histoire d’un homme simple et courageux aux prises avec ses incertitudes, ses faiblesses, parfois ses lâchetés. Sa progression difficile dans une nuit de froidure et de neige symbolise celle de sa propre vie, avec ses lumières, ses rencontres, ses fantaisies imaginaires, ses embûches, ses peines, ses découragements, ses résignations, transcendées par l’amour, l’amitié, la compassion et un sens indéniable de l’entraide.
Néanmoins, je suis déçue par la chute… C’est le seul bémol que j’oserais tout bas) murmurer ! Mais, amoureux de belle littérature, vous apprécierez ce court roman.
J'en profite pour saluer les agriculteurs qui, non contents de nourrir nos ventres affamés, prennent encore la plume pour nourrir notre imagination et initier nos réflexions intérieures !
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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 13:51

Les paupières – Yoko OGAWA – Nouvelles – Actes Sud – 206 pages – traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle
 
-         C’est difficile de dormir en avion
-         Les paupières
-         Une collection d’odeurs
-         Backstroke
-         Les ovaires de la poétesse
-         Les jumeaux de l’avenue des Tilleuls
 
Six nouvelles regroupées dans un recueil titré poétiquement « Les paupières ».
 
 
Avec une minutieuse patience, dans chacun de ces récits, naît un univers tout particulier proche de la réalité.
L’auteur plante le décor, détail après détail, d’un rythme lent et délectable, parfois proche du dérangeant. On y pénètre, on s’en imprègne. On capte les ombres des personnages, on saisit leur intimité, on se laisse surprendre par leur envers.
Tant et si bien que, même aux prises avec l’imaginaire dans lequel Yoko OGAWA nous emporte, tout semble possible.
 
 
À ce recueil, répond l’écho d’un second :

La Bénédiction Inattendue– Yoko OGAWA – Nouvelles – Actes Sud – 190 pages - traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle
 
-         Le royaume des disparus
-         Plagiat
-         L’échec de Mademoiselle Kiriko
-         Edelweiss
-         Lithiase lacrymale
-         L’atelier d’horlogerie
-         Résurrection
Sur le thème central de la création littéraire. Jusqu’où l’écrivain puise-t-il pour donner naissance à ses lignes ? Indéniablement, l’auteur y livre de soi.
 
 
Précision de l’éditeur :
« Yoko OGAWA est née en 1962. Elle vit au Japon. Elle a obtenu les prix littéraires les plus prestigieux et une reconnaissance aujourd’hui internationale.
L’ensemble de son œuvre en français est publié aux éditions Actes Sud »
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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 19:30

Derniers fragments d'un long voyage - Christiane SINGER - Albin Michel - Journal - 136 pages

Note de l'éditeur : "Le 1er septembre, un jeune médecin annonce à Christiane SINGER qu'elle a encore six mois au plus devant elle. Le 1er mars, Christiane SINGER clôt le carnet de bord de ce long voyage.

"Le voyage -  ce voyage-là du moins - est pour moi terminé. A partir de demain, mieux : à partir de cet instant, tout est neuf. Je poursuis mon chemin. Demain, comme tous les jours d'ici ou d'ailleurs, sur ce versant ou sur l'autre, est désormais mon jour de naissance."

Mon appréciation personnelle : ondes concentriques qui se répandent dans mon âme... Les mots déposés par Christiane SINGER dans ce livre vont changer mon regard sur une vie...

Durant toute la sienne, parcourant le monde, inlassablement, avec une ferveur toujours grandissante, évolutrice, communicative, elle battait le rassemblement , la convergence des consciences dans l'unité indéniable de l'amour et de la tolérance.

En parcourant ses lignes, j'ai songé à l'immense liberté qu'elle s'était accordée. La liberté totale du partage. La sincérité totale dans ses écrits, toute spontanée.

Jusqu'à son dernier souffle, Christiane SINGER n'a eu de cesse que de célébrer. Célébrer la vie avec émerveillement, jusqu'à la béatitude en transcendant la souffrance. Quelle leçon !

Les paroles qu'elle nous laisse, tous ces "fragments" qui, mis bout à bout, rayonnent la quête d'un être ! C'est là qu'elle fut exceptionnelle : dans sa manière d'être au monde, d'être en et de recevoir chacun, avec son magnifique regard sur toutes choses et toutes vies.

Adieu Christiane SINGER ! Puissiez-vous, dans la grâce infinie qui vous a comblée, poursuivre votre trajectoire. Puisse votre oeuvre régénérer, interpeler, éclairer, guider, répondre à ces milliers d'autres âmes dans leur propre quête.

Lecteurs qui venez ici, ce livre est celui qu'il vous faut lire ! Attendez-vous à recevoir de puissants et bouleversants messages ! Ensuite, quand vous l'aurez lu, quand vous aurez compris et reçu ce que vous aurez à y trouver, comme moi probablement, jamais plus il ne vous quittera.

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