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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

Archives

17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 18:43
Une initiative intéressante et originale.

Mon ami Christophe nous invite à suivre le voyage évoqué par Nicolas BOUVIER dans "L'Usage du monde", qu'il a virtuellement matérialisé via Google Maps.

Rendez-vous sur le site de l'ex Librairie Caractère.


Il suffisait d'y penser !


En matière de librairie, par ailleurs, Christophe nous fait découvrir les étagères d'une "librairie" virtuelle dans laquelle les livres sont exposés de face.

A l'heure où nos amis libraires repoussent les meubles et abattent des murs pour gagner de l'espace afin d'offrir un maximum de visibilité aux ouvrages, j'avoue que c'est un peu les titiller que de faire connaître cette autre initiative.





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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 16:41
Paradis conjugal  - Alice FERNEY - Roman - Albin Michel

Mon contrat CDD en librairie s'est achevé en février dernier, et donc  je n'assisterai pas cette année à la rentrée littéraire. Petit pincement au coeur et bien des pensées à ceux et celles qui l'an dernier m'ont permis de vivre cet événement.
Ayant démarré depuis lundi 18/08/08 une nouvelle activité professionnelle à plein temps exigeant un gros travail personnel, prélevé sur mes loisirs du soir et du week-end, par ricochet mon temps de lecture est maintenant fortement restreint, et le sera durant de nombreux mois.
 
Pas pour autant que je tourne totalement le dos à ce qui reste ma passion : le livre.

Simplement, ne soyez pas étonnés de ne trouver en cette rentrée littéraire autant d'analyses que celles dressées en 2007 à pareille époque.

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Dans cette rentrée 2008, après le nouveau roman de Virginie OLLAGNIER, je poursuis maintenant avec celui d'Alice FERNEY : "Paradis conjugal". Je n'en suis qu'à la 70e page environ.

L'ouvrage est construit en 45 chapitres.
Avantage pour moi qui ne peux plus lire que par "à coups" !

"Le couple, les non-dits, les malentendus, la fin du désir, la solitude et la peur panique d'être quitté : tout est dit dans ce récit... où Alice FERNEY explore les multiples facettes du sentiment amoureux".
D'une manière bien particulière puisque l'héroïne principale depuis des mois tous les soirs regarde le... même film : "Chaînes conjugales" de Mankiewicz. Son mari s'est absenté, lassé. Elle reste avec ses enfants.
Ce film qu'elle resasse - évoquant la vie de 4 femmes - est pour elle un filtre, un miroir, un moyen d'étude du sentiment amoureux. Parfois ses enfants donnent leur avis, on échange, on se tait aussi...
Entre la vraie vie et la fiction, Elsace Platte (l'héroïne) voyage dans les méandres de l'amour, explore à la fois son intériorité, ses perceptions, ses angoisses, analyse le comportement féminin, etc.

Extrait :
"La vie aussi peut-être lue comme une histoire, dont on ne connaît pas la fin mais qui en aura une : il suffit de l'attendre. L'attente est plus exaspérante parce que cette histoire-là, au lieu d'être lue, est vécue, parce que celui qui en attend le dénouement est aussi l'un de ceux qui en décident. Comment savoir s'il faut attendre ou décider ? Existe-t-il une issue heureuse qui préexiste à l'action et réclame qu'on l'attende ? Ma vie est une histoire dont je suis le protagoniste agissant. Chaque homme devrait se dire cela. Chaque homme aimait-il qu'on lui racontât des histoires parce que celles-là lui évitaient les hésitations du choix et l'avancée douteuse de celle qu'il écrivait ? se demande Elsa Platte".

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 17:42
L'incertain - Virginie OLLAGNIER - Ed° Liana LEVI - roman - 411 pages




Présentation de l'éditrice : " 1968. Zoltán Soloviev, écrivain new-yorkais, assiste, à Nice, à l’enterrement de sa première maîtresse, Jiska, de vingt ans son aînée. La petite-fille de celle-ci l’approche et l’interroge sur cette grand-mère loin de laquelle elle a été élevée… Cette demande le pousse à écrire ses mémoires en parallèle à la chronique de sa rencontre avec la jeune femme. Son récit commence à Yalta en 1919, l’année de ses dix ans. C’est Noël et sa famille de riches propriétaires terriens s’apprête à fuir la révolution et la guerre civile. Leur exil passera par Constantinople, Nice et enfin New York. C’est là que Zoltán s’est installé à l’âge de vingt ans avec Jiska, qu’il a découvert le monde débridé des années folles et multiplié les aventures. Mais, en 1968, il est loin de considérer sa vie amoureuse comme terminée, et cette toute jeune fille qui le questionne sur sa grand-mère va occuper une place inattendue dans sa vie… "

Mon appréciation :  sentant sincèrement un auteur en devenir, charmée par le premier roman (
Toutes ces vies qu'on abandonne) de Virginie OLLAGNIER, j'avais bien hâte de la retrouver dans un prochain livre pour suivre son évolution !
J'aime le style de cette auteure qui va chercher avec ténacité la profondeur de ses personnages, exposer avec réussite leur fragilité et faiblesse  humaines.
Derrière cette plume, je perçois de véritables introspections personnelles quant à la vie.
Elle a de l'audace et la capacité à dire les choses avec finesse et beauté.
J'ai mis davantage de temps à entrer dans ce second roman, mais comme au moment de la toute première lecture, je me suis laissée emporter par l'histoire (ma préférence individuelle va vers celle que développe le premier roman).
Le héros, Zoltàn, écrivain vous chatouillera la sensibilité. Il va sans doute vous arriver de vouloir le sermonner vertement (d'autres personnages s'en chargeront pous vous !) et pourtant à cause de son histoire d'enfance, qui aura fait de lui ce qu'il est finalement, vous lui concéderez de la tendresse, sans pour autant tout excuser.
A souligner que dans ce second roman, Virginie OLLAGNIER aborde aussi le thème de l'homosexualité avec un regard à la fois rétrospectif et contemporain, d'observateur s'en faisant souvent l'avocat, tantôt objectif d'autres fois plus subjectif.
Ce qui vous tient c'est à la fois l'intrigue amoureuse et l'arrière fond historique de cet exilé, distillé sous forme d'anecdotes personnelles émouvantes.
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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 09:58
Mes secrets d'écrivain - Ecrire un roman, ça s'apprend ! - Elizabeth GEORGE - POCKET - Document



4ème de couverture : "Elizabeth George  nous livre  ici ses astuces d'écriture, son emploi du temps quotidien, ses recettes pour créer des personnages, ses trucs pour repérer des décors et les retranscrire en leur donnant une âme. Elle raconte avec franchise son histoire personelle, révèle comment elle a réussi se faire publier pour la première fois, tout en livrant les secrets de fabrication qui ont fait d'elle l'un des plus grands auteurs de romans policiers "à l'anglaise".  Illustré de nombreux extraits de ses propres romans, mais aussi de ceux d'une vingtaine d'auteurs  de tous les genres littéraires (Dickens, P.D.  James, Shakespeare, Edgar Allan Poe,  etc .),  "Mes secrets d'écrivain" est destiné à devenir un ouvrage de référence pour tous les écrivains en devenir, toutes les plumes à naître."


Mon appréciation : actuellement, chacun de ses titres se vend en France à plus de 300.000 exemplaires, toutes éditions confondues. Comment parvient-on à un tel résultat ?
Indéniablement, et en premier lieu en se contraignant à une auto-discipline, à des recherches très approfondies et à une longue préparation, à des "décisions, encore, toujours des décisions" avant même que de s'adonner à l'art d'écrire.  
Comment naît un roman ? Elizabeth GEORGE vous l'expose.
Une idée, une intrigue, des décors (ayant donné lieu à des repérages et recherches), des personnages (qu'une analyse poussée préalable aura permis de rendre si vivants qu'ils en ont une voix, un ton, une attitude, un besoin crucial et des frustrations ), de la technique (pour aboutir à l "unité" en usant de points de vue et en "nouant les fils épars") et de... "la  colle à cul" (celle qui vous colle à votre siège durant de très très longues heures).
A travers sa propre expérience, Elizabeth George expose sa méthode personnelle du "pas à pas".
Vous serez surpris de constater jusqu'où elle peut aller pour installer ses histoires.
Le plus de ce livre ? Ses confessions au sujet de son travail d'écrivain par le biais d'extraits portés en exergue des chapitres, qui vous feront entrevoir ses chutes, ses doutes et ses peurs, qui n'ont rien à voir avec la page blanche... J'y ai été très sensible personnellement, pour les ressentir moi-même, mais en même temps me suis sentie encouragée  : entre l'écrivant et l'auteur, ces petites voix négatives, décourageantes, qui vous sappent dans vos efforts, sont si semblables.
Les conseils d'Elizabeth GEORGE sont répartis  en 5 grandes parties dans ce livre :
- survol du métier
- les bases
- la technique
- la méthode
- exemples et feuilles de route.

Vous tentez un roman mais ne parvenez pas à vos fins ? Sans nul doute, ce livre vous éclairera quant à vos points de progression.
Ne perdez pas courage ! Elle vous le dit : "écrire un roman, ça s'apprend !"

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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 11:24
La Vénus d'Ille et autres nouvelles - Prosper Mérimée - LIBRIO n° 236



4e de couverture : "Une beauté merveilleuse... Un corps parfait, des contours si purs, des formes exquises et voluptueuses. Mais un visage... Un visage où l'incroyable beauté le dispute au dédain, à l'ironie, à la froide cruauté... C'est Vénus sortie de terre, l'idole redoutable et magnifique. Eternelle. Fascinante.

A quoi songeait l'impétueux jeune homme en lui passant l'anneau nuptial ? Le malheureux ! Quel infernal hymen vient-il de sceller ? Car c'est elle l'épousée. Elle qui viendra réclamer son dû le soir des noces !

Le sage se moque des visions et des apparitions surnaturelles. Le raisonneur fait fi des mises en garde, il se rit de prétendus fantômes et des récits à dresser les cheveux sur la tête. Quelle erreur ! Quelle redoutable erreur..."


Mon appréciation : c'est à travers "Colomba" de Prosper Mérimée (1803 -1870), que j'ai découvert pour la première fois - il y a longtemps ! - le genre de la Nouvelle, que j'aime promouvoir car il exige beaucoup de rigueur et de mâtrise.
Je me souviens tout particulièrement de cette atmosphère si bien possédante où plânait comme une menace ce mot "vendetta"... (vengeance en corse) !
Ce petit Librio donne accès, outre "La Vénus d'Ille", à 4 autres textes :
- Vision de Charles XI
- Il Viccolo di Madame Lucrezia
- la Perle de Tolède
- Federigo.

J'ai retrouvé avec plaisir un style dont ma mémoire est restée imprégnée et demeurant proche de notre époque, en me laissant aller à de véritables atmosphères travaillées dans chacune de ces nouvelles.

"Les fenêtres étaient fermées. Avant de me deshabiller, j'en ouvris une pour respirer l'air frais de la nuit délicieux après un long souper. En face était le Canigou, d'un aspect admirable en tout temps, mais qui me parut ce soir-là la plus belle montagne du monde, éclairé qu'il était par une lune resplendissante. Je demeurai quelques minutes à contempler sa silhouette merveilleuse, et j'allais fermer ma fenêtre, lorsque, baissant les yeux, j'aperçus la statue sur un piédestal à une vingtaine de toises de la maison. Elle était placée à l'angle d'une haie vive qui séparait un petit jardin d'un vaste carré parfaitement uni, qui, je l'appris plus tard, était le jeu de paume de la ville. Ce terrain, propriété de M. de Peyrehorade, avait été cédé par lui à la commune, sur les pressantes sollicications de son fils.
A la distance où j'étais, il m'était difficile de distinguer l'attitude de la statue ; je ne pouvais juger que de sa hauteur, qui me parut de six pieds environ. En ce moment deux polissons de la ville passaient sur le jeu de paume de la ville, assez près de la haie, sifflant le joli air du Roussillon : Montagnes régalades. Il s'arrêtèrent pour regarder la statue ; un d'eux l'apostropha même à haute voix. Il parlait catalan
..."

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 14:43

 

 

 

 

« …Car la poésie ne s’adresse pas seulement au sujet de telle monarchie, au sénateur de telle oligarchie, au citoyen de telle république, au natif de telle nation ; elle s’adresse à l’homme, à l’homme tout entier. À l’adolescent, elle parle de l’amour ; au père, de la famille ; au vieillard, du passé ; et, quoi qu’on fasse, qu’elles que soient les révolutions futures, soit qu’elles prennent les sociétés caduques aux entrailles, soit qu’elles leur écorchent seulement l’épiderme, à travers tous les changements politiques possibles, il y aura toujours des enfants, des mères, des jeunes filles, des vieillards ; des hommes enfin, qui aimeront, qui se réjouiront, qui souffriront. C’est à eux que va la poésie. Les révolutions, ces glorieux changements d’âge de l’humanité, les révolutions transforment tout, excepté le cœur humain. Le cœur humain est comme la terre ; on peut semer, on peut planter, on peut bâtir ce qu’on veut à sa surface ; mais il n’en continuera pas moins à produire ses verdures, ses fleurs, ses fruits naturels ; mais jamais pioches ni sondes ne le troubleront à de certaines profondeurs ; mais, de même qu’elle sera toujours sera toujours la terre, il sera toujours le cœur humain : la base de l’art, comme elle de la nature.

Pour que l’art fût détruit, il faudrait donc commencer par détruire le cœur humain… »

 

Victor HUGO – Les feuilles d’automne

Paris 20 novembre 1831)  

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 21:50
Les Sept Fils du Derviche - Alain SANTACREU - Le Grand Souffle - Roman, suivi du Manifeste contrelittéraire




4e de couverture : "Quand un homme meurt, disent les Upanishads, sa parole se résorbe dans le sens intérieur. Cette saveur inconnue d’un post mortem de la parole humaine, Les Sept Fils du Derviche nous la restitue dans la tradition retrouvée d’un grand récit visionnaire.

« L’instant d’avant, pourtant, j’ai atteint le désespoir, le point du souffle, cet orifice vide de la serrure par où l’œil ouvre la porte au-delà. Hagard, je m’abandonne à la mort, jetant un dernier coup d’œil en arrière : la vie me quitte… Suis-je seulement né, moi qui voudrais mourir ? »

L’action commence à Toulouse pour se poursuivre à Istanbul et en Asie mineure. Mais en apparence seulement, car l’évocation progressive de la « caverne aux Sept Dormants » n’est peut-être pas qu’une lointaine légende du passé… Le voyage a d’abord lieu dans le mouvement même du récit, dans cette façon si singulièrement simple, quasi imperceptible et musicale d’emporter son lecteur dans le tourbillon vide en lui faisant danser le Nom du souffle de sa vie.

L'Auteur : professeur de lettres, metteur en scène, écrivain à la recherche du sacré, Alain SANTACREU a commencé à vivre sa mort dans la vie en écrivant ce roman. Cette expérience existentielle fondamentale sera à l'origine du Manifeste qui figure à la fin de ce livre, puis de la revue Contrelittérature, fondée en 1999, et de La Contrelittérature, un manifeste pour l'esprit, paru en 2005."


Mon appréciation : on vous prévient dans la 4e de couverture. Il s'agit d'une expérience intérieure et de contrelittérature ! Ne soyez donc pas étonnés de perdre tout repère habituel et réflexe de lecture. On vous invite à vous laisser diluer, transformer, promener, charmer, voire écoeurer. Le moins de linéarité possible, des descriptions magnifiques, un vocabulaire travaillé, des images sublimes, des mutations. Il faut se glisser dans cette oeuvre, se laisser imprégner, surprendre, détourner, déraciner. L'explorer comme on entre dans un tout nouveau territoire.

Citations :
"La solitude est un état sans récit... elle est l'unique miroir de notre condition humaine, la seule histoire qui ne puisse être contée".
"C'est le processus même de toute initiation. L'être humain doit passer par toutes les phases de l'existence universelle s'il désire réaliser toutes ses possibilités
."

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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 16:37
Le miroir des âmes simples et anéanties (et qui seulement demeurent en vouloir et désir d’amour) – Marguerite PORETE – Albin Michel – Spiritualités vivantes – 273 p
 
 Miroir-des--mes-simples-et-an-anties.jpg
 
4e de couverture : chef d’œuvre de la première littérature mystique de langue française, Le Miroir des âmes simples et anéanties révèle une richesse spirituelle qu place son auteur, Marguerite Porete, dans la lignée de saint Bernard, Maître Eckhart ou Hadewijch d’Anvers.
Du cœur de l’expérience religieuse la plus radicale – Dieu est l’Amour -, Marguerite Porete pose les questions qui, de l’Evangile au rationalisme moderne, ont façonné l’âme occidentale : l’Amour vrai est-il soumis à autre chose qu’à lui-même ? Fût-ce à la morale ? À la religion ? À Dieu, même ?
La force et l’audace de ces interrogations, qui en 1310 conduiront Marguerite Porete au bûcher de l’Inquisition, traversent les siècles à la rencontre de tous ceux qui, aujourd’hui comme hier « fin Amour demandent ».
 
Mon appréciation : c’est un genre littéraire interpellant que la mise en scène de sentiments tels que Amour dialoguant avec Raison, ou Âme avec Amour, ou encore Amour avec Vérité, Discernement avec Âme, Sainte-Eglise avec Âme et Sainte-Trinité, etc., ainsi que le feraient des personnages évoluant sous nous yeux. Technique dite du Miroir.
Il est admirable le courage de cette béguine (née aux environs de 1250 dans le Hainaut, peut-être à Valenciennes) – ayant eu un grand rôle dans la mystique rhénane - qui osa ses avancées au mépris de toutes les conventions et qui, pour avoir eu cette audace, en période d’inquisition (rappelons aussi que le livre n’était pas accessible à tous comme il l’est aujourd’hui), devra le payer de sa vie après un long procès qui jugera ses écrits comme étant des déviations assimilables à celles des sectes dites du Libre Esprit, l’ouvrage étant alors considéré comme hérétique et confisqué ! 
Seuls quelques manuscrits (au moment de la publication de nombreux notables en eurent la totalité) ont survécu et les traductions (version latine puis anglaise), ont fini par parvenir à nous.
 « Les béguines déclarent que je suis égarée, et les prêtres aussi, les clercs et les prêcheurs, les augustes, les carmes et les frères mineurs… ! » dira Marguerite en parlant de l’accueil qui fut réservé au Miroir.. témoignant ainsi du grand isolement dans lequel la catapulta son audace.
J’aime quelquefois retourner dans cette oeuvre que je considère un peu comme un livre de chevet. La puissance de cette pensée, à l’époque avant-gardiste pour une femme, est marquante.
 
Je vous propose aujourd’hui de redécouvrir ce qu’elle écrivit à propos de la charité.
C’est Amour qui prend la parole dans un monologue :
 
« Amour :
Charité n’obéit à rien de créé, mais seulement à Amour.
Charité n’a rien en propre, et à supposer qu’elle ait quelque chose, elle ne prétend point que ce soit à elle.
Charité laisse sa propre besogne pour aller faire celle d’autrui.
Charité ne demande de récompense à aucune créature, quelque bien ou plaisir qu’elle lui fasse.
Charité n’éprouve ni honte, ni peur, ni chagrin ; elle est si droite, qu’elle ne peut fléchir, quoi qu’il lui advienne.
Charité ne fait ni ne tient compte de rien qui soit sous le soleil ; le monde entier n’est que son excédent et que ses restes.
Charité donne à tous ce dont elle dispose, et elle ne se retient pas elle-même ; et avec cela, elle promet souvent ce qu’elle n’a pas à cause de sa grande largesse, dans l’espérance que plus demeure à celui qui donne plus.
Charité est marchande si avisée, qu’elle gagne partout, là où les autres perdent, et qu’elle échappe aux liens dans lesquels les autres se prennent ; et ainsi a-t-elle grande abondance de ce qui plaît à Amour.
Et notez que celui qui aurait parfaite charité serait mis à mort par l’œuvre de Charité quant aux affections de la vie selon l’esprit ».
 
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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 21:18
La Montagne de l'Âme - GAO Xingjian - Points - 667 pages

montagne-de-l--me.jpg
4ème de couverture
 : "Après avoir tutoyé la mort, un homme quitte Pékin pour partir en quête de son Graal intérieur : la mystérieuse "montagne de l'Âme". Entre tradition millénaire et vestiges de la Révolution culturelle, il sillonne la Chine des années quatre-vingts, égrenant récits fantastiques et légendes populaires au fil d'un voyage picaresque, poétique et profondément moderne.
Né en 1940, GAO Xingjian est peintre, dramaturge, critique littéraire, metteur en scène et traducteur. Réfugié politique depuis les événements de Tian'anmen, il vit à Paris. La Montagne de l'Âme est son premier roman. En 2000, il a reçu le Prix Nobel de Littérature pour l'ensemble de son oeuvre."


Le résumé du site EVENE : "A la source de la légendaire rivière You, se dresse, dit-on, un lieu où tout est à l'état originel, un lieu nommé Lingshan, la montagne de l'Ame. Parti des villes, le voyageur entreprend de rallier cette promesse d'Eden. Et, à la faveur d'escales dans les bourgs et villages des rives fluviales et des hauts plateaux tibétains, il se fait raconter par les habitants, vieux chefs, sages, jeunes filles ou manants, l'histoire infinie des hommes et de la nature



Mon appréciation : si je vous fausse un peu compagnie sur mon blog actuellement, chers lecteurs, le coupable, c'est lui ! J'avoue que je savoure pleinement cette écriture. Presque ligne à ligne. Ce n'est pas le type de livre à parcourir rapidement, histoire de se changer les idées. Ce serait sacrilège !  
En 81 chapitres, l'auteur vous promène à travers la Chine, ses villages, légendes, folklore, croyances, paysages. 
Il passe du Je, au Tu, au Elle, dans ses narrations écrites au présent. Au début, ce procédé décontenance, mais au bout de quelques chapitres, l'habitude s'installe et la gymnastique s'effectue
Vous rencontrez plusieurs personnages en des temps anciens et modernes, apprenez leur histoire,  leurs sentiments, leur quête et passez  de l'un à l'autre dans ce voyage. 
Descriptions, réflexions, introspections, sont livrées avec une véritable finesse et une remarquable justesse d'observation.
Amoureux des belles phrases, ce livre est pour vous si vous ne l'avez pas encore lu !

Citation :
"Allongé sur ton lit, tu regardes le plafond. L'ombre de la lampe transforme aussi le plafond blanc. Si tu concentres ton attention sur ton moi, tu t'aperçois qu'il s'éloigne peu à peu de l'image qui t'est familière, qu'il se démultiplie et revêt des visages qui t'étonnent. C'est pourquoi je serais pris d'une terreur incoercible si je devais exprimer la nature essentielle de mon moi. Je ne sais lequel de mes multiples visages me représente le mieux, et plus je les observe, plus les transformations m'apparaissent manifestes. Finalement, seule la surprise demeure... Quand j'observe les autres, je les considère comme des miroirs qui me renvoient ma propre image et cette observation dépend entièrement de ma disposition d'esprit du moment. Même lorsque je regarde une jeune fille, je cherche à l'appréhender avec mes propres sens, je l'imagine avec ma propre expérience avant de formuler un jugement. Ma compréhension d'autrui, y compris des femmes, est en fait superficielle et arbitraire. ... Le problème réside dans la prise de conscience intérieure de mon moi, ce monstre qui me tourmente sans cesse. L'amour-propre, l'autodestruction, la réserve, l'arrogance, la satisfaction et la tristesse, la jalousie et la haine, viennent de lui, le moi est en fait la source du malheur de l'humanité... Toute chose peut en maîtriser une autre, cette règle ne vaut pas que dans la nature, c'en est une aussi chez les hommes".



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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 22:15

La moelle de la vie  500 aphorismes - Henri David THOREAU - Editions MILLE ET UNE NUITS - 108 pages

Présentation de l'éditeur : "Henry David THOREAU (1812-1862) voulait "vivre profondément et sucer toute la moelle de la vie". Sa vie et son oeuvre sont une école de philosophie et de spiritualité. L'auteur de Walden a pratiqué la "désobéissance civile", la "pauvreté volontaire" puis, en se retirant du monde, l'immersion dans la nature pour trouver la voie de la liberté. Ses livres les plus fameux comme ses Journaux recèlent de merveilleuses formules et réflexions, élaborées la plupart du temps dans le silence plein de ses longues marches en forêt, qui portent en elles la quintessence de sa pensée et de sa sensibilité. "

Mon appréciation : à travers ces 500 aphorismes, chacun trouvera matière à réflexion personnelle. La pensée de H.D. THOREAU s'offre ici sans contours. Un livre à garder tout près de soi pour y revenir et faire évoluer sa propre pensée.

En voici quelques exemples :

"Mon ami sera bien meilleur que moi, tout comme ce à quoi j'aspire est bien plus élevé que ce que j'accomplis"

"Rien ne rend la terre aussi vaste que d'avoir des amis à distance : ils font les latitudes et les longitudes".

"Un ami est quelqu'un qui nous fait toujours l'honneur d'attendre de nous toutes les vertus et qui est à même de les apprécier en nous".

"Les étoiles sont lointaines et discrètes, mais brillantes et impérissables, tout comme nos plus belles et nos plus mémorables expériences".

"La sagesse n'examine pas, mais elle observe"

"Dites ce que vous avez à dire, pas ce que vous devez dire. Toute vérité vaut mieux que de s'en laisser croire".

"J'aurai au moins appris cela grâce à l'expérience : si quelqu'un avance en toute confiance dans la direction de ses rêves et s'efforce de mener la vie qu'il a imaginée, il rencontrera un succès auquel il ne se serait pas attendu aux heures ordinaires. Il laissera des choses derrière lui, franchira une frontière invisible. De nouvelles lois universelles et plus libérales commenceront à s'établir d'elles-mêmes autour de lui et en lui. Ou bien les lois anciennes seront améliorées et interprétées en sa faveur dans un sens plus libéral - il vivra alors à un niveau plus élevé de l'existence. Plus il simplifiera sa vie, moins les lois de l'univers lui paraîtront complexes".

"Soyez un Christophe Colomb pour de nouveaux continents entiers et des mondes en vous, ouvrant de nouvelles voies, non pour le commerce, mais pour la pensée".

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