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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 21:19
A l'immortelle Bien-Aimée - Virginie REISZ - Ed° "Le temps qu'il fait"
- 87 p

« De me rappeler ton sourire, tes yeux, ta peau que je connaissais avant de la toucher, m'emporte, mon ange, hors de ma chambre, hors de mes barreaux, hors de ma douleur, de ce corps impitoyable dans le combat engagé jadis entre lui et moi, qui me trahit et se dérobe sans qu'il semble y avoir de fond cette fois, de plancher d'où repartir, se relever. Mais je n'ai pas dit mon dernier mot.»

C'est un homme. Il est seul, il est sourd, il est malade. Il vient de s'aliter pour la dernière fois. Son agonie va durer trois mois, au cours desquels, dans ses moments de rémissions, il écrit à la seule femme vraiment aimée son combat pour la liberté et l'art, ses ambitions et ses frustrations, sa soif d'amour et ses blessures les plus profondes.

Au fil de ce cinquième roman, Virginie Reisz nous fait entrer dans la tête de Ludwig van Beethoven, musicien, penseur aussi, et surtout être humain extraordinaire, dont le manque d'amour, les déficiences corporelles, la volonté et la confiance qu'il en a tirées, nous parlent, par delà les époques et au-delà de la musique.



Fidèle au style des lettres originales, Virginie REISZ nous place au chevet de Beethoven, malade.

Du 7 décembre 1826 au 23 mars 1827, le contenu des lettres laisse apparaître la dimension intérieure d'un artiste créateur, d'un homme et de son histoire. Sa musique, ses choix ("être moi, sans embarras"), ses rencontres (Mozart entre autres), ses influences, ses lectures (Goethe, Joseph Haydn), ses créations, sa famille ("l'enfance nous abandonne quand on devient orphelin, et peu importe qu'elle ait été tendre ou non : une partie de nous la regrette à jamais"), sa vie sociale, sa passion pour une femme dont il tait le nom ("mon ange"..."un flottement devant ton corps, rien de rassurant, rien de commun avec les étreintes sans conséquence ; en même temps une sensation de familiarité, cette assurance profonde d'être à ma place, cette paix de l'âme"..."j'ai tenté, sans en avoir conscience, de nous effacer, nous... j'ai confondu le manque de coeur avec celui du corps... depuis que tu n'es plus là pour l'enchanter"), ses sentiments, ses émotions ("je me défendais de l'émotion, on se défend de la beauté, de celle qui nous bouleverse au delà du terrain connu"), son handicap, sa souffrance et son attitude devant la mort.



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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 22:02
L'Attente du soir - Tatiana ARFEL - roman - Edit° José CORTI - 325 p




- Première partie : un plus un plus un
- Deuxième partie : deux plus un
- Troisième partie : trois
Mais quel est donc ce décompte étrange ?


A travers 24 chapitres, évoluent trois personnages atypiques, dont les personnalités se placent aux antipodes les unes des autres, sans apparent trait commun :


Melle B.
Morne, éteinte, sans but, échappant volontairement au regard des autres, elle se livre à de névrotiques répétitions de tables de multiplication pour conjurer ses crises de panique. Privée d'amour parental depuis sa naissance, en proie à des angoisses sclérosantes, n'a vu qu'une seule fois la couleur du bonheur...


Giacomo
Clown aux cheveux argentés, trop vieux pour parler d'amour à Ismaëla, mais d'une générosité aussi fine que son empathie. De son enfance à ses jours en déclin, sans descendance, il invente des symphonies de senteurs pour inviter les spectateurs à renouer avec l'émotion de leurs sens.


Le môme
C'est sur une décharge qu'il a grandi. Seul, sans lien humain pendant longtemps, c'est un chien qui l'ouvrira à une première communication. L'enfant ne parle pas, il aboie.
Mais un jour, le chien revient le ventre en sang.
Le môme a appris le langage des couleurs. Le jaune lui procure bonheur. Le rouge est la couleur de la douleur ; celle ressentie à la disparition de son unique compagnon.
Il crée sans le savoir. Une sortie de la décharge le précipitera vers un monde hostile dont il refuse de rester prisonnier en s'adonnant toujours avec plus de frénésie à la composition picturale.


La lente et progressive rencontre de ces destinées est tout l'art de Tatiana ARFEL.
Approfondissant la logique et la personnalité de chacun de ces êtres, elle déploie son talent dans des descriptions d'une subtilité fascinante, dresse une toile d'une remarquable humanité. Le style est prometteur malgré quelques longueurs, aisément pardonnables tant l'intérêt reste cependant maintenu jusqu'aux dernières pages.
Une jolie prouesse que ce rapprochement orchestré avec une dextérité peu habituelle dans un premier roman.

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 15:29

Mes récentes lectures :

 

Petite, allume un feu… - Martin SMAUS - Traduit du tchèque par Christine LAFERRIERE - 1er roman - Editions des Syrtes - 368 pages

D’errance en errance, porté par les événements, le destin rude d’un jeune Tzigane auquel la vie n’épargne rien de son âpreté. Arrachement familial, haine, traquenards, pertes, enfermement, fuite,… Il subit, se relève, et subit encore, préservant en lui quelques instants lumineux, avec un profond sens de ses racines et la conscience de sa fragilité tout comme de la déchéance familiale.

Une fin de livre qui noue la gorge de cette émotion qui vous garde sous son emprise.

Quelques tics d’écriture, des noms de ville étrangères un peu trop nombreuses, mais une histoire à vous emporter dans l’envoûtement rauque de ces complaintes à fendre l’âme.


Présentation du livre et biographie de l’auteur sur le site de l’éditeur

   

Le médecin d’Ispahan - Noah GORDON - Traduit de l’américain par Dominique RIST & Simone LAMBLIN - Stock - Le Livre de Poche - 598 p


Sa mère décède en couches alors qu’il n’a que 9 ans. La fratrie est éclatée et Rob J. Cole, orphelin, devient l’apprenti d’un barbier-chirurgien. Une vie de nomade en Angleterre où l’enfant acquiert des compétences et agilités pour assurer quelques numéros de jonglages et quelques boniments pour vendre les élixirs. Mais aussi le frémissement d’une vocation. Car, plus sérieusement, le jeune garçon se découvre doté un don : il est capable, en touchant un malade, de pressentir sa mort prochaine. Son destin se scelle autour un vœu obsédant : devenir médecin. Apprendre tout de ces médecins étrangers, apprendre d’eux ce qui ne peut l’être en Europe médiévale, et notamment suivre l’enseignement des médecins juifs et arabes. De rencontres en séparations, il entreprend le long périple vers la Perse jusqu’à Ispahan ,et croise ce faisant l‘amour. D’étape en étape, l’art de guérir s‘affirme en lui, et sa formidable quête de savoir lui permet de trouver les bonnes personnes pour lui venir en aide et de s‘initier aux rites et croyances juifs.

Si en Orient, les chrétiens ne sont pas les bienvenus dans l‘enseignement médical de l’illustre Ibn Sina, rien ne détournera pourtant le héros de son rêve. Passant outre, il se fera passer pour un Juif là-bas, s’ouvrira aux usages de la société orientale musulmane, accèdera à la connaissance tant convoitée. Il lui faudra néanmoins jongler avec quelques épreuves difficiles et les sournoiseries politiques. Un faux pas

Ce roman d’aventure, en 7 parties et 81 chapitres, mêle tous les ingrédients pour entretenir le goût de la découverte. Il fourmille d’accroches et stimule la curiosité du lecteur. De l’état de la médecine de l’époque, aux nombreux portraits de personnages, attrayantes traversées de paysages, en passant par quelques introspections, expéditions guerrières ou confrontation au fléau de la peste, de multiples et séduisants détails par ailleurs soutiennent l’intérêt et tiennent en haleine le lecteur.

 

 

 

LA PROMESSE - Hubert MINGARELLI - Seuil - Roman

« Naviguer sur un lac peut réserver des émotions tellement particulières qu’il est impossible de les partager avec qui que ce soit. D’habitude, Fedia emmène son fils avec lui, mais cette fois non. Et pourtant, Fedia ne cessera de penser à lui. Aux paroles qu’il va devoir trouver pour lui dire ses intentions, ce qu’il était parti faire sur l’eau ce jour-là. Dans le fond de sa poche, une petite boîte en carton fermée par un élastique. Le chagrin est dépassé, du moins le croit-il. La nuit s’avance, la rivière a remplacé le lac, et Fedia continue de frapper avec ses avirons la surface baignée de lune. Il était une fois deux âmes en perdition. Deux jeunes matelots qui s’étaient fait une promesse.

Hubert Mingarelli est l’auteur d’une douzaine de livres, parmi lesquels Une rivière verte et silencieuse, La Dernière neige, La Beauté des loutres. Il a obtenu le prix Médicis 2003 pour Quatre soldats. »


On est pénétré de respect en refermant ce livre. Comme on sort doucement et en silence d’un hommage.

C’est que c’est sur tout ce qui est éludé que le lecteur s’émeut. Tout ?

Non, tout n’est pas expliqué. Comme cela est souvent le cas dans la réalité des liens entre les hommes. À chacun d’y inscrire son ressenti et son propre vécu.

L’amitié, c’est fait de simplicité mais c’est à l‘intérieur de cette simplicité que les choses essentielles se jouent.

Lecteur, si tu as un ami - un vrai - tu comprendras ce dont il est question ici.

Je n’ai qu’un conseil à te donner : lis ça !

Interview de Hubert MINGARELLI 

 

Téléchargez un texte inédit

 


Ses œuvres sur le site du SEUIL

 

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 18:42

Passagers clandestins - Timothy FINDLEY - Roman - traduit de l’anglais (Canada) par Isabelle MAILLET - ACTES SUD - 470 pages

 



A qui remonte la faute de notre perte d’innocence ?


Vous pensez (évidemment !) que c’est à Eve ? Aïe ! Timothy FINDLEY propose une toute autre version dans une fable fantastique que l’on ne peut plus lâcher aussitôt qu’entre en jeu le Tout Puissant !


Revisitant l’histoire biblique du déluge, avec audace, le romancier prend la liberté de sa plume pour envisager une rencontre insolite et hilarante à découvrir entre le vieux Yahvé et le patriarche Noé. D’un tour de passe-passe offert par ce dernier à son Seigneur pour le distraire de sa dépression, voilà que se scelle le destin de l’humanité.


Qui donc est ce Noé, prêt à tous les sacrifices - des plus cruels ! - pour plaire à son Maître ? Conduisant sa maisonnée de manière despotique et autoritaire, aux prises de plus en plus souvent avec Mme NOYES (sa femme alcoolique et rebelle qui parle aux animaux et notamment à sa chatte Mottyl aveugle, et s’évertue à appendre à chanter aux moutons) ? Qui sont ses fils, ses belles-filles dont l’une d’elles est bien étrange et diablement… rusée ?

Comment tous ces animaux ont-ils pu être triés, parqués, répartis, au moment de l’avant-déluge ? Avez-vous déjà imaginé un instant le tohu-bohu que cela a dû être ?

Comment tous ces hommes et cette impressionnante ménagerie, ont-ils passé ces longs jours de dérive, de pluies diluviennes, de tempêtes, d’incertitude, d’inquiétude, etc.. ?


Il fallait oser ! T. FINDLEY, pour notre plus belle distraction, et peut-être un peu pour bousculer les consciences, ne s’en est pas privé !

Lire la 4e de couverture sur le site d’ACTES SUD :

http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742779932

 



Biographie de Timothy Findley

Timothy Findley, écrivain, acteur, dramaturge est né au Canada à Toronto en 1930. Il fait ses études au Saint-André’s College et au Jarvis College de Toronto et abandonne le Collège pour des raisons médicales. Il étudie ensuite le jeu scénique au Royal Conservatory of Music de Toronto avec Clara Baker, puis avec Sterndale-Bennett et enfin à la Central School of Speech and Drama à Londres. Il étudie aussi le ballet avec Janet Baldwin. De 1953 à 1957, il est acteur et se produit en Amérique du Nord et en Europe. Durant cette période, il commence à écrire et passe une partie de son temps, à Hollywood en 1957 et en 1958. Il devient rédacteur commercial pour la radio CFGM de Richmond Hill en Ontario et écrit également des scénarios.
En 1967 paraît son premier roman, The Last of the Crazy People, qui remporte le prix du Gouverneur général. A partir de ce moment, il se consacre pleinement à l’écriture. Il est l’auteur de 9 romans, 4 recueils de nouvelles, 8 pièces de théâtre et de nombreuses pièces radiophoniques et documentaires réalisés avec son compagnon William Whitehead.
Timothy Findley a obtenu de très nombreuses récompenses dont le Prix du Gouverneur général du Canada, pour The Wars en 1977, le Prix littéraire Trillium du gouvernement de l’Ontario pour son recueil de nouvelles Stones en 1989. Il a été fait docteur honoris causa en lettres de la Trent University en 1982, de l’University of Guelph en 1984 et de la York University en 1989.
En France, l’ensemble de son œuvre a été publiée jusqu’ici au Serpent à plumes et souvent reprise en Folio. Timothy Findley est mort en Provence en 2000. Il a été l’un des écrivains canadiens parmi les plus lus et aimés au monde.

 

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 14:18



On se saisit de sa télécommande et on zappe. A l’heure du Journal, défilent alors les images commentées par des voix inconnues. Il arrive que l’une ou l’autre nous marque parce que quelque chose d’inhabituel s’y sera laissé percevoir… Des noms, leurs noms, s’affichent rapidement. Trop rapidement.

Derrière ces images relatant des tragédies, guerres ou catastrophes, des actes héroïques ou encore de notables faits d‘hommes, de bucoliques paysages, etc.. qui sont et que vivent celles et ceux qui partent à la source de ces informations ?

Souvent fins connaisseurs du terrain, c’est sur leur savoir-faire, leur proximité et leur réactivité que s’appuie la rédaction nationale pour présenter quotidiennement l’actualité aux millions de téléspectateurs.

Avec leur conscience, leurs dilemmes, leurs emballements, leurs exaltations, et au final tout leur passion, ils servent fidèlement et le plus objectivement possible.

Basé en Normandie, Armel JOUBERT DES OUCHES est l’un de ces correspondants régionaux.

Il témoigne aujourd’hui, à travers un ouvrage, de ses expériences (et de celles de confrères), nous emmène dans l’urgence d’une mission, sur les routes fréquentables ou mauvaises, pour de marquants face à face, discrètes approches, notables actes de bravoure, délicates enquêtes, bouleversantes émotions,…

Livrant pudiquement ses pensées en regards de situations qui mettent régulièrement sa sensibilité à l’épreuve, avec tout l’amour pour son métier, ses confessions offre une visibilité sur les coulisses du reportage.


Visitez son site :   
www.myspace.com/armeljoubertdesouches  



  

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 20:32


La jeune fille à la perle - Tracy CHEVALIER - Roman traduit de l’américain par Marie-Odile Fortier-Masek - Folio n° 3648 - 313 p

 

Issue d’une famille très modeste, ayant reçu de son père (peintre sur faïence devenu accidentellement aveugle) un sens artistique remarqué par le peintre au cours de la première prise de contact, Griet est engagée comme servante au sein de la famille VERMEER.

Son salaire contribuant à faire vivre ses parents et sa fratrie, tout juste sortie de son adolescence, elle doit s’adonner à d’usantes et lourdes tâches ménagères. En outre plus spécialement embauchée pour procéder régulièrement au nettoyage de l’atelier du peintre, lieu sacré où ne sont admis que de rares autorisés, dès son arrivée Griet pressent que cette prérogative engendre des inimitiés, d’autant plus qu’elle parvient à élaborer sa propre technique afin de ne pas déranger l’ordre et la place soigneusement établis des objets, des outils et du mobilier, apportant ainsi toute satisfaction à l’exigent Maître.

La servante devra évoluer avec humilité, intelligence, instinct et diplomatie dans cette nouvelle famille, et de plus composer avec une autre servante depuis longtemps au service de la famille et fidèle à Maria THINS, la belle-mère de VERMEER.

En parallèle, le fils du boucher chez lequel s’approvisionne la famille VERMEER s’intéresse à Griet. Tout comme s’intéresse à elle, de trop près, un homme difficile à éviter, car il est le principal acquéreur des tableaux du maître, dont la production jugée insuffisante par les femmes du foyer doit permettre de nourrir une famille sans cesse en train de s’agrandir.

Griet est prise entre des antonymes, comme l’est l’artiste-peintre entre son art et la réalité, ses émotions et la bienséance… Reliés à travers l’art, une complicité silencieuse s’établit entre elle et le Maître, emplie d’une considération mutuelle et d’une estime profonde.

Le livre est composé de 4 parties titrées : 1664, 1665, 1666, 1676.

Avec talent, Tracy Chevalier peint les portraits de ses modèles, créant une personnalité propre à chacun, au sein d’une époque que l’on sent étudiée.

Le côté « première de la classe » de la narratrice est parfois agaçant, mais comment ne pas succomber - en pénétrant respectueusement avec elle dans l’atelier du Maître - au privilège unique d’un accès aux secrets de fabrication des composants de sa peinture et à la lente mise en place de l’atmosphère et du décor antérieure à toute création d’un tableau par un grand Maître ?

Comme Griet, patiemment le lecteur observe et se familiarise avec chaque composant, remarque les censures ou retouches qui deviendront invisibles au final. Au fil des pages, par procuration, à son tour impressionné par la présence charismatique de l’ombrageux et taciturne peintre, il devient l’assistant de Johannes VERMEER. Se familiarisant avec ses manies, ses habitudes, comme un tableau longuement contemplé, si les défauts du Maître finissent par lui être révélés, en fermant le livre, les yeux encore accrochés à « La jeune fille à la perle ce portrait réellement peint par Johannes VERMEER prendra une dimension nouvelle sans pour autant perdre de son mystère. 

                                          voir les autres oeuvres du peintre


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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 16:34

Femmes qui courent avec les loups - Clarissa Pinkola Estés - Le livre de poche - 763 pages




Assise sur un siège, adossée contre la vitre froide du tramway me ramenant chez moi à l‘issue d‘une journée de travail, je lisais un pavé format poche quand une dame - que j’avais vaguement aperçue assise à l’arrière en compagnie de deux messieurs et d’une dame - fort poliment s’est approchée puis s’est penchée vers moi. C’est mon livre qu’elle reluquait. Son titre, m’annonça-t-elle, lui échappait mais elle l’avait reconnu entre mes mains et était désireuse de le conseiller à sa voisine. Elle m’a priée, tout en soulevant elle-même le livre, de bien vouloir lui laisser consulter le titre. J’ai déchiffré tout haut : « Femmes qui courent avec les loups ». Nos regards se sont croisés puis elle est retournée auprès de l’autre voyageuse lui énoncer le titre, lui conseillant vivement cette lecture, sans se détourner de mon regard quelque peu interloqué. J’acquiesçais à ses commentaires en y ajoutant les miens.

Autour de ce livre, une complicité spontanée s’était instaurée. Une sorte de reconnaissance implicite.

En nous saluant au terminus de notre voyage, sans rien avoir pourtant lâché de nos vies, j’ai eu l’impression d’avoir été autorisée à accéder, un très bref instant, à son intériorité. Ensuite, chacune de nous deux retournait à sa vie. Derrière moi, je l’entendais informer les deux hommes sur le motif de ce court échange auquel, incrédules, ils avaient assisté.

Les femmes l’évoquent, se le recommandent (http://blogsissipaillette.over-blog.com/article-23839439.html), se murmurent le titre à l‘oreille (http://www.psycho21.com/blog/vitali/femmes-qui-courent-avec-les-loups), se l’offrent, se le transmettent…


Clarissa Pinkola Estés a œuvré 25 ans jusqu’à la parution de ce livre.

C’est le fruit d’une longue observation, favorisée par :

- sa pratique d’analysante habilitée et formée pour accompagner la descente dans l’inconscient et le processus de l’individuation

- l’antériorité globale des batailles, expériences et histoires féminines du monde

- sa propre histoire personnelle et familiale

- la collecte d’histoires, poèmes et contes dont elle est devenue dépositaire tout en y travaillant à son tour…

Les contes, plus particulièrement, lui permettent d’explorer, d’illustrer et d’expliquer les étapes de « ce processus graduel » qu’est le voyage vers le dessous, là où s’étend l’univers ineffable de la psyché.

Qu’elle se situe au début de son initiation ou déjà en route, chaque femme (ce livre n’est toutefois ni fermé ni opaque aux hommes !) trouvera dans cette œuvre remarquable une possibilité de se positionner dans son cheminement, d’en décrypter les signes, de comprendre en quoi consiste ce mystérieux parcours vers « La Femme Sauvage », de renouer avec leur nature instinctive…

« Quel que soit le nom qu’on lui donne, la force que personnifie La Loba enregistre le passé de tous et le passé du monde, parce que génération après génération, elle a survécu et qu’elle n’a plus d’âge… Cette ancienne, la Vieille Qui Sait, nous la portons en nous. Elle s’épanouit au plus profond de l’âme-psyché des femmes. Elle habite cet espace du temps où l’âme du loup et celle de la femme se rencontrent; où l’esprit et l’instinct se mêlent, où la vie profonde assoit la vie de ce monde. C’est le point où se rejoignent et s’embrassent le « je » et le « Tu », l’endroit où, en esprit, les femmes courent avec les loups.

Cette vieille femme se tient entre deux mondes : celui du rationnel et celui du mythe. Elle est leur articulation. Cet entre-deux est le lieu inexplicable que nous reconnaissons lorsque nous en faisons l’expérience, mais si nous essayons d’en saisir les nuances, elles nous échappent et changent de forme, sauf si nous passons par la poésie, la musique, la danse, ou les histoires… le lieu où les choses sont et ne sont pas encore, où les ombres ont une substance et où la substance est transparente….

Elle est ce qu’elle est et elle le reste, quels que soient les noms qu’on lui donne, noms anciens ou noms nouveaux, La Que Sabe, Celle qui Sait, la Femme Sauvage, La Loba…L’archétype est partout présent et pourtant on ne peut le voir, au sens habituel du terme. Ce qu’il révèle de lui dans l’obscurité n’est pas nécessairement visible en pleine lumière. »


Clarissa Pinkola-Estés est psychanalyste, docteur en ethnologie et en psychologie. Elle a dirigé le centre Carl-Gustav Jung à Denver. Son premier livre, Femmes qui courent avec les loups (Grasset, 1996), est une référence dans le monde entier. Elle a également publié Le jardinier de l'Eden (Grasset, 1998) et Le don de l'histoire (Grasset,1999).
(source : http://www.edition-grasset.fr/chapitres/ch_pinkola.htm)
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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 18:14

J'ai reçu ces jours-ci via le net cet envoi d'une très bonne amie.
Ce texte profond, dont j'ignore l'auteur, mérite d'être amplement partagé :



"Une carotte, un oeuf et une tasse de café…  
Tu ne verras plus jamais une tasse de café de la même façon.

Une jeune femme visite sa mère et lui parle de sa vie et comment elle a de la difficulté à passer à travers chaque journée. Elle ne sait pas comment elle va s'en sortir et elle envisage d'abandonner. Elle est tellement fatiguée de se battre continuellement. Elle a l'impression que lorsqu'un problème est résolu, un nouveau se présente.

Sa mère l'amène à la cuisine.  Elle remplit trois casseroles d'eau et les place sur les ronds du poêle à feu élevé.  L'eau se met à bouillir rapidement.  Dans la première casserole, la mère ajoute des carottes.  Elle met des oeufs dans la deuxième casserole, et dans la troisième, elle met des grains de café moulu.  Elle laisse reposer et bouillir, sans dire un mot.

Au bout de 20 minutes, elle ferme le feu.  Elle égoutte les carottes et les place dans un bol.  Elle sort les œufs et les met dans un bol.  Finalement, elle vide le café dans un bol.  Se tournant vers sa fille, elle demande : 'Dis-moi ce que tu vois?'

'Des carottes, des œufs et du café', répond la fille.

Sa mère lui demande de se rapprocher des carottes.  La fille se rapproche et note que les carottes sont molles.  La mère lui demande ensuite de prendre un œuf et de briser la coquille, ce que fait la fille.  Cette dernière observe alors que l'œuf est dur.

Finalement, la mère demande à sa fille de goûter au café.  La fille sourit en goûtant à l'arôme riche du café.  La fille lui demande ensuite : 'Qu'est-ce que ça signifie, maman?'

Sa mère lui explique que chacun de ces objets a fait face à la même adversité : de l'eau bouillante. Chacun a réagi différemment.  Les carottes sont arrivées fortes et dures.  Cependant, après avoir été soumises à l'eau bouillante, elles se sont ramollies et sont devenues faibles.  Les œufs étaient fragiles.  Leur coquille mince protégeait leur liquide intérieur, mais après avoir passé du temps dans l'eau bouillante, ils sont devenus plus durs à l'intérieur.  Les grains de café moulu étaient uniques, quant à eux.  Après avoir été soumis à l'eau bouillante, ils ont changé l'eau.

'Lequel es-tu ? demande la mère à sa fille.  Quand l'adversité frappe à ta porte, comment réagis-tu?  Es-tu une carotte, un œuf ou un grain de café ? Souviens-toi de ceci : Lequel suis-je?  Suis-je la carotte qui semble forte, mais qui devient molle et perd de sa force devant la douleur et l'adversité ? Suis-je un œuf qui débute avec un cœur malléable mais qui change quand la situation se réchauffe?  Ai-je un esprit fluide, mais après un décès, une rupture, une difficulté financière ou un autre défi, suis-je devenu plus dur et fermé?  Est-ce que ma coquille se ressemble, mais du côté intérieur, suis-je amer et dur avec un esprit rigide et un cœur de pierre ? Ou suis-je un grain de café ?  Le grain, en fait, change l'eau chaude, la circonstance qui amène la douleur.  Lorsque l'eau devient chaude, il relâche sa fragrance et sa saveur. Si tu es comme le grain de café, quand les choses semblent être les pires, tu deviens meilleur et tu changes la situation autour de toi.

Quand les temps semblent les plus sombres et que les difficultés sont les plus grandes, est-ce que tu t'élèves à un autre niveau?  Comment gères-tu l'adversité?  Es-tu une carotte, un œuf ou un grain de café ?

Puisses-tu avoir suffisamment de joie pour te rendre doux, suffisamment de défis pour te rendre fort, suffisamment de peine pour te garder humain, et suffisamment d'espoir pour te garder heureux.

Les gens les plus heureux n'ont pas nécessairement le meilleur de tout; ils ne font que ressortir le meilleur de tout ce que la vie met sur leur route.  L'avenir le plus clair sera toujours basé sur un passé oublié ; tu ne peux pas aller de l'avant dans la vie à moins de laisser aller les blessures et tracas du passé.

Quand tu es né, tu pleurais et les gens autour de toi souriaient.

Vis ta vie pour qu'à la fin,tu sois celui qui sourit quand tout le monde autour de toi pleure."


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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 18:52

 

"Pourquoi disiez-vous que la vie et la mort étaient plus imbriquées qu'on ne le pense ?" demanda-t-il après un temps. Le Professore se passa la main sur le visage, sourit avec douceur et répondit : parce que c'est vrai... La société d'aujourd'hui, rationnaliste et sèche ne jure que par l'imperméabilité de toute frontière mais il n'y a rien de plus faux... On n'est pas mort ou vivant. En aucune manière... C'est infiniment plus compliqué. Tout se confond et se superpose... Les Anciens le savaient.... Le monde des vivants et celui des morts se chevauchent. Il existe des ponts, des intersections, des zones troubles... Nous avons simplement désappris à le voir et à le sentir..."

"Tout ce dont ils parlent, c'est une triste succession  de petites craintes et d'habitudes. Plus rien ne bouge en eux. Plus rien qui bouillonne ou remue. Les jours se succèdent les uns aux autres. Il n'y a plus aucune vie dans tout cela. Des ombres, rien que des ombres. La plupart n'avait plus grand chose à dire. Ils se sentaient voûtés par un ennui pesant. Ni désir violent, ni crime, ni bouillonnement intérieur. Juste quelques sales petites turpitudes. Heureusement que le corps vieillit..."

"Au fond, est-qu'un d'entre nous, autour de cette table, est pleinement dans la vie ?"

Laurent GAUDE - La Porte des Enfers - Actes Sud

 

Mon appréciation : d'abord un meurtre, froid, brutal, une véritable vengeance. Un flash-back sur une fusillade dans les rues de Naples qui fait tomber une victime innocente, la plus inacceptable des victimes.

Que s'est-il passé entre ces deux moments ? C'est ce que déroule ce livre.

On compatit à l'effondrement de ce père sombrant dans la culpabilité. On est de tout coeur avec cette mère tellement dévastée qu'elle lance une ultime et déchirante demande, pourtant si totalement improbable...

Laurent GAUDE se fait le guide d'une descente aux enfers très déconcertante.

Un côté sombre, exploité jusqu'au bout.

 
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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 20:13

Où sont les ânes au Mali ? Roger-Pol DROIT - SEUIL - Philosophie



Présentation de l'éditeur :
Un nabot minable peut-il devenir homme des neiges ? Et si j'arrive en car à Mesles, comment repartir en car à Vannes ? Que choisir : potage ou papotage, steak ou pastèque ? Avec des murs, comment faire une gelée de coins ? Les Huns, finalement, sont-ils un peuple premier ? Ces questions se posent dans les " titrucs ", textes très courts, en roue libre, inclassables, truffés d'affreux calembours, graffitis griffonnés comme des comptines, des cris dans la cour de récréation, des haïkus par-dessus tête, des saluts de loin, à Boris Vian, Lewis Carroll, Robert Desnos et quelques autres. Des rires à offrir à ses amis.


Mon appréciation : un livret qui joue avec les mots, tout en aisance, malice et humour. Le genre de petit cadeau qui fait plaisir à recevoir car il tire le sourire. Et même, il l'attire avec ses étonnants tirs de langage.
Vous êtes invités et souhaitez apporter un peu d'agrément ?
N'hésitez pas, emportez avec vous et offrez ce recueil comme un sourire à vos hôtes !



"   Tous les potes          
   Tous mes amis sont là   
   Venus exprès pour moi  
   L'ami Graine                      
   Et l'ami Molette                 
   L'ami Dalle                         
   Et l'ami Taon                     
   L'ami Cause                      
   Et l'ami Xité                       
   L'ami Métique                   
   Et l'ami Dinette                 
   On va s'amuser "
             
                                               






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