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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 21:29

L'Art de raconter - Dominique Fernandez (Le livre de poche) 



  Une certaine idée du roman prédomine chez Dominique FERNANDEZ, farouche défenseur des romans à histoire !

L'originalité est que pensant trouver quelques conseils d'écriture, dans ce livre, c'est davantage aux auteurs et à leur habileté de narration, à leur cheminement vers la maturité littéraire, que l'Académicien s'intéresse tout spécialement.

"Le romancier authentique crée ses personnages avec les directions infinies de sa vie possible, le romancier factice les crée avec la ligne unique de sa vie réelle.... Le génie du roman fait vivre le possible, il ne fait revivre le réel". (Albert THIBAUDET, critique littéraire du XXe siècle)

'On ne peint bien que son propre coeur, en l'attribuant à un autre" (STENDHAL).

"Ainsi La Chartreuse de Parme" - écrit Dominique FERNANDEZ à propos de Stendhal qu'il tient pour l'un des plus grands romanciers - "est autobiographique, dans la mesure où Stendhal coule ses émotions, ses passions, le courant de sa vie intérieure dans la nouvelle identité qu'il s'est donnée, mais ce roman est le contraire de l'autobiographie, dans la mesure où il est création d'un personnage indépendant de l'auteur. Le romancier peut vivre autant de vies imaginaires qu'il le veut, tel est le secret de l'art romanesque. Le lecteur de son côté effectue le même travail de dédoublement, de libération de soi-même par le dédoublement. Le roman est l'art qui permet à chacun, auteur ou lecteur, d'échapper à sa vie, aux limites de sa propre vie. Tout homme, toute femme souffre de n'avoir qu'une vie, une identité, un pays une langue, un sexe, une carrière. Le romancier est celui qui, étant plus sensible à cette souffrance, met en oeuvre le moyen d'y remédier, pour lui et pour ses lecteurs."

"Raconter ne consiste pas à reproduire la réalité, mais à mentir sur la réalité ; à retrouver, derrière ce qu'on croit être la réalité, la vérité des êtres et des choses"..." (dixit "le mentir/vrai)...

Des "Aventuriers" et véritables Narrateurs, il fait l'éloge, déplorant l'indifférence actuelle - sorte de snobisme littéraire - à leur encontre au profit d'une écriture au fil des siècles devenu de plus en plus intimiste notamment en France.

Serait-ce que notre monde n'offre plus de grands espaces d'exploration, de nouveaux lieux à découvrir (ah quoi que ces jours-ci, en Amazonie...) ? Serait-ce que nous compensions cet appauvrissement d'aventuriers (et d'aventures) en voyage intérieur ?

"Mais si cette conception solennelle de la modernité commençait à nous peser ? S'il y avait une autre façon d'être moderne ? Si l'écrivain de notre époque devait être non plus quelque prêtre dressé sur son trépied oraculaire, mais un homme proche de nous, un frère, un ami ?"

Et vous qu'en pensez-vous ?

Lecture des premières lignes chez Grasset

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 16:27



Récemment, j'ai fait l'acquisition du Dictionnaire des symboles chez Robert LAFFONT (collection BOUQUINS).

Durant mes instants de loisirs, je m'y plonge et c'est toujours une satisfaction d'en apprendre de cet ouvrage riche en informations.

L'unique arbre qui pousse dans mon jardin (trop étroit pour en contenir d'autres) est un Tamaris.

Au quotidien, il symbolise la croissance de nos jumeaux qui cette année fêteront leurs 18 ans car il fut planté l'année de leur naissance, mais il est aussi appelé chez moi  "l'arbre de l'écrivain" par ma famille, en référence à l'inspiration que j'y puise certains jours...

En parcourant aujourd'hui le Dictionnaire des symboles, je vous fais lecteurs avec moi de ce que vais apprendre de plus au sujet de "mon arbre"... :

"Le Tamaris est en Chine, parce qu'il ressemble au pin ou parce qu'il résiste aux intempéries, un symbole d'immortalité.

 [ en aparté, voici son allure en hiver ]

Le nom du Maître de la pluie  Tche'e-song tseu signifie tamaris, ou pin rouge. Il a aussi pour nom Chou-téi (vertu des arbres), cette vertu ou ce pouvoir étant sans doute propre à la résine, utilisée comme drogue de longévité.

On notera aussi que le tamaris semble avoir joué un rôle d'arbre central au pays de Canaan, car Abraham planta cet arbre à Bersabée avant d'invoquer Yahvée (Genèse 21,  33). Après avoir conclu l'alliance avec Abimêlek, Abracham planta un tamaris à Bersabée et y invoqua Yahvé, Dieu d'éternité.

Pour les Japonais, les paysages qui renferment cet arbre (Gyorin = tamaris) font penser à un tableau de l'école de la Chine du Sud. Les savants d'autrefois disaient qu'il annonçait la pluie et l'appelaient l'arbre divin, le magicien de la pluie. On le nomme encore l'Unique-aux-trois-Printemps, car il peut fleurir jusqu'à trois fois par an.

Il évoque la douceur de la solitude, les vastes étendues désertes, les grandes plaines chinoises où des civilisations se sont englouties sans qu'on s'en aperçoive, l'indifférence de l'éternité."


Respect "mon arbre", symbole de longévité... et qui comme au pays de Canaan, tient dans mon jardin la place centrale !

A cette époque, il en est à la fin de sa première floraison de l'année. Je lui prêterai toute attention pour vérifier s'il y en aura de suivantes.

Les jours de pluie, il ploie ses branches sous le poids de l'eau comme Cosette portant son seau lourd. Il semble n'aimer que la légèreté de l'air qui déclenche un bruissement aussi doux qu'un murmure entre ses rameaux qu'affectionnent particulièrement les mésanges et les moineaux. 

A lui seul, il est un spectacle toujours renouvelé berçant mes rêveries, donnant naissance à de nombreux écrits, prenant le rôle de compagnon durant mes heures de solitude et lors de chagrin ou difficultés passagères. Il a abrité nombre de mes lectures estivales, perçu nos conversations et rires familiaux ou amicaux, assisté aux barbecues-parties, porté les escalades de bambins (les miens plus jeunes ou ceux de nos visiteurs) etc.

C'est donc pour toutes ces raisons et celles que nous avons découvertes ensemble, un immense symbole chez nous.

Cet arbre, a sa place dans notre famille !

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 17:24
Les orgues de glace - Pierre SKIRA - Viviane HAMY - roman - 134 pages




4e de couverture : "Zsuzsa s'éloigne de nous. Agenouillée, immobile, prostrée, un léger tremblement la parcourt. Les jambes sous l'eau, les mains rendues translucides par le froid, elle agit comme si nous n'existions pas, sans une parole, aussi fermée que la roche. Elle escalade le rocher, trébuche, se redresse, mi-animal mi-végétal, elle atteint son carré magique. Heureuse de parcourir ce territoire inhabité où il n'y a personne pour lui poser des questions, personne pour lui faire face. Elle sait gré à cette montagne de cristal d'avoir gelé le temps."
Trois adolescents confrontés à la folie du monde, qui empruntent leur respiration au souffle du glacier, à l'immuabilité de la forêt... Deux garçons fascinés par leur compagne de jeux : Zsuzsa venue de nulle part, qui parle une langue hachée, saturée de mots inconnus, dont l'amnésie est le territoire...

Né en 1938 à Paris, Pierre SKIRA est peintre. Il use des mots comme de ses pastels. Ses couleurs mêlées aux clairs-obscurs rendent étonnamment présents ces trois gamins "déplacés". Il semble nous transmettre la clé d'un secret enfoui, qui mit des années à venir au jour."


Mon appréciation : dès la première page, l'écriture superbe  vous comblera.
Dans des paysages où le cristal du gel et les mires naturelles splendides et scintillantes détiennent une force suprême sur toute tentative d'assaut. 
Au dessous de la glace, se tapissent autant les os rendus par le dégel recueillis par le narrateur, son ami Andrew et la mystérieuse et déroutante Zsuzsa, que les souvenirs d'enfance que vient raviver Emile à travers ses révélations à la fois sombres et émouvantes.
Il y a dans ce roman comme d'un côté la virginité blanche des paysages, de l'autre la noirceur ignoble d'une terrible conspuation, au mileu de laquelle l'amnésie est survie.


Voir aussi la présentation de l'éditeur.
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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 11:24
La Vénus d'Ille et autres nouvelles - Prosper Mérimée - LIBRIO n° 236



4e de couverture : "Une beauté merveilleuse... Un corps parfait, des contours si purs, des formes exquises et voluptueuses. Mais un visage... Un visage où l'incroyable beauté le dispute au dédain, à l'ironie, à la froide cruauté... C'est Vénus sortie de terre, l'idole redoutable et magnifique. Eternelle. Fascinante.

A quoi songeait l'impétueux jeune homme en lui passant l'anneau nuptial ? Le malheureux ! Quel infernal hymen vient-il de sceller ? Car c'est elle l'épousée. Elle qui viendra réclamer son dû le soir des noces !

Le sage se moque des visions et des apparitions surnaturelles. Le raisonneur fait fi des mises en garde, il se rit de prétendus fantômes et des récits à dresser les cheveux sur la tête. Quelle erreur ! Quelle redoutable erreur..."


Mon appréciation : c'est à travers "Colomba" de Prosper Mérimée (1803 -1870), que j'ai découvert pour la première fois - il y a longtemps ! - le genre de la Nouvelle, que j'aime promouvoir car il exige beaucoup de rigueur et de mâtrise.
Je me souviens tout particulièrement de cette atmosphère si bien possédante où plânait comme une menace ce mot "vendetta"... (vengeance en corse) !
Ce petit Librio donne accès, outre "La Vénus d'Ille", à 4 autres textes :
- Vision de Charles XI
- Il Viccolo di Madame Lucrezia
- la Perle de Tolède
- Federigo.

J'ai retrouvé avec plaisir un style dont ma mémoire est restée imprégnée et demeurant proche de notre époque, en me laissant aller à de véritables atmosphères travaillées dans chacune de ces nouvelles.

"Les fenêtres étaient fermées. Avant de me deshabiller, j'en ouvris une pour respirer l'air frais de la nuit délicieux après un long souper. En face était le Canigou, d'un aspect admirable en tout temps, mais qui me parut ce soir-là la plus belle montagne du monde, éclairé qu'il était par une lune resplendissante. Je demeurai quelques minutes à contempler sa silhouette merveilleuse, et j'allais fermer ma fenêtre, lorsque, baissant les yeux, j'aperçus la statue sur un piédestal à une vingtaine de toises de la maison. Elle était placée à l'angle d'une haie vive qui séparait un petit jardin d'un vaste carré parfaitement uni, qui, je l'appris plus tard, était le jeu de paume de la ville. Ce terrain, propriété de M. de Peyrehorade, avait été cédé par lui à la commune, sur les pressantes sollicications de son fils.
A la distance où j'étais, il m'était difficile de distinguer l'attitude de la statue ; je ne pouvais juger que de sa hauteur, qui me parut de six pieds environ. En ce moment deux polissons de la ville passaient sur le jeu de paume de la ville, assez près de la haie, sifflant le joli air du Roussillon : Montagnes régalades. Il s'arrêtèrent pour regarder la statue ; un d'eux l'apostropha même à haute voix. Il parlait catalan
..."

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 14:06

 

Voici le printemps qui revient avec le charme des roses.

Regarde leurs joues fraîches, et la plante amère de la tristesse sera déracinée de ton cœur.

(Les Ghazels – HAFIZ)

 

 

 Je vous salue, ô roses, étoiles solennelles. Roses, roses joyaux vivants de l’infini, bouches, seins, vagues âmes parfumées, larmes, baisers ! grains et pollen de lune, ô doux lotus sur les étangs de l’âme, je vous salue, étoiles solennelles.

(La prière des roses – F. GARCIA LORCA)

 

 

 J’ai voulu ce matin te rapporter des roses,

Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir…

Respires-en sur moi l’odorant souvenir…

(Les roses de Saadi – M. DESBORDES-VALMORE)



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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 15:32

 

 

Sans rimes ni raison

Ou peut-être est-ce parce que tu me dis

« Essaie encore, essaie très fort »,

Cela me donne le frisson…

 

 

Garder une contenance

Mais rougir en silence…

 

 

T’es mieux qu’un cocktail vitamines

Quand tu es là, j’ai toujours meilleure mine !

 

 

Être un prélude

Je veux être un prélude

Y a t-il jamais un achèvement à un prélude ?

 

Il me semble que jamais je ne parviendrai à l’épure

Au point de vie de ce qu’il y a de plus pur

Dans un amour entre deux êtres

Qui encore et encore ne font qu’apprendre à se connaître.

 

 

Qu’est-ce qui nous pousse ?

Qu’est-ce qui nous plie ?

Qu’est-ce que qu’on oublie ?

Qu’est-ce qui s’émousse ?

 

Si la tristesse découle de l’instant

Je voudrais tuer le temps !

 

 

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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 15:11
U-ne sou-ris ver-te - Renée HALLEZ - Editions du Bastberg - Polars régionaux


4ème de couverture :
"Une comptine enfantine bien innocente qui revient tel un leitmotiv, tout au long du roman... Une souris verte... comme une signature que dépose l'assassin sur le corps de ses victimes...
Quel point commun peut-il y avoir entre un restaurateur de Fréjus abattu devant la gare de Metz, un avocat alsacien tué en plein palais de justice de Strasbourg, le directeur départemental des archives de la Moselle descendu sur son lieu de travail, des magistrats lorrains froidement abbatus à Metz ou Genève ?
La réponse ne viendra qu'après une patiente enquête de l'ex-commissaire principal Françoise Poisson, devenue agent d'enquêtes privées.
Et derrière l'intrigue, des questions. En particulier, quelles peuvent être les conséquences du non-dit familial, tant sur le plan individuel que collectif ?

L'auteur : Renée HALLEZ est originaire du Pas-de-Calais, après avoir vécu dans le Nord, en région parisienne et en Lorraine,elle s'est installée à Strasbourg depuis plus de 25 ans. Chargée de mission dans une grande collectivité territoriale, avocate, actuellement cadre au Ministère des Finances, elle cultive chiffres et mots.
"U-ne sou-ris ver-te", qui est sont 3e roman, est un polar se déroulant en Lorraine et en Alsace.
Renée HALLEZ vient d'obtenir pour ce roman le prix du roman policier du Centre européen de promotion des arts et lettres (CEPAL).

Mon appréciation :des redondances dans l'histoire et des dialogues parfois mièvres. Néanmoins, l'intrigue, quant à elle, est construite avec habileté et happe rapidement l'intérêt du lecteur.
On apprécie d'entrer dans les coulisses judiciaires pour suivre ses acteurs.
En fin d'ouvrage, l'auteur soumet à la réflexion individuelle plusieurs questions intéressantes :

"Suffit-il d'un procès pour apporter à une famille la sérénité attendue ?
"Où est la vérité, avec un grand V majuscule, celle qui répond à toutes les questions de manière absolue ? Celle qui satisfait à la fois les policiers, les juges, les jurés, les parties civiles, les auteurs des actes jugés et même la presse et le public ? ... Il y a quasiment autant de vérités que de parties prenantes à un procès. Parce que la Justice relève de l'humain et que l'humain est soumis à la fois à la contingence et à la nécessité. Parce que chaque être humain aborde le procès avec ses propres exigences et ses propres limites...
Qui est vraiment gagnant dans la réparation ?...
Que sait-on vraiment des pensées les plus intimes des autres ? Quelles certitudes avoir dans les rapports à l'autre ?..."

Soulevant débats, ces pensées m'incitent à suivre avec intérêt  l'évolution de cet auteur.

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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 11:57

 

 




O
n est si peu à la hauteur de ses idéaux

On voit toujours tous les autres bien plus hauts

On n'est jamais son propre moteur

On n'est souvent, au fond, pour soi, au fond de soi, qu’un... visiteur


 

 

 

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 11:23

Marine TSVETAEVA, ma mère - Ariadna EFRON - Traduit du russe par Simone GOBLOT - Editions des Syrtes



Présentation de l'éditeur :  "Fille de Marina Tsvetaeva, Ariadna Efron semble avoir compris dès sa prime enfance la singularité de la grande poétesse russe et la valeur de sa poésie. « Lectrice absolue », confidente et complice, elle semble vouloir la faire revivre ou, du moins, l’empêcher de disparaître. « Très bientôt elle prendra sa place, une très grande place, dans la littérature soviétique, dans la littérature russe ; et je dois contribuer à cela, parce qu’il n’y a personne au monde qui la connaissait mieux que moi. », écrira-t-elle plus tard. Marina Tsvetaeva, ma mère rassemble des souvenirs de la petite fille puis de l’adolescente à travers les errances de sa mère. C’est une Tsvetaeva prise dans la vie de tous les jours, celle qui consiste à trouver de quoi manger, de quoi se chauffer, de quoi se vêtir. Ariadna assiste à son travail, à ses rites, à ses habitudes, à ses angoisses face à la création, à la poésie. Elle évoque des bouleversements incessants, des changements de domicile comme de pays ; les villes, les maisons et les gens se succèdent et se superposent. Elle balaie les ombres qui planent sur le personnage de Marina, décrit des périodes et des rencontres, traque les gestes, les regards, les réactions. C’est aussi toute une Russie sur le point de devenir URSS que nous dévoile Ariadna Efron, animée par certains des plus grands esprits de l’époque, intellectuels et artistes : un milieu incroyable, un peu irréel, dans lequel la fille de Marina Tsvetaeva a baigné si longtemps. Et le portrait qui ressort de ces pages est à l’image de leur relation : tendre, complice, admiratif mais sans l’ombre d’une concession. Un livre essentiel pour une connaissance intime de Marina Tsvetaeva.
Biographie
Née à Moscou en 1912, Ariadna Efron suivit ses parents en exil dès 1922, à Berlin, Prague puis Paris où elle passa une bonne partie de son adolescence, en fréquentant l’École du Louvre. En 1937, sous l’influence de son père Sergueï Efron, elle rentra en URSS. Arrêtée en 1939, elle fut condamnée à huit ans de « rééducation par le travail ». Libérée en 1947, elle fut de nouveau arrêtée puis déportée non loin du cercle polaire, pour être réhabilitée en 1955. Jusqu’à sa mort, en 1975, elle se consacra à la publication et à la diffusion de l’œuvre de Marina Tsvetaeva."


Au cours d'un précédent article , j'ai déjà évoqué avec vous cette auteure, que je considère comme majeure. 
Les éditions des Syrtes ont fait paraître conjointement récemment
Les Carnets (publiés sous la direction de Luba JURGENSON). Cet ouvrage représente 3 ans de labeur pour 3 personnes qui toutes ont convergé à faire, avec la densité d'informations récoltées, de l'utile vers notre époque dans l'objectif d'éclairer l'oeuvre de Marina TSVETAEVA. Cet ouvrage prend de ce fait une valeur testimoniale.

 



A travers ces deux ouvrages, il nous est donné le privilège d'entrer dans l'intimité de Marina TSVETAEVA.
Avec talent , Ariadna EFRON, nous entraîne dans l'univers qui fut le sien, auprès de sa mère. Il y a lieu de saluer son dévouement à faire perdurer à la fois la femme, l'écrivain, l'oeuvre et le destin à travers le temps passé pour permettre à la modernité de mesurer toute la dimension de Marina.
Parce qu'un auteur est à la fois sa vie et son oeuvre et que l'un ne va pas sans l'autre, c'est avec un grand respect qu'on découvre peu à peu tout ce qui fit vibrer et trembler Marina.
Je vous confesse qu'elle me subjugue et m'emporte très loin.
Elle me touche directement et me prend à témoin au coeur même de ses tourments quotidiens et de ceux de son époque. Ses passions sont poignantes. Son intransigeance n'a d'égale que sa transcendance poétique.
Elle est force et génie. Ses mots sont puissants et impérieux.

Malgré la fin tragique de son destin, qui a croisé Marina TSVETAEVA, même disparue, en portera à jamais l'empreinte. 

 

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 14:43

 

 

 

 

« …Car la poésie ne s’adresse pas seulement au sujet de telle monarchie, au sénateur de telle oligarchie, au citoyen de telle république, au natif de telle nation ; elle s’adresse à l’homme, à l’homme tout entier. À l’adolescent, elle parle de l’amour ; au père, de la famille ; au vieillard, du passé ; et, quoi qu’on fasse, qu’elles que soient les révolutions futures, soit qu’elles prennent les sociétés caduques aux entrailles, soit qu’elles leur écorchent seulement l’épiderme, à travers tous les changements politiques possibles, il y aura toujours des enfants, des mères, des jeunes filles, des vieillards ; des hommes enfin, qui aimeront, qui se réjouiront, qui souffriront. C’est à eux que va la poésie. Les révolutions, ces glorieux changements d’âge de l’humanité, les révolutions transforment tout, excepté le cœur humain. Le cœur humain est comme la terre ; on peut semer, on peut planter, on peut bâtir ce qu’on veut à sa surface ; mais il n’en continuera pas moins à produire ses verdures, ses fleurs, ses fruits naturels ; mais jamais pioches ni sondes ne le troubleront à de certaines profondeurs ; mais, de même qu’elle sera toujours sera toujours la terre, il sera toujours le cœur humain : la base de l’art, comme elle de la nature.

Pour que l’art fût détruit, il faudrait donc commencer par détruire le cœur humain… »

 

Victor HUGO – Les feuilles d’automne

Paris 20 novembre 1831)  

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