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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 10:58
  
 
Le ramoneur

 

Un homme sans visage dont on ne distinguait que deux yeux sous un masque de suie. Son hérisson sur l’épaule.

 

Tapie sous la table en formica rouge de la cuisine, je me tenais coite, silencieuse, sur le qui-vive, serrant mes manches au plus près de mon corps frémissant.

 

Dans l’appartement, il évoluait comme une ombre dans son costume foncièrement noir. L’odeur enfumée qu’il répandait sur son passage et qui persistait à flotter quelques heures après son départ…

 

 

 

En grandissant, je ne me suis réconciliée avec ce métier. J’appris qu’il portait bonheur de croiser un ramoneur.

 

C’est avec un tendre sourire pour la petite fille que j’étais qu’aujourd’hui j’ai salué de la main le ramoneur qui passait à côté de ma voiture, perché sur un vieux Solex dont il maintenait le guidon d’une main tandis que son autre bras maintenait au plus près de lui une échelle de bois. Cette vision au XXIe siècle me parut presque surannée mais me réconcilia avec ma terreur enfantine.

 

 

 

Croiser le ramoneur porte bonheur. Cette croyance me mit de bonne humeur. La première manière d’accueillir le bonheur ne réside-t-elle pas justement dans notrecapacité à nous  mettre en joie ?

 

 

 

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Published by Marianne - dans entremotsetvous
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commentaires

last irokoi 25/07/2010 19:43



Bonsoir,


 


Très beau texte que celui là...


 


Toujours en mémoire que le héros dans "Mary Poppins est au début du film ramoneur justement...


J adore ce film acr il est naif et plein de bonheur justement...


 


Très bonne semaine... Bientôt les vacances ou en cours ou déja fait?


 


Très cordialement


 


L.Irokoi



Marianne 01/08/2010 12:37



ah mais oui, c'est vrai ce que tu me remémores là !!  J'avais totalement oublié cet homme-orchestre ramoneur !


J'avais adoré la fraîcheur de ce film musical. Merci pour ce retour à mon âge tendre ! C'est plaisant.


Pas de vacances non. Je suis en recherche d'emploi. Mais j'ai pu m'évader quelques jours en Avignon tout récemment.


 


Bises et bon dimanche.



aimela 15/07/2010 10:34



Contente que tu n'ais plus peur du ramoneur, j'en voyais moi aussi petite, venir  chez mes grands parents, ils ne m'ont jamais fait peur, j'étais plus intiguée qu'autre chose  de
voir  2 yeux brillants dans un visages tout noir. J'ignorais que  croiser un ramoneur portait bonheur



Marianne 15/07/2010 14:49



donc, si tu vois un ramoneur désormais... tu ne verras pas de maux dans sa couleur noire, mais le bonheur à ta rencontre. (clin d'oeil à ton article).


Bises



Sophie 14/07/2010 10:28



C'est si juste, Marianne... Le bonheur est d'abord un état d'esprit, c'est ouvrir les yeux sur ce qu'on a, sortir de ses obsessions, foucades et tourments intimes. Les choses sont belles parce
que nous les désirons, nous ne les désirons pas parce qu'elles sont belles, écrivait Spinoza.


Bises amicales



Marianne 15/07/2010 14:46



merci de suppléer par la citation de Spinoza et votre propre point de vue à ma réflexion !


amitié


 


 



Viviane 12/07/2010 08:38



Je n'ai jamais rencontré de ramoneur, il n'y avait de cheminée en Afrique et celles de notre maison de France était ramonées par mon père et mon grand père. mais il est un corps de métier qui
suscitait chez moi la même crainte: le rémouleur qui venait aussi bien dans les pays d'Afrique que dans notre campagne landaise affuter les couteaux. Même machine, même bruit, même travail sur ce
qui blesse, même arrivée en catimini. L'enfant fantasme et c'est ainsi qu'il se construit...



Marianne 12/07/2010 12:07



Oh oui le rémouleur, je me souviens qu'il en passait un dans les rues et on l'entendait s'annoncer en alsacien quand j'étais chez ma grand mère !


Ayant déménagé vers l'âge de 3 ans du petit immeuble où venait le ramoneur, je n'ai vécu ces épisodes de terreur enfantine que dans les premières années de ma vie. Tu me l'apprends qu'on peut
ramoner une cheminée soi-même. On peut féliciter ton père et ton grand-père d'avoir su faire cette tâche délicate !


Je m'en viens de chez toi. Je te lis en silence, selon ton souhait.


Je t'embrasse.



liedich 08/07/2010 23:08



Bonjour Brillance,


et merci de ce clin d'oeil à un métier que j'ai toujours respecté sans la moindre peur mais avec la reconnaissance d'un bien drôle de métier. tU viens de m'offrir l'odeur du feu froid, si fort si
tu savais. Un parfum s'il en est qui est des plus indéfinissables un peu comme le fer froid.


J'aime que tu sois réconcilié avec ce souvenir qui te gênait semble t il. Ah ces enfants, ces petites filles et garçons qui font des montagnes puis savent en rire plus tard.


Quant à ta définition du bonheur, oui, simple, si simple que je prends.


Que ta nuit soit douce, Brillance. A SI BIENTÖT.



Marianne 12/07/2010 12:15



une amie plus âgée de 10 ans, me disait un jour que plus on avance en âge plus on se souvient... J'ai probablement commencé cet âge-là puisque me viennent maintenant des souvenirs d'enfance.
(sourire)


Non, je blague ! En fait, ce texte m'est arrivé après que j'ai lu un extrait de texte d'un auteur qui relatait des terreurs enfantines. Et c'est la peur du ramoneur qui m'est remontée alors et
dont en effet je peux sourire aujourd'hui avec tendresse pour la petite fille que j'étais.


Rayonnante journée à toi, Liedich.