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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 21:20

 

 

( source image : http://unusmundus.free.fr/photos/P1000928.jpg )

desert.jpg

 

 

C’était écrit ? Vraiment ?

Au début, tu l’as cru. Comme tout le monde.

L’existence se résume à un nom, un prénom, une date de début et de fin, gravés dans le marbre et pour l’éternité.

Dans cent ans, personne ne saura plus qui fut celui auquel se rapportent ces informations.

Car c’est bien tout ce que ça représentera pour cet inconnu qui passera là, dans ce cimetière entretenu et fleuri, chatoyant d’espèces artificielles.

Ce qui restera écrit sur ta tombe ne lui dira presque rien de ta vie.

 

Après cette amère réflexion, tu rentres chez toi. Tu t’empares d’une feuille. Blanche, comme l’angoisse. Tu te dépêches d’y retracer ton existence. Tu y consacres plusieurs jours.

 

Mais au bout de toutes ces heures, en relisant, muet, tes mots, tu ne reconnaîtras pas vraiment celui qui est conté dans ces lignes. Une biographie, tout au plus. Bien sûr, on en saura un peu plus que ce qui sera gravé dans le marbre, mais celui qui voudra bien lire tes phrases ne saurait prétendre te connaître. Ce ne sera toujours qu’une esquisse de toi. Ta lignée, l’endroit où tu as grandi, les écoles que tu as fréquentées, les réussites, les diplômes, la listes des emplois occupés, les villes où tu as habité, les personnes que tu as rencontrées.

 

Toi, tu sais que toutes ces choses ne disent que très peu d’un homme. Il faudrait aller plus loin encore. Gratter davantage. Car ce qui fait qu’un homme est un homme, ce ne sont pas ses faits, mais ses émotions intérieures.

 

Tu songes alors qu’il faut aller plus en profondeur.

Assis, tout seul, dans le silence, tu commenceras à ouvrir les portes de ton âme. Tu chercheras quel mot sera le plus approprié et le plus juste pour dire tes rêves, tes idéaux, tes blessures, tes exaltations, toutes ces choses indicibles qui suscitent ton être. Multitude d’indicibles…

 

 Sourires, regards, mains enlacées, baisers brûlants, fourmillements d’attente, rires clairs, larmes d’un autre, musiques, étés odorants, oiseaux chantants, matins symbioses, parfums de la terre après un orage, floraisons, roses inclinées, colorées, enivrantes, flammes de bougie, cet ami qui revient, une voix qui vibre en trémolos plaintifs, un chien au corps doux et ses yeux qui te parlent de sa tendresse, une présence pleine qui vaque à ses occupations près de toi, quelqu’un au loin qui lit tout seul dans un jardin, l’histoire de celui qui triomphe de l’adversité, le murmure des pages d’un livre, l’amitié complice, l’amour, l’amour, l’amour…

 

Epuisé de cet inventaire, tu trouves pourtant ce portrait décidément toujours incomplet. On s’en approche, certes, mais non, ce n’est toujours pas toi. Pas toi complètement.

 

Plus tu écriras, plus tu t’en approcheras, te persuades-tu.

Même, même si tu réalises un soir que jamais, jamais tu n’atteindras l’ultime homme de ton intériorité. Non, car sans cesse cet homme évolue, se transforme. Mouvance des événements, rencontres qui bouleversent, expériences qui chamboulent, désillusions…

 

L’homme en toi, tu t’en rends maintenant compte, est… non fini, infini…

 

C’est écrit partout mais tu ne l’avais jamais compris. Dans l’infinitude, tu ne voyais que les limites de ta finitude.

 

Tu conclus ta dernière page par quelques points de suspension.

 

Rien n’est jamais écrit car tout reste imparfait.

Ta finitude elle-même est imparfaite…

 

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Published by Marianne - dans de l'écriture
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commentaires

Sophiec 30/06/2011 09:23



Chère Marianne, comme je souscris à ces mots d'infinis, et de tendresse pour l'humain... Je m'interroge aussi parfois, dans un cimetière, sur ces vies passées, dont il ne reste qu'un nom frais ou
à demi-effacé, sur une pierre rectangulaire. Vaine entreprise qui voudrait toutes les écrire; rêve fou que de laisser une petite trace de ce qu'on est. Grandeur et misère de notre condition...


Seulement vivre alors, le temps qu'on est ici, et non survivre dans l'attente et l'espoir vain d'on ne sait quoi...


je t'embrasse fort, mon amie sage.



Marianne 05/07/2011 21:46



ça me parle fort ce que tu laisses dans tes points de suspension !


Je ne sais pas si c'est mon état d'esprit qui prend une tangente basse, mais il me paraît ces derniers mois que l'on évoque beaucoup sur la toile, dans les livres et les émissions, de survie
plutôt de de belle vie...


Je réponds bientôt à ton mail.


D'ici je t'envoie de tendres bises.



naline 26/06/2011 10:31



Des mots bien joliment écrits... qui me parlent beaucoup.
Beau dimanche !



Marianne 05/07/2011 21:42



Bienvenue Naline ! C'est toujours plaisant de voir une nouvelle amoureuse des mots passer la tête pour emporter quelques bribes pour sa route.


Toute douce soirée à vous !



La Lutinière 25/06/2011 11:26



 Bienvenue à toi dans ma communauté "Passeurs d'espoirs" !



Marianne 25/06/2011 13:37



Merci pour m'accorder le plaisir de vous rejoindre !  :-)



Jean-Paul 23/06/2011 21:49



Et oui, c'est terrible comme constat. On n'est rien pour les autres (tout au moins dans le temps et l'espace lointains). On est tout à soi même, dans l'instant, et pour quelques autres dans une
sphère temporelle et spatiale relativement réduite. Tous ce qu'on vit a déja été vécu. Tous ce qu'on a écrit a déja été écrit. Enfin presque, pas tout à fait. On est à la fois différents, et
semblables à nos milliards de compagnons humains. Comme les milliards de grains de sable ou d'étoiles. On est à la fois semblables et différents des autres qui vivent et que l'on cotoie, ou ceux
dont on se rapproche dans le temps ou dans l'espace, par la lecture (comme vous Marianne et vos lecteurs !)
Il faut être modeste, se dire qu'au dela de notre individualité, on est un esprit humain. Résilient dans l'espace et dans le temps. Ce qui me fait plaisir, fait plaisir a d'autres en même temps,
ou a fait plaisir un temps. Ce qui me fait mal aussi. Même si je n'ai pas de descendance, avec des gênes et une partie de moi qui continue à vivre, comme un arbre dont les feuilles meurent, j'ai
une influence si minime soit elle sur mes proches, et celle ci restera marquée dans le vivant, infime trace anonyme, mais plus active qu'un nom gravé sur une tombe.
Pour le temps qui nous reste, en fait d'une certaine manière il est infini aussi. Le temps fini, c'est celui qu'on peut compter, jusqu'à la fin. Je dois partir en voyage à telle date, il me reste
1 mois, 3 jours ... ca y est, c'est passé (et c'est terrible). Mais on ne peut pas compter comme ca avec la mort. On n'en connait pas l'instant. On ne peut que l'estimer, mais nos lèvres ne
donneront jamais le compte final. L'éternité est comme une droite infinie. La vie comme une droite finie, mais dont on ne voit jamais la fin. Y a t'il tant de différence ?
La mort est douloureuse pour ceux qui restent, pas pour ceux qui sont partis (enfin peut être pas).
C'est facile de dire ça comme un philosophe, qui se regarde de l'exterieur, mais ca soulage peut être un peu.



Marianne 25/06/2011 18:02



Cher Jean-Paul, merci pour ces lignes. Elles me touchent beaucoup.


Semblables et différents... oui, et je dirais que la similitude apparaît justement quand chacun prend conscience que nous partirons tous un jour. J'ai remarqué que c'est lorsqu'on en prend
clairement conscience qu'on devient plus tolérant pour son prochain et que s'ouvre alors la perspective d'une unité globale tandis que nous nous efforçons tant de déterminer notre identité
propre.


J'aime beaucoup votre état d'esprit, Jean-Paul. Et notamment pour la modestie que nous devons tous exercer en nous-mêmes.


La résilience, un autre thème qui m'impressionne quand j'écoute l'histoire et les témoignages des personnes qui nous les partagent. L'influence, infime,oui. Elle passe par la transmission, je
dirais. Pas forcément filiale, et souvent plus marquante justement quand elle est extra-filiale (ou parentale).


La consolation, ça aide à supporter parfois l'insupportable. Ma fille et moi avons eu à aborder ce sujet cette semaine tandis qu'elle se révoltait contre le sort qui accidentellement vient d'ôter
une mère à deux filles (dont l'une en tant que mère d'accueil, alors que va devenir cette petite ?). La révolte, ça aide aussi devant l'inconcevable d'une telle situation. Et je la comprends à
son âge, elle qui - le reconnaissant devant moi - n'a pas encore eu à se confronter à la mort d'une personne aimée. Quoi dire alors, sinon, que la vie est précieuse à tout instant et que nous
l'oublions tellement.


Merci pour votre amitié, Jean-Paul.



Luna 22/06/2011 08:31



Woaw !


C'est très joli ! *impressionnée*


 


Merci d'être passée :)



Marianne 25/06/2011 18:04



c'est amusant que tu écrives impressionnée entre guillemet comme pour mieux souligner le caractère écrit. C'est gentil aussi d'être venue.


Doux week-end, Luna (j'aime beaucoup ce nom).


Amitié