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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 21:00
  JB-PONTALIS-1.4.2010.JPG 

« Ce livre fait écho à En marge des jours. Comme lui, il est composé de fragments, comme lui il a trouvé son point de départ dans de brèves notes que j’inscris parfois dans mon Cahier privé. Mais ici sont évoqués ce que Victor Hugo dans "Choses vues" appelait des événements de la nuit : des rêves qui redonnent vie aux amis disparus, des rencontres qui, même si elles ont lieu le jour, ont quelque chose d’insolite, des moments d’inquiétante étrangeté où notre identité vacille, ou encore ceux où l’on se demande : "Qu’est-ce que je fais là ? " La présence de la mort à venir va de pair avec l’attrait pour la vie, avec l’inlassable curiosité qui anime l’enfant avide d’explorer ce qui l’entoure. à cet enfant je donne un nom : Alice. »

Jeune homme, J.-B. Pontalis se destine à la philosophie. Il a Sartre pour professeur et continue à le fréquenter au Flore et à La revue des Temps modernes, mais son chemin croise celui de Lacan, et le jeune agrégé entame une psychanalyse.
Il devient une figure essentielle du mouvement psychanalytique français en participant à la fondation de l’Association française de psychanalyse puis en créant La Nouvelle revue de psychanalyse.
Par ailleurs, il est l’auteur, avec Jean Laplanche, du fameux Vocabulaire de la psychanalyse.
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CONVERSATION avec J.-B. Pontalis du 1er avril 2010 à  la librairie Kléber de Strasbourg. Rencontre animée par Isabelle Baladine Howald, poète, libraire et Daniel Lemler, psychanalyste. »

 

Vient de paraître : En marge des nuits (Gallimard).

 

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 Il n'a jamais écrit de journal mais "ses carnets privés" recèlent des passages dont J.P. PONTALIS nous dévoile plusieurs extraits.

 

 

Interrogé sur le songe et le rêve, il expose que le songe permet peut-être une traversée des apparences, à notre insue. "Un message venu d'un autre monde qui se prête moins à l'interprétation qu'un rêve. Le monde du songe illumine. Dans les rêves, il y a souvent une telle intensité des images que ces formes de soi qui y sont représentées ont une présence quasi hallucinatoire."

 

J.B. PONTALIS cite le sonnet 43 de Shakespeare  : "je ferme les yeux pour regarder le monde".

 

  

 

Daniel LEMLER, lui-même psychanalyste, assis à ses côtés, avoue avoir lu ce livre comme on reçoit les confidences d'un aîné. "Avec les nuits, on touche aux ténèbres" souligne-t-il. "Le travail du rêve et le travail de la mort"...

 

Le travail du rêve, c'est l'inconscient à l'oeuvre que nous apprivoisons.

 

 

J.B. PONTALIS différencie le rêve du cauchemar. Il prend son livre entre ses mains et sa voix s'élève dans le silence de l'assemblée présente : "Quand la nuit cesse d'être romantique (chap 14): "Michaux : La nuit remue. Elle remue les images, elle remue la mémoire, elle met à mal la logique, elle bouscule la pensée en la libérant de son arrimage à la réalité que nous impose le jour et à laquelle tant bien que mal nous consentons à nous soumettre...."

 

 

Enchaînant sur les "rêves concentrationnaires", J.B. PONTALIS constate qu'au coeur de la tourmente des camps de concentration, les rêves des prisonniers furent des rêves de faim, de retour à la maison (annonciateur de la mort). Méfiance face aux rêves de salut !

 

  

 

Quant à l'écriture de J.B. PONTALIS, sur laquelle l'interroge Isabelle Baladine Howald , le psychanalyste appelle Anna de NOAILLES : "j'écris pour le jour où je ne serai plus".

"En marge des nuits" ne révèle rien de privé mais donne néanmoins à voir de l'intimité de son auteur. Il plaît à cet homme de plume de "créer un espace tout à fait particulier où son intimité résonne comme l'intimité d'un autre". Cela revient à dire aux autres "eh j'existe !" . "On écrit pour exister, pour être reconnu. On n'existe que parce que les autres nous font exister."

 

  

 

Ce livre est entre le rêve et la réalité, entre la nuit et le jour, entre la vie et la mort. 

 

Le chapitre 39 évoque un homme en dépression sévère. J.B. PONTALIS en fait lecture

 

"Tu devrais m'inviter dans un lieu où je ne sois pas" y suggère le dépressif à son frère désireux de l'inviter en vacances. Ici, comprendre que ce que désire le malade, c'est "d'être en vacances de soi"...

 

  

 

JE et MOI, J.B. PONTALIS tient réellement à les distinguer. "Ego scriptor" (chap 28) : "je perçois... une opposition plus qu'une différence, entre "je" et "moi". Bien que les travaux de LACAN et ceux de SARTRE aient précédé cette vision de PONTALIS, une illumination nocturne a forgée en lui une certitude : "je suis convaincu qu'en m'accrochant à ce qui oppose "je" et "moi", je suisau plus près de ce que peut représenter pour certains l'acte d'écrire. Je pense à LEIRIS, je pense aux Cahiers de VALERY... l'opposé d'un journal comme celui que pendant des années a tenu son ami GIDE, rien d'intime, pas de confidences, nulle météorologie de l'âme, pas de bulletin de santé. Non, VALERY ne se regarde pas, il laisse venir les pensées qui jaillissent comme des fusées et, vite, il les inscrit avant qu'elles ne disparaissent. Ce sont des pensées étranges, obscures même à ses yeux. D'où viennent-elles ? De la nuit, et alors à l'aube dans le silence tout autour, dans l'impatience, il note, pas question de différer. Le temps viendra bien assez tôt où il lui faudra se soumettre à l'ordre des discours, communiquer, se rendre intelligible.

 

Entre la nuit et le jour Ego scriptor. Je écrit. Je parle, quand, se croyant absent de sa parole, il parle enfin pour de vrai. 

 

J'y tiens tant à cette différence entre écrire sur soi et s'écrire que j'ai avancé, ici et là, le terme d'autographie. L'autographie n'est pas un genre littéraire comme le journal intime, les Mémoires, l'autobiographie, l'autoportrait. A mes yeux elle est à la fois la source et la finalité de l'acte d'écrire". 

L'idée, celle qui surgit dans cet état hors temps et hors logique, cette idée qui tombe, est assimilable à un événement pour J.B. PONTALIS, désireuxs de remonter jusqu'à la prime source de la pensée.

  

 

Dans cette lenteur du songe, dans la déconcertation qu'engendre le rêve, tous les temps se mêlent, se conjuguent, se rejoignent. Tous les âges de la vie peuvent surgir dans le rêve. C'est un autre espace ("l'espace du rêve... si cher à CHENG).

 

Mais, JB PONTALIS  l'avoue : "rêver parfois me fatigue". Son activité onirique est si rapide, les événements s'y succèdent si vite...

 

"La psyché est étendue" constatait FREUD. Or, le travail de l'analyste - tel un pédiatre établissant son diagnostic via la palpation de l'enfant encore incapable de dire son mal - consiste à palper la psyché, car il n'y a pas que les paroles !

 

C'est avec émotion dans la voix que PONTALIS révèle au final qui est cette Alice à laquelle est dédié son livre : sa petite-fille, en pleine naissance du langage tenant des conversations avec son grand-père, lui, l'homme de 84 ans à l'autre bout de l'expérience du langage ou des mots.

 

  

 

  

 

 

 

 

 

 

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Published by Marianne - dans Les auteurs en live
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commentaires

Dane 27/04/2010 14:13



Merci Marianne pour cette re décpuverte....ça me donne envie de me plonger miais avec un autre regard dans ses oeuvres.


Bises vers toi



aimela 14/04/2010 21:47



Je suis passée, j'ai lu mais je n'ai pas tout compris , désolée. Passe une bonne soirée . Bises



Marianne 16/04/2010 20:45



Désolée de n'avoir pas su être suffisamment claire. Ta remarque m'interpelle. Cet article dessert-il le livre ? Ceci me gênerait pour son auteur. Cela irait à l'encontre de mon désir profond
d'encourager et faire connaître les auteurs et leurs écrits. Je dosi y réfléchir.


Merci d'avoir laissé ton impression.


Je te souhaite une belle soirée.



liedich 13/04/2010 08:41



 


Bonjour Brillance,


Un beau travail de présentation qui rend bien attachant cet Homme. Il faudrait échange bien longuement à ce propos. Je ne puis que persister et signer même si parler me ferait progresser.


Le
rêve n'existe pas,
Il n'est qu'un pas vers la réalité.
La réalité n'existe pas,
Elle n'est qu'un pas vers demain.
Et demain ne vaut que par aujourd'hui.Carpe
diem.


 


 
Rêver,
c'est... devenir conscient de son inconscient,
vivre avec lui quelque instant puis l'oublier inconsciemment.


 


iL EST l'heure pour moi d'aller me recoucher. Le jour se lêve, la magie est partie.


Douceur à Toi.



Marianne 14/04/2010 21:15



Peut-être est-ce parce que nous rêvons que la réalité se rend impalpable !


Ou bien est-ce parce que la réalité, si impalpable, nous rend incertains, que nous préférons la plongée dans le rêve pour comprendre - sans dommage -  l'étendue des possibles ? 


J'ai sursauté en lisant d'abord "Le rêve n'existe pas"". J'aime mieux la conception du pas que permet le rêve vers la réalisation ! Sa propre réalisation... Ce qui rend à l'espoir son rôle moteur
de mouvement vers demain. Oui, je te reçois pleinement lorsque tu écris "Et demain ne vaut que par aujourd'hui".


Quant à l'oubli, c'est un autre thème de réflexion pesonnelle que je creuse encore !


T'embrasse bien fort, sans oublier de te remercier de ces lignes de toi.


 



Viviane 10/04/2010 09:49



Superbe article pour un superbe écrivain qui tient une place de choix dans ma bibliothèque.En marge des jours, L'enfant des limbes, L'amour des commencements, Ce temps qui ne passe pas... autant
d'ouvrages qui ont jalonné ma propre quête et dont, curieusement, la voix si singulière de l'auteur a su m'écouter...



Marianne 14/04/2010 20:58



D'autant plus ravie, alors, de t'offrir ces quelques lignes complémentaires retraçant une belle rencontre dont il se dégage quelque chose au-delà des simples mots (qui n'ont pas su me venir
lorsque je me suis avancée en face de lui lors des signatures).