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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 22:44

                  Apprendre à écrire …


 

 Quand donc  ai-je vraiment commencé ? De quelle manière ?

 Etait-ce à l’école, en traçant pour la première fois mon prénom ?
 En dessinant ce M  majuscule qui me fit saisir la grandeur de certaines écritures ?
 Ou plutôt en lisant ces romans dont le titre conserve l'empreinte depuis toujours dans ma mémoire :

-  La case de l’oncle Tom  de Harriet Beecher Stowe

-  Quentin Durward   de Sir Walter Scott

-  Les Misérables de Victor Hugo,

- Les Quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott

- Qu'elle était verte ma vallée de Richard Llewellyn

-  Michel Strogoff, La Jangada, Voyage au centre de la terre, Vingt mille lieues sous les  mers,... de Jules Verne ?

Tous ces livres représentent , savez-vous, des cadeaux de Noël ou d’anniversaire.
Ils me furent offerts par ma marraine ainsi que par mes parents.
Ma famille m’a-t-elle indirectement envoyé un message sous-jacent ?
Leurs cadeaux ont-ils fait surgir ou orienté mes aspirations ?

 

Je me souviens d’un déclic cependant.
J’avais 11 ans. Au collège, un devoir scolaire à la suite de la lecture d’un poème étudié en cours.  Notre professeur de français, Mme RINCK, nous avait demandé d’écrire à notre tour un poème dont le thème serait  « La mer ». 
Je connaissais déjà la chanson de Charles TRENET et point n’était question de paraphraser un tel succès.  Néanmoins, je sentais que cette chanson pouvait m’imprégner suffisamment pour m’inspirer mes mots.


Ce poème n’est plus en ma possession aujourd’hui. Il s'agissait d'un "devoir" et comme tel il a valsé à la poubelle dès la rentrée scolaire suivante ! Toutefois, la note décrochée et les compliments du professeur me firent comprendre quelque chose d’important : j’étais capable d’écrire moi aussi !

Non pas en alignant des lignes manuscrites avec application, mais écrire en se faisant assembleur de mots, d’images, d'histoires, et inventeur de musicalité. J’avais vécu pour la première fois que j’étais capable de toucher la sensibilité intérieure d’une personne à travers ce geste intime d’écriture. L’écriture avait donc quelque chose à voir avec l’offrande !

 

Autre chose importante.  Une confidence.  Quelque chose que je n’ai raconté qu’à  de rares amis.


C’était un dimanche. Mes parents, mes frère et sœur et moi, regardions ensemble en famille les programmes de Jacques MARTIN.  Pas un temps à se promener dehors. Mes pensées s’évadaient régulièrement par la fenêtre du 6e étage de l’immeuble de la cité où nous habitions. Le ciel tout en nuage était tourmenté, jaunâtre, menaçant.  Un ciel de grêle.  Je contemplais pourtant ce tableau sereinement, en rêvassant. Je songeais à mon avenir. C’est alors que surgit LA certitude ! Ce n’était pas une voix, ce n’était pas une parole, mais comme un impératif : « tu seras écrivain ».  J’en fus saisie ! D’où m’étaient parvenues ces paroles ?  Une immense joie intérieure me submergea  aussitôt, comme si concomitamment à  ces trois mots une radiation se propageait en moi !


C’est un épisode intime que la crainte du ridicule me fit taire durant des années.
C’est pourtant un élément absolument déterminant de mon parcours personnel.  Aujourd’hui encore, ils résonnent en moi chaque fois que je rejette ma valeur littéraire. Ces trois mots me transmettent la force de persévérer, de retrouver la ferveur, quand je trouve insuffisant le niveau qualitatif que je me fixe d’atteindre avant d’oser (oui, enfin oser !) soumettre mes écrits à une éditrice ou à un éditeur.

 
J’écrivais, déjà lorsque j’étais fillette - mais seulement par bribes -un journal. Il était mon confident. Je l’ai détruit.  Je le déplore aujourd’hui. Il contenait des bouts de mon enfance.  

Ecrire ma vie ne m'apparaissait pas être un travail littéraire. Je sais aujourd’hui que c’était une fausse idée. C’est ici que l’on aurait trouvé la plus grande sincérité, sans effet de style, sans recherche de sonorités. C’est ici que l’on aurait trouvé l’essence profonde des sentiments et pensées de mon enfance.


J’ai caressé longtemps  ce désir de DEVENIR écrivain.
A cause de ce futur si impératif : tu SERAS écrivain.
Cela signifiait pour moi que je ne l’étais pas encore et qu’il fallait d’abord me former afin d’ETRE un jour. Puis sont venus les conditionnels que je me suis imposée : tu seras écrivain PEUT ETRE.


J’ai forgé un futur en écrivant de tout sans jamais oublier le ton de l’impératif si puissant né dans mon enfance.


Puis j’ai rencontré il y a 5 ans une personne qui m'est unique et qui m'a beaucoup appris. 
Pour la première fois de ma vie, quand elle s'est adressée à moi, cette personne a employé un présent devant mes écrits : elle ne disait pas TU SERAS. Elle disait : « tu ES une écrivaine ».

Cela a fait toute la différence…  

Si vous me lisez aujourd’hui sur ce blog, c’est parce qu’elle ne s’est pas contentée de m’écouter parler de mon rêve. Elle m’a traité, elle m'a parlé, elle m'a fait travailler... comme une écrivaine. 

 
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 « Traitez les gens comme s’ils étaient ce qu’ils devraient être,
    et vous les aiderez ainsi à devenir ce qu’ils peuvent être ».
 
                                                                             (J.W. GOETHE)



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commentaires

claudie 05/04/2011 21:25



Oui tu es une excellente ecrivine je sais que tu as du talent je te l'ai toujours dit.


A+ Claudie



Marianne 06/04/2011 19:04



Bonjour Claudie,


Wow ! tu as le chic pour déterrer mes textes sur ce blog juste à propos !


Je te remercie pour tes encouragements et ton appréciation. Toi aussi tu as du talent. Ta peinture et puis ces petites choses que j'ai déjà vues... Persévère toi aussi ! Je t'encourage d'ici.


Je t'embrasse.



liedich 29/11/2009 13:19


Brillance, j'ai du mal. Je viens de te lire et toute cette certitude de  ton Etre me plait. Tout en me  disant mais : qu'est ce qu'un ecrivain ? Quant peut on le dire ? et qu'est ce que
cela amène ? Est ce une reconnaissance interne ou externe ? Je te lis et je comprends mais quel est le critère qui peut faire dire... rECOnnaissance ? Intuition personnelle ?
Dis tu veux bien m'aider...
mERci.
Douce journée.


30/11/2009 22:25


je te réponds dans ta boîte


Autobiographie 22/11/2009 23:59


Oui, dommage que ton journal d'enfant a été perdu mais ce que tunous dis sur ce désir d'écrire est intéressant. Bravo aussi à la personne qui t'a encouragé à écrire.
Traiter les gens comme ils devraient être! C'est bien cela! Merci de le rappeler.
(J'ai traité et encouragé Ariane de cette façon malgré mes mauvaises humeurs!)
Je t'embrasse,
Gigri


24/11/2009 22:25



On n'imagine pas l'impact de ce soutien mais il donne un véritable élan à l'écriture.
Bien sûr, elle participe à la levée de freins personnels et ouvre la réflexion sur le champ de liberté qu'offre l'écriture.
Si je vois tous ces cahiers que tu nous présentes d'Ariane, je suis dans l'admiration de ce qui animait ta fille au fond d'elle.
Je t'embrasse, moi aussi, Gigri



Roselyne 22/11/2009 22:16


J'aime beaucoup la citation de Goethe, si belle, si vraie. Pour ma part, j'écris depuis l'enfance. C'est un besoin pour moi, un exutoire souvent. Ouvrir mon blog a été un plaisir immense . Besoin
de partager ce qui me fait vibrer. Cependant, il y a des mots qui dorment au fond de moi, ce sont ceux que je censure par peur peut-être de blesser, ou de trop me dévoiler. Merci de ton partage.
Bonne nuit à toi.


24/11/2009 22:05


Oui, je comprends ce "besoin" et les réticences à dévoiler ce qui est au fond de soi, un peu comme un trésor caché qu'on ne voudrait partager à tout vent.
Dépasser ces réticences est un défi personnel peut-être.
Une importante réflexion sur la liberté de l'écrivain...
Tiens-moi au courant, si tu en as envie, de tes avancées.
Je m'en vais te lire...
Bonne inspiration à toi.



aimela 21/11/2009 15:23


Moi aussi j'écrivais et je cachais mon cahierde poésie, un jour ma mère est tombée dessus , elle a lu et m'a dit de continuer, ce fut un de ses seuls compliments de sa part. A l'époque, j'avais
arrêté net et je m'en veux aujourd'hui mais bon c'est la vie , là où elle est , elle doit être un peu fière de moi. Bises


22/11/2009 13:12


tu as arrêté parce que tu savais qu'on te lisait ? Par crainte que tes confidences écrites soient révélées ?
Cet encouragement maternel était précieux quelque tournure qu'ait pris ensuite ton écriture.
Au fond, tu as poursuivi, mais autrement.

Alors, à notre tour qui venons te lire, de t'encourager au nom de ta maman.
Bon dimanche, Aimela.
Je t'embrasse