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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 21:20
  



 
 Sauras-tu ? Sauras-tu, toi, faire face à l'incontournable besoin de solitude de l'écrivain, incapable de créer sans un entier et épais silence ?
C'est un paradoxe que de décrire ce qui vit et bouge en s'enfonçant passivement sur son siège ! Se laisser glisser dans des lieux inconnus où tout est encore entièrement suspendu, en attente d'une alchimie-symbiose entre le néant et l'inconscient. Place entière et égoïste aux altérations et divagations de l'âme ! Perte de la notion du temps pour entrer dans une autre dimension, intemporelle.
 
Sur ce phénomène, sais-tu,  l'écrivain n'a aucun, aucun contrôle. Sinon le pouvoir de céder à la distraction extérieure (parfois manière de refuser de laisser venir à lui).

Le déclic s'opère sans prévenir. Et voici l'urgence ! Celle d'écrire. D'écrire et de décrire. Au plus vite. Au plus loin. Au plus juste. Au mépris même de ses croyances, de ses idées, de ses valeurs, quelquefois.

Sauras-tu ? Sauras-tu comprendre ces fuites brutales ? Ces pulsions vers un monde invisible.

Toi, n'iras-tu pas un jour me dire ta lassitude de n'être jamais là ? 
Celle de ne jamais savoir qui est vraiment l'être qui vit près de toi.
N'iras-tu pas me dire un jour que, non, ce qui est écrit dans les livres n'est et ne saura jamais être la VRAIE vie ? 

Toi, à quoi passeras-tu ta vie pendant que je n'aurais pas d'yeux pour toi ? Comment passeras-tu ces heures infinies où nous ne serons pas hors d'un livre ? Comment passeras-tu celles où nous serons... en plein livre.

D'un livre à l'autre, sais-tu que je ne serai jamais celui que tu as connu au dernier ? Parce qu'écrire vous transforme à tout instant.

Vois-tu, ce sont toutes ces choses, par exemple, qui retiennent la main d'un écrivain. 

Comprends-tu doucement que l'écrivain a tout à perdre ? Oui, tout à perdre... Avant tout... à se perdre lui-même.

Je pourrais, pour toi, abandonner, renoncer à cette drôle de solitude.
Mais je me reprocherai sûrement alors de ne pas devenir.

Parce qu'écrire vous grandit à tout instant. 




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commentaires

liedich 09/11/2009 11:16


Tiens encore un silence admirable mais qui dérange ! Et si je t 'offrais un peu de mon silence en puisant un instant dans le fond de tes yeux pour y cueillir le mot qui me manquait, l'émotion que
seul Toi peut me donner, le partage que seuls nous savons inventer.
Tu as raison Brillance, écrire est un acte de solitude forcenée car Elle seule peut nous permetre de crier la vérité dont ils ont besoin.
Un bruit, je viens de perdre un mot. Et il ne reviendra pas.
Un autre bruit, le clignement de ton cil et je viens de trouver ce qui sera peut être une de mes plus belles pages.
Alors, j'écris en ce moment et bien des bruits me passent au travers sans qu'ils arrivent à couvrir le chant de ton histoire.
Belle journée à TOI.


09/11/2009 20:55


Les jours où tu nous cries ta vérité, Liedich, tu es un homme bouleversant.

J'éviterai de regarder par-dessus ton épaule. Mais, je serai curieuse de lire cette page qui prend vie sous ta plume, plume que j'entendrais presque courir sur le papier.
Je me retire à pas feutré pour ne pas te faire perdre tes mots.

Que la lune t'apporte sa lueur inspirante.

Jolis rêves à toi !


Jean 08/11/2009 10:44


"...C'est aussi une forme d'abandon, dans le sens où la sincérité de ce qui est déposé sur le papier (ou sur l'écran car il m'arrive d'écrire ainsi aussi), exige que l'on se quitte un peu soi-même
pour expérimenter des formes d'expression ou explorer une idée...."

C'est exactement ce que je veux exprimer .
Je crois que ce qui vous choque c'est mon choix du mot "vide " .
Je vais essayer d'expliciter ce mot dans le sens où je le comprends .

VIde signifie , exactement comme vous l'écrivez , un abandon .
Un abandon , non de notre esprit , de notre personnalité ,mais de notre vision habituelle , de nos habitudes .

C'est chercher à se TROUVER au delà de nos pensées , de nos émotions , de l'exitation de la vie artificielle de notre civilisation  .

         "...exige que l'on se quitte un peu soi-même pour expérimenter des formes d'expression ..."

Oui , c'est exactement cela .
Nous partageons la même idée même si nous n'utilisons pas les mêmes mots .



08/11/2009 21:26



oui, c'est cela. Finalement, nous nous rejoignons. 
Merci d'être repassé pour prolonger votre idée.
"Faire le vide", j'y restais accrochée, car l'expression induisait l'idée d'un acte volontaire tandis que je préfère plutôt pour la création, ce que Viviane appelle "le geste spontané".



Viviane 07/11/2009 18:51


C'est vrai ce que tu dis, qu'écrire nous grandit, ne serait ce que parce que le style se forge et l'être avec lui.
Parfois je ressens une immense lassitude, peut-être parce que je voudrais simplement me laisser traverser par els émotions au lieu de toujours les poser
mais c'est périodique (sourire) et je sais bien que la plume toujours revient me prendre par la main.
merci de cette belle harangue qui dit toute l'ambiguité de notre ressenti.


07/11/2009 21:26



Lassitude dit ma chère conteuse ? Je suis surprise. J'avais l'impression plutôt chez toi de sentir juste certains jours un peu de découragement. Toutefois, je sais - car je te suis et te lis
depuis un bon temps maintenant - que tu ne fais alors que te rassembler pour mieux revenir.
Je n'ai jamais perçu cette lassitude ni dans tes écrits ni dans tes commentaires.
Je vois surtout dans ceux-ci, une femme qui accepte de se laisser traverser !

Je te recommande ce site, parlant d'émotions : http://www.redpsy.com/guide/

Bien joli week-end à toi.



Jean 07/11/2009 09:40


"...Je ne fais pas le vide avant la création. J'y entre sur une impulsion qui devient comme une urgence et puis je laisse les mots faire leur cheminement en moi...."

Je ne crois pas que les deux propositions soient incompatibles .
Qu'est ce que cette impulsion ?
N'est ce pas , d'une certaine manière , avoir abandonné vos habitudes de penser ,vos ressentis habituels ?
N'est ce pas une forme de vide qui laisse la place à ce qui est plus profond , impérieux ?
Il me semble que nous partageons des vécus semblables mais que nous l'exprimons de manière différente .
Merci pour votre mot qui m'a fait très plaisir .


07/11/2009 20:57


Je vais essayer, cher Jean, puisque vous avez la gentillesse de me partager votre expérience créative, de répondre à votre intéressante question : "qu'est-ce que cette impulsion"

C'est une fulgurance. Quelque chose qui tout à coup me traverse. Il devient alors impérieux pour moi d'attraper un stylo et de poser ce qui arrive.

Comment naît-elle ?
Elle se déclenche de diverses mantières : un mot qui résonne tout à coup, une phrase lue qui fait sa route dans ma pensée, l'attitude particulière d'une personne qui m'interpelle, une musique ou
une chanson qui me prend au ventre, une émotion qui me tombe dessus, quelque chose que j'aurais voulu dire à quelqu'un mais que j'ai choisi de taire, etc.

C'est aussi une forme d'abandon, dans le sens où la sincérité de ce qui est déposé sur le papier (ou sur l'écran car il m'arrive d'écrire ainsi aussi), exige que l'on se quitte un peu soi-même pour
expérimenter des formes d'expression ou explorer une idée.

C'est une expérience assez particulière que de se laisser aller à l'engrenage des mots.
Ce n'est pas comme un vide que je le perçois, mais plutôt comme avancer à tâtons dans une sorte d'obscurité qui vous livre sa propre clarté.


Eglantine 07/11/2009 07:12


Très beau texte sur l'écriture. L'écriture isole mais elle est partage. Ecrire sur un blog c'est vraiment partager avec ses lecteurs et cela évite l'isolement de l'écrivain.


07/11/2009 20:38



une citation fraîchement lue ce matin :

" Ecrire, c'est très dur, avec de grandes fenêtres de joie "
                                         
                         Andrée CHEDID (Terre et Poésie)