Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L'auteure

Rechercher

En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

Archives

30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 09:51

arbre-de-vie.jpg

 

"... il faut croire. Pas croire aux choses troubles que le monde façonne ; pas croire aux idées (fussent-elles les plus nobles !) ; pas croire aux nations ou aux continents ; mais croire en la vie, qui est là, toujours là quoi qu'il arrive, qui est réelle ; qui est certaine, qui n'est pas une fiction ni une aventure de l'esprit, mais une réalité profonde et dense que nous pouvons envelopper, par laquelle nous pouvons nous laisser mesurer.. Il ne faut pas douter, petite Amie : il faut croire.

... Aucun refus, Madeleine, aucune appréhension, même en se souvenant des réveils au goût de cendre, des matins aux promesses menteuses, des soirs où les sirènes attendues n'ont pas surgi des flots. Ca été beau de sentir les promesses nous frôler, et les attentes ont enrichi notre coeur. Ainsi cette voix amie qui vient vers vous, de loin, cette voix qui a connu la douleur, qui s'est abreuvée d'absences, n'a qu'une devise à vous proposer : la sienne : "Aimes et crois !"

 

"Amours, regrets..." On ne regrette pas quelque chose à travers quoi on a donné son mieux et sa plénitude. "Impression d'avoir manqué tant de choses"... Non, Madeleine, on ne manque que ce qui n'est pas encore mûr, ce qui n'a pas encore rejoint sa lourde définitive maturité. Notre vie, et surtout notre vie sentimentale, a le tort de trop se gaspiller en ébauches, en esquisses, : ou peut-être c'est juste, mais il faut en retirer un accroissement, non une diminution.

 

Moi, je pense à vous, silencieuse, qui ne répondez plus aux signes de mon âme. Et je voudrais seulement savoir si vous êtes bien. Etes-vous bien, Madeleine ? Etes-vous paisible ? C'est une question, mais c'est surtout un souhait.

 

... Il faut se redresser, Madeleine, et offrir au Destin un visage gravement confiant. Pas la confiance aveugle des faibles et des ignares : la forte confiance de ceux qui savent et qui ont donné consciemment à la vie leur adhésion. Aujourd'hui, plus que jamais, c'est de cette confiance que le monde a besoin. Et d'amour, et d'amitié, et d'élans fraternels...

 

Croire, croire surtout, Madeleine. Il y a une saison lente à naître qui se prépare pour les hommes, et l'horreur d'aujourd'hui était peut-être nécessaire pour mieux la mûrir... Mais le printemps des hommes est lourd à naître. Car l'homme doit trier ses routes et plus d'un sort est tapi dans son coeur..."

 

 

Extrait de "Ecrivez-moi, Madeleine" - Ilo de Franceschi - Edition l'Aube poche

 

 

 

  Une correspondance emplie de beauté, de tendresse et de sincérité entre Madeleine ALLAIN et Ilo de FRANCESCHI (engagé dans la Légion étrangère en 1937 à la suite d'une déception amoureuse avant de rejoindre la Résistance en 1942).

Rien jamais ne s'est passé entre Ilo et Madeleine, sinon cet échange épistolaire débuté à la suite d'une erreur de distribution de lettre... Apprenant son décès en 1985, Madeleine décide ultérieurement de publier les lettres pour lui rendre hommage.

Et le "miracle" des hasards a voulu que Madeleine repose aujourd'hui à quelques mètres à peine de son grand amour jamais rencontré.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Marianne - dans Ils ont dit...
commenter cet article

commentaires

Alicia 05/06/2011 12:17



Croire en la vie, continuer à croire en elle, malgré la souffrance, malgré la douleur, croire qu'il reste toujours une petite flamme qui brille et qui jette une petite lumière dans notre vie.
Espoir!



Marianne 06/06/2011 10:54



C'est ce que propose et encourage en effet l'auteur de ces lettres. Et pourquoi j'ai choisi de l'encourager à mon tour car il recèle des vérités d'homme.


Alors que la flamme nous garde dans ce bon mouvement d'espérance et de joie.


amitié


 



Philomène 04/06/2011 17:46



Voilà, sous cet éclairage, ça parait plus clair. Merci.



Marianne 06/06/2011 10:39



:-) 


Je suis ravie d'avoir reçue la visite d'une écrivaine sur mon blog. Bon succès à vous pour votre livre.


J'aime viscéralement les livres moi aussi.


Eien amicalement


 



Philomène 02/06/2011 22:48



Superbe texte mais je ne suis pas d'accord avec le "il ne faut pas douter"... Le doute est le contraire de l'aveuglement. Quant au "il faut"... ou "je dois"... peut-être commencer à penser
sans devoirs juste avec le coeur ?



Marianne 04/06/2011 16:13



Bienvenue Philomène. :-)


Je suis bien d'accord avec la fonction du doute que vous mentionnez ainsi qu'aux impératifs qui brusquent la liberté de l'autre.


Dans le contexte de ce livre-là, c'est bien avec le coeur que le rédacteur des lettres à Madeleine s'adresse à elle. Il aborde une femme inconnue dont nous les réponses ne sont pas dévoilées au
lecteur. De fait, j'imagine qu'il se voulait encourageant à son égard car il ressentait du découragement face à la vie de la jeune femme, lui qui en avait déjà beaucoup vu dans son existence.


J'irai vous lire. A bientôt.


Bon week-end.



Roselyne 09/05/2011 22:14



Merci pour tes mots qui me touchent aux larmes. Il y a si peu de temps, le soleil brillait et aujourd'hui il pleut dans mon coeur. mais je ne veux pas cesser de croire en la beauté de la Vie. Je
m'accroche très fort, il le faut et ça vaut la peine, je le sais. Comme ton commentaire me fait du bien alors que tout me semble gris. MERCI. Du fond du coeur. je t'embrasse;



Marianne 12/05/2011 09:52



moi aussi je t'embrasse et t'envoie des pensées encourageantes pour traverser ce qui te semble difficile en ce moment.


Prends soin de ton regar sur la vie.



Roselyne 05/05/2011 17:17



Comme j'ai lu et relu ces mots, moi qui a une époque de ma vie ne savait plus justement croire en la vie. Ce sentiment d'avoir manqué des choses, je l'ai connu. Comme j'en ai gaspillé du temps.
Mais sans doute m'a t-il fallu du temps pour que j'apprenne à nouveau à sourire, à m'ouvrir à la vie. merci de ce partage. Oui, l'important est de croire car le printemps finit toujours par
re-venir. Douce fin d'après-midi.



Marianne 09/05/2011 13:45



J'aime à savoir que ces mots de soldat font du bien et ils méritaient d'être partagés. Je les avais relevés à cette fin pour les transmettre en plus de donner envie d'aller vers ce très beau
livre.


(Re)Prendre conscience de notre adhésion à la Vie est comme re(nouer) avec la Joie, l'Espoir, de se (re)mettre en projet.


J'ai eu une pensée pour toi hier, en voyant les panneaux Mulhouse, tandis que je me rendais à ST-LOUIS au salon du livre.


Bisous Roselyne.