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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 12:19
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Les résistances sont puissantes. Comment les vaincre ? Faut-il les enfoncer comme un mur ? Faut-il les contourner ? Faut-il passer par-dessus ? Comment s’y prendre pour devenir créatif ?  

 

Je cherche longtemps. Je m’installe dans le silence. Je procède par association d’idées. Un peu comme sur le divan d’un psychanalyste. L’analysé ne se juge pas, il s’exprime tout simplement, laissant à l’analyste le soin de s’occuper du reste.

Avec cette distance à soi, ce détachement de pensée qui coupera court à l’autocritique, ce lâcher-prise sur la crédibilité ou la vérité.

 

Associer les images, les réminiscences, les suggestions qui ne s’esquissent que brièvement et la plupart du temps s’esquivent, combiner, assembler, marier, juxtaposer, solidariser, concentrer, amalgamer les mots qui se font résonnance. Se laisser aller à cet invisible. Les relier les uns aux autres, telle l’œuvre patiente d’une araignée.

 

Une vidéo que j’avais découverte sur la Toile… Une femme dans un fauteuil, les yeux fermés, en séance chez un hypnotiseur.

 

Elle se revoit petite fille. Son chien gambadait. Elle courait à ses côtés. Puis soudain, quelque chose de terrifiant se passa devant elle.

Je ne me souviens pas de quoi il retournait.

Elle dut grimper. Grimper sur un mur pour se sauver d’un effroyable danger. Elle avait très peur. Elle réalisa soudain qu’hormis elle-même, son petit chien lui aussi était en danger. Sa terreur doubla. Mais un réflexe la mua. Depuis le mur, elle se pencha, tendit ses deux bras, souleva et sauva son chien. Immédiatement, elle se sentit un peu plus rassurée.

Maintenant, le danger était en bas, mais il n’était pas possible de passer le reste de la journée sur ce mur à trembler. Le danger ne se calmerait pas ainsi. Le mieux était de quitter les lieux au plus vite. Elle devait se montrer inventive pour se tirer de là. Son chien serré contre elle, elle sentait battre leurs deux cœurs et l’étouffement envahir sa poitrine.

Elle aperçut au loin une planche adossée verticalement tout contre le mur. Pour l’atteindre,, il fallait marcher sans tomber, se tenir en équilibre, l’animal apeuré contre soi. L’empêcher de s’agiter, faute de quoi, tous deux risqueraient la chute.

 

Elle hésita mais avança d’un pas, s’obligeant à ne pas regarder l’objet de sa peur à sa droite, parlant doucement à son chien effrayé. Elle posa sa main sur les yeux de sa bête pour l’empêcher d’être affolée davantage, le rassurant de ses caresses et de paroles qu’elle murmurait à son oreille d’une voix vacillante. Il s’apaisa un peu.

 

Elle se laissa alors glisser peu à peu jusqu’à l’endroit où se dressait la planche, sans stopper ses gestes de réconfort. Plus le chien se détendait, plus elle se sentait capable de réussir dans sa délicate entreprise.

 

Il fallait à présent se saisir de la planche, tenir le chien, se garder obligatoirement en équilibre.

 

En bas, le danger enrageait. Par réaction, dans ses bras son chien se débattait. Il fallait faire vite.

 

D’un regard, elle scruta les alentours. De l’autre côté, sur sa gauche, un arbre semblait tendre vers elle la courbe d’épaisses branches. Mais la distance était trop longue. Elle se saisit alors de la planche, la plaqua contre ses flancs, donna un coup d’épaule et de fesses pour remonter l’objet. Elle dut s’y reprendre plusieurs fois et des échardes se logèrent dans ses mains. Elle s’efforçait de toute sa volonté de maintenir son chien sous le bras gauche tandis que le bras droit entourait la planche. Il fallait maintenant, sous les rugissements de colère du danger à sa droite qui s’échinait à vouloir les rattraper, équilibrer suffisamment la planche pour atteindre l’une des branches de l’arbre. Ce ne fut pas une mince affaire.

 

Les battements de son cœur manquaient de lui faire exploser la poitrine. Vaincre le vertige. Se dominer, se domine, ne pas tomber, protéger son chien, respirer fort, parler, chantonner, ne pas crier, ne pas affoler sa petite bête aussi terrorisée qu’elle. Son ventre se nouait et le souffle lui manquait sous le poids de plus en plus lourd de cette planche qu’elle maintenait de toutes ses forces tout en s’accroupissant. Elle lâcha un instant son chien, le nicha sur ses cuisses. Le museau pointait sous ses bras et la truffe froide humait l’air sous son ventre. Le danger effroyablement menaçant, écumait bruyamment en bas.

 

À bout de bras, elle maintint la planche et parvint à la hisser par-dessus le mur puis à le déposer comme un pont entre le mur et l’arbre. Elle y déposa d’abord son chien qui, tétanisé, n’osa pas quitter sa maîtresse. À présent libre de ses mouvements, elle esquissa un pas. Son chien comprit ce qu’elle attendait de lui, et bien que flageolants, tous deux franchirent la distance qui les séparait de l’arbre. Elle était parvenue à ses fins.

 

Réalisant qu’ils étaient délivrés, elle se dit que le danger, était maintenant prisonnier du mur. Elle bondit au sol, agrippa son petit chien, le déposa à terre. Il se secoua, comme il délaisserait ses puces sur place et aussitôt jappa de soulagement.

 

Elle retira la planche du mur, s’imaginant que le danger pourrait encore la rattraper en suivant l’exemple de l’exercice que ces deux êtres venaient d’effectuer.

 

La terre ici ressemblait à celle de l’autre côté, mais elle lui sembla infiniment plus belle en raison de l’exploit qu’elle venait d’accomplir.

 

Elle ressentit un immense, un profond, un extraordinaire, apaisement.

 

Son chien courait joyeusement lui aussi. Elle l’imita en le flattant amplement pour son courage. Elle se flatta également pour le sien. C’était la chose la plus difficile qu’elle avait eu à effectuer dans sa vie de petite fille.

 

La fierté montait en elle, se répandait dans son être tout entier. Le monde lui semblait incroyablement magique. Elle était heureuse. Profondément heureuse, exaltée, portée au-delà d’elle-même, galvanisée, fortifiée.

 

 

La créativité a quelque chose de cet exemple. Pour vaincre l’espace vierge, la page blanche, la corde raide, le vide, une contrée vierge, une distance, la nouveauté, l’avenir… L’à-venir !

 

Échapper à cette anxiété qui naît de la peur de l’inconnu ou du néant a quelque chose d’un combat héroïque. Un combat contre soi-même pour se relier à ses forces intérieures et en faire jaillir quelque chose qu’on ne soupçonnait pas porter en soi.

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Published by Marianne - dans de l'écriture
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commentaires

Florinette 29/03/2011 15:52



Oui toujours ! ;-)


 



Florinette 27/03/2011 17:35



Ce n'est pas facile et pourtant dès que l'on se dépasse, que l'on arrive à vaincre ses peurs, c'est une vraie liberté qui s'en dégage. J'ai lu dernièrement une phrase que j'aime beaucoup d'un
philosophe danois, car elle reflète bien ton article : "Celui qui prend un risque perd pied pour un instant, celui qui ne prend pas de risques perd sa vie".

Bonne fin de journée Marianne !


 



Marianne 29/03/2011 15:40



Voilà une citation que j'aime particulièrement car elle est incitative. Après recherches, l'auteur de ces mots est KIERGEGAARD.


Grand merci pour ce partage, chère Florinette.


Toujours dans l'au-delà ?   :-)



Roselyne 24/03/2011 19:26



C'est moi qui te remercie. Moi, c'est ta grande générosité qui me fait chaud au coeur. Merci de me comprendre. Je t'embrasse.



Roselyne 24/03/2011 13:40



Cette hstoire, je l'ai lue et relue, car au fond de moi, elle me parle. Il y a tant de peurs enfouies en moi qui m'empêchent d'aller de l'autre côté du mur. Il faudra que je revienne lire ces
mots car la conclusion me donne déjà envie d'aller au delà de mes blocages. merci de ce partage. De tout coeur.



Marianne 24/03/2011 14:20



Chère Roselyne,


un bonheur que tu m'offres : constater que de quelques mots arrachés, à l'autre bout quelqu'un prend le fil pour s'aider dans une traversée. Comme ton honnêteté me fait chaud au coeur.


Je te dépose un gros bisou. Que le soleil radieux te remplisse de joie.



Jean-Paul 17/03/2011 20:29



C'est une très belle histoire, pleine de symboles. Et c'est beau de ne pas être tout seul. Une petite fille et un petit chien, oui, c'est important.


Tout le monde doit être créatif. On doit se créer un avenir vivable. Coincé sur notre mur de présent, entre le passé inaccessible, et les dangers qui menacent notre futur. On voit le chemin,
l'autre rive, mais l'action est angoissante, douloureuse, il faut réaliser !


Heureusement il y a des moments de grace, des dons. Il faut aussi avoir du temps. Certains ont, ou ont eu de tout ca, plus que que d'autres. Après, il ne faut pas laisser passer sa chance.
L'action et le présent encore !



Marianne 17/03/2011 21:24



J'aime bien votre association entre la créativité et l'avenir, Jean-Paul. La créativité n'est-elle pas avant tout une prospection de l'avenir le plus souvent ?