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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 15:56
 

Mes lectures actuelles :

-         La valse lente des tortues – Katherine PANCOL – Le livre de poche

-         Les déferlantes – Claudie GALLAY – J’ai lu

-         Une année étrangère – Brigitte GIRAUD – STOCK

-         Le bouquiniste Wendel – Stefan ZWEIG – Les cahiers rouges Grasset

-         Vent printannier – Hubert HADDAD – Zulma.

J’aime diversifier mes lectures et passer d’un livre à l’autre dans un seul été. Je joue la transition.

Un livre seul parle bien évidemment à son lecteur.  Mais ma passion me porte depuis quelques temps à mener à bien l'expérience de la concomitance livresque, c'est-à-dire à faire coexister les oeuvres . J'héberge donc les cinq vacanciers insolites cités ci-dessus. Je passe du matin au soir de l'un à l'autre, comme on prendrait soin d'un convive. Qu'ont-ils à me raconter ? Y-a-t-il des parallèles, des ressemblances, des points communs entre eux tous ?

Plusieurs livres que l’on aborde en même temps, conversant de façon aléatoire, vous promenant entre les sites et les époques, en développant une galerie de personnages aux antipodes et des situations très différentes, engendrent en moi une véritable fascination pour l’univers et la capacité créatrice des auteurs. Me croirez-vous si je vous dis qu'on se surprend à trouver des échos et un répondant inattendu entre les  œuvres ?

Quelle ficelle tirent leurs auteurs pour conduire leur fiction ? Quels leviers pousse celui-là ou cet autre pour susciter puis soutenir la curiosité de son lecteur ?  Comment passent-ils d’un chapitre à un autre ? Où suis-je suscitée moi-même dans ce livre-ci ou dans celui-là ?

Il y a de la lenteur et du mystère dans ce village de La Hague. L'insaisissable jeune femme qui s’y est installée pour dénombrer les oiseaux ne dit que si sporadiquement la douleur d'une perte . Son mode de vie  tranche avec le modernisme et le rythme effréné sur fond de violence où l’innocence est rudoyée que je peux détecter dans cet autre livre. La violence est pourtant sous-tendue dans ce troisième livre dont l’adolescente est une jeune fille au pair française aux prises avec un drame familial et un cadre en total contraste avec ce qu’elle expérimente en Allemagne en entrant dans une autre famille. 

Entre ces deux livres, la bizarrerie des gens, des modes de vie étranges. Une nature rude. Des non-dits. Des apparences trompeuses.

L’amour de la langue chez cet autre auteur, animateur de groupes d’écriture, délayant son style ciselé, s’engouffre dans une fusion du passé et du présent où l’exclusion revêt toujours une forme trop actuelle.

A comparer les trois livres, l’observateur n’est-il pas déjà lui-même en position d’exclusion ?

L’omniprésence de l’absent, les souvenirs qu’on farfouille inlassablement. Les attentes qui s’accrochent. À des étoiles, à la mer, à l’horizon, à un détail futile. La solitude qu’on cherche à détromper. L’erreur qu’on regrettera toujours. La chaleur d’un café, les hommes qui bavardent, qui bavardent pour meubler le vide. La mort sans pardon. L’imperfection humaine, l’innocence perdue, l’amour sous-jacent, l’amour révélé, l’amour qui s’approche.

Ce que livre veut...

Quel état d’esprit au bout de ces lectures ?

Quand un livre vous prend la main pour vous conduire dans des endroits où vous n’iriez jamais, quand un auteur vous fait traverser par projection des  émotions au tournant d’un paragraphe, quand il pose une question qui trouve une réponse en vous dans une lecture parallèle, cette lecture active n’est-elle pas alors un précieux creuset ?

Lire, c’est partager la grande expérience humaine.

 

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Published by Marianne - dans mes lectures
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commentaires

aimela 30/08/2010 20:40



Je lis " les yeux  jaunes du crocodile"  très bon livre  mais je le trouve  pas assez    " aéré"  et comme je lis   dans mon lit, je m'endors  et
le lendemain, je suis obligée de retourner en arrière  pour me retrouver  si bien qu'il n'est pas prêt d'être terminé     Avant, j'ai lu  Musso, bien aussi , j'ai aimé



Marianne 30/08/2010 22:19



Ah tiens, je ne sentais pas cela dans ce livre que j'ai eu envie de lire plutôt assez vite avant de chercher le 2e tome. Pas encore lu le 3e par contre.


Mais, je comprends vraiment pour les yeux qui tombent de sommeil... J'ai connu une époque comme ça aussi. Maintenant, je lis plutôt le matin quand je le peux. Cela réveille mes neurones me
permet aussi de mieux me relier à l'écriture.


Bien belle semaine, gentille Aimela. Fais de jolis rêves après ta lecture.



aimela 24/08/2010 10:19



Je suis incapable de lire  plusieurs  livres à la fois sinon, je  me perds déjà que j'ai du mal avec celui  que je lis en ce moment. Toujours eevenir en arrière me
désarçonne  complêtement  surtout que je ne lis ( bouquin)  que le soir dans mon lit , pour trouver le sommeil.Pas près d'être terminé  ce roman même s'il est très bien écrit
.


 


J'ai beaucoup aimé Musso très aéré  dans la mise en page et en écriture


 



Marianne 24/08/2010 14:39



Quel est ce livre que tu lis en ce moment ? Les retours en arrière sont-ils le fait de l'écriture, de la construction du livre ou du sommeil qui s'empare de toi ?


 



Sissi 20/08/2010 22:14



Les livres sont avant tout l'extension de l'imagination de chaque auteur. C'est sa tête, son coeur, son âme qui guident son envie de conter une histoire. Après c'est la naissance d'une relation
entre le lecteur, l'auteur et le livre bien sur.
Mille bisous Marianne.



Marianne 23/08/2010 18:49



c'est une belle chose et une chance pour un auteur d'initier un lien à travers un livre. Certains lecteurs prennent même plaisir à délaisser volontairement le livre derrière eux pour permettre
d'autres liens. En plus de l'imagination suscitée par l'auteur, l'onde se poursuit ainsi entre lecteurs d'un seul livre. Quelque chose à quoi un auteur n'aurait pas pensé et qui lui revient
pourtant grâce à ce qu'il a lui-même initié préalablement. Ses lignes suivent des prolongements insoupçonnés.


Merci d'être là fidèlement.


Douceur sucrée à Léa !   :-)



Sophie 20/08/2010 12:52



Magnifique texte, Marianne, sur l'amour de la littérature, et son importance indépassable.Les livres dialoguent en effet, et c'est une recherche passionnante que de déceler le son de leurs voix
en résonnnance.


Partager l'expérience l'humaine, et en amont la comprendre. Le livre est fait de notre chair, bat au rythme de notre sang : nous sommes tous des êtres de récit...


Pensée douces



Marianne 23/08/2010 19:01



Ah, je sens derrière ce témoignage une farouche amoureuse de littérature.


Je suis subjuguée par cette phrase que tu écris : "nous sommes tous des êtres de récit". Ce serait un beau titre de roman. 


Il me fait joie, dame Sophie, d'être entrée depuis peu dans la découverte de tes récits.


Je me souviens encore que c'est un mur, du jaune, qui nous ont permis de se rejoindre. Fabuleux, le pouvoir magique d'un récit qui vous ouvre ses portes !


Comme tu es amoureuse de l'écriture et de la littérature, voici un lien d'un article que j'ai trouvé aujourd'hui faisant comme un écho à "ce que livre veut..." : http://www.scienceshumaines.com/pourquoi-lit-on-des-romans_fr_25791.html


Tiens-moi au courant pour... l'envol.  



Viviane 20/08/2010 09:30



Comme toi j'aime ces chemins de traverse que crée la lecture simultanée de plusieurs ouvrages
je lis ainsi de la philo car les penseurs s'éclairent les uns les autres


mais je faisais la même chose ( et le fais encore) avec mes partitions. Bach y croise volontiers Schubert ou Brahms, cchacun apportant une solution technique à la difficulté de l'autre. j'adore
le magasin d'écriture du dernier auteur animateur d'ateliers, une mine d'or...



Marianne 23/08/2010 18:43



Voilà, tu l'as écrit, ce mot que je cherchais : la simultanéité ! Etrangement, il se refusait à moi et j'écrivais donc "en même temps"... Un peu ardu de lire plusieurs livres dans un seul et même
temps. Ce que ça procure, la justesse du terme !


Les penseurs s'éclairent les uns les autres : parfois ils se contredisent les uns les autres, mais j'aime qu'ils débattent des questions qui font l'homme.


Moi aussi je trouve remarquable l'idée des deux "Nouveau magasin d'écriture". Je les ai chez moi et c'est un plaisir que d'ouvrir au hasard et de se laisser embarquer à travers eux dans une
"quête inventive". As-tu essayé sur le site de l'éditeur les jeux littéraires ?


Douce semaine, Viviane.