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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 17:09

     Marina TSVETAEVA   

1) Octobre en wagon - ANATOLIA

4e de couverture : "Marina Tsvetaïeva est en Crimée chez sa soeur lorsque éclate la révolution d'Octobre : son mari et ses deux filles sont restés à Moscou. Elle prend le train pour les rejoindre. C'est ce voyage dans une Russie en plein bouleversement qu'elle décrit dans Octobre en wagon.

Et ce train l'emmène vers ce qui sera une des pires périodes de sa vie, l'année 1919 : un grenier misérable dans ce qui fut sa propre maison, la faim, la misère, la solitude, la mort de sa fille cadette, les efforts désespérés pour survivre. Ses expériences et ses révoltes, ses réflexions, ses douleurs et ses joies sont chaque jour consignées dans son journal intime.

La plupart de ses écrits ont paru, séparément, dans des journaux d'émigrés. Elle désirait les réunir en un livre, mais n'y parvint pas de son vivant ; ce témoignage impitoyable de la vie en Russie pendant la révolution effrayait les éditeurs aussi bien sympathisants qu'adversaires de l'Union soviétique. Marina ne se faisait d'ailleurs pas d'illusions : « C'est un livre de vie frémissant de vérité, ce qui signifie que du point de vue de la politique (c'est-à-dire du point de vue du mensonge) il est condamné d'avance. On y trouve des tchékistes adorables et des officiers blancs sans reproche, les premiers n'y verront que les derniers et inversement. »

Livre de vérité, certes, de vérité historique, car ce fut un temps cruel et meurtrier pour beaucoup. Mais il s'agit surtout de la vérité subjective, partiale, partielle d'un grand poète et d'un grand écrivain, d'une femme passionnée, libre et rebelle. Marina avait vingt-quatre ans".

2) Vivre dans le feu - Confessions - Le Livre de Poche

4e de couverture : "Marina Tsvetaeva (1892-1941) fut l’un des plus grands écrivains russes du xxe siècle. Elle connut un tragique destin : après la révolution d’Octobre, le long exil, d’abord à Prague puis en France, une fille morte de faim, une autre déportée vers le Goulag, l’hostilité de l’émigration russe, l’indifférence du Paris littéraire, le retour contraint en Union soviétique, ses appels désespérés à Beria ou Staline... jusqu’à son suicide. Tout cela, Marina l’a écrit, avec une minutie poignante, poursuivant sans relâche son monologue dans des cahiers de brouillon et des carnets. Seule la mort l’a empêchée d’en faire un livre. Pour établir ce qui constitue une véritable autobiographie de Tsvetaeva, Tzvetan Todorov a extrait des dix tomes d’écrits intimes publiés en russe la matière d’un volume, Vivre dans le feu : un chef-d’œuvre. "

Mon appréciation : une femme de lettres passsionnée et passionnante, lucide sur elle-même, perméable au monde qui l'entoure, affrontant avec difficulté un déchirant quotidien trop noir qui l'éloigne de son insatiable besoin d'écrire. Fragile dans son intériorité mais tellement libre dans sa pensée sous un régime politique complexe. Tellement fine, envolée, précise et perspicace dans ses mots. Intense aussi. En amour surtout, car  vibrante aux êtres, qu'ils soient hommes ou femmes, et s'y brûlant souvent les ailes.

Citations :

"La fille dont on a tué le père est une orpheline. L'épouse dont on a tué le mari est une veuve. Mais la mère dont on a tué le fils ?"...

"De toutes les séductions qu'il exerce sur moi, j'en distinguerais trois : la tentation de la faiblesse, la tentation de l'impossibilité - et la tentation de l'Etranger" (Moscou 1918-1919)

"Mais, toi, Stenka, tu ne comprends rien aux mains : à leur forme, à leurs ongles, leur noblesse. Tu comprends la paume (elle est chaude) et les doigts (ils prennent). Ma poignée de main, tu la comprendras. Prends cet anneau sans arrière-pensée : j'en avais dix, il m'en reste neuf ! Et en échange, qu'y aura-t-il ? Il n'y a jamais rien en échange. De mon annulaire, il passe à ton petit doigt. Mais je te la donne pas comme je donne d'habitude - toi, tu es un voyou ! Le "souvenir du temps des tsars", ça te suffit bien. Moi je garde les tentes et les feux de camp".

Quelques autres de mes préférées :

"Ensuite, je le raccompagne sur le perron - tant que je peux le suivre des yeux et du coeur..."

"Le premier regard d'amour - c'est cela la plus courte distance entre deux points, cette droite divine, seule et unique".

"Si tu es né au monde pour donner des réponses, ne reste pas figé dans un néant bienheureux, ce n'est pas ainsi que Goethe, Léonard ou Dante ont créé, ce n'est pas cela qu'ils ont voulu en créant. Etre terrassé - oui, mais il faut savoir se relever : s'attacher - et s'arracher, se perdre - et ressusciter. Ploie le genou, et passe : va dans le monde non engendré, non créé et assoiffé... C'est dans cette énergie terrassante que réside la force principale des grandes oeuvres d'art. L'absolu rejette - vers la création d'autres absolus ! C'est en cela que consiste leur pouvoir et leur vie éternelle".

 

Vous trouverez par ailleurs d'autres espaces dédiés à cette immense poétesse russe  contre-révolutionnaire qui vécut un temps en exil en France sans réelle reconnaissance, contemporaine de Boris Pasternak et de Maria Rainer Rilke, avec lesquels elle entretint une correspondance.

http://pagesperso-orange.fr/calounet/biographies/tsvetaeva_biographie.htm

http://www.myspace.com/tsvetaeva

 

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Published by Marianne - dans Mes lectures 2008
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commentaires

Alicia 11/10/2009 17:56


J'ai lu il y a quelques années la biographie de cet écrivain de génie, une femme qui écrivait de fameux poèmes lyriques d'une finesse et d'une profondeur extraordinaires.
Il me plaira sans doute de lire le livre que tu proposes


11/10/2009 20:39



J'ai eu un gros coup de coeur littéraire pour Marina TSVETAEVA dont la sincérité littéraire et le travail d'écriture vient chercher quelque chose d'intense en moi.
Il me fera plaisir de recevoir tes impressions si tu plonges à ton tour dans ses écrits.
Je retiens d'elle - dans mon propre travail d'écriture - cette phrase d'elle qui disait à peu près cela : si tu veux décrire un arbre, deviens un arbre. C'est si évident et pourtant imagine un
instant tout le champ de possibilités qui s'ouvre en prenant un instant le temps de s'identifier à un arbre, celui de ton choix.



Russalka 21/02/2008 13:31

j'aime beaucoup cette poétesse trop peu connue, comme d'ailleurs Wislava Szymborskahttp://fr.wikipedia.org/wiki/Wis%C5%82awa_Szymborskaces femmes qui ont assisté de l'intérieur à l'opression sournoise, à la grisaille, et ont cependant tenté de témoigner écartant d'elles la folie mais n'écartant aps, hélas, la mort...

21/02/2008 15:37

Ah, ma chère Viviane !  Lorsque j'ai publié cet article, j'ai bien songé que tu ne pouvais que déjà connaître cette grande écrivaine (je féminise ce métier avec délectation !) puisque tu nous confiais déjà il y a plusieurs semaines ton intérêt pour le russe. Les conditions difficiles dans lesquelles certains écrits ont eu à naître - et particulièrement sous l'oppression - me laissent en réaction une envie brûlante de les faire connaître. La liberté d'écrire, comme celle de penser, est quelque chose de précieux.Pour ce qui est du prix Nobel 1996, Wislava SZYMBORSKA, dommage que ni je lise, ni je parle la langue polonaise (je le déplore souvent !)  pour la découvrir en version originale. Il y a fort heureusement des traducteurs bourrés de talents qui sauront nous amener vers la quintessence du son créatif d'origine.Merci infiniment pour le lien !Très douce journée à toi.