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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 15:10

BROOKLYN FOLLIES - Paul AUSTER - Roman traduit de l'américain par Christine LE BOEUF - BABEL Actes Sud - 364 p

4e de couverture : "Nathan Glass a soixante ans. Une longue carrière dans une compagnie d'assurances à Manhattan, un divorce, un cancer en rémission et une certaine solitude qui ne l'empêche pas d'aborder le dernier versant de son existence avec sérénité. Sous le charme de Brooklyn et de ses habitants, il entreprend d'écrire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu'il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps de l'an 2000, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood, perdu de vue depuis longtemps. C'est ensemble qu'ils vont poursuivre leur chemin, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout le rêve d'une vie meilleure à l'hôtel Existence...
Un livre sur le désir d'aimer. Un roman chaleureux, où les personnages prennent leur vie en main, choisissent leur destin, vivent le meilleur des choses - mais pour combien de temps, encore, en Amérique ?... "

Mon appréciation : qu'il s'agisse du héros, le retraité Nathan qui s'installe à Brooklyn pour y finir sa vie en occupant ses journées à la rédaction d'un saugrenu livre récapitulant lapsus et maladresses, de Tom son neveu promis à un avenir brillant mais finalement devenu chauffeur de taxi puis employé de librairie dépressif, de sa nièce au destin torturé passant du milieu pornographique au statut d'épouse modèle aux côtés d'un mari chrétien intégriste, de la petite Lucy - fille de l'épouse modèle - envoyée clandestinement par sa mère vers son oncle pour la sauver des griffes du fanatisme religieux et pervers, de Harry, ex galeriste, magouilleur, et ex taulaud, ou encore de la "JMS" (Jeune Mère Sublime) mariée et "reine de Brooklyn" par sa beauté rayonnante... dans ce roman haut en couleurs, teinté d'humour, de désarroi et d'amour, les destins s'entrecroisent, interagissent les uns sur les autres.

Paul AUSTER a l'art de dire, l'art de séduire son lecteur. Ses digressions sont délectations : hors ses personnages il se permet de nous enseigner ! Je pense à la touchante scène de Kafka dont il nous apprendra que cet auteur reconnu s'était prêté à l'écriture de plusieurs lettres au nom d'une poupée disparue dans l'unique but de consoler la petite fille rencontrée en pleurs dans un parc, l'amenant ainsi doucement à faire son deuil de ce jouet important pour elle.

Séduisante aussi l'idée d'un Hôtel Existence :" la seule raison d'être d'un hôtel était d'assurer bonheur et confort, et dès l'instant où on avait signé le registre et où on était monté dans sa chambre, il n'y avait plus qu'à demander et on avait tout ce qu'on voulait. Un hôtel, ça représentait la promesse d'un monde meilleur, un endroit qui était davantage qu'un simple endroit, c'était une occasion, une chance de vivre à l'intérieur de vos rêves...une retraite, un monde que je pouvais visiter en pensée... l'évasion... Tout le monde en a un. Et de même qu'il n'existe pas deux hôtels identiques, chaque Hôtel Existence est différent de tous les autres".

La différence entre une existence et une vie ? "Existence c'était plus grand que simplement  vie. C'était la vie de tout le monde ensemble".

Le roman s'achève sur les tristes événements du 11 septembre 2001. Deux heures auparavant Nathan, hospitalisé à la suite d'un malaise, venait de prendre conscience de la fragilité de ces vies autour de lui et de la sienne. En réaction, il élaborait dans sa tête un nouveau projet : monter sa société "Bios Unlimited". C'est décidé, il deviendra biographe. ("Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir des livres")...

Brooklyn ? Un quartier rempli... d'existences !  

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Published by Marianne - dans mes lectures
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commentaires

Florinette 01/11/2008 20:17

Ah oui, ça y est, je m'en souviens, je t'avais même laissé un commentaire (ci-dessus) !Bon week-end Marianne et à bientôt !

02/11/2008 12:12


oui, tu avais eu cette gentillesse là !  Merci !


Viviane 11/11/2007 16:05

Ah, je me disais, Smoke et Brooklin Boogie sont des merveilles de films, il faut que tu trouve le moyen de les voir, Marianne!!

Florinette 10/11/2007 18:20

Je me permets de rebondir au commentaire de Viviane : Paul Auster a lui-même adapté ses livres en film, comme, par exemple "Lulu on the bridge", "Smoke" ou "Brookling Boogie" qui sont trois films à voir, car il repose exactement sur ce que tu dis des "films minimalistes qui décrivent la vie de tous les jours de gens très ordinaires, mais dont l'ordinaire est merveilleux."

Marianne 11/11/2007 14:15

Merci beaucoup Florinette pour ces informations. C'est bien à cela que servent les blogs, à partager !    ;-)

Viviane 09/11/2007 17:24

Auster a accompagné le cheminement de lectrice de notre fille aînée,  je n'ai jamais osé me lancer dans ces lectures, il me semble que des films ont été tournés à partir d'ouvrage de Paul Auster? Films minimalistes qui décrivent la vie de tous les jours de gens très ordinaires, mais dont l'ordinaire est merveilleux.

Marianne 09/11/2007 23:27

Pour les films, je n'ai pas la réponse à ta question. Mais pour l'ordinaire merveilleux, c'est bien ce que j'ai entrevu dans ce roman. J'ai très envie de passer à un autre tire de cet auteur du coup. Mais j'ai déjà tant de livres à lire devant moi pour l'instant... Je veux dire chez moi. Quant à la librairie, c'est carrément la tentation tous les jours !  Il y en tant et tant qui m'attirent !

Florinette 08/11/2007 16:23

Oh que oui, Paul Auster à l'art de séduire son lectorat, mon préféré, pour l'instant, reste "La nuit de l'oracle" ce livre m'a complètement envoûtée et touché en plein coeur, celui-ci est dans ma PAL et il est prévu pour bientôt !

Marianne 09/11/2007 23:21

Tu attises ma curiosité une fois de plus en évoquant "La nuit de l'oracle" avec autant d'enthousiasme !  :-)