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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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17 février 2007 6 17 /02 /février /2007 20:58

(image vue sur : http://www.mandarinablog.com/index.php?m=200507)

N’ayons pas peur des mots !

Vous êtes-vous déjà demandé d’où provenait cette expression ?

 Moi non ! Mais, je la déchiffre à l’instant sur le blog d’une future écrivaine qui s’ignore encore. Et tout à coup, bien que je l’aie mille fois entendue (l’expression !), celle-ci me saute au visage. L’expression, pas l’écrivaine ! Pas encore l’écrivaine, je veux dire. Peut-être qu’elle le fera quand elle aura lu cet article. Mais si c’était le cas, je vous informerais car elle mérite d’être épinglée. Au tableau d’honneur des enragés de l’écriture. C’est comme ça que je l’ai trouvée d’ailleurs. Et pourtant, ce n’était pas gagné. J’aurais cherché une aiguille dans une botte de foin, c’était kif-kif ! Cette fille, certains jours, m’énerve carrément. Elle vous raconte des histoires à vous faire veiller tard et avec une facilité déconcertante ! Le pire c’est qu’elle fait ça en l’écrivant sur un coin de table dans son restaurant quand elle n’a pas trop de clients. Doit y avoir une ambiance spéciale là-bas !

Je ne comprends même pas d’ailleurs pourquoi elle n’a pas assez de clients. Il suffirait qu’elle raconte tous les soirs à un moment stratégique ses fameuses histoires… et ça se saurait dans tout Paris que dans ce restaurant, non seulement on mange bien, mais en plus on vous en conte… Et cela lui faciliterait les comptes. Au lieu de cela, elle annonce qu’elle va devoir fermer son restaurant. Tout de même, je trouve cela attristant. Enfin, elle finira peut-être par se scotcher à son ordinateur et par écrire son bouquin. Avec son expérience de la vie, elle a de quoi faire ! Je lui souhaite en tous cas de réussir quoi qu’elle fasse. C’est une chic fille. Elle le mérite.

 

 

Bon, où en étais-je ? Ah oui ! N’ayons pas peur des mots, donc !

 

 

Je réalise tout à coup que c’est, ma foi, vrai qu’on peut avoir peur des mots. Combien sommes-nous à taire des mots que nous aimerions pourtant exprimer ? Allez ! Avouez ! En tous cas, moi, j’avoue, je ne dis pas tout… Je me censure ! Ce n’est  pas la  peur des mots qui me fait taire, mais bien d’autres choses, comme la pudeur, le respect d’une volonté de silence de l’autre, l’appréhension de l’autre parfois, la crainte de paraître ridicule, naïve, etc. Bon mais tout ça est bien loin de la peur des mots.

 

 

Aussi, suis-je finalement étonnée de constater qu’il y a réellement des personnes qui ressentent une profonde peur des mots.

 

 

Alors, qui a peur des mots ? Y a-t-il une population type ? Un échantillonnage spécifique qui puisse illustrer cette expression ? La question est importante ! Prenons le temps d’y réfléchir.

 

 

Voyons. Le premier qui me vient à l’esprit, c’est le matheux. Lui, les mots, pas vraiment son truc. Il relève, il mesure, il calcule, il multiplie, il divise, il totalise, il statistique, il dénombre, il inventorie, il facture, et bien qu’il utilise les probabilités il n’est pas adepte du probabilisme (doctrine selon laquelle on peut suivre l’opinion la moins sûre, si elle est probable)… Comme il n’aime pas les mots, la plupart du temps, il schématise ! L’essentiel est de se faire comprendre, de toute manière. D’une manière ou d’une autre, du moins.

 

 

Qui d’autre a peur des mots ? Ah, oui, le gaffeur ! C’est évident. Lui, les mots lui jouent des tours. Il en prend un pour un autre, parfois il se sert de sa gaffe comme d’une perche pour accrocher le poisson (pour ceux qui ici ne pigent pas, et parce que je ne vais tout de même pas  tout vous mâcher, voyez votre Petit Robert, comme je viens de le faire, du reste…). Donc, le gaffeur, doit faire gaffe à ne pas en faire… Il se sent tellement craintif de mettre les pieds dans le plat, qu’il préfère se taire à la longue et il finit par être habité d’une phobie des mots. OK ! Mais ça se soigne les phobies, non ? Et puis, les gaffes quand on les fait, on en apprend sur elles. Pour sûr qu’ensuite on ne les réitèrera plus. Donc, le gaffeur est guérissable !  C’est une bonne nouvelle tout de même, non ?

 

 

Qui d’autre a peur des mots ?

 

 

À présent, la question me taraude !

 

 

Si quelqu’un a une idée qu’il m’en fasse part. Qu’il ne craigne pas de m’en parler, de m’écrire, de me SMSser ou de me télépathiser !

 

 

Je vous l’avais bien dit que cette fille n’énervait parfois ! Je ne vais plus avoir l’esprit tranquille maintenant tant que je n’aurai pas résolu cette question que son affirmation a éveillé en mon esprit, semant le trouble à ma sereine hibernation créative. 

 

 

Cela va être pareil que cette stupide question que je me suis posée à moi-même et dont je n’ai toujours pas trouvé la réponse : où vont dormir les mouettes le soir ? Mais, non, ne croyez pas que je devienne folle ! Vous savez, J. D. SALINGER, dans L’Attrape-cœur, se posait une question un peu similaire à propos de canards en hiver… A croire que les volatiles quand ils se volatilisent nous laissent des questions existentielles comme ils oublieraient une plume derrière eux !

 

 

Bonne soirée tout de même à tous !  Bise à toi, Lib !

Je m'en vais méditer !

Qui a peur des mots ?

Qui a peur des mots ?

Qui a peur des maux ?

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Published by Marianne - dans entremotsetvous
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commentaires

Flevy 21/09/2009 00:57

Un seul mot d'ordre s'impose : n'ayons plus peur des mots !

26/09/2009 20:23


Merci d'avoir déterré sur mon blog ce post né en 2007.
Je suis allée visiter votre site, d'une belle diversité. La passion des mots ouvre des champs infinis. Votre site en est l'illustration.


chabada 21/02/2007 12:37

En suivant les chemin flêché partant de chez Lib, je suis arrivée ici et je ne suis pas déçue !!!
En effet tu soulèves là un sujet sensible auquel nous sommes tous confrontés chaque jour... du moins à partir du moment où une certaines sensibilité est reliée à nos yeux et nos oreilles !Tes reflections me font penser à un proverbe africain : "ce n'est pas l'oreille qui écoute, c'est le ceur."... pour moi, ça veut dire beaucoup.
Par contre, pour avoir longtemps retenus les mots qui me tenaient à coeur... je me suis rendue compte qu'à partir du moment où ils étaient choisis avec le coeur, les mots ne pouvaient qu'être dits à l'intéressés : ils font bien plus avancer que le silence des non-dits... mais pour cela, encore faut-il se jeter à l'eau et c'est toute une histoire.
Sinon, pour connaître le restaurant de cette fée des mots, l'idée de Vagant est bonne : des dîners avec l'histoire du soir dans ce lieu plein de poésie, les mots de la maîtresse de maison dits dans la lumière des bougies... hummmmmmm C'est une idée à retenir !
Bises à toi et je garde ton adresse, je reviendrai !

Marianne 21/02/2007 21:38

Bonsoir Chabada.
J'aime beaucoup ce proverbe africain que tu m'apprends ici en réaction à cet article. Il me rappelle beaucoup Saint-Exupéry ("on ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux") dans sa tournure d'esprit.
Je partage entièrement ton avis pour ce qui concerne les non-dits. Ils sont charmants dans certains cas (notamment en période de rencontre, de séduction, de découverte de l'autre), mais la plupart du temps ils génèrent des questionnements, des malaises (car bien qu'on taise, le sous-langage fait que l'autre pressent ces non-dits), de fausses hypothèses, de faux espoirs, des attentes, des frustrations, etc. C''est néanmoins vrai que se jeter à l'eau est difficile. L'art et la manière de dire s'acquièrent au fil de la vie quand l'expérimentation et un peu d'intuition humaine nous rendent plus adroits.
Je suis allée visiter ton blog pour découvrir tes mots, un peu de ton histoire et aussi ton visage.
A tout bientôt !

vagant 19/02/2007 14:51

Oui, c'est exactement ce que j'ai pensé après avoir organisé un déjeuner dans son restaurant vendredi dernier: Il suffirait qu'elle lise une de ses histoires chaque soir pour que la salle soit comble. Imaginez le tableau: entre les photos de safari africain, une petite salle au carrelage dépareillé au milieu de laquelle quelques clients pourraient y lire leur meilleure prose, avant que Lib n'émeuve tout le monde avec l'histoire du jour. On pourrait y faire des soirées à thème selon le style des écrivaillons de service, de l'érotique au polar en passant par les histoires de mamies, où là, c'est sur, Lib est inégalable. Ce ne serait plus le Jardin des pâtes, mais les mots à la pâte.

Marianne 19/02/2007 18:23

Voilà une idée intéressante. D'autant plus qu'elle donnerait la parole à des tas de gens qui auraient probablement des choses intéressantes à dire.
Café littéraire, version élargie !    A retenir !!! 
J'adore les histoires de Mamie de Lib... mais aussi celle de Tony, de Madeleine, etc... 
 

vero 18/02/2007 22:02

arrivée là en suivant tes mots de chez Lib...
(au passage je te signalerai bien un autre jongleur de mots, son titreur : Lony)
ton développement me donne envie d'y participer : je dirai que certains mots tuent (c'est bien connu et nous en avons tous connu) ce qui fait que l'on a peur de ces mots là... et lorsqu'ils ont été assénés trop longtemps, ils rendent handicapés des mots, parce que nous vient alors cette peur là que nous pouvons tuer d'un simple mot... aussi nous apprenons à museler nos mots (maux) - le comble "avoir peur de ses propres mots" ;-)
espérant avoir contribué à l'évancée du schmilblick ...
 

Marianne 19/02/2007 18:17

Merci, Vero, de ton intervention que je viens de lire après le commentaire de Lib auquel je viens longuement de répondre à l'instant. Merci de me signaler Lony aussi. Je retiens ce nom et irai lire ce jongleur si je tombe sur les coordonnées de son site.
Je vois dans ton témoignage une autre raison d'avoir peur des mots qui, si j'ai bien capté ce que tu disais, fait référence aux messages reçus via notre éducation et dans notre enfance ?  En effet, l'environnement,et celui de la prime enfance, joue un rôle essentiel dans notre manière d'appréhender ou d'aimer ensuite les mots. Des expériences ont démontré ce que des enfants sans communication (ni verbale, ni affective) aucune étaient devenus. Il est essentiel pour un être d'accéder aux mots pour évoluer lui-même, pour se situer dans son environnement.
Tu vois, que tu as fait avancer le schmiblick dans ce sujet qui se révèle plus vaste qu'on l'aurait cru de prime abord, en relevant une simple phrase chez Lib.
Merci de ta contribution !!!   ;-)

lib 18/02/2007 20:51

Marianne,
qui a peur des mots ?
Peut être devrions nous prendre le problème dans l'autre sens ?
Qui n'a pas peur des mots ? Ceux qui ne les pratiquent pas.
Ceux qui vivent leur vie comme au cinéma muet.
Ok, tu en connais toi ? Moi, non.
Par contre, je connais des filles qui pleurent sur un texto de rupture, sur trois mots alignés sans grace, j'en connais d'autres qui s'esclaffent devant une note joliment écrite, d'autres encore qui tremblent presque devant l'importance du compliment (devine qui?). Puisque nous avons peur de ce qui nous touche, nous devrions, en toute humilité, avoir peur des mots, les redouter en tout cas.
Moi, je les redoute, je les crains, je les pèse, les évite parfois. Et d'autres fois, je les prends dans la tête et ils me font sourire. Les tiens. Les tiens sont plein de bonté.
Merci Marianne
 

Marianne 19/02/2007 15:59

Coucou Lib !   Merci de ta réaction ici !
Intéressante, ta suggestion de renverser la formulation et d'en faire une question. Car de cette manière, nous voilà encore davantage interpellés.
Formulée en "Qui n'a pas peur des mots ?", et non plus en "N'ayons pas peur des mots", tu ouvres un intéressant débat qui incite à voir les choses autrement encore. Comme quoi, les mots...
Certes, il faut bien garder à l'esprit que nous sommes responsables de ce nous diffusons par nos mots. Mais  nous ne pouvons pas maîtriser leur portée, leur résonance sur l'autre. Chacun les reçoit selon sa propre histoire, sa sensibilité, son éducation, ses connaissances, sa culture (j'en profite ici pour faire un clin d'oeil à mes amis québécois avec lesquels j'ai déjà vécu de sacrés moments quand on s'est aperçu que certains mots d'ici, chez eux avaient un tout autre sens), etc. Faut-il pour autant avoir peur des mots qui sont un vecteur de communication merveilleux nous permettant d'accéder les uns aux autres ?
J''ai souvent l'impression en te lisant que les mots te viennent spontanément. Qu'ils coulent car ils naissent d'un regard sur l'autre que j'apprécie beaucoup chez toi. J'ai plusieurs fois été touchée déjà par tes histoires à cause de cette belle sensibilité qui est la tienne et de cette capacité que tu as à t'approcher d'une personne pour relever ce qu'il y a de remarquable, de fragile, en elle. C'est à cela que l'on te reconnait ! C'est pour cela que je viens te lire pour ma part.
Au fond, ce ne sont pas tant les mots... mais comment ils seront reçus qui fait peur. Pas facile de trouver le mot juste pour exprimer tant de choses diffuses qui nous traversent et qu'on aimerait partager verbalement ou par écrit. La plupart du temps les mots nous échappent... Lol !
J'ai eu l'occasion (dans mon enfance) de cotoyer une sourde-muette. Elle n'avait pas peur des mots que pourtant elle n'exprimait ni verbalement ni par écrit mais qu'elle comprenait. Elle les lisait sur ma bouche, les mimait de ses lèvres, de ses gestes. Elle parvenait d'un seul regard à faire passer ses émotions. Cela m'épatait toujours. Je ne comprenais pas toujours ce qu'elle voulait exprimer parce que j'étais sur le mode des mots... Je le lui faisais comprendre. Elle ne s'en décourageait pas. Nous parvenions ainsi à avoir un dialogue qui n'avait rien d'un dialogue de sourds (autre expression dont on pourrait débattre). La preuve que l'on peut heureusement communiquer différemment, d'abord par bonne volonté réciproque.
Les mots peuvent atteindre et provoquer des réactions, voire des maux, tu as raison de le souligner. Certains s'en servent comme des armes pour désarmer ou blesser (par crainte de l'autre, par méchanceté, pour nuire, etc).  Ceux-là me font de la peine à moi aussi. Pas pour les mots, qui ne m'effraient pas. Mais parce que je dois faire le décevant constat de leur intolérance, de leur manque de respect de l'autre, parce qu'ils sont dits ou écrits sciemment pour causer du tort, pour manipuler en vue d'obtenir ce qu'ils voulaient obtenir, etc.
Chacun s'exprime de son mieux et avec ce qu'il est dans l'instant. On évolue presque en même temps qu'on s'exprime, en plus... Pas aisé de rester cohérent avec les autres alors ! Pas aisé non plus de se faire comprendre auprès des autres.
Qui a peur des mots ? Moi, toi, tout le monde, quand on redoute les maux qu'ils pourraient engendrer, les maux que d'autres pourraient nous infliger par leurs propres mots ?
Bon, pas pour autant qu'il faille tout à coup devenir complètement silencieux. S'empêcher l'usage des mots qui sont nécessaires à l'être, au devenir. 
Facile à dire, je le concède, moi qui vis dans un pays où l'on peut dire (presque !) ce que l'on veut, moi qui ai  la chance de cotoyer des personnes de bonne volonté, qui n'ai pas à gérer d'enjeux majeurs dans le monde.
Je saisis néanmoins cette liberté et mon plaisir des mots, pour partager ce que j'aime et ce en quoi je crois, même à petite échelle dans ce vaste monde dont nous sommes autant responsables que nous le sommes de nos mots !