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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 14:43

 

Douce matinée automnale. Il est temps de préparer le jardin à s'endormir. Mes beaux rosiers si abondamment chargés au printemps vont entrer en léthargie. C'est le moment de les tailler. Chaque fois que je retrace ce geste, une moisson de souvenirs remonte à ma mémoire.

Je revois les arceaux jonchés de roses rouges et rosées (si odorantes) du jardin de mon grand-père. Quand je passais dessous, je me prenais pour une princesse entrant dans un royaume magique. Et lui, si grand, se baissait vers moi pour m'embrasser, vêtu de sa salopette de travail bleue.  

Il était plein d'humour. Il avait surnommé ma soeur "Nana", à cause de ses lunettes en écaille qui rappelaient celles de Nana Mouskouri. Elle se renfrognait de ses petites taquineries mais lui se plaisait à recommencer car il fallait considérer cela comme un compliment. Nana était sa chanteuse préférée !

Quand je pénétrais dans le jardin de mon grand-père, j'avais l'impression d'entrer dans un monde végétal convivial mais surtout très ordonné. En même temps, comme son propriétaire, il en imposait ! Il avait une âme. Tout était si aligné, travaillé avec soin et précision, bien rangé, bien agencé, les outils bien nettoyés. Les parterres étaient longés de cordeaux noués à des piquets de bois plantés en terre, et quelques planches séparaient les plate-bandes. Ah les plate-bandes... Défense de s'y aventurer ! Interdit de ... marcher sur les plate-bandes !

Une des premières choses que j'aimais faire, c'était courir vers la pompe à eau. A coups de levier énergiquement je l'actionnais de mes minuscules biceps et avec tout mon corps, et l'eau surgissait généreusement, claire et très froide. Je remplissais le bassin dessous, d'où mon grand-père puisait l'eau en y plongeant son arrosoir tout entier pour le ressortir, plein à ras-bord, avec un geste qui me paraissait sans effort ( il m'est si difficile à moi aujourd'hui d'en soulever en quantité à peine la moitié !).

A l'entrée du jardin, les poissons rouges que j'allais taquiner. Au fond, le filet de rivière où parfois il attrapait une truite.

On se retrouvait ensuite, lui, mes parents et mes frère et soeurs, dans son cabanon qu'il avait entièrement peint et où, toujours, il avait quelque chose à nous offrir de bien frais à boire, tiré du trou de terre battue creusé dans un coin du cabanon qui lui servait de cave. Puis nous nous asseyons sur les bancs de bois peint. Evidemment, le coup favori était de se lever sans prévenir, ce qui faisait basculer le dernier qui y restait assis. On s'amusait de peu !

Il m'impressionnait avec son air taciturne et son corps imposant, ses sourcils fournis, son ventre rond, sa stature de cheminot retraité, son crâne un peu chauve et sa voix forte.

Son jardin, il y passait des heures. Sa journée en fait. L'abandonnant juste pour aller prendre un apéro avec ses copains au bistrot voisin de l'appartement puis pour déjeuner avec ma grand-mère. Il arrivait, assis sur sa mobylette jonchée de cageots de salades, de dahlias, de marguerites, de jeunes carottes, de petits pois, de fleur de lys orangées, etc. qui tenaient à l'aide de tendeurs croisés sur son porte-bagages.

D'où il est à présent, il doit bien rire de ma manière de tailler mes rosiers, lui qui chérissait les siens comme des joyaux.

Mais, il me plaît de me rappeler de lui en ce jour où la lumière d'automne réchauffe encore légèrment la terre avant de la laisser à la brume, au vent frais, aux feuilles mortes ramassées à la pelle..., et aux rigueurs hivernales.

A l'année prochaine "Pépé".

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Published by Marianne - dans fragments de vie
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commentaires

kempf 20/09/2008 19:05

merci pour ce texte qui me fait rever!quelle douce enfance et que de souvenirs! merci et bravopour la beaute de se texte qui de choses simple devient des choses "magique" merci milles fois! sebastien

21/09/2008 10:19


Tu m'attendris et m'émeus mon cher filleul.
Je suis ravie de saugarder ici la mémoire de beaux moments pour les transmettre à ceux qui me sont liés.
Prends soin de toi et des tiens.
A bientôt de se revoir.