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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 15:23

Cette année, Jennifer, ma fille passe son Bac, série Littéraire.

Hier, ce fut donc le grand jour pour la Philosophie (et pour la Littérature).

Pour la Philosophie, 3 sujets furent proposés au choix du candidat  :

1- l'objectivité de l'histoire suppose-t-elle l'impartialité de l'historien ?

2- le langage trahit-il la pensée ?

3- explication de texte (la doctrice de l'auteur n'était pas requise.  Il fallait et suffisait que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question).

C'est ce dernier choix qu'a opéré Jennifer.

Je vous en partage, pour réflexion, le texte ci-dessous :

" Il n'y a pas de satisfaction qui d'elle-même et comme de son propre mouvement vienne à nous ; il faut qu'elle soit la satisfaction d'un désir. Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir et par conséquent la jouissance aussi. Donc la satisfaction, le contentement, ne sauraient être qu'une délivrance à l'égard d'une douleur, d'un besoin ; sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait de l'existence un fardeau. Or c'est une entreprise difficile d'obtenir, de conquérir un bien quelconque ; pas d'objet qui ne soit séparé de nous par des difficultés, des travaux sans fin ; sur la route, à chaque pas, surgissent des obstacles. Et la conquête une fois faite, l'objet atteint, qu'a-t-on gagné ? Rien assurément, que de s'être délivré de quelque souffrance, de quelque désir, d'être revenu à l'état où l'on se trouvait avant l'apparition de ce désir. Le fait immédiat pour nous, c'est le besoin tout seul c'est-à-dire la douleur. Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître qu'indirectement ; il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la privation passée, qu'elles ont chassées tout d'abord. Voilà pourquoi les biens, les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n'en avons pas une vraie conscience, nous ne les apprécions pas ; il nous semble qu'il n'en pouvait être autrement ; et, en effet, tout le bonheur qu'ils nous donnent, c'est d'écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre pour en sentir le prix ; le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans intermédiaire s'offre à nous".

SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation.

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A mes amis bloggeurs :
Que vous inspire ce texte ? Partagez-vous les constats de l'auteur ?
Selon votre vécu, deux siècles plus tard, contesteriez-vous ceux-ci à l'auteur ?
Auriez-vous choisi vous aussi ce sujet ?
...


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« La volonté singulière d'un individu n'a qu'une existence illusoire, elle est de toutes parts immergée dans le jeu infini et absurde d'une réalité qui la dépasse et finit par la détruire ».
(Schopenhauer)

"La souffrance (vu sur WIKIPEDIA)
Le comportement des animaux et des hommes, qui sont les objectivations supérieures de la Volonté dans les strates de l'existence, est entièrement régi par la fuite de la souffrance, qui, comme idiosyncrasie, est perçue, in fine, positivement. Les plaisirs ne sont que des illusions fugaces, des apaisements possibles au creux des désirs et tracas ininterrompus. Ils n’apparaissent qu’en contraste avec un état de souffrance, et ne constituent pas une donnée palpable réellement pour les êtres en mouvement. Le bonheur, toujours fugace, peut constituer un repos de l’esprit mais reste un repos éphémère, puisqu'il est sans cesse troublé par l'apparition de nouveaux désirs, lesquels, s'ils restent inassouvis, constituent un obstacle au bonheur. Parce que tous les êtres souffrent, la souffrance est la vérité commune aux êtres qui constituent le monde, et une vérité psychologique et archétypique de la condition humaine."

"Le sentiment amoureux (vu sur WIKIPEDIA)
Le sentiment amoureux n’est autre chose que l’instinct sexuel en puissance ; et l’instinct sexuel traduit la tendance concrète du Vouloir à se perpétuer dans l’existence. C’est dire que la passion amoureuse désigne cette ruse que le Vouloir applique à des êtres dont les intérêts conscients sont uniquement égoïstes. C’est ainsi que je vais me croire libre de rechercher à la fois la compagnie de l’être aimé et la satisfaction engendrée par la jouissance sexuelle, alors qu’en réalité, par une telle attitude, je me constitue en esclave du Vouloir et de son intérêt primordial : sa manifestation phénoménale. Avoir l’illusion de servir ses intérêts privés, c’est donc assurer la subsistance du Vouloir auquel je suis soumis."

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commentaires

vita 26/07/2009 20:10

coucou de VITA

26/07/2009 21:12



:-)
coucou !



sybilline 21/06/2009 14:36

Quelle esprit négatif que ce Schopenhauer! Et quelle réduction des aspirations de l'homme ici rabattues sur la trilogie manque-plaisir-bonheur et leur absurde mouvement perpétuel !Il est curieux de voir comme ce philosophe est finalement Déiste: mais il s'agit ici d' un dieu trompeur et rusé qui utilise les hommes comme le joueur d'échec ses pions. Ce dieu nommé Vouloir qui rabaisse l'amour à un instinct en lequel ce dieu se convertit pour mieux nous tromper est une idée particulièrement ridicule et peu tenable tant humainement que philosophiquement parlant.

22/06/2009 21:24


Ah ! Sybilline, merci !!
J'ai le même sentiment de pensée réductrice en lisant Schopenhauer.

J'ai un peu poussé mon coup de gueule dans le commentaire que je viens de laisser sous celui de notre amie Viviane face à l'absence d'ouverture de notre enseignement français.... si cartésien qu'on
en oublie de susciter la jeunesse en lui permettant de découvrir des pensées plus diversifiées et surtout.... plus optimistes !
D'autant plus en période de morosité sociale !!!


Viviane 20/06/2009 16:06

Ce qui est fort difficile dans ce sujet c''est que les termes besoin et désir sont étroitement mêlés. Et en outre l'auteur manie habilement la dialectique en grand lecteur de Hegel qu'il était. Ce qu'il écrit est cohérent en soi, mais pur programme, pure thèse, pas du tout en phase avec l'étrange multiplicité de l'humain, avec sa souplesse, avec la souplesse même de la vie, avec ses mouvements indéfinissables.je crois que c'est une des raisons pour lesquelles je n'ai jamais adhéré aux théories de Schopenhauer. Il est l'apologue d'une vie sans repos, sans cadeau, une vie aux mouvements mécaniques dans laquelle tout est fichu d'avance et qui base sa morale sur la pitié, mot détestable.il y a chez cet auteur quelque chose de décadent, de nihiliste et une absence de joie qui me plombe le moral à chaque fois que j'en lis un extrait, non parce qu'il touche juste mais parce qu'il éveille ma compassion pour cette vie passée à ronchonner et n'aimer personne d'autre que lui-même.Quant au texte, non, je ne suis aps complètement d'accord. Bien sûr que nous n'apprécions les moments heureux et les réalisations joyeuses de l'existence qu'au filtre de nos souffrances. C'est un truisme à vrai dire qu'il a pondu là!La vie souvent nous fait cadeau, vient à nous, offre l'imprévu, le beau, ce que nous n''escomptions pas.En outre, cet éternel recommencement, ces satisfactions qui à peine réalisées ouvrent sans cesse à d'autres désirs , ce puits sans fin du désir, l'auteur les peint comme une fatalité triste et vaine, puisque aucune satisfaction ne dure et que cette volonté ne trouve aucun terme et aucun but. J'y vois pour ma part la joie du cheminement, avec ses moments noirs ou lumineux.La seule chose positive chez ce philosophe que ( tu l'auras compris, je déteste cordialement car il est d'une tristesse, d'une tristesse à mourir) c'est la notion de volonté. De cheminement personnel et lucide, le concept de " se laisser traverser par et continuer sa route ", qui est sagesse.Ouh là, je n'aurais pas choisi ce texte, grand pessimiste ce type, et pas vraiment aimant d e l'humanité... j'aurais bien sûr choisi la dissert sur le langage (sourire)mais en tous cas c'est sympa de nous aprtager cela, j'espère que ta fille aura donné tout sur ce sujet choisi par elle et croise les doigts pour elle bisous

22/06/2009 21:18


Pauvre jeunesse, ajouterais-je, qui finit par globaliser les penseurs philosophiques, ou les ranger dans un seul et même genre, que ma fille résume (avec la spontanéité qui est l sienne) de
cette manière : "tous des dépressifs".
Et pour cause : l'homme se divertit pour échapper au vide existentiel, l'homme tend vainement vers des désirs compulsifs, ,etc....

Faut-il être une créature créative, comme toi, pour garder sa confiance en l'homme avec discernement  ?

Le programme des bacheliers devrait s'étendre à des flux de pensées plus incitatifs, et notamment à des philosophies plus optimistes !



aimela 20/06/2009 11:33

Je n'ai pas tout compris comme à mon habitude  et c'est sûr que j'aurais raté ma philo ( morte de rires) . Où est 'il le bonheur lorsqu'on passe sa vie à souffrir de biens des maux physiques et mentaux ? Tout simplement dans un instant où le soleil brille un peu  , cela peut-être un lieu  un visage  aimé et que faire alors  sinon de l'aprécier. Je ne suis pas le verbe avoir , je ne cherche pas les biens pour les biens mais de temps en temps , j'ai envie de voyager, est-ce mal ?  Le bonheur sera t-il au rendez vous si je un jour je voyage ?   Ne serai-je pas déçue si la vue n'est pas à la hauteur de mes rêves ? Tant de questions et aucune réponse . Bon mon commentaire est peut-être hors sujet mais ce que m'a inspiré  ton article   Amitiés  

20/06/2009 15:36


Le sujet prête à la réflexion et je me suis prise le temps de lire et relire ce texte, puis de me documenter pour lier ma compréhension à celle qui est donnée sur les sites.

Le pessimisme que l'on prête à SCHOPENHAUER m'a fait un tantinet sourire car il y a peu, ma fille affirmait à l'un de ses professeurs que ces philosophes étaient "tous des dépressifs" plusieurs
ayant attenté à leurs jours.

Je serai tentée comme toi de mettre en adéquation "bonheur" et ce que l'auteur appelle "satisfaction" d'un désir.

Il considère qu'un désir est une souffrance, un acte douloureux de conquête, et que la douleur cesse quand le désir est comblé. Que l'on ne gagne rien à le satisfaire...

Le texte de cette épreuve était à expliquer, et non à débattre, mais ici, personnellement j'ai sursauté, car je considère que tout désir est tremplin et opportunité d'évolution,
celle-ci pouvant se situer dans plusieurs domaines.

Je te souhaite de réaliser tes rêves de voyage ! Où voudrais-tu te rendre ?