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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 23:17

Le 4 septembre dernier, STRASBOURG accueillait au sein de sa Cité de la Musique, Elie WIESEL, Prix Nobel de la Paix, dans le cadre d’un débat public organisé par la librairie Kléber en collaboration avec le Fonds social juif unifié, Relatio-Europe  et la Ville de Strasbourg.

 « Si la paix est possible ici« , rappelle-t-il d’une voix grave, en évoquant la visite sur le pont franco-allemand d’un précédent Prix Nobel en cette ville, « c’est qu’elle est possible ailleurs »

Pris à partie à propos de la délivrance du Prix par sa Fondation au Président de la République française, il estime « avoir une dette envers la France » : c’est la France qu’il honore à travers son Président



Particulièrement attaché à la ville de JERUSALEM (rappelons qu’Elie WIESEL a refusé la présidence d’Israël : « Le pouvoir change la personne. J’ai peur du pouvoir. ») il garde son espérance en « ceux qui ont la passion de l’humanité » , tout comme en la littérature (« sous Staline, on a violé le langage ») défendant « le choix des mots, le mot juste, le mot vrai » dans l’expression française (« une langue refuge » car « entrer dans cette langue était entrer dans un autre univers, des fascinations, des obsessions qui font la matière de mes livres »).

 

Il met en garde contre la tentative de la haine. « Qu’y a-t-il de séducteur là-dedans ? Le beau et la haine ne vont pas ensemble. La haine c’est-ce qui dans la vie est nocif, dangereux, destructeur, et pourtant on n’y échappe pas. Comment produit-on la haine ? Qu’est-ce qui fait que la haine soit ? 

Caïn et Abel, les seuls frères au monde, sont devenus des ennemis. L’un est devenu le bourreau de l’autre. Pourquoi ? Quiconque tue, tue son frère ! Au départ Caïn ne savait pas qu’il avait tué. Il avait avant été triste, mélancolique, désespéré… il avait parlé à son frère… et il le tua. Abel avait été indifférent à la douleur de son frère. L’indifférence est le premier mal de la haine »…

« Ne te tiens pas tranquille alors que le sang de ton semblable est versé » est un verset qu’il tient devant ses yeux au quotidien. « Si quelqu’un souffre, je me dois d’être à ses côtés. Il est de mon devoir de lui dire qu’il n’est pas seul, sinon il se sentira abandonné ». Il donne ici l’image du prisonnier et de son inquisiteur qui l’humilie : tu n’es plus personne, tu es seul »

Or, ce qu’Elie WIESEL tient à dire, en tant que rescapé d’un camp de concentration, épreuve qui aurait pu faire de lui un homme de haine, sera ceci : « Tu n’es pas seul ! Voilà ce que je dois lui dire ! ». Elie Wiesel en fervent défenseur de la paix refuse d’encourager la notion de culpabilité collective mais estime : « je suis responsable de mes actes, de mes paroles, de l’interprétation qu’on donne de mes écrits (si ce n’est pas compris c’est que j’aurais dû écrire mieux) »…

Une certaine ambivalence dans cette dernière phrase, à mon avis, car comment maîtriser l’interprétation qu’un autre peut donner à ses paroles ou à ses écrits ? Atteint-on seulement la perfection un jour dans notre expression d’une manière telle qu’aucun propos ne puisse jamais plus être reçu autrement que tel que nous voulions l’exprimer ? Chacun n’est-il pas responsable aussi de l’interprétation qu’il attribue aux choses, aux événements et aux autres ?


 

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commentaires

sybilline 17/09/2008 10:04

Admirable homme que ce Wiesel!  Et je trouve très beau sa responsabilité  totale qui, quelle que soi l'interprétation de l'autre, lui fait dire "Ce sont MES mots qui ont donné lieu à cette mauvaise interprétation"

Babou* 15/09/2008 12:33

Guerre des Bisous !Tout ce que tu dois faire pour continuer cette guerre des bisous c'est envoyer ce gros bisou à tous tes Amis.Y compris celui qui te l'a envoyé. T
Tu viens de recevoir un gros bisou de la part d'une personne pour qui tu comptes beaucoup !!!! Babou*

16/09/2008 07:40


Merci pour les bisous et les miens en retour
(mais à tes risques et périls car je suis très enrhumée !)


Viviane 14/09/2008 11:01

Bien d'accord avec toi sur cette ambiguitéje crois que cette quête de la phrase qui dit tout et atteint à l'universalité elle est un travers de tous ceux qui écriventje crois à la générosité cachée derrière cette phraseà son désir non ps de contrôler ce qui est interprété mais de donner en toutes langues à toutes les voix

14/09/2008 14:36


Ce qui m'a frappé surtout en écrivant l'article c'est que j'ai subitement eu l'impression qu'Elie Wiesel omettait de garder à l'idée qu'en dehors de ce qu'il donne en tant qu'écrivain, ses lecteurs
restent responsables de leurs interprétations, aussi clairement qu'aura pu écrire l'écrivain. C'était juste dit en passant. Pour ce qui concerne son livre, j'ai très envie de l'acheter ; à la fois
l'homme et l'écrivain m'ont envoûtée.