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L'auteure

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Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 16:04
La conscience de Zeno - Italo SVEVO - roman - 540 pages - Folio n° 439 - Traduit de l'italien par Paul-Henri Michel


4e de couverture : "Pendant de longues années, autant que dura notre jeunesse, nous nous tînmes sur la plus grande réserve et ne fîmes jamais allusion au passé. L'autre jour, elle me demanda à brûle-pourpoint, et son visage encadré de cheveux gris se colorait d'une rougeur juvénile :
- Pourquoi m'avez-vous quittée ?
Pris de court, je n'eus pas le temps de fabriquer un mensonge.
Aussi fus-je sincère :
- Je ne sais plus... j'ignore tant de choses de ma propre vie.
- Moi, je regrette, dit-elle. (Et déjà je m'inclinais à cette promesse de compliment.) Il me semble que vous devenez très drôle en vieillissant."

Mon appréciation : 
L'ensemble du roman est une confession détaillée et fort bien décrite dans laquelle Zeno passe en revue sa névrotique addiction à la cigarette, ses maux physiques, sa relation à son père et la mort de celui-ci relatée de manière plus que réaliste, l'histoire de son mariage, l'adultère, et l'histoire de son association commerciale avec Guido (l'homme qui lui a soufflé Ada dont il était amoureux avant qu'elle ne le rejette et qu'il demande en mariage par dépit dans la même journée une de ses soeurs), puis sa psychanalyse.
Portant un jugement sévère sur son thérapeute, il ne croit pas en cette discipline :
"La psychanalyse ! Une illusion absurde, un truc bon à exciter quelques vieilles femmes hystériques."

Au bout de sa confession écrite, sa personnalité s'est affermit. Il parvient à mener une activité et une vie sociale plus "respirable"  :
"La vie ressemble un peu à la maladie : elle aussi procède par crises et par dépressions. A la différence des autres maladies, la vie est toujours mortelle. Elle ne supporte aucun traitement."

Si l'on a reproché à I. SVEVO une faiblesse d'écriture, c'est un avis que je ne partage pas. Son style est minutieux, sobre. Il vous mène à travers l'histoire et les personnages en vous en faisant connaître toutes leurs particularités. C'est un trésor d'introspection.
Je suis néanmoins déçue par la fin qu'il donne à son roman.


Biographie d'Italo Svevo

Né d’une mère italienne d’origine juive et d’un père allemand, Italo Svevo passe son enfance à Trieste, qui fait alors partie de l’empire austro-hongrois. Passionné par la littérature allemande, il est également conquis par Shakespeare. Il interrompt des études de commerce en Allemagne pour revenir dans sa ville natale quand son père fait faillite. Ses deux premiers romans, Una Vita en 1892 et Senilità en 1896 passent relativement inaperçus. Déçu, Svevo abandonne ses velléités littéraires pendant près de vingt ans et se consacre à sa carrière, épouse une cousine éloignée et devient père.
Pourtant, il fait pendant cette période des rencontres d’une importance capitale. Il lit et se passionne pour Freud, qu’il décide de traduire, et fait la connaissance de James Joyce. Ce dernier, en découvrant les premiers écrits de Svevo, l’encourage à reprendre la plume. La conscience de Zeno paraît en 1923. Eugenio Montale fait l’éloge de ce récit introspectif et ironique, qui prend la psychanalyse à contre-pied.
En France, Valery Larbaud, lui aussi sous le charme de cette écriture alerte et de l’attention portée aux rouages psychologiques des personnages, contribue à son succès hors de l’Italie. Les écrits plus anciens de Svevo sont réédités et enfin appréciés. Il s’attelle à la rédaction du Vieillard, qu’il n’aura pas le temps d’achever : fauché par une voiture, il meurt peu de temps après en 1928. On reconnaît aujourd’hui en lui un précurseur du roman moderne et un virtuose du récit intimiste.
(source : http://livres.fluctuat.net/italo-svevo.html)-

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commentaires

Mélanie 15/07/2008 11:23

Merci de ton commantaire sur mon skayblog , ca me fait plaisir , vraimen beaucoup , bizz a vous tous

17/07/2008 11:22



Coucou Mél !
Comme c'est gentil de venir ici me laisser un petit commentaire !
J'espère que tu as dormi plus longtemps cette nuit ! Lol !
Bises de ta Tatie !



Turquoise 12/07/2008 12:32

Joli billet, Marianne. Je note le titre (en fait, je connaissais l'auteur de nom depuis longtemps, mais je ne me décidais pas à le lire, car j'ai peu d'intérêt pour la littérature italienne).Passe un bon week end !

13/07/2008 09:58


Coucou Turquoise. Plaisir de recevoir ton passage. N'hésite pas à revenir me partager ton impression au sujet de ce livre.
Les choses rentrent-elles dans l'ordre chez toi ? 



sybilline 12/07/2008 11:41

Il y a longtemps que j'ai lu cette oeuvre, mais elle m'a marquée par la belle sincérité de Zeno, sa profondeur et oui, la beauté de son écriture.Bien que je ne partage pas son jugement trop partial sur la psychanalyse, je trouve que ce livre mérite d'être lu, et sans doute relu, ce que je vais certainement m'efforcer de faire d'ici peu. Ton billet m'y incite...

13/07/2008 10:03



Un don d'analyse en tout cas n'est-ce pas ce Zeno ? Quelle honnêteté envers lui-même et quelle lucidité !



Roméo 10/07/2008 17:33

Ah! J'ai beaucoup aimé "La conscience de Zeno"! M'intéressant aux auteurs de la Mitteleuropa, j'ai été orienté vers  Svevo par Claudio Magris, comme lui de Trieste.AmitiésRoméo

11/07/2008 09:16


Une écriture très détaillée, ciselée et proche de la réalité, j'ai trouvé que celle de Svevo qui montre l'homme dans ses moments les plus anxieux, ses pensées inavouables, ses démissions,
etc...
Et Roméo - merci bien ! - m'a amenée à Claudio Magris dont j'ai noté cette phrase entre autres car j'aime aussi sa théorie sur la Persuasion :
"Ecrire, c'est aussi chercher quelque chose que l'on n'a pas trouvé au sein de l'expérience"