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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 17:47
Ce matin, j'ai trié plusieurs cartons de livres qui dormaient depuis de nombreuses années dans mon grenier. Je n'aime pas me défaire de mes livres. Ils sont comme des trésors, témoignent des préoccupations de nos vies et, à l'instar d'un refrain de chanson, il suffit de s'en emparer quelques années plus tard pour faire rejaillir une foule d'images...

J'avais 18 ans. Je préparais mon B.A.F.A. pour devenir animatrice de colonies de vacances. Vers la fin de mon stage, un soir, quelqu'un a sorti sa guitare. Une voix claire et toute douce s'est emparée de l'air que nous respirions, l'a fait vibrer sans rien forcer, s'est propagée jusque dans notre âme, et aux paroles de cette chanson, tous - filles et garçons - nous sommes restés muets :

"{Refrain:}
Je t'ai guetté, mon corps
Et tu as fait semblant
De retenir le sang
De mon île au trésor
Je t'ai guetté mon corps
Et sur le bout des doigts
J'ai compté les neuf mois
Qui mènent jusqu'au port

1.   Et j'ai laissé mes mains
Se promener sans fin
Au flanc de mes collines
Où la vie se dessine
Avec au bout du cœur
L'espoir d'une rondeur
Qui hésite à paraître
Et s'étonne de naître

2.   Et j'ai senti le lait
De mon jardin secret
Venir à pas de sève
Au devant de mon rêve
En bousculant mes seins
Dans leur vie de satin
Pour abriter la source
Au berceau de sa course

3.   Je t'ai pleuré, mon corps
Et le fruit s'est perdu
Quand mon ventre s'est tû
Dans sa petite mort
Je t'ai pleuré, mon corps
Mais, je retournerai
Dans le jardin secret
De mon île au trésor."
(extrait sur Starzik)

A travers la voix de Chantal, dans le profond silence respectueux, nous venions de découvrir MANNICK, de son vrai nom Marie-Annick RETIF (ex membre du groupe 'Les Collégiennes de la chanson").

Jusqu'à minuit, nous n'avons pas quitté la salle du Foyer qui nous accueillait.
Chantal dont je n'ai pas oublié l'immense gentillesse, nous a charmés.
Nous nous sommes perdues de vue, mais je me souviens encore de son papier à lettre lilas et blanc, de ses enveloppes qu'elle fabriquait elle-même.

Aujourd'hui, à l'occasion de ce rangement, est retombé entre mes mains cet ancien livre paru chez KARTHALA en 1981, contenant une interview de Mannick et plusieurs de ses textes. Ils sont toujours dans ma mémoire, eux aussi. J'en ai essayé certains à la guitare à mon tour (lamentablement !).

"Berceuse pour un enfant à naître"
"Je sens que tu es là, enveloppé de nuit,
J'écoute sous mes doigts mon ventre qui frémit.
Je ne sais pas encor' où cognera le fruit
Ni le cri de mon corps en m'arrachant ta vie.
   Reste au creux de moi, 
   Mon enfant, mon tout petit
   Reste au creux de moi,
   Le voyage n'est pas fini.
Je suis ton horizon, ta bouche et ta chaleur, 
Ma plus belle chanson c'est le pas de ton coeur.
Et quand revient le soir tu m'offres la douceur
De tes sursauts bavards et je t'apprends par coeur.
 
    Reste au creux de moi.....
Tu glisses à travers moi, jusqu'à l'orée du jour,
Où tu t'échapperas à force d'être lourd.
Tu es le prisonnier de mon toit de velours
et je ne peux manquer ton rendez-vous d'amour.
    Reste au creux de moi...."

"Je t'aime"
Je t'aime au-delà de ton passé
Au-delà de tes idées
De tes goûts solitaires
Je t'aime au-delà de tes passions
Au-delà de tes soupçons
Et de toutes nos guerres
Je t'aime jusqu'au bout de tes refus
Des mots que tu ne dis plus
Qu'une fois par semaine
Je t'aime jusqu'au bout de ton oubli
Comme hier ou aujourd'hui
Où tu n'es plus le même
Je t'aime avec toutes les questions
Que tu jettes sur ma vie
Comme un vent de tornade
Je t'aime avec le peu de frissons
Dont tu peuples mon ennui
L'espace d'une aubade
Je t'aime à la force de mon coeur
A la force de ma peur
Quand tes yeux me délaissent
Je t'aime à la force de mon corps
Sans barrière et sans remords
Dans mes puits de tendresse
Je t'aime au travers des ambitions
Que tu dresses comme un cri
Pour me barrer la route
Je t'aime au travers des illusions
Que tu m'offres chaque nuit
Pour apaiser mes doutes
Je t'aime au devant des interdits
Au devant des comédies
Où le monde nous traîne
Je t'aime au devant de chaque fois
Où tu promets d'être là
Pour me dire "je t'aime"

"Je viens du fond de mon enfance",
".Je viens du fond de mon enfance
Et c'est vrai qu'il m'a fallu beaucoup d'année
Pour rompre avec vous ce silence
Mais pour moi ce n'était pas du temps gâché

J'ai glané mes chansons dans les rues de ma vie
Je cherchais le bon ton et j'ai trouvé mon cri
J'ai pleuré mes chansons en marchant sous la pluie
De réponses en questions j'ai surtout désappris

Je viens du fond de mon enfance
Et c'est vrai qu'il m'a fallu beaucoup d'année
Pour rompre avec vous ce silence
Mais pour moi ce n'était pas du temps gâché

Je n'ai pas 18 ans mes yeux sont ce qu'ils sont
Mes cheveux dans le vent ne sont pas assez blonds
Mais j'ai forcé le temps à m'offrir la chanson
D'un visage d'enfant pour fleurir la maison

Je viens du fond de mon enfance
Et c'est vrai qu'il m'a fallu beaucoup d'année
Pour rompre avec vous ce silence
Mais pour moi ce n'était pas du temps gâché


"Je connais des bateaux"... (chanson sur le couple)
"...Je connais des bateaux qui oublient de partir
Ils ont peur de la mer à force de vieillir,
Et les vagues, jamais, ne les ont séparés,
Leur voyage est fini avant de commencer..."
(voir You tube : http://tw.youtube.com/watch?v=3MciHrzSknQ&feature=related)


On n'entendait pas ses chansons à la radio (mais remplissait des salles de 5.000 personnes). C'était l'époque des yés-yés. Mais ceux qui un jour, par hasard, ont pu aborder ses textes, pour certains féministes, pour d'autres engagés, comme moi, n'ont probablement pas oublié...

"Nous avons besoin que le regard de quelqu'un nous force à croire en nous... Afin de devenir ce que nous sommes..."
J'ai relevé dans son interview cette phrase. Mannick a rencontré Jo Akepsimas et Jo a permis à Mannick d'être.

Mannick n'a pas écrit que des "Paroles de femme". Elle a aussi rencontré les enfants. Avec Jo, durant de nombreuses années, elle a interprété des chants liturgiques mettant en avant "Les femmes de la Bible". Pris position contre la torture "Toi que l'on a brisé sur un lit de tortures, Toi dont le corps n'est plus qu'une immense blessure, Je veux être ton cri, je veux être ta voix, Pour les gens qui chez nous ne s'en souviennent pas".

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commentaires

Marie 20/11/2008 06:18

J'ai cherché longtemps le nom de celle qui chantait "..quand tu as fais semblant de retenir le sang de mon ile au trésor.." ; je ne me souvenais que de cette phrase de cette si belle chanson écoutée il y a plus de 30 maintenant, mais je n'avais jamais oubliée. Merci de m'avoir permis de renouer avec ce petit morceau passé de ma vie.Je n'ai pas encore fait connaissance avec votre blog, je le fais immédiatement après vous avoir envoyé ce remerciement.

20/11/2008 21:01



Je vous souhaite la bienvenue, Marie !  C'est bien ma pensée aussi que les textes de Mannick sont
impérissables. Ravie de vous avoir permis de retrouver ce nom !   :-)





 



Viviane 14/04/2008 09:49

c'est superbe encore une découverte, je vais chercher sur la toile si on peut trouver de vieux disques.