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L'auteure

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En France...

 





Poésie, chanson, échanges épistolaires, théâtre, nouvelles, roman.....
L'expression écrite a-t-elle véritablement un sens ? Quelle est sa quête ?
Et la mienne, quelle est-elle, à suivre ainsi ce fil qui se déroule sur la lisière de mes rêves ?
Si je n'ai pas trouvé la réponse ni à la seconde ni à la troisième de ces interrogations, concernant la première, en expérimentant les genres cités, j'ai néanmoins repoussé mes limites, exploré ma liberté, reconnu mes barrières, plongé dans mes propres zones d'ombre, apprivoisé mes doutes, rencontré des visages, aimé des êtres uniques, anticipé sur des événements personnels, bousculé mes préjugés, consolé des chagrins, croisé des personnages pour certains retournés au néant, pour d'autres si fascinants qu'ils manquèrent de m'aveugler au point de déplorer de revenir à la substantielle réalité.

 

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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 16:37
Le miroir des âmes simples et anéanties (et qui seulement demeurent en vouloir et désir d’amour) – Marguerite PORETE – Albin Michel – Spiritualités vivantes – 273 p
 
 Miroir-des--mes-simples-et-an-anties.jpg
 
4e de couverture : chef d’œuvre de la première littérature mystique de langue française, Le Miroir des âmes simples et anéanties révèle une richesse spirituelle qu place son auteur, Marguerite Porete, dans la lignée de saint Bernard, Maître Eckhart ou Hadewijch d’Anvers.
Du cœur de l’expérience religieuse la plus radicale – Dieu est l’Amour -, Marguerite Porete pose les questions qui, de l’Evangile au rationalisme moderne, ont façonné l’âme occidentale : l’Amour vrai est-il soumis à autre chose qu’à lui-même ? Fût-ce à la morale ? À la religion ? À Dieu, même ?
La force et l’audace de ces interrogations, qui en 1310 conduiront Marguerite Porete au bûcher de l’Inquisition, traversent les siècles à la rencontre de tous ceux qui, aujourd’hui comme hier « fin Amour demandent ».
 
Mon appréciation : c’est un genre littéraire interpellant que la mise en scène de sentiments tels que Amour dialoguant avec Raison, ou Âme avec Amour, ou encore Amour avec Vérité, Discernement avec Âme, Sainte-Eglise avec Âme et Sainte-Trinité, etc., ainsi que le feraient des personnages évoluant sous nous yeux. Technique dite du Miroir.
Il est admirable le courage de cette béguine (née aux environs de 1250 dans le Hainaut, peut-être à Valenciennes) – ayant eu un grand rôle dans la mystique rhénane - qui osa ses avancées au mépris de toutes les conventions et qui, pour avoir eu cette audace, en période d’inquisition (rappelons aussi que le livre n’était pas accessible à tous comme il l’est aujourd’hui), devra le payer de sa vie après un long procès qui jugera ses écrits comme étant des déviations assimilables à celles des sectes dites du Libre Esprit, l’ouvrage étant alors considéré comme hérétique et confisqué ! 
Seuls quelques manuscrits (au moment de la publication de nombreux notables en eurent la totalité) ont survécu et les traductions (version latine puis anglaise), ont fini par parvenir à nous.
 « Les béguines déclarent que je suis égarée, et les prêtres aussi, les clercs et les prêcheurs, les augustes, les carmes et les frères mineurs… ! » dira Marguerite en parlant de l’accueil qui fut réservé au Miroir.. témoignant ainsi du grand isolement dans lequel la catapulta son audace.
J’aime quelquefois retourner dans cette oeuvre que je considère un peu comme un livre de chevet. La puissance de cette pensée, à l’époque avant-gardiste pour une femme, est marquante.
 
Je vous propose aujourd’hui de redécouvrir ce qu’elle écrivit à propos de la charité.
C’est Amour qui prend la parole dans un monologue :
 
« Amour :
Charité n’obéit à rien de créé, mais seulement à Amour.
Charité n’a rien en propre, et à supposer qu’elle ait quelque chose, elle ne prétend point que ce soit à elle.
Charité laisse sa propre besogne pour aller faire celle d’autrui.
Charité ne demande de récompense à aucune créature, quelque bien ou plaisir qu’elle lui fasse.
Charité n’éprouve ni honte, ni peur, ni chagrin ; elle est si droite, qu’elle ne peut fléchir, quoi qu’il lui advienne.
Charité ne fait ni ne tient compte de rien qui soit sous le soleil ; le monde entier n’est que son excédent et que ses restes.
Charité donne à tous ce dont elle dispose, et elle ne se retient pas elle-même ; et avec cela, elle promet souvent ce qu’elle n’a pas à cause de sa grande largesse, dans l’espérance que plus demeure à celui qui donne plus.
Charité est marchande si avisée, qu’elle gagne partout, là où les autres perdent, et qu’elle échappe aux liens dans lesquels les autres se prennent ; et ainsi a-t-elle grande abondance de ce qui plaît à Amour.
Et notez que celui qui aurait parfaite charité serait mis à mort par l’œuvre de Charité quant aux affections de la vie selon l’esprit ».
 

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commentaires

Turquoise 02/03/2008 22:47

Bonsoir Marianne,Le titre de ce livre est magnifique et très attirant ! Mais j'ai peur que ce soit quand même une lecture un peu ardue pour moi... J'essayerai quand même d'y jeter un coup d'oeil en bibliothèque, pour tester...Passe un bon début de semaine et à bientôt ! :-))

04/03/2008 16:40

Reviens me dire comment tu l'auras ressenti, chère Turquoise !J'espère que les choses s'arrangent pour toi.  ;-)Bises